Le revenu universel n'a pas pour but le pouvoir d'achat

 |   |  980  mots
Le débat autour de la proposition phare de Benoît Hamon atteint son paroxysme.
Le débat autour de la proposition phare de Benoît Hamon atteint son paroxysme. (Crédits : Statista*)
Le revenu universel serait avant tout une alternative nécessaire à une société du capitalisme salarial qui a atteint ses limites, estime un économiste. Il ne saurait être réduit à une mesure de court terme pour augmenter le pouvoir d'achat.

Le débat sur le revenu universel atteint son paroxysme entre les deux tours de la primaire de la gauche. Porté par Benoît Hamon, favori pour la victoire au second tour, ce revenu socle pour tous s'attire les foudres de ses opposants, notamment sur sa faisabilité car il serait très coûteux. Pour réorienter le débat, Julien Dourgnon, un économiste qui conseille Benoît Hamon sur ce sujet - par ailleurs ancien conseiller d'Arnaud Montebourg - livre dans un petit ouvrage* une analyse globale sur l'opportunité de cette mesure pour le moins originale, qui remettrait in fine à plat le système fiscal français.

D'abord, souhaitant s'éloigner d'une vision qui réduirait le revenu universel à un « super RSA », l'économiste indique qu'un revenu socle pour tous, perçu dès l'enfance, n'a pas pour but premier « de donner du pouvoir d'achat aux ménages, ni même de lutter contre la pauvreté.» D'après lui, le revenu universel serait avant tout une alternative nécessaire à une société du capitalisme salarial qui a atteint ses limites.

Vision pessimiste de l'avenir

En effet, les fondements du revenu de base sont à aller chercher dans une analyse objectivement pessimiste de l'avenir de notre économie, aujourd'hui en crise : si rien ne change, le couple chômage-précarité fort, en France notamment, ne se résorbera pas. La fameuse théorie de la « destruction créatrice » de Joseph Schumpeter (1883-1950), qui voudrait que le progrès technique et la digitalisation - que l'on peut définir comme la troisième révolution industrielle - produiront in fine plus d'emplois qu'ils n'en détruisent aujourd'hui, ne se vérifiera pas cette fois-ci. Et ce, contrairement à ce qui s'est produit lors des deux derniers siècles. En fait, pour que la « destruction créatrice » se vérifie, « il faudrait un ruissellement des bénéfices liés à l'augmentation de la productivité vers le plus grand nombre », explique Julien Dourgnon. Or notre économie moderne souffre « d'une captation mécanique du progrès technique dans les mains d'une minorité », ajoute-t-il.

Insuffisance d'emplois

Ainsi, l'insuffisance annoncée d'emplois payés décemment dans le futur appelle à réfléchir à un autre mode de rémunération des individus, comme le revenu universel. Surtout en France où, comme le note Julien Dourgnon, « le principal moyen d'accès à la monnaie est l'emploi », car au-delà des seules rémunérations, les droits sociaux qui permettent de bénéficier d'une bonne protection sociale (santé, chômage, retraite) sont adossés aux salaires français. Autrement dit, « notre régime de protection sociale est fondé sur le plein emploi », note Julien Dourgon. Or, « ce modèle social prévoit des sécurités pour des accidents de la vie par définition courts et peu nombreux ». Et non pour une situation structurelle de sous-emplois.

Aussi, avec la perspective d'une précarisation massive de la population, le risque est grand de voir les droits sociaux des ménages se dégrader fortement en France. Tout cela est même, selon Julien Dourgnon, source d'inefficacité économique, puisqu'une société précaire est coûteuse d'un point de vue sociale et produit moins.

