Elections américaines

Barack Obama lance sa campagne et vise les classes moyennes

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Jérôme Marin, à New York | 07/05/2012, 18:25 - 807 mots

"Ce n'est pas simplement une autre élection, c'est un moment décisif pour la classe moyenne", a expliqué le Président américain au cours de ses deux premiers meetings officiels de campagne, s'en prenant directement à son adversaire, le républicain Mitt Romney.

A six mois du scrutin présidentiel, Barack Obama, qui connait désormais l'identité de son futur adversaire, passe à la vitesse supérieure. Après avoir dévoilé la semaine dernière son nouveau slogan, "Forward" (en-avant), le président américain a officiellement lancé sa campagne, en tenant samedi ses deux premiers meetings en tant que candidat à Columbus dans l'Ohio et à Richmond en Virginie. Deux villes dont le choix ne doit rien au hasard: elles sont situées dans deux des Etats où se décidera le sort des élections de novembre.

Ces deux premiers rassemblements ont permis à l'hôte de la Maison-Blanche d'insister sur sa rhétorique de campagne, celle qui va guider son discours au cours des prochains mois. Avec deux enjeux fondamentaux: défendre son bilan, notamment économique dans un contexte de crise, et dramatiser l'enjeu de ce scrutin, en se présentant comme le candidat des classes moyennes alors que le républicain Mitt Romney défend avant tout les intérêts des Américains les plus riches.

Baisse du chômage

"Nous avons connus des déceptions, mais nous n'avons pas abandonné", a ainsi lancé Barack Obama en parlant de la situation économique des Etats-Unis. "Ensemble, nous nous battons pour relever la tête", a-t-il poursuivi après avoir rappelé que le pays venait de traverser "la crise la plus destructrice depuis la Grande Dépression" des années 30. Pour défendre leur bilan, les démocrates pourront mettre en avant les chiffres de l'emploi, avec un taux de chômage qui a poursuivi sa baisse en avril, à 8,1% de la population active.

Mais ce repli en trompe-l’œil - essentiellement dû à la contraction de la population active - pourrait également se retourner contre l'administration sortante. Le rythme de créations d'emplois marque en effet sévèrement le pas depuis deux mois, laissant craindre que la situation sur le marché de l'emploi ne se dégrade au cours des prochains trimestres. Si tel est le cas, la tâche de Barack Obama se compliquerait grandement. Jamais depuis 1940, un président n'a été réélu avant un taux de chômage supérieur à 7,2%.

Le président américain devra également défendre les réformes qu'il a menées au cours des deux premières années de son mandat - les deux dernières ayant été paralysées par la cohabitation au Congrès. "Nous savons que notre pays est plus fort quand nous pouvons compter sur une assurance maladie abordable et sur le système des retraites, quand nous protégeons nos enfants contre les déchets toxiques et la pollution, quand il existe des règles pour nous protéger des abus des compagnies de cartes de crédits et de prêts immobiliers et des institutions financières", a-t-il expliqué pour justifier sa réforme de la santé, celle de la régulation financière et le durcissement de certaines contraintes environnementales.

Guerre des classes

Le deuxième axe de la campagne démocrate va porter sur les classes moyennes. "Ce n'est pas simplement une autre élection, c'est un moment décisif pour les classes moyennes, assure l'hôte de la Maison-Blanche. Nous avons fait trop d’efforts pour renoncer maintenant". Barack Obama continuera ainsi à plaider pour plus de justice sociale au cours des prochains mois. Cela doit notamment passer par l'instauration de la "Buffett Rule" fixant un d'impôt d'imposition minimum de 30% pour les millionnaires et par le non-renouvellement des avantages fiscaux accordés aux ménages les plus aisés. Les adversaires du président l'accusent au contraire de mener une "guerre des classes".

Les républicains "veulent encore plus de réductions d’impôts pour les Américains les plus riches, ils veulent encore plus de coupes dans l’éducation et l’assurance-maladie, la recherche et la technologie. Ils veulent donner encore plus de pouvoir aux banques et aux compagnies d'assurance", a indiqué Barack Obama, avant d'attaquer directement Mitt Romney. "Il a été aux commandes d’une grande entreprise financière et dirigé un Etat. Mais je pense qu’il en a tiré les mauvaises leçons. Il croit sincèrement que si les PDG et les riches investisseurs comme lui gagnent beaucoup d’argent, alors le reste d’entre nous en profitera automatiquement".

9 Etats clés

Compte tenu du mode de scrutin, l’élection présidentielle américaine devrait se jouer dans 9 Etats (Colorado, Floride, Iowa, New Hampshire, Nevada, Ohio, Pennsylvanie, Virginie et Wisconsin), dans lesquelles se concentreront la très grande majorité des efforts de campagne. En 2008, Barack Obama s’était imposé dans ces 9 Etats, avec une marge très confortable sur son adversaire de l’époque, John McCain. Cette année, l’issue s'annonce beaucoup plus incertaine.

Et la campagne s’annonce beaucoup plus âpre, notamment parce que la Cour suprême des Etats-Unis a levé en 2010 toutes les restrictions sur le financement, permettant la création des "Super-Pac". Très puissants du côté républicain, ces Comités d’action politique multiplient depuis des mois les publicités négatives. Les démocrates ne sont cependant pas en reste. La semaine dernière, une vidéo diffusée à l’occasion du premier anniversaire de la mort d’Oussama ben Laden, avait suscité un début de polémique.

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Commentaires

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yvan a écrit le 07/05/2012 à 19:47 :

Incredible... Comme s'il pouvait protéger les classes moyennes, première cible des vrais riches... On dirait du sarkosy...

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Incredible... Comme s'il pouvait protéger les classes moyennes, première cible des vrais riches... On dirait du sarkosy...

par yvan le 07/05/2012 à 19:47

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