L'idée choc étudiée en Islande : et si on retirait aux banques la capacité de créer de la monnaie ?

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L'Islande veut changer de système monétaire
L'Islande veut changer de système monétaire (Crédits : reuters.com)
Un rapport parlementaire islandais suggère de donner à la seule banque centrale le monopole de la création monétaire. Une vraie révolution, si l'idée était appliquée...

Décidément, l'Islande est le pays de la créativité financière. Après avoir montré, en 2009, qu'il existait bien une alternative au transfert de la dette bancaire vers la dette publique, l'île nordique pourrait s'apprêter à réaliser une grande expérience monétaire.

Le 31 mars dernier, en effet, le président du comité des affaires économiques de l'Althingi, le parlement islandais, Frosti Sigurdjonsson, a remis un rapport au premier ministre, Sigmundur Gunnlaugsson, sur la réforme du système monétaire islandais. Et c'est une véritable révolution qu'il propose.

L'absence de maîtrise de la banque centrale sur le système monétaire

Le rapport cherche en effet à réduire le risque de bulles et de crises dans le pays. En 2009, l'Islande a connu une crise très aiguë qui a fait suite à une explosion du crédit alimenté par un système bancaire devenu beaucoup trop généreux dans ses prêts et beaucoup trop inconscient dans sa gestion des risques.

Ni l'Etat, ni la Banque centrale islandaise (Sedlabanki) n'ont pu stopper cette frénésie. « Entre 2003 et 2006, rappelle Frosti Sigurdjonsson, la Sedlabanki a relevé son taux d'intérêt et mis en garde contre une surchauffe, ce qui n'a pas empêché les banques d'accroître encore la masse monétaire. »

Comment fonctionne le système actuel

Dans le système actuel, ce sont en effet les banques commerciales qui créent l'essentiel de la masse monétaire, en accordant des prêts à discrétion. La banque centrale ne peut que tenter de décourager ou d'encourager, par le mouvement des taux ou par des mesures non conventionnelles, cette création. Mais la transmission de la politique monétaire aux banques n'est jamais une garantie.

Malgré la hausse des taux de la Sedlabanki, la confiance et l'euphorie qui régnait en Islande au début des années 2000 a soutenu le processus de création monétaire. Lorsque la demande existe, rien ne peut empêcher les banques de prêter. Lorsqu'elle disparaît, rien ne peut les contraindre à le faire. Et souvent, ces mouvements sont excessifs, ce qui créé des déséquilibres, puis des corrections par des crises où l'Etat doit souvent venir au secours des banques. Et lorsqu'il faut faire repartir l'activité, les banques centrales ont souvent des difficultés à être entendue.

Le cas de la zone euro en est une preuve. Il a fallu que la BCE use de moyens immenses, l'annonce d'un QE de 1.140 milliards d'euros, pour que le crédit commence à se redresser dans la zone euro et encore, de façon fort limitée pour l'instant.

Une idée ancienne

D'où cette idée centrale du rapport de Frosti Sigurdjonsson : ôter aux banques le pouvoir de création monétaire. Comme le souligne l'ancien président de l'autorité financière britannique, Aldair Turner, qui préface le rapport, « la création monétaire est une matière trop importante pour être laissée aux banquiers. »

Cette idée n'est, en réalité, pas neuve. Après la crise de 1929, des économistes étatsuniens avaient proposé en 1933 le « plan de Chicago » qui proposait d'abolir la capacité des banques à créer par elle-même de la monnaie. Il avait eu un grand succès, mais pas de traduction concrète véritable.

En 1939, l'économiste Irving Fischer, un de ceux qui avaient examiné de plus près la crise de 1929, avait proposé de transférer le monopole de la création monétaire à la banque centrale. James Tobin, Milton Friedman et d'autres ont également réfléchi sur ce sujet. Mais la proposition islandaise, que Frosti Sigurdjonsson présente comme « une base de discussion » pour le pays, est la première proposition de passage à un autre système qu'il appelle le « système monétaire souverain. »

Décider de la création monétaire dans l'intérêt de l'économie

Quel est-il ? Le rapport indique que l'Islande « étant un Etat souverain avec une monnaie indépendante est libre de réformer son système monétaire actuel, qui est instable et de mettre en place un système monétaire de meilleure qualité. » Dans ce système, seule la Banque centrale aura le monopole de la création monétaire, aucune couronne ne pourra circuler si elle n'a pas été émise par la Sedlabanki à l'origine.

