L'invasion Airbnb, une préoccupation majeure pour Paris

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Comment empêcher les locations illégales par le biais de plateformes de type Airbnb ?
Comment empêcher les locations illégales par le biais de plateformes de type Airbnb ? (Crédits : iStock)
Endiguer les dérives provoquées par les plateformes de type Airbnb est l'une des préoccupations majeures de la mairie de Paris. Son opération coup de poing menée cette semaine contre les locations touristiques illégales en est la preuve.

Et si à terme, Airbnb faisait de Paris une ville musée ? Le site d'annonces de locations meublées touristiques se développe de manière exponentielle dans la capitale, et y affiche environ 50.000 offres. Par le biais de ce type de plateforme, de plus en plus de propriétaires préfèrent, pour gagner davantage, louer à des touristes pour de courtes durées, souvent de manière illégale, plutôt que de loger un parisien sous un bail de location classique.

Une situation qui préoccupe fortement les élus parisiens. « Les locations meublées touristiques illégales sont un phénomène galopant », s'inquiète Ian Brossat, adjoint au maire de Paris chargé du logement. Au total, ce sont entre 20.000 et 30.000 appartements qui sont loués pour de courtes durées de manière illégale à Paris, principalement par le biais de la plateforme Airbnb, une chiffre certes encore faible au regard du total d'1,3 million de logements situés intramuros.

La population baisse dans les arrondissements touristiques

Du reste, « on ne peut pas d'un côté faire des efforts considérables pour réaliser 10.000 nouveaux logements par an, et en parallèle perdre des surfaces d'habitations à cause des locations touristiques illégales », indique Ian Brossat. Dans les statistiques, le développement frénétique des locations meublées touristiques commence en partie à se matérialiser. Selon son dernier recensement, l'Insee constate que les 1er, 4ème et 6ème arrondissements parisiens, parmi les plus prisés des touristes, perdent des habitants.

Comme dans beaucoup d'autres grandes villes mondiales, l'invasion d'Airbnb devient l'une des préoccupations majeures de la municipalité. Anne Hidalgo ne veut pas que l'on se souvienne de son action comme celle d'une maire qui aura laissé ce phénomène se développer au détriment du bien-être des parisiens. D'autant que c'est un mauvais pari électoral : à Barcelone, la nouvelle maire Ada Colau a été élue sur le thème de la régulation des locations sauvages, notamment par le biais d'Airbnb, avec des slogans comme « Barcelone ne finira pas comme Venise ». Les Barcelonais reprochait à la municipalité précédente d'avoir fait de leur centre-ville une véritable cité à touristes.

Opérations coup de poing

Pour ne pas en arriver là, la mairie de Paris mène notamment des opérations coup de poing dans les quartiers où l'offre de locations saisonnières illégales est importante. « L'idée est de sanctionner les multipropriétaires récidivistes qui sont des professionnels de l'hôtellerie clandestine », martèle Ian Brossat. Ainsi mardi et mercredi derniers, dans les 1er et 6ème arrondissements, les services de la mairie de Paris ont perquisitionné plusieurs centaines de logements afin de dénicher ceux qui seraient loués de manière illégale pour de courtes durées.

Ces arrondissements sont pourtant dirigés par des élus de l'opposition, Jean-François Legaret et Jean Pierre Lecoq, mais ces deux élus ont largement soutenu l'initiative de la municipalité. Une telle entente politique « est rare », constate l'élu PCF Ian Brossat, qui ajoute que « sur le reste des sujets politiques, on n'est jamais d'accord ». Preuve que la lutte contre les dérives Airbnb dépasse les clivages politiques et devient un sujet de bien commun. « On s'accorde sur le fait que Paris ne peut pas devenir un parc à touristes », note Ian Brossat.

Une politique hyper contraignante

En mai dernier, déjà 2.000 logements avaient été contrôlés dans les 3ème et 4ème arrondissements par les services de la mairie de Paris. « Et 5 % d'entre eux étaient en situation d'infraction », ajoute-t-il. Ce qui avait donné lieu à des amendes, à des remises en location résidentielle, ainsi qu'à des changements d'usage en locaux commerciaux. Sur ce dernier point, la politique de la mairie de Paris est très contraignante car elle veut maintenir un maximum de surfaces d'habitations disponibles.