Techniquement compliqué à mettre en oeuvre

Bref, le revenu universel pourrait donc, selon ses meilleurs promoteurs, résoudre ces problèmes structurels. Reste, dans un premier temps, à trouver les moyens techniques de le mettre en œuvre. Et là, ça se corse. De son côté, Julien Dourgnon propose d'instaurer, en guise de première étape, des allocations de 120 euros par mois pour un adulte et de 60 euros par mois pour un enfant. Celles-ci coûteraient au total 83 milliards d'euros par an, et seraient financées par une taxe de 0,8 % sur le patrimoine immobilier et financier- net des dettes - des ménages français. Un financement « à la Piketty », qui induit toutefois la suppression de la taxe foncière et de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF). Ensuite, Julien Dourgnon prévoit une deuxième étape, dans le cas où la première serait couronnée de succès, où le niveau du revenu universel serait significativement rehaussé, et qui pourrait par exemple être financé par un impôt à taux unique. Par ailleurs, ce revenu universel viendrait concrètement s'ajouter aux revenus du salariat, et son instauration ne viendrait en aucun cas perturber les systèmes de retraite, de chômage et de santé existants en France.

Un risque de nivellement des rémunérations vers le bas ?

Le but de ce revenu universel serait donc bien de proposer une alternative à la dépendance des individus vis à vis de leur salaire. Ce qui amène à une réflexion morale: en venant en complément des rémunérations du travail, le revenu universel ne risque-t-il pas d'inciter les employeurs à niveler globalement les salaires vers le bas ? Car comme le disait le sociologue Robert Castel (1933-2013), « un stock de travailleurs potentiels déjà partiellement rémunérés par un médiocre revenu de subsistance constituerait une nouvelle armée de réserve dans laquelle le nouveau capitalisme pourrait librement puiser au moindre coût ».

D'ailleurs Julien Dourgnon admet cette critique : « Soyons honnêtes : il n'est pas impossible, en effet, que le revenu universel serve d'alibi pour accélérer l'affaiblissement de l'Etat-providence et de ses régulations collectives », indique-t-il en conclusion de son livre. Mais « rien n'est écrit », ajoute-t-il, et « l'inverse est tout à fait possible : faire du revenu universel un outil pour renouer avec l'idée du progrès émancipateur ». Dont acte. Mais il y a fort à parier que si un revenu universel était instauré, les puissantes forces du marché s'engouffreraient dans la brèche, et le pouvoir politique éprouverait alors toutes les peines du monde pour maintenir les acquis sociaux des ménages.

*Revenu Universel. Pourquoi ? Comment ? aux éditions Les Petits matins, 12 euros.