Cette dernière pourra donc faire évoluer la masse monétaire en fonction de ses objectifs « dans l'intérêt de l'économie et de toute la société. » Frosti Sigurdjonsson propose qu'un « comité indépendant du gouvernement prenne des décisions sur la politique monétaire de façon transparente. »

La Banque centrale créera de la monnaie en accordant des prêts aux banques commerciales pour qu'elles prêtent ensuite des sommes équivalentes aux entreprises et aux particuliers, mais aussi en finançant des augmentations de dépenses publiques ou des exemptions d'impôts, ou encore par le rachat de dettes publiques. Pour empêcher la création monétaire par le système bancaire, deux types de comptes auprès de la banque centrale seront créés.

Comptes de transactions et d'investissements

Les premiers seront les « comptes de transactions. » Ces comptes représenteront les dépôts des particuliers et des entreprises. Les banques commerciales administreront ces comptes, mais ne pourront pas en modifier les montants. L'argent déposé sur ses comptes ne rapportera pas d'intérêt, mais sera garantie en totalité par la banque centrale.

Un deuxième type de comptes, les « comptes d'investissements », sera créé en parallèle. Les agents économiques pourront transférer des fonds des comptes de transaction vers les comptes d'investissements. L'argent placé sur ses comptes seront investis par les banques et seront bloqués durant une période déterminée.

Les banques pourront alors proposer à ceux qui placent leur argent dans ces fonds différents types de produits, notamment des produits risqués à haut rendement. Il s'agit concrètement de séparer autant qu'il est possible l'argent du crédit. Le risque lié au crédit ne disparaît pas, mais il est limité par l'obligation de ne prêter que l'argent déposé sur ces comptes d'investissements.

Plus de Bank Runs

Pour Frosti Sigurdjonsson, ce système permettra une gestion plus réaliste de la masse monétaire non plus dans l'intérêt des agents privés, mais dans celui de la collectivité. La garantie sur les dépôts permettra d'éviter une course aux guichets (Bank Run), sans réduire, du reste, la responsabilité de ceux qui auraient investi dans des produits à risque.

Avec ce système, une séparation bancaire entre banque d'investissement et banque de dépôts n'est pas nécessaire, puisque l'activité de banque de dépôts sera garantie par la banque centrale. Du reste, la garantie implicite de l'Etat dont bénéficient les grandes banques disparaîtra d'elle-même.

Gérer la transition

Pour la transition, Frosti Sigurdjonsson propose de transférer les dépôts détenus dans les banques commerciales vers les comptes de transaction. Ce transfert se fera par l'émission d'une créance sur les banques qui sera détenue par la Sedlabanki et qui sera payée sur plusieurs années par les banques.

Ce « passif de conversion » s'élèverait à 450 milliards de couronnes islandaises, soit 3,05 milliards d'euros. Cet argent issu des banques commerciales sera donc progressivement remplacé par de l'argent issue de la banque centrale. Dans cette phase de transition, les sommes versées par les banques pourraient servir soit à réduire la dette publique, soit à réduire, si besoin, la masse monétaire, par l'annulation d'une partie des fonds versés.

Les problèmes posés

Cette proposition ne règlera certes pas tous les problèmes. Certes, les prêts seront sans doute moins importants et la croissance de l'économie sans doute moins forte. Mais le projet est d'avoir une économie plus stable et, sur le long terme, tout aussi performante. Plutôt que de voir l'économie croître de 5 % par an, puis de corriger de 3 % ; on pourrait avoir une croissance stable de 2 % par an sans à-coup...

L'indépendance du comité de la Banque centrale sera très hypothétique, car l'Etat sera une courroie naturelle de la création monétaire et un risque d'excès n'est pas, ici, à exclure, même si l'Etat peut aussi bien prétendre représenter l'intérêt général que ce comité indépendant.