En effet dans la loi, une location meublée touristique doit avoir un statut commercial et non résidentiel. Or, à Paris, le changement de statut d'un local résidentiel en local commercial doit être assorti d'une compensation. Concrètement dans les arrondissements du centre de la capitale (du 1er au 9ème) où l'offre de logements est largement insuffisante, la règle impose au propriétaire en contrepartie d'un changement d'usage, d'acheter un autre local commercial d'une surface deux fois supérieure qu'il devra ensuite transformer en local d'habitation. Et dans les autres arrondissements (du 10ème au 20ème), la règle impose en contrepartie au propriétaire d'acheter une surface commerciale équivalente et de la transformer en logement. De quoi endiguer les pertes de surfaces d'habitations.

Alliance internationale

Mais ces mesures, aussi dissuasives soient-elles, sont encore largement insuffisantes pour contrecarrer la montée en puissance des pratiques illicites sur des plateformes de type Airbnb. Une municipalité isolée, certes importante, ne peut lutter contre les forces puissantes du marché. Elle a besoin d'appuis. C'est pourquoi la Ville de Paris demande d'une part à l'Etat de relever les plafonds d'amendes, peu dissuasifs pour les multipropriétaires récidivistes, de 25.000 à 100.000 euros.

Et d'autre part la municipalité souhaite créer une alliance internationale avec les villes de Barcelone, Madrid et New-York, confrontées comme Paris aux dérives d'Airbnb, pour instaurer un rapport de force, et contraindre la société américaine - valorisée plus de 25 milliards de dollars - et ses concurrents à communiquer des informations sur leurs clients. Une telle lutte serait possible car « ces sites sont complices en hébergeant des annonces illégales !», commente Ian Brossat. La capitale française souhaiterait notamment qu'Airbnb bloque les annonces mises en ligne plus de 120 jours par an sur son site, ce que la firme rejette.

Où est le partage ?

Airbnb se dit pour l'instant prête à informer ses propriétaires clients du droit en vigueur, mais il est hors de question pour la plateforme de donner accès à ses fichiers aux autorités. Ce comportement est aussi la preuve qu'Airbnb s'éloigne des valeurs d'amitiés et de partage qu'elle aime mettre en avant dans sa communication. Elle estime faire partie d'un monde pleinement concurrentiel et refuse de coopérer pleinement. Or « avec les locations touristiques illégales, nous sommes dans une économie de la prédation pure et simple. On n'est pas du tout dans l'économie du partage », regrette Ian Brossat.

Par moment, la plateforme américaine assume l'objet de son activité : créer des compléments de revenus à ses clients, avec des slogans publicitaires comme « mon appart' aide à financer mon premier film » ou « ma chambre d'amis paie ma moto vintage ». Assurément, Airbnb est avant tout, pour un propriétaire, un moyen de gagner de l'argent.

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Commentaires
a écrit le 10/05/2016 à 0:52 :
Quel culot cette macrelle ! Elle devrait s'attaquer aux spéculateurs banques et autres institutionnels qui ont des milliers de mètres carrés inoccupés depuis des décennies , on en parle plus de ca! Airbnb signe la fin de l'hôtellerie et bla-bla-bla . Je propose mon appart via Airbnb , je suis proprio mais au chômage , et oui je dois payer des impôts , un prêt , j'ai des charges ... Et sans cette alternative je serais dans une situation très difficile ... Alors please ! Laissez nous un peu de beurre ! Et certainement que cette magne touristique qui représente 0,001% et qui verse sa taxe touristique rapporte quelque peu Mme Hidalgo
a écrit le 03/02/2016 à 11:44 :
Bon, très bien, ils fraudent, c'est pas bien. Mais les gens qui viennent à Paris, qui vont dans les restos, qui dépensent leur argent lors de leur passage à Paris viendraient 'ils dans les hôtels parisiens, souvent très chers, souvent complets ? Ne pénalisons pas ces touristes sous prétexte que les pauvres ne peuvent pas se loger dans Paris.
La banlieue ça existe pour ça.
Réponse de le 25/04/2016 à 15:46 :
Il se trouve que selon le magazine challenge qui s'appuie sur les chiffre de l'association Ah top " 80 % des clients de ces sites (airbnb et autres) sont en réalité d'anciens clients d'hôtels"
a écrit le 20/01/2016 à 3:39 :
airbnb c'est vachement bien. J'ai fait 2 fois 1 semaine de vacances cette année (2 endroits différents en France - Paris leMarais et Bordeaux Centre) et en partant j'ai demandé une réduction/remboursement significatif sans quoi ... je laisse entendre que je pourrai dénoncer leur activité. le mec de bordeaux n'a rien laché - il m'a rit au nez il était peut être clean, l'autre de Paris m'a demandé si 150euros suffiraient. j'ai dit oui. lol Réduction sympa.
Réponse de le 20/04/2016 à 21:28 :
Pas de quoi être fier, votre comportement de chantage à la délation après en avoir profité est vraiment en dessous de tout !!!
Réponse de le 16/05/2016 à 11:10 :
J'aurais pas aime vous avoir comme voisin de palier en 39-40.
a écrit le 19/01/2016 à 15:09 :
Cette recrudescence des visites domiciliaires des inspecteurs de la Ville de Paris devrait nous remémorer que dans chaque socialiste sommeille un tchekiste qui s'ignore. La mairesse de Paris se rêve en "Big Sister" et, ce faisant, porte une atteinte sérieuse au droit (honni par elle !) de propriété et d'accueil de "visiteurs" (famille, amis ou touristes). Dans mon cas, la taille et la configuration de mon appartement le permettant j'en ai transformé une partie en studio occasionnel accessible depuis une porte palière unique ouvrant sur un hall d'entrée privatif doté de deux portes d’accès (et de CCTV): une pour mon appartement et une pour mon studio. Cette configuration me permet d’accueillir des "invités", familiaux ou autres, sans avoir à libérer mon appartement mais aussi d'ouvrir en personne la porte aux inspecteurs municipaux, leur prouvant par ma présence physique que je réside bien... chez moi.
a écrit le 18/01/2016 à 13:40 :
@Lili 16/01/2016 21:54
Merci pour votre réponse. C'est ce que je pensais mais la question posée est de savoir si la Mairie a le droit de vérifier. A mon humble avis, ce serait plutôt du ressort de l'Administration fiscale.
@Alatar 17/1
Il a été trouvé 5% de fraude (parmi les propriétaires qui ont bien voulu coopérer à l'opération) donc c'est dans l'épaisseur du trait.
Cordialement
a écrit le 18/01/2016 à 0:37 :
Du point de vue du propriétaire habitant, ou du locataire titulaire, le meublé qu'il met en location temporaire ne peut évidemment faire l'objet d'une location pour habitation : soit qu'il est en mission à l'étranger pour quelques mois seulement, soit qu'il loue seulement une partie de son logement. A l'heure où le travail est limité par les loisirs, le partage temporaire d'un logement sous toute ses formes - colocation, sous location ou occupation temporaire - est évidemment la solution qui permet d'utiliser au maximum un parc immobilier parisien extrêmement coûteux. Mieux vaut avoir des logement remplis que des logements temporairement vides. Trop de gens à Paris vivent dans la rue au point de faire fuir les touristes. Toute forme de partage et de foyer d'accueil est un progrès.
a écrit le 17/01/2016 à 10:52 :
Attention, on va voir défiler un cortège de beaufs qui vont se plaindre en accusant la Mairie de Paris de faire simultanément dans le Communisme et dans le Nazisme. En effet, selon eux :
- Contrôler que nos chers multipropriétaires ne se servent pas de la Loi française comme papier toilette, c'est comparable à la Gestapo qui faisait la chasse aux Juifs. Et pourtant, pour les délits des autres, ils sont adeptes du "si vous n'avez rien à vous reprocher".
- Vouloir s'assurer que Paris ait encore quelques habitants et ne soit pas juste peuplée de touristes à la nuitée et de nantis venus passer les vacances dans leur "piétaterre", c'est de la collectivisation soviétique.