*Graphique réalisé par Statista

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 27/01/2017 à 11:06 :
Curieux quand même cet exposé sur l'absence de ruissellement qui empêcherait la destruction créatrice !
Il suffirait d'organiser les transferts directement en imposant la minorité qui empêche le ruissellement
On peut certes justifier la nécessité de l'accumulation de richesse par le principe du ruissellement mais on oublie semble-t-il qu'il serait plus simple et sans doute plus efficace d'empêcher cette accumulation et de redistribuer directement les richesses
a écrit le 27/01/2017 à 9:24 :
Bah il y a un autre loustic sans doute futur président qui a trouvé la solution, et vlan un coup de csg sa marotte et faire payer aux retraités pauvres ou pas les charges sociales qu'ils ont déjà payées il y a longtemps.
C'est à dire payer deux fois la même chose, imaginez votre assureur qui vous demande de repayer l'assurance voiture d'il y a 30 ou 40 ans.
Cette année, comme le Tanguy est encore scotché à la maison mais impôts à part, 100€ de moins, va falloir que je prenne mon courage à 2 mains, cacher ma honte pour trouver à bouffer chez Coluche et oublier de réparer mes dents.
a écrit le 26/01/2017 à 15:56 :
avec tout les frais d , un ménage il faut pour vivre une personne seule 1400 euros
loyer 50% DU budjet edf et gdf 25 % avec 1000 euros vous etes a decouvert tout le mois cet a dire a partir de 1000 euros plus de caf
le fn dans six mois bravo la france
a écrit le 26/01/2017 à 11:21 :
Pourtant il faut rapidement le mettre en œuvre. Car il va permettre d'aller aux champignons, faire les soldes, aller voir la voisine dont le mari est cadre, fait 60 heures de travail par semaine, avec bac +5 voir +10, paye des impôts pour le revenu universel.
Pour ceux qui n'ont pas forcer c'est le djakpot !!!!!!!!!!!!!!!!
a écrit le 26/01/2017 à 10:38 :
Il faut se rappeler que notre économie fonctionne selon des règles qui ont été établies il y a une cinquantaine, voir une centaine d'années. Les nouvelles technologies d'analyse informatique ont permit de mettre en évidence que certaines d'entre elles sont erronées. Notre système économique est donc fondé sur des erreurs qui ont peut-être été validées par une certaine "communauté scientifique" par pure idéologie... Il faut éviter de mettre la charrue avant les boeufs dans la réalisation du RU, en commençant par la création d'une Allocation Universelle : Regrouper les diverses allocations sociales dans une unique prestation serait très économique pour l'état en permettant de réduire les coûts de traitements. Cela permettrait aussi de faciliter l'accès aux personnes les plus fragiles en rendant cette Allocation Universelle systématique, sans remplissage de kilomètres de formulaires. Cela coûterait aussi moins cher que la lutte contre le terrorisme ou la criminalité...
Réponse de le 27/01/2017 à 9:36 :
Ben ça suppose une encore plus forte main-mise de l'état sur un système qui n'aurait jamais du être autre chose que privé et encore disperser plus l'argent qui n'aurait jamais du servir à d'autres personnes que les salariés actifs ou en retraite alors que la ça fuit vers d'autres systèmes différents en faillite, des personnes n'ayant jamais cherché un emploi ou vécu en France, et in fine, car c'est le fond du problème, financer gràce à la manne salariale les charges et retraites des fonctionnaires.
70 ans après, tout ce qu'on peut dire c'est que si tout avait été privé, mis en fonds de pension pour les retraites sans accès du gouvernement on n'aurait pas le moindre problème.
Réponse de le 27/01/2017 à 16:34 :
Ceux qui dirigent notre états sont manipulés par ceux qui dirigent nos entreprises. La gestion privé ou public n'est donc pas le problème, puisque ce sont les mêmes. La privatisation permettrai de transformer les caisses sociales en "boites-noire" à l'abris de tout contrôle démocratique, favorisant ainsi le détournement de fonds publiques. La gestion des fonds de formation gérés par le privé ne donne pas les résultats escomptés... Les fonds de pension ont permis de dépouiller les épargnants américains de leurs retraites. Ce ne sont pas les structures qui comptent, mais les règles de gestion.
a écrit le 26/01/2017 à 10:33 :
A la lecture des commentaires je me suis rendu compte d'un problème que je trouverais ennuyeux si on n'était pas dans le domaine du rêve dès qu'on parle de revenu universel (qui devrait s'appeler rêvenu universel !).