Mais une ambiguïté peut ici être problématique. Les liens avec les autres systèmes monétaires classiques pour une petite économie comme l'Islande sont encore à explorer. Matthew Klein, dans le Financial Times, a souligné également que ce nouveau système ne réduit pas le risque de financement d'investissements à long terme par des investissements à court terme qui avait été à l'origine de la crise de 2007-2008.

Enfin, il ne s'agit là que d'une proposition. Le premier ministre a bien accueilli le rapport. Mais ira-t-il jusqu'à lancer un tel chambardement de grand ampleur ? Les Islandais seront-ils prêts à franchir le pas ? La discussion est, du moins, lancée.

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Lire (en anglais) le rapport du parlement islandais ici.

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a écrit le 03/11/2016 à 20:25 :
Mais c'est très simplement le système ce qu'on avait en France avant Giscard d'Estaing et que le Front National veut réintroduire. A raison d'ailleurs.
a écrit le 28/04/2016 à 21:24 :
vive les islandais qui ont parfaitement compris où était le mal.
a écrit le 27/10/2015 à 18:27 :
"Après avoir montré, en 2009, qu'il existait bien une alternative au transfert de la dette bancaire vers la dette publique"... là aussi c'est bien approximatif : l'Islande a été obligée de nationaliser ses banques faillies et donc de reprendre leur passif, c'est à dire leurs dettes (ce qui a fait bondir la dette publique islandaise de moins de 20% du PIB à plus de 100%) ; avec leurs actifs, notamment ceux de Landsbanki, maison-mère de Icesave, la banque en ligne qui a massivement floué des épargnants britanniques et néerlandais, l'état islandais a remboursé le Royaume-Uni et les Pays-Bas qui avaient avancé le dédommagement de leurs ressortissants. Alors quelle qu'ait été la formule
-l'Islande a bel et bien repris la dette de ses banques et en a fait de la dette publique
-l'Islande a bel et bien remboursé la dette de ses banques vis-à-vis de leurs déposants étrangers malgré les deux référendums négatifs.
L'audace et la créativité financière islandaises sont toutes relatives...
a écrit le 26/10/2015 à 0:03 :
Si les "banksters" ne peuvent plus créer de la monnaie comme bon leur semble continueront-ils à bénéficier de cette clause tacite dont ils profitent depuis le dernier crash boursier : "le too big to jail" ?!
a écrit le 24/10/2015 à 19:10 :
Le vrai problème économique vital n'est pas de savoir quelle institution crée de la monnaie, mais qui profite de cette création monétaire : va t-elle à l'économie réelle ou l'économie virtuelle de la spéculation internationale.
Les 1140 milliards d'euros fabriqués par la planche à billets de mariol draghi sont mis exclusivement à la disposition de l'économie virtuelle de la spéculation internationale. Par exemple en France, en 2015 la croissance de l'économie réelle sera d'environ 1 % tandis que le CAC 40 a depuis le début de l'année augmenté de 15 %. Suite à des années de QE alimenté par les planches à billets de la fed et de la bce, fin 2013 la valeur totale des produits dérivés sur les marchés de la planète était de 693 000 milliards de dollars, soit quasiment 10 fois le P.I.B. mondial évalué à 70 400 milliards de dollars. Les spéculateurs étouffent tellement sous les sommes crées à leur profit qu'ils sont contraints de les prêter à des taux négatifs : pour les titres souverains à 2 ans, les taux de référence sont aujourd'hui même de -0,254 % pour la Belgique, -0,264 pour la France, -0,315 et même -0,002 pour l'Espagne. Evidemment, cela ne fait pas l'affaire des institutions financières spéculatives comme goldman-sachs dont le capital est détenu à 7,6 % par berkshire hathaway, la société financière de warren buffet. C'est pourquoi, l'agence indépendante Moody's, dont le capital est détenu à 12,2 % par berkshire hathaway, a abaissé la note de la France à Aa2.
L'économie réelle n'a droit évidemment à aucun centime de cette création monétaire frénétique pourtant issue des banques centrales : croissance anémique, hausse ininterrompue du chômage, hausse et création d'impôts (en faveur des migrants mais évidemment pas de taxe Tobin), stagnation ou baisse des salaires, des pensions de retraites, des prestations sociales, en particulier des allocations familiales (sauf dans les cités).