Pourtant (et tiens, à l'image des mesures sur l'encadrement des loyers), Paris ne fait que faire ce que font d'autres dictatures communistes comme la Municipalité de New York, l'Allemagne, Barcelone et d'autres. Et si de nombreuses grandes villes en font autant, ce n'est pas pour rien.
Réponse de le 17/01/2016 à 13:14 :
Voilà une défense bien creuse:
- on attaque le bien fondé des lois et vous critiquez ceux qui les violeraient. Cela s'appelle déplacer le débat. Et oui, les mesures prises par l'état et la mairie de Paris sont liberticides et le plus souvent contre-productives. Enfin, on ne peut s'empêcher de constater que le nerf de la guerre, à savoir l'emploi n'est pas dans vos préoccupations. C'est pourtant ce qui prime quant à la vie, sauf pour le monde clos et protégé des coteries vivant sur deniers publics.
- plutôt que de débattre du contenu des mesures, de la visibilité et de la stabilité des textes toujours plus nombreux, contraignants et liberticides vous utilisez pour seule justification le fait que d'autres aient pris des mesures identiques... Barcelone est dirigée par une coalition de Podemos, de verts et de l'extrême gauche. Sa mairesse a fait sa carrière sur le droit au logement digne et contre les expulsions. Aujourd'hui Barcelone affronte les conséquences du tourisme de masse que la ville a promu ainsi que son cortège de criminalité de rue. Le parc hôtelier est inadapté à cette demande alors que les excès de la promotion immobilière des vingt dernières années a créé une surabondance de biens décotés, mais les résidents voudraient bien être chez eux... Discours que la gauche combat d'habitude. Enfin, quand il est tenu chez les autres. Là, c'est différent. C'est chez eux. lol. Quant à NYC, le nouveau maire est à l'extrême gauche de l'échiquier américain, et il ne se passe pas un jour sans que les habitants ne se plaignent de son administration. Au point que le dernier sondage de fin novembre lui donne 28% d'opinions favorables. Le New York Post titrait "The Bad Old Days are Back" (les mauvais jours d'antan sont de retour).
Pour ces trois villes, le nombre de sans abris a explosé, la criminalité aussi, ainsi que la réglementation. Voilà qui situe le niveau des arguments.
Réponse de le 18/01/2016 à 9:32 :
@eh ben
Je passerai sur le fait que selon vous l'Allemagne de Merkel ou le New York de BIll De Blasio (affilié au Parti Démocrate US, dont la ligne serait à peu près comparable en France à un mélange de MoDem, UDI et DSK/Macron) sont des hauts-lieux de l'Internationale Communiste, et sur le fait que vous considérez que la criminalité et le nombre de sans-abris augmentent uniquement à NYC alors que le problème concerne les USA dans leur globalité, pays qui se dit moderne mais dont 50 millions d'habitants ne survivent que grâce à des bons alimentaires, sorte de tickets de rationnement modernes.

Toujours est-il que je ne suis pas contre AirBnB dans l'absolu. Cela ne pose pas de problème que des propriétaires occupants d'un appartement le mettent en location une poignée de semaines par an, pendant leurs vacances. C'est d'ailleurs le but premier du site, proclamé dès l'origine. Et personne ne lutte contre ça : ni la Communiste Hidalgo, ni le Bolchévique De Blasio, ni la Soviétique Merkel.
Ce qui pose problème c'est quand d'autres arrivent derrière et mettent en location soit l'intégralité des "investissements locatifs" qu'ils possèdent, soit leurs résidences secondaires, et que la ville perd en habitants (certains arrondissements ont maintenant plus de touristes AirBnB que d'habitants pendant une partie de l'année, et le phénomène va en s'amplifiant). Et les conséquences sont assez néfastes :
- Nuisances pour les voisins qui continuent de travailler : ballet de touristes avec rotation hebdomadaire, qui rentrent tard et bruyamment après avoir fait la fête (qui peut le leur reprocher? Ils sont en vacances! C'est sans doute pour cela que les chambres d'hôtel se situent généralement dans des hôtels, sans voisins qui travaillent le lendemain). La question de la répartition des charges de copropriété commence également à se poser dans certaines copros, vu que les AirBnB consomment beaucoup plus.
- Fermeture de nombreux commerces qui n'intéressent pas les touristes.
- Spéculation immobilière délirante qui chasse encore plus quiconque vit de son travail et non de sa rente.
- Raréfaction des logements en location pour les salariés et hausse des loyers pour les quelques uns restants, et donc renchérissement du sacro-saint "coût du travail" ("patron, il me faut au minimum 2100€/mois pour avoir le droit de louer une chambre de bonne au 7è étage sans ascenseur") et refus de postes pour les autres ("trop de trajet"), et éloignement croissant des salariés. Donc oui, je prends en compte l'aspect emploi : si on laisse faire, les entreprises auront beaucoup plus de mal à embaucher et les salariés à trouver des entreprises à proximité ou au moins accessibles. Donc à terme, réduction voire mort des entreprises installées dans la ville.
Réponse de le 18/01/2016 à 22:25 :
Je ne mentionne nulle part Merkel. Je répondais seulement concernant les villes citées en exemple: Barcelone et NYC.
Je ne défends pas le concept en soi, mais la liberté de chacun de jouir de ses biens ainsi qu'il l'entend. Des conséquences désastreuses des politiques menées par les élus, mais dont on ne mesure jamais les conséquences. Ce que vous décrivez est avant tout lié au déficit de l'offre par rapport à cette demande. Probablement en raison des multiples contraintes du secteur. Mais le fond de l'affaire est liée au fait que Paris s'appauvrit. Si louer quelques jours par mois est plus lucratif que d'encaisser un loyer, c'est que les loyers ne sont pas assez élevés ou que nous sommes devenus trop pauvres, ou les deux. Et cet argument s'entend bien évidemment au sens pécuniaire mais aussi en termes de contraintes liées à l'exploitation du bien et au risque encouru, tel celui par exemple de la disponibilité du bien etc.
Réponse de le 19/01/2016 à 9:30 :
@à Alatar
"Je ne mentionne nulle part Merkel. Je répondais seulement concernant les villes citées en exemple: Barcelone et NYC."
Je l'ai mentionnée parce qu'elle pratique des mesures qui, lorsqu'elles sont appliquées à Paris, font hurler au communisme nos chers beaufs, parmi lesquelles l'encadrement strict des loyers et la modération des prix de l'immo et loyers.

"Je ne défends pas le concept en soi, mais la liberté de chacun de jouir de ses biens ainsi qu'il l'entend."
Certes, mais l'intérêt supérieur du pays doit lui aussi être préservé et primer. Ces "investisseurs" qui sont bien évidemment tous de bonne foi s'en fichent : s'ils ruinent l'Economie du pays en asphyxiant son poumon économique, ils iront placer leurs sous ailleurs. Mais ce qui se joue ici, c'est le fait que l'immobilier dans un bassin d'emploi a pour principal but de loger les salariés de ce bassin d'emploi, et pas de servir de baraque de vacances ou vrai-faux hôtel à quelques nantis qui veulent se faire de l'argent facile.

"Ce que vous décrivez est avant tout lié au déficit de l'offre par rapport à cette demande. Probablement en raison des multiples contraintes du secteur."
On se plaint souvent du "déficit de constructions", souvent pour accabler l'équipe en place qui n'aurait pas "tenu ses promesses de construction de logements par an". Et ce dans un pays dans lequel il y a :
- 2,6 millions de logements vacants.
- Environ 1 million de logements à vendre sur leboncoin, environ 1.5 million sur seloger.

Et pour le cas de Paris, puisque c'est le sujet de l'article :
- Certains arrondissements qui atteignent 34% de résidences secondaires.
- Environ 10% du parc en logements vides.
- Certains arrondissements qui ont davantage de touristes AirBnB que d'habitants à certaines périodes de l'année.

Il n'y a donc nul besoin de construire plus, les logements sont déjà là, il faut juste les récupérer. Une plus grande taxation des résidences secondaires en bassin d'emploi serait déjà un pas dans le bon sens (les taxer plus dans tout le pays, ça serait effectivement contestable voire communiste. Les taxer davantage en bassin d'emploi uniquement, c'est favoriser la valeur travail et l'emploi).


"Mais le fond de l'affaire est liée au fait que Paris s'appauvrit. Si louer quelques jours par mois est plus lucratif que d'encaisser un loyer, c'est que les loyers ne sont pas assez élevés ou que nous sommes devenus trop pauvres, ou les deux."
Entre 1997 et 2012, les prix de l'immo ont augmenté de 300%, les loyers ont augmenté de 100% et les salaires ont timidement augmenté de 15 à 20%. Le tunnel de Friggit en atteste : on est déjà à un extrême en terme de flambée des prix et loyers par rapport aux revenus des Français. Le problème n'est donc pas dans des loyers trop bas. Devenus trop pauvres? Pourtant on entend les nantis se plaindre à longueur de journée que les salariés sont trop payés et qu'il faudrait diminuer leurs salaires pour devenir "compétitifs".
Non, le vrai problème, c'est qu'un touriste aura toujours un budget plus gros qu'un salarié, comparez votre loyer et l'hébergement lors de vos dernières vacances, évidemment que la location touristique est plus chère à durée identique. C'est donc un problème de régulation, pour s'assurer que la ville ne devienne pas un musée sans habitants.

"Et cet argument s'entend bien évidemment au sens pécuniaire mais aussi en termes de contraintes liées à l'exploitation du bien et au risque encouru, tel celui par exemple de la disponibilité du bien etc."
On entend à longueur de journée les "investisseurs" se plaindre que l'immobilier en France est "écrasé par les taxes" et "très risqué" (risques d'impayés : un peu moins de 2%) lorsqu'ils cherchent à se présenter comme des héros génies financiers qu'il faut préserver à coups de subventions prélevées sur l'Argent Public. En revanche, PERSONNE, malgré mes demandes répétées, n'a été capable de me citer le moindre de ces nombreux investissement supposés qui sont censés être TOUS plus rentables, moins taxés et moins risqués que l'immobilier. Cela en dit long.
a écrit le 17/01/2016 à 9:34 :
Quand j'étais propriétaire, avec le petit appartement que j'avais acheté venait une chambre de l'autre côté du pallier. La gardienne de l'immeuble me l'avait demandé pour son petit ami. Je lui ai loué et déclaré. J'ai dû vendre mon appartement et la chambre : j'ai prévenu mon locataire bien en avance et dans les délais. J'ai accordé ensuite un délai supplémentaire à sa demande. Puis le locataire m'a dit : j'ai discuté avec mon assistante sociale, vous ne pouvez pas me virer, il faut me faire un procès et au mieux l'appartement sera libre dans trois ans. J'ai fini par lui verser deux ans de loyer pour qu'il parte (et en liquide car il ne voulait pas de chèque -argent propre que j'ai pris directement sur mon compte en banque, je le précise !).
Il avait le droit et les procédures de son côté. J'ai compris qu'en France le droit protège le locataire (l'exploité) et condamne le propriétaire (l'exploiteur)... et que la fiscalité fait de même. Je me suis dit que jamais plus je ne louerai un quelconque bien en France.
Après avoir bloqué la machine avec plein de bonnes intentions (par comparaison : je vis à l'étranger et j'ai trouvé comme locataire un logement en 48h, on ne m'a demandé aucun justificatif de revenus... mais si je ne paye plus, je suis viré dans les deux mois), nos législateurs ont fait une politique qui conduit à la pénurie de logements actuelle, aux conditions exorbitantes de garantie demandées aux locataire (risque trop élevé pour les propriétaires), à un soutien fiscal pour essayer de relancer la construction et la location que Mme Dufflot a durablement stoppées.
Tout cela fonctionne selon la logique française : j'impose à tout va, ça bloque l'économie, je fais de la dépense publique et des incitations fiscales pour relancer certaines activités. Intérêt du processus : on donne aux politiques le pouvoir qu'on a retiré du marché. C'est moins efficace (il suffit de voir l'état de l'économie française alors que les prélèvements obligatoires et la dépense publique sont les plus élevés d'Europe) mais ça plaît à la classe politico-administrative dirigeante et à sa clientèle.
Réponse de le 20/01/2016 à 18:27 :
"J'ai compris qu'en France le droit protège le locataire (l'exploité) et condamne le propriétaire (l'exploiteur)... et que la fiscalité fait de même." : La fiscalité fait de même? Locataire, je paye via la TA les infrastructures pour des pauvres propriétaires de pavillon à plus de 400 000 euros!
Ces pauvres propriétaires ayant de faibles revenus ne doivent pas contribuer autant qu'un riche capable de louer 40 mètres carrés!!!
Alors, qu'ils se fassent allumer quand ils louent en toute illégalité, désolé, je ne trouve pas ça anormal! Après, je comprend que leurs marmaille qui sort par magie des apports mirobolant défendent la situation...
Réponse de le 01/02/2016 à 9:13 :
Et pourtant, les gens veulent faire de l'investissement locatif, il faut croire que c'est pas si terrible que ça alors d'être bailleur?
a écrit le 17/01/2016 à 9:34 :
Quand j'étais propriétaire, avec le petit appartement que j'avais acheté venait une chambre de l'autre côté du pallier. La gardienne de l'immeuble me l'avait demandé pour son petit ami. Je lui ai loué et déclaré. J'ai dû vendre mon appartement et la chambre : j'ai prévenu mon locataire bien en avance et dans les délais. J'ai accordé ensuite un délai supplémentaire à sa demande. Puis le locataire m'a dit : j'ai discuté avec mon assistante sociale, vous ne pouvez pas me virer, il faut me faire un procès et au mieux l'appartement sera libre dans trois ans. J'ai fini par lui verser deux ans de loyer pour qu'il parte (et en liquide car il ne voulait pas de chèque -argent propre que j'ai pris directement sur mon compte en banque, je le précise !).
Il avait le droit et les procédures de son côté. J'ai compris qu'en France le droit protège le locataire (l'exploité) et condamne le propriétaire (l'exploiteur)... et que la fiscalité fait de même. Je me suis dit que jamais plus je ne louerai un quelconque bien en France.
Après avoir bloqué la machine avec plein de bonnes intentions (par comparaison : je vis à l'étranger et j'ai trouvé comme locataire un logement en 48h, on ne m'a demandé aucun justificatif de revenus... mais si je ne paye plus, je suis viré dans les deux mois), nos législateurs ont fait une politique qui conduit à la pénurie de logements actuelle, aux conditions exorbitantes de garantie demandées aux locataire (risque trop élevé pour les propriétaires), à un soutien fiscal pour essayer de relancer la construction et la location que Mme Dufflot a durablement stoppées.
Tout cela fonctionne selon la logique française : j'impose à tout va, ça bloque l'économie, je fais de la dépense publique et des incitations fiscales pour relancer certaines activités. Intérêt du processus : on donne aux politiques le pouvoir qu'on a retiré du marché. C'est moins efficace (il suffit de voir l'état de l'économie française alors que les prélèvements obligatoires et la dépense publique sont les plus élevés d'Europe) mais ça plaît à la classe politico-administrative dirigeante et à sa clientèle.
a écrit le 17/01/2016 à 6:06 :
Quelle extraordinaire inversion des faits et des causes. Bien une vision socialiste de la réalité. Ce seraient donc les méchants acteurs privés qui mettraient à mal les grands plans de nos élus... Quelles fariboles.
Ce serait amusant si ce n'était si grotesquement symptomatique du comportement de notre classe dirigeante dont on se demande si elle est décontractée dans la manipulation ou simplement totalement à côté de ses pompes.
Qui a fait de Paris ce qu'elle est aujourd'hui, c'est à dire une ville qui se meurt de vouloir encore et toujours imposer des choix de société là où il faudrait de la bonne gestion, à vouloir mimer la fête et l'enchantement aux bobos du monde entier quand il faudrait s'assurer que les troubles-fête de passage ne leurs font pas les poches?
Et vous osez nous faire le coup, ou en colporter la rengaine, du mauvais citoyen qui ferait de la ville un musée pour espérer gagner quelque argent plutôt que de renoncer à exercer son simple droit de propriété au profit d'une politique de la ville qui n'a de politique que celle de l'implantation d'électeurs redevables.
Delanoe était un mauvais et un cynique, cachant par sa suffisance et sa morgue la véritable nature de ses entreprises. Son ex-adjointe aujourd'hui à sa place n'a pas même ce talent de briller. Ni par sa dimension politique, ni par ses compromissions, ni par ses réalisations. Sous sa coupe, il est à craindre que Paris ne devienne à son image, et alors il ne sera plus même qu'un musée de seconde zone, que les touristes cornaqués traverseront, allant d'un lieu de vente autorisé à un autre, ne descendant pas même du bus pour ne pas se faire rançonner.
a écrit le 16/01/2016 à 14:12 :
Une question probablement idiote: sur quelle base juridique la Mairie peut-elle contrôler l'usage d'un appartement ?
Une constatation: la "fraude" de 5% me paraît assez faible.
Cordialement
Réponse de le 16/01/2016 à 21:54 :
Fausse déclaration fiscale ! Résidence déclarée comme principale alors que ce n'est pas le cas !
a écrit le 16/01/2016 à 13:52 :
Si c'était plus rentable de louer à des particuliers plutôt qu'à des touristes il n'y aurait pas le problème. Mais nos gouvernants ont préféré avec une série de lois favoriser le gentil locataire plutôt que le méchant propriétaire et après ils pleurent de la situation.
Réponse de le 16/01/2016 à 17:48 :
Le touriste est là pour une durée courte, il veut se faire plaisir, il peut sortir un budget important pour une durée courte, contrairement au travailleur qui lui à un budget à respecter.

Le locataire est "favorisé" par la loi pour une raison : il est le client, et nos lois protège toujours le client. Si vous n'êtes pas content n'achetez pas ou achetez dans un autre pays.

Je ne comprends pas comment on peut plaindre un propriétaire.
Leur discours est toujours le même : mon dieu, j'ai investi dans un bien immobilier, j'espérais gagner de l'argent sans travailler et ça ne marche pas à tous les coups, c'est dégueulasse.

Allez comprendre pourquoi j'ai du mal à les plaindre.
Réponse de le 16/01/2016 à 22:00 :
Il y a un tas de naifs qui s 'imaginent que les loyers, c'est tout bénef. Quand ils comprennent que c'est pas comme ça que ça marche et que faire 2 % net c'est la norme, ils cherchent à faire 10 fois plus, pour gagner de l'argent sans travailler ni prendre de risque (c'est le rêve libéral). Et fort heureusement , l'état est là pour mettre de l'ordre, dans l'intéret de la société.
Réponse de le 17/01/2016 à 6:16 :
Voilà bien un commentaire qui symbolise tout le désastre français. Un discours d'envieux ou d'aigris qui voient en l'abus des politiques la justice immanente dont ils rêvent. Vous confondez la cause et l'effet. C'est l’immixtion de l'état là où il n'a rien à faire, le pouvoir incroyable laissé à nos élus qui décident pour leur propre intérêt et ceux de la coterie qui les entoure de ce que sont nos droits, qui sont à l'origine de ce que vous décrivez. Acheter et louer est une opération risquée et devrait être rémunérée à juste titre, mais pour cela il faudrait que le marché soit libre, que le pilotage fiscal et réglementaire ne soient plus les outils de façade des petits arrangements et des grands profits des uns aux dépens des autres.
Réponse de le 01/02/2016 à 18:02 :
"mais pour cela il faudrait que le marché soit libre"

Pour qu'il soit vraiment libre il faut ôter les aides au logement, toute subvention à l'achat, et taxer les revenus issus des fesses posées dans le fauteuil comme une entreprise.En seriez-vous d'accord?
a écrit le 16/01/2016 à 13:15 :
Encore un article à charge, tout droit sorti des QG de la Mairie de Paris : la chasse aux sorcières continue. On se croirait dans les Années 40.
Continuez comme ça, ça fait de la pub à AIRBNB !
Réponse de le 16/01/2016 à 22:02 :
Oui ! Moi j'attends qu'on demande aux français de participer à la chasse aux truands fiscaux. Moi je participe, puisqu’il n'y a pas assez de fonctionnaires aux impôts pour être efficace dans cette chasse.
a écrit le 16/01/2016 à 13:13 :
Mon expérience personnelle: effectuant des travaux dans mon appartement pendant un mois j'ai décidé de louer un appartement près de chez moi par AirNb.
J'ai eu quelques problèmes d'électricité durant mon séjour et en en informant les propriétaires, je me suis rendu compte que Airnb ne les avait pas informé que le locataire devant prendre une assurance responsabilité civile pour assurer l'appartement pendant le séjour. Qui aurait payer si j'avais mis le feu à l'appartement ? Moi ? Les propriétaires ? Sûrement pas Airnb car il se dégage de toutes responsabilités !
Heureusement j'avais demandé à mon assurance de m'assurer durant cette période, c'est gratuit car compris dans l'assurance responsabilité civile de mon appartement.
Deuxièmement, ma carte bancaire a été débité en Irlande. Donc terminé pour moi Airnb car je ne veux pas participer à de l'évasion fiscale et financer une Societe dont la devise est " Tout pour moi, rien pour les autres"
Réponse de le 16/01/2016 à 16:27 :
C'est faux, il y a une assurance responsabilité civile qui est automatiquement souscrite à chaque location.
Réponse de le 16/01/2016 à 22:05 :
Et Thomas ! Vous y croyez à ce que vous dites ! Un assurance qui va assurez un bien professionnel sans visite, controle technique et sans que les règles pour l'acceuil de public soient m^me évoquées, ca serait une folie !!!
a écrit le 16/01/2016 à 11:45 :
bienentendu, ca ne viendra a l'idee de personne de se demander pourquoi plus personne ne veut louer a des particuliers..................
a écrit le 16/01/2016 à 11:44 :
Ah c'est dur le libéralisme pour nos élites socialistes
Réponse de le 16/01/2016 à 22:08 :
C'est dur surtout pour les travailleurs (les vrais) honnêtes, auxquels on retire des droits progressivement. Les socialistes, on sait plus trop ou ils sont !
Réponse de le 17/01/2016 à 11:54 :
le libéralisme est morribond,il n'y a qu'a voir l'état de l'économie américaine.il reste encore quelques bobos dans notre pays a qui on fait croire que la fiscalité est confiscatoire et que la solidarité est has been.rappelons que les nuits d'hotel sont soumises a tva et a déclaration,alors que AirBnb c'est "déclaration a la carte"et aucune norme de sécurité:un peu facile

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