Dans quelle mesure ce revenu universel, dans l'hypothèse où il serait appliqué, serait-il considéré par les autorités internationales comme du protectionnisme ? Ce n'est en effet pas très différent de l'idée du dumping, et certains se plaignent que l'Angleterre risque de faire du dumping fiscal, mais si la France passe au dumping tout court, quelle va être la conséquence sur ses relations avec ses voisins ? L'idée d'universel est-elle d'une part compatible avec une mise en place nationale, et d'autre part quel est le risque que ce revenu universel national soit considéré comme une aide, et donc une entrave à la libre concurrence vis-à-vis des Américains, des Chinois, des Turcs ou de qui que ce soit d'autre ? Je sais que le protectionnisme est à la mode ces derniers temps, mais, comme pour le Brexit d'ailleurs, le revenu universel néglige totalement les conséquences dues aux réactions du reste du monde.
a écrit le 26/01/2017 à 9:09 :
Un revenu universel ne peut être qu'un découvert bancaire qui se résorberai chaque mois et non cumulable!
a écrit le 25/01/2017 à 23:57 :
///debat philosophique/// ,on dit que la nature a peur du vide, mois je dit que c est l homme qui a peur du vide, pars le fais que la machine pourras soulage l homme du travail dur repetitif et mal renumere, il y a d autres emploies qui vont se crees grase a ce grand bon en avant des progres des nouvelles technologie mais pour acconpagne cette mutation technologique sans precedent, les propositions de benoit hamon sont revolutionnairement en avance sur sont tempt,, l avenir de nos enfants et de la france en dependent???
a écrit le 25/01/2017 à 23:38 :
A partir du moment où le SMIC perdure et où une partie de la population va se retirer du marché du travail, il peut aussi y avoir une raréfaction de la demande d'emploi et donc, au contraire, cela peut faire augmenter certains salaires.
Actuellement des gens qualifiés sont payés au SMIC (quand vous voyez certaines annonces qui réclament un mouton à 5 pattes, exemple une secrétaire comptable bilingue pour 9,67 euros l'heure ...), ceux-là n'auraient plus intérêt à travailler à temps plein à ce prix... Les seuls qui accepteront de travailler au SMIC seront les travailleurs non qualifiés, voire ils chercheront plutôt des temps partiels.
a écrit le 25/01/2017 à 23:09 :
Tant de temps et d'énergie perdus à débattre de ce qui ressemble à une proposition irréaliste dans le contexte actuel -de mon point de vue, au lieu de réfléchir et proposer des solutions plus immédiates et plus concrètes [ancrées dans la réalité] pour soulager, un peu, de leur fardeau des moins chanceux de notre modèle actuel.
Il est vrai que le revenu universel rompt avec le sempiternel recyclage des mesures qui, pour certaines, ont depuis longtemps fait la preuve de leur échec.
Il est tout aussi vrai que certains, des plus libéraux aux plus libertaires avec toutes les nuances possibles, peuvent y voir quelques avantages plus ou quantifiables.
...
Au moment où de plus en plus de gens cherchent des propositions disruptives [air du temps oblige !], il ne faudrait pas perdre de vue les objectifs essentiels à la survie de notre unité et notre cohésion.Trouver des solutions réalistes pour l'urgence des 500 000, du million, des 2 millions, des cinq millions et des huit millions de concitoyens les moins chanceux !
Deux pistes pour commencer :
1. Sortir du piège et du chantage qui consiste à opposer 'Promotion de l'attractivité et de la compétitivité de la France' et 'Recherche active et prioritaire de solutions pour les populations les moins servies par notre modèle'.
2. Innover pour ne plus avoir à en faire des variables d'ajustement dans les arbitrages et les décisions des gouvernements. Après tout, les collectivités territoriales, même avec de moins en moins de moyens, même étranglées pour certaines, 'gèrent les urgences' !

Le premier tour n'est que dans trois mois. Il est donc encore temps de remettre la réalité sur les pieds : Celle de notre unité et de notre cohésion à conforter et, à plus forte raison, dans le contexte actuel avec ses défis, ses menaces et ses opportunités !

Alors, Messieurs les candidats, au travail !
a écrit le 25/01/2017 à 20:10 :
Idée farfelue car les Français, salariés ou patrons, n'ont pas le moindre sens moral du travail et de leurs responsabilités.
Mais l'idée serait intéressante dans le monde agricole ou les agriculteurs ne jouent pas jeu égal avec les autres européens, imaginons un smic/2 (5,60€~) le reste complété par des allocations: l'agriculture se remet à embaucher, exporter, limiter les importations et booster l'industrie agroalimentaire, on relance l'investissement agricole, le bénéfice serait très supérieur aux dépenses.
On pourrait viser l'équilibre de la balance commerciale.
Et on aura casé les incasables de notre société et rendu leur dignité.
a écrit le 25/01/2017 à 17:52 :
L'auteur n'est pas très logique ! Il vend son bouquin 12 €uros. En fait il devrait nous donner les 12 €uros pour que nous prenions son chef-d'oeuvre !
a écrit le 25/01/2017 à 17:41 :
Effaré par le graphique! Les Français , shootés à la civilisation des loisirs, ont-il donc décidé de sortir de l'Histoire pour se jeter dans les bras de l'Utopie: c'est Dupont au pays des merveilles!
A moins que Hamon ne se projette dans le siècle suivant; mais j'avais la naïveté de croire que les présentes primaires concernaient le quinquennat à venir?
a écrit le 25/01/2017 à 16:47 :
Remake d'un discours historique: ask not what you can do for your country; ask what Hamon can force your fellow citizens to give you :-)
a écrit le 25/01/2017 à 16:39 :
On sera tous payé a ne rien faire, mais en toute honnêteté ca paye mal l'assistanat......Comme on fera rien on ne produira RIEN : mon idée geniale : faire tourner la planche a billet pour nous payer a glander......Destruction assurée de l'economie !
Réponse de le 25/01/2017 à 23:42 :
Aujourd'hui vous avez des millions de chômeurs payés à rien faire, des millions de jeunes qui reçoivent pour certains des bourses pour suivre des études sans être pour autant des très bons élèves et pas mal de fonctionnaires territoriaux ou autres qui se partagent du travail pour ne pas gonfler les rangs des chômeurs. Alors autant dire franchement qu'il manque du travail pour en donner à tout le monde et que les gens ne soient plus obligés de filouter ou d'avoir l'air d'assister.
a écrit le 25/01/2017 à 14:51 :
Ce conseiller a au moins l'honnêteté d'admettre que le revenu universel n'a pour but ni de lutter contre la pauvreté, ni même d'augmenter les revenus des ménages. C'est juste la cabale que mènent quelques rescapés de l'union soviétique contre la société française. Pour eux la prospérité c'est un concept de bourgeois capitaliste, qui dans les faits ne sert à rien, et dans la nouvelle société des hommes nouveaux on s'en passe très bien.