Plutôt que de se quereller sur la question stérile de savoir qui émet la monnaie, il faut taxer sa circulation virtuelle pour réinjecter le produit de cette taxe dans l'économie réelle grâce à une taxe Tobin universelle sur toutes les transactions financières. Sur le marché parisien où 4 à 9 milliards d'euros de titres sont échangés quotidiennement, une telle taxe de 0,4 % (égale à l'augmentation du taux de TVA du 01/01/2014) rapporterait à l'état 26 millions d'euros chaque jour et 6,5 milliards sur une année boursière de 250 jours.
Mais on peut être assuré que c'est bien la seule taxe qui ne sera jamais instaurée.
Réponse de le 25/10/2015 à 10:31 :
La création monétaire de la BCE a commencé en mars 2015. Le chômage est en hausse régulière depuis des décennies et a continué à monter inexorablement depuis l'élection de Hollande en 2012, malgré ses promesses. Prétendre que c'est la création monétaire qui est la cause du chômage n'a aucun sens.
Réponse de le 25/10/2015 à 20:54 :
Onze, vous écrivez: "La création monétaire de la BCE a commencé en mars 2015". Ca n'a strictement aucun sens.
Article du Monde du 05-08-2011:
La BCE met de nouvelles liquidités à la disposition de banques fragilisées
LE MONDE | 05.08.2011
"La BCE ouvre les vannes en direction des établissements bancaires européens en reprenant une mesure mise en place dans la foulée de la crise financière de 2008 et interrompue par la suite. Elle a également prolongé d'un trimestre, jusqu'à janvier 2012, les prêts illimités à taux fixes allant jusqu'à trois mois et déjà disponibles"
Article du Figaro du 22/12/2011
"La mise en place par la Banque centrale européenne (BCE) d'une opération géante de refinancement de 489,2 milliards d'euros des banques européennes sur trois ans permet aux banques de souffler, car elle résout l'énorme problème de liquidités auquel elles étaient confrontées."
etc, etc...
Réponse de le 27/10/2015 à 18:39 :
Une vraie taxe Tobin ne soit en aucun cas gêner les vraies transactions économiquement justifiées, un taux de 0,4% paraît démesuré surtout si elle s'applique à toutes les transactions financières, émission de chèques, virements, paiement par CB, retrait ou dépôt d'espèces, un taux de 0,01% serait plus réaliste. Et c'est suffisant pour dissuader la spéculation, surtout dans sa version la plus moderne, le flash-trading. Et il faut bien se garder d'extrapoler un quelconque rendement d'une taxe Tobin, quel que soit son taux d'ailleurs, et a fortiori de compter dessus pour financer une quelconque dépense, parce que si elle est efficace, elle réduit de plus de 90% le volume des transactions en faisant disparaître celles qui sont spéculatives (ou, pour parler plus cyniquement, elle les fait se délocaliser ailleurs) en ne laissant subsister que celles qui ont une justification économique. Autrement dit une taxe Tobin efficace mange son assiette et réussit d'autant mieux qu'elle rapporte peu.
a écrit le 24/10/2015 à 13:48 :
il on le merite d esaye un nouveau systeme qui couterais moins chers a tous le monde,car les banques vivent plus que bien avec l argent des autres, chaque deteneur d un compte paie entre 100euros et plus pour la simple gestion de notre argent; , j appel cela du raquette legal???
a écrit le 24/10/2015 à 8:34 :
Paul Grignon dans son "Money as Debt" nous a expliqué, de façon simple, il y a quelques années le fonctionnement du système et il dénonçait déjà la création virtuelle de monnaie par les banques. Reste à savoir si les politiques sont prêts à changer un système qui leur permet, en collusion avec les banques, de s'accrocher au pouvoir ?? La vidéo de "L'argent dette" doit se trouver sur youtube et dailymotion.
Réponse de le 24/04/2016 à 14:14 :
la voila: https://www.youtube.com/watch?v=kgA2-bWXSN4 elle devrait être diffusée dans les collèges tellement c'est important de bien comprendre comment les banques tiennent les politiciens et les industriels en leur pouvoir, et nous le peuple aussi évidemment, par l'intermédiaire de prêts qui nous enchainent une grande partie de notre vie, et nous empêchent ainsi de nous révolter:
a écrit le 23/10/2015 à 18:59 :
L'Islande a 300.000 habitants, légèrement plus que la moitié du plus petit des états de l'U.E, c'est à dire Malte. A côté, le Portugal, avec ses 10 millions d'habitants, fait figure de géant. Peut-on tirer des conclusions pour l'U.E de ce qui se passe dans ce village ? D'ailleurs, il ne s'agit même pas d'une décision de l'Islande, mais d'une proposition d'un parlementaire islandais, non retenue par le gouvernement islandais.
Quant à la créativité financière islandaise, elle a conduit en 2008 à faire défaut et à spolier créanciers et déposants. Un exemple à suivre ?
Réponse de le 25/10/2015 à 19:30 :
"elle a conduit en 2008 à faire défaut et à spolier créanciers et déposants"

Dont la très grande majorité avait joué avec le feu (volontairement ou non) et ont eu un retour de flamme justifié. Pour les autres, l'existence d'une opacité délétère qui fait qu'il n'est pas possible de savoir précisément les origines des dettes a entraîné un certain nombre de torts, mais ceux-ci sont liés à un système basé sur une ultra-protection standardisé des capitaux.
Si il était plus facilement rendu possible d'annuler des dettes abusives (ce qui a toujours été le cas dans l'histoire de l'humanité), certains spéculateurs et autres fonds rapaces se calmeraient un peu.
Réponse de le 27/10/2015 à 18:49 :
Le journaliste a dû jouer à Risk! quand il était enfant.

L'Islande était un des 42 territoires du monde, comme la Chine ou l'Inde, et une des portes de l'Europe. Dans mon souvenir, par sa position, il était nettement plus important que la Chine... On pouvait d'Islande aller défier le Nord-Américain. ;-) Il y avait aussi le mystérieux Kamtchatka...

http://dev.filkor.org/images/risk/risk-colored-small.jpg
a écrit le 23/10/2015 à 4:04 :
Ca a aidé a retrousser l'économie en Islande mais si tous les pays en ferait du pareil il n'y aurait plus de contôle monétaire internationnal et surtout aucun pays serait à même de refaire une nouvelle réforme fiscale pour démanteler les abris fiscaux ou du moins y mettre un frein ? Et c'est ce qui va à l'encontre de la démocratie est c'est le plus grand tort qu'on fait aux pays en crise économique. Donc je n'y vois pas une solution monétaire avec cette facon de faire à court et à moyen terme pour venir en aide aux pays capitalisés. Les pays en retrait ou indépendant du système crève plus vite que les pays alliés. C'est prouvé !
a écrit le 26/06/2015 à 2:48 :
De toute façon avec l accord qui vien d être pris entre le président chinois (1er economie mondiale) et Obama président des États unis le futur de l économie sera la nouvelle crypto monnaie. Plus facile pour les echanges et plus de frais a payer comme nous le montre le systeme bancaire actuel... comme il en existe déjà tout pleins, c est sur on se dirige toit droit vers ce nouveau système plus bénéfique pour les gouvernements comme pour nous le peuples (particuliers et professionnels). L avenir c est ça : Gemcoin qui sera devant le Bitcoin à leur actuel. C est la qui faudra être malin 😉
a écrit le 25/06/2015 à 13:24 :
Avec un bon logiciel open source, on empecherait le gouvernement d'emettre trop de monnaie non? la fameuse case grise que l'on ne peut cliquer. Le "fractionning reserve bank system" marche un peu sur la tête quand même...
a écrit le 06/05/2015 à 10:24 :
Eh oui, c'est vrai que pour l'islande la gueule de bois aprés la gabegie banco-financiére a été particulierement rude. Bonne idée mais aprés la multiplication par 13 du financement de goldman-sax de son activité de lobbying "européen" à brