La primaire de la droite passe par le Medef

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Le président du Medef, Pierre Gattaz, a réussi à faire venir à l'université d'été de son organisation une belle brochette de candidats déclarés ou potentiels à l'élection présidentielle.
Le président du Medef, Pierre Gattaz, a réussi à faire venir à l'université d'été de son organisation une belle brochette de candidats déclarés ou potentiels à l'élection présidentielle. (Crédits : REUTERS/Benoit Tessier)
Fillon, Juppé, Le Maire, Sarkozy, tous candidats à la primaire de la droite, sont invités à intervenir lors de la 18ème université d'été du Medef qui ouvre ses portes pour deux jours mardi 30 août.

Ils sont venus, ils sont tous là... ou presque. La 18ème université d'été du Medef qui va s'ouvrir mardi 30 août sur le campus d'HEC à Jouy-en-Josas (Yvelines) va être l'occasion pour de nombreux candidats à la primaire de droite de détailler leur programme. De fait, le traditionnel rendez-vous patronal s'annonce cette année très politique à neuf mois de l'élection présidentielle mais, surtout, à moins de trois mois de la primaire de la droite dont on connaîtra le vainqueur le 27 novembre.

Dans ces conditions, pas question pour les ténors de la droite de faire l'impasse sur le rendez-vous estival du Medef qui devrait rassembler durant deux jours environ 5.000 participants sur le thème « Y croire et agir »... Une bonne occasion pour Pierre Gattaz, président du Medef, de sonder les intentions des potentiels candidats de de la droite à l'élection présidentielle.

L'occasion de détailler le programme des candidats

Quelles sont leurs intentions en matière d'évolution du droit social et plus particulièrement sur la question des 35 heures ? Que proposent-ils en matière de fiscalité des entreprises, et particulièrement sur l'impôt sur les sociétés au moment ou le gouvernement annonce la création d'un taux intermédiaire à 28% ? Quelle politique mèneront-ils pour alléger le coût du travail alors que le gouvernement en place a déjà annoncé une montée en puissance du crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE) dont le taux passera de 6% à 7% en 2017 ? Autant de questions qui seront certainement posées à François Fillon, Bruno Le Maire, Alain Juppé, Nicolas Sarkozy qui feront le déplacement à Jouy-en-Josas. Ils devront s'appliquer à expliquer comment ils comptent aller plus loin que les 40 milliards d'euros d'allègements fiscaux et sociaux accordés aux entreprises par le gouvernement Valls dans le cadre du pacte de responsabilité..."On souhaite profiter de cette rentrée pour inviter les principaux candidats à se positionner sur les questions économiques", et "comprendre ce que chacun a comme vision et comme projet", explique ce communicant du Medef.

Sarkozy, Fillon, Juppé ne se croiseront pas

Cependant, le Medef a bien fait les choses en évitant globalement que les candidats de la primaire ne se croisent. Présents, certes.... Mais pas ensemble donc. Cela vaut sans doute mieux eu égard à ce que l'on a entendu le week-end dernier dans la bouche des postulants qui ont multiplié les « amabilités » les uns envers les autres. La palme revenant à François Fillon avec son désormais célèbre « qui imagine un seul instant le général de Gaulle mis en examen ? » adressé à Nicolas Sarkozy. Ce dernier a expliqué  ce lundi matin sur RTL qu'il ne souhaitait pas polémiquer avec son ancien premier ministre... Mais il vaut cependant mieux qu'ils ne se croisent pas. François Fillon interviendra donc mardi soir en compagnie notamment de Jean Lassale, ex MoDem, et candidat déclaré à la présidentielle mais sans passer par la case primaire.

Quant à Nicolas Sarkozy, il sera présent mercredi matin lors d'une autre « plénière politique » aux cotés de... Bruno Le Maire, le député (LR) de l'Eure ancien ministre de l'Agriculture de... Nicolas Sarkozy et lui aussi candidat à la primaire. Heureusement, Jean-Marie Le Guen, l'actuel secrétaire d'Etat chargé des relations avec le Parlement sera là également pour servir d'arbitre des élégances et pour recevoir les coups !

Pour sa part, Alain Juppé interviendra mercredi soir en compagnie de Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice de Paris et... candidate à la primaire du PS et de Rama Yade... ex UDI et... candidate à l'élection présidentielle sans passer par la case primaire.

Pierre Gattaz doit certainement se dire qu'avec autant de candidats potentiels invités, il y en aura bien un dans le tas qui finira à l'Elysée. D'ailleurs, le décrié ministre de l'Économie Emmanuel Macron sera également présent à l'université du Medef. Et lui s'y verrait bien aussi... un jour.

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a écrit le 30/08/2016 à 7:49 :
que le medef gere les entreprises et rien d'autres.
car c'est bien leur mauvaises gestion qui cree des chomeurs
a vouloir des benefices a deux chiffres
Réponse de le 30/08/2016 à 20:23 :
Le MEDEF n'a jamais et ne gérera jamais les entreprises. Ce syndicat fait en sorte d'obtenir des loi permettant aux entreprises de délocaliser fermer et virer ces employés avec un minimum d'indemnités à verser... Sauf pour les patrons bien sûr pour lequel on les remercie d'avoir mis au chômage un maximum d'employé en leur donnant plusieurs dizaine de millions... (Combien de travailleurs faut il pour gagner ces millions d’ailleurs?)
a écrit le 29/08/2016 à 23:36 :
Il faut que notre société évolue pour employer toute le monde en ne laissant personne au bord du chemin. Le système économique qui est basé sur le rapport profit empêche de créer plus de valeurs ajoutées . C'est une autre planète que nous devons penser et créer , c'est possible .
Réponse de le 30/08/2016 à 20:29 :
C'est pas tout à fait exact... Un pays sans aucun chômeur est une société qui ne fonctionne pas non plus malheureusement. Un taux proche de 4% (réel pas nos chiffres tronqués) est plus correct. Il permet d'avoir des potentiel à employer plutôt que de devoir embaucher celui qu'on trouve même sans qu'il ne soit qualifié dans le poste à tenir, et pour les travailleurs cela leur permet de faire des étude et de trouver l'emploi qui leur correspond. Quand au financement pas de souci à ce taux contrairement à notre actuel officiel proche de 10% qui en réel est probablement supérieur à 20%... Combien se retirent du chômage par dégout perte de droit sociaux sans travail? Combien son trop vieux et vois leur retraite encore reculé et n'ont droit à rien sans trouver quoi que ce soit?....
a écrit le 29/08/2016 à 21:14 :
Le MEDEF devrait évoquer l'idée consistant à basculer la fiscalité du travail sur la fiscalité énergétique. On baisse le cout du travail, mais on augmente le prix de l'énergie. C'est bon pour le climat et on réduit le chomage. Qui en parlera? Il faudrait inviter Jean Tirole.
Réponse de le 30/08/2016 à 18:13 :
Cher Gépé vos commentaires font tous référence à la fiscalité sur l'énergie ...mais personne ne vous entend ...alors dites nous en un peu plus sur le sujet pour nous tenter de rejoindre vos thèses !!!
a écrit le 29/08/2016 à 17:27 :
On peut rappeler que le Medef vote à chaque présidentielle exclusivement pour l'UMP (LR) à près de ... 97% !.
Réponse de le 29/08/2016 à 20:25 :
@lachose: tes sources ? c'est un peu comme la légende qui veut que les seniors votent PS, non :-)
a écrit le 29/08/2016 à 16:50 :
Le medef n'a jamais été aussi bien servi que par le parti socialiste, tout ceci n'est donc bel et bien qu'une mascarade afin de nous faire croire qu'un clivage gauche/droite existerait encore.

Soyons honnête tout de même, Sarkozy leur a donné un sérieux coup de main en imposant le traité constitutionnel européen refusé pourtant par 55% des électeurs au référendum de 2005 mais c'est Hollande qui en a appliqué la Loi la plus destructrice du code du travail cette année même.

C'est donc le MEDEF, qui représente 5% des entreprises françaises, qui décide des politiques économiques du pays.

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