Même en imaginant que les Français se désintéressent de leur situation financière personnelle au point d'accepter le revenu universel, ce dernier ignore superbement la question du poids croissant de la dette publique, de même que le coût qu'il y a à ne pas la rembourser. Plus la dette augmente, et plus l'état est faible. Et elle augmente tous les ans, même sans revenu universel au coût exorbitant. Pourtant, sans l'état c'est le marché qui gère tout. La conclusion logique (bien qu'un brin provocatrice) est que Hamon veut donner le pouvoir sans partage au marché. C'est en quelque sorte le nouveau Madelin ! Et malgré ça on nous fait croire que c'est Valls le libéral de la gauche... (son revenu décent est dans la même veine, cela dit, il n'y a que le degré de responsabilité à court terme qui diffère un peu).
a écrit le 25/01/2017 à 13:51 :
Il faut tenir compte de deux aspects. 1- Répartir les charges sociales sur la production (cotisations sociales des entreprises) et sur la consommation (TVA sociale ou mieux, impot sur la consommation d'énergie). 2- rétablir l'équité avec une allocation universelle récupérée sur les tranches d'imposition de l'impot sur le revenu. Une partie du "chomage" doit être considéré comme du temps libéré par les gains de productivité. Mais ce que j'écris est incompréhensible.
Réponse de le 25/01/2017 à 22:32 :
la quasi totalité des cotisations sociales doit être imputée sur la TVA sociale (qui s'applique aussi aux produits importés). L'assiette de l'énergie est trop étroit, pénalise la production en France, et en plus elle se réduit avec les économies d'énergie et l'augmentation de l'efficacité énergétique.
Réponse de le 26/01/2017 à 8:34 :
@Bruno. Merci pour votre réponse. L'assiette de la TVA sociale est insuffisante. Une taxe sur l'énergie correspond exactement aux besoins de financement des caisses de retraites, en valeur et en durée. (jusqu'en 2035). Une augmentation du prix de l'énergie est favorable au climat et à l'économie (double dividende). Cela correspond à la note n°6 du CAE, aux propositions de Coe-Rexecode pour une réforme fiscale, à la thèse du CIRED sur la taxe carbone, aux propositions de Jean Tirole sur la protection du climat, etc...
Réponse de le 28/01/2017 à 21:16 :
@Gépé : moi il y a une chose qui m'échappe dans votre raisonnement sur l'énergie : sa surtaxation, si je ne me trompe, est un puissant moteur pour l'économiser, soit de façon directe (amélioration de l'efficacité énergétique, chasse au gaspi sous toutes ses formes...) soit de façon plus insidieuse (délocaliser les activités économiques énergivores dans les pays où elle est peu ou pas taxée). On le voit bien aux USA où l'énergie, notamment fossile, est bien moins taxée qu'en Europe, la consommation d'énergie y est bien plus forte. Autrement dit c'est une taxation dont l'assiette, donc le produit, est appelé à se contracter plus ou moins rapidement. Comment fait-on pour financer les retraites avec une ressource qui est appelée à diminuer sans cesse ? Exemple extrême : qui aurait imaginé il y a 30 ans que la technologie LED aurait permis la division par 10 de la consommation de l'éclairage ?
a écrit le 25/01/2017 à 13:17 :
Je suis horrifié quand je vois quelqu'un qui se prétend socialiste proposer un revenu universel, c'est en réalité le renoncement à combattre le chômage. Que font-ils de la dignité humaine? Comment accepter cela?
De plus ce revenu universel serait un formidable appel à une immigration massive, avec plusieurs centaines de millions de personnes prêts à se sacrifier pour aller dans le pays de cocagne.Compte tenu des conséquence je ne suis pas sur que le président irait au bout de son mandat et de toute façon il ouvrirait ainsi une autoroute à six voies au FN.
Réponse de le 25/01/2017 à 22:33 :
Ne pas lutter contre le chômage c'est à terme la garantie qu'on n'aura plus de quoi payer la moindre prestation sociale.
a écrit le 25/01/2017 à 12:24 :
Trois problemes graves a prendre en compte:

1/ Le Financement : M. Hamon precise que cette mesure coutera 400Milliards d'Euros (c'est autant que le budget actuel de l'Etat, 10x le bugdet de l'Education N...). La dette me diriez vous? Les taux d'interets etant artificiellement bas grace a l'action de Mario Dragi... le cout sera donc imprevisible et impactera les generations apres nous. L'effet sera alors contreproductif et nous vivrons a credit des epargnant du monde.

2/ L'inegalite reelle : cette mesure, soit disant egalitaire et qui permettrait a tout le monde d'avoir un minimum pour 'vivre'. Si l'on supprime l'ensemble des aides actuellement disponibles (dont d'ailleurs M Hamon ne developpe absoluement pas... on ne sait pas quelles sont les aides qui vont etre amenees disparaitre) et qu'on les remplace par le revenu universel, cela va creer d'enormes inegalites et toucher d'avantages les plus necessiteux et les plus pauvres. Le RU etant moins important que l'ensemble des aides qu'une personne puisse percevoir aujourd'hui, les plus pauvres et les handicapes vont etre perdant et les plus "riche"... seront plus imposes, notemment leur travail, pour financer ces transferts... les tres tres riches... faiblement impactes.

3/ L'accompagnement : est ce vers ce genre de societe que l'on souhaite s'orienter, une societe ou l'etat donne de l'argent et vous dit debrouillez vous. Les personnes en difficultes ont besoin d'avantage d'accompagnement que d'argent.Les pays Scandinave eux l'ont bien compris et mettent d'avantage de moyen sur l'accompagnement.
Cela permet d'eviter la discrimination sociale par le travail et le sentiment nefaste d'assistanat.

Pour ces trois points le RU n'est ni une solution ni un programme de societe mais plutot une idee politicienne compenssant le manque de reflexion et de vision pour notre societe.
M. Hamon etant un frondeur d'opposition, n'a depuis des mois travailler dans un seul sens, freiner le mouvement de notre societe.
Il s'agit d'un constat desolant et il serait vraiment temps de se poser les bonnes questions avec un veritable raisonnement. Pas des pseudo idees demontrant un manque de connaissance du monde economique d'aujourd'hui ( RU, Taxation des robots... les pays avec le plus de robots sont actuellement les pays les plus prosperts au monde avec le plein emploi).
Réponse de le 25/01/2017 à 23:51 :
Pourquoi un pauvre qui reçoit le revenu universel ne pourrait travailler pour augmenter ses revenus ? A partir du moment où un socle minimum existe, il sera possible de libéraliser le marché du travail et donc l'accès à l'emploi sera plus simple pour les petits boulots non qualifiés à temps partiel. Le seul problème est bien sûr celui des personnes invalides de façon provisoire (maladie grave, accident grave) ou permanente (handicap important), ceux-là s'ils ne peuvent travailler pourraient avoir une aide complémentaire puisque ce n'est pas leur choix de se contenter du revenu universel.
Une idée n'est jamais totalement bonne ou mauvaise mais peut-être améliorée.
a écrit le 25/01/2017 à 12:22 :
La question essentielle qui n'est pas posée sur la situation économique actuelle est: Pourquoi l'argent accumulé par les grandes entreprises et redistribué en dividendes pour un faible nombre n'est plus réinjecté dans l'économie capitalistique pour créer et entreprendre. Cette masse financière tourne en rond pour des mégas fusions-acquisitions aux résultats inefficaces. Quant à B.Hamon, on passe de la gauche caviar, à la gauche flemmard ou plumard et en 2017, espérons que les électeurs montreront le chemin de la gauche au rencard !
a écrit le 25/01/2017 à 11:53 :
Super idée mais ça ne semble pas réaliste. Sauf a remplacer toutes les prestations sociales par se revenu universel pour solde de tout compte. Se qui permettrait au passage de débroussailler le maquis de paperasses actuel. Maquis tellement opaque que 30% des ayant droit ne font pas les démarches nécéssaire... On a déjà la pression fiscale la plus forte de toute l'OCDE. Encore alourdir la facture ça parait illusoire sauf a sombré dans un système communiste avec un nivellement vers le bas pour tout le monde.
a écrit le 25/01/2017 à 11:51 :
Deux objectifs de votants pour ce revenu d'illusion universelle même s'ils ont bon cœur avec l'argent des autres :
poursuivre l'écrêtement de tout les travailleurs au SMIG mensuel
et, pour d'autres, avoir de l'argent disponible, par exemple pour du canabis...
Le système proposé est celui de l'URSS où les gens ne se fatiguaient plus car ils ne ne pouvaient rien gagner de plus. Ils se contentaient du minimum vital sans pouvoir espérer mieux par un effort quelconque. Ceci conduit à un retour au sous développement voire à une colonisation de notre pays. En effet, ce système a démontré qu'il n'est pas compatible avec l'esprit humain d'avoir la possibilité de se développer en en tirant un bénéfice. Les fainéants finiront par se faire dominer malheureusement.
Si un tel système se met en place, nous inviterons tous les cadres, ingénieurs et techniciens de France à faire une pause d'un an en se contentant de ce revenu universel afin de stopper au plus vite le retour au sous développement.
(au passage, sans impôts versés pendant un an, nous nous débarrasserons aussi de ceux qui ont moins bon cœur et piochent allégrement dans les tiroirs caisses)
a écrit le 25/01/2017 à 11:33 :
Pas mal la dernière parka Décathlon Tribord...Non mais quel ridicule...On touche vraiment le fond là, il se croit encore à la MNEF non ?
a écrit le 25/01/2017 à 11:16 :
Un article de The Economist de ces dernières semaines, notice nécrologique d'un économiste récemment décédé spécialiste des inégalités rend compte de ses propositions : non seulement le revenu universel mais aussi une dotation (unique) de base à toute personne ayant atteint la majorité.
Ce me rappelle que dans les années 1957-60, là où j'étais à l'école primaire, le département ouvrait un livret de Caisse d'épargne à tout lauréat au Certificat d'études primaires (14 ans) avec une dotation. C'était faible à l'aune actuelle, mais une fortune pour les enfants de familles pauvres, dont j'étais : enfin pouvoir acheter quelque chose, ou payer soi même l'autocar pour aller à la ville !!
Travailler sur une indépendance, même limitée, est important.
Mes 3 enfants, bien que ayant chacun un emploi rémunéré et (relativement) stable sont actuellement en difficulté pour diverses raisons, et mon mari et moi avec nos pensions retraite y pallions de diverse manière. Chaque parent retraité n'a pas la possibilité de réaccueillir des enfants de 40 ans dans leur chambre de leurs 10 ans !!
Alors ? Aider ou mettre les jeunes à la rue ?
F.P
a écrit le 25/01/2017 à 11:13 :
Bon article sur le constat que le "concept" de destruction créatrice de Schumpeter ne se vérifiera pas dans le futur. C'est une évidence. L'avenir verra (ou pas) comment le monde capitaliste, judéo-chrétien va réagir. J'ai bien ma petite idée, mais je vais passer encore pour un apocalyptique.
a écrit le 25/01/2017 à 10:11 :
"si rien ne change,"

ET comme rien n'a changé ces trente dernières années et vu que ce sont toujours les mêmes qui se succèdent aux postes de décideurs politiques là uniquement pour obéir aux décideurs économiques rien ne changera également dans le futur, donc la vision pessimiste semble la plus raisonnable.
a écrit le 25/01/2017 à 9:59 :
On donne d'une main se que l'on prend d'une autre ou combler un trou avec la terre d'un autre trou !!! Il serait plus sage de réduire l'âge de la retraite pour libérer des emplois, moins cher à financer mais trop simple et pas assez marketing politique, sans compter la charge fiscale sur les classes moyennes et la fuite des grandes fortunes, ou comment avec un bon diagnostic, la fin du plein emploi, on fabrique de l'illusion pour son ambition personnelle.
Réponse de le 25/01/2017 à 11:06 :
Avec un niveau de dépense publique de 57% du PIB, quasiment sans équivalent dans le mode, et avec un taux de prélèvement obligatoire de près de 46%, il ne peut plus être question, ni de dépenser plus, ni de prélever plus (d'ailleurs on l'a bien vu, les impôts rehaussés par Hollande ont systématiquement rapporté moins qu'escompté, ce qui prouve que la France est au delà de l'optimum de la courbe de Laffer, celui où toute hausse de taux de l'impôt provoque une diminution de son assiette). Il n'y a donc pas d'alternative au fait de dépenser moins. Ni le revenu universel ni la diminution du temps de travail sans baisse corrélative des salaires ni la baisse de l'âge de la retraite ne sont envisageables, pour l'âge de la retraite il faut au contraire continuer à l'augmenter au rythme de la hausse de l'espérance de vie pour préserver en permanence l'équilibre du système de répartition qui est dans son principe une pyramide de Ponzi qui peut être jeté à bas par un déséquilibre durable. Quant à la fin du plein emploi, il faudra expliquer comment de nombreux pays européens, eux, y arrivent encore, de même que les US d'ailleurs. C'est un ensemble de choix politiques faits en France (trop de contraintes sociales et environnementales sur les entreprises, un marché de l'emploi toujours trop rigide, un coût salarial trop élevé) qui empêchent le retour au quasi plein emploi.
a écrit le 25/01/2017 à 9:25 :
Ils ne vont pas au bout de leur logique, s ils pensent que le chomage massif est endemique (ce qui est peut etre le cas), il faut surtout freiner la natalite afin de faire le moins possible de futur chomeurs. et donner un revenu en fonction du nombre d enfants est exactement l inverse: inciter a faire des gosses. On devrait au contraire avoir une politique a la chinoise (1 enfant max) et une prime pour ceux qui n ont pas d enfants
Réponse de le 25/01/2017 à 17:42 :
Juste une question avec la baisse de la natalité comment vous aller payer la retraite qui par definition table surtout sur une hausse de la natalité.
*
Comment vous aller obliger les femmes a faire moins d'enfants, avec des lois comme en chine avec l'enfant unique ou on ne fait plus que des garcons?
Réponse de le 26/01/2017 à 11:20 :
Un chomeur ne paie pas non plus de cotisation qui nourissent les retraites actuels. Pire, il coute de l argent (sauf s il a moins d e25 ans et jamais travaille ou dans ce cas il ne touche rien). donc au final, il vaut mieux une population plus reduite avec peu de chomeurs (ce qui devrait faire en plus monter les salaires car si vous coulez attirer du personnel, il faudra bien le payer) qu un population nombreuse de creve la faim de type bengladesh.

Sinon en ce qui concerne les moyens de reduire la natalité, sans aller jusqu aux avortements forces des chinois on peut deja arreter la politique lapiniste (suppression des alloc familiale et au contraire prime a ceux n ayant pas d enfants). apres on peut sophistiquer la chose, par ex en taxant plus les appartements avec plus de 2 chambres

PS: il y aura bien un jour ou la population devra s arreter de grandir ou on va manquer de place et de nourriture. Autant le faire gentiment par la promotion du controle des naissance qu utiliser la methode ancestrale (epidemies et guerres)

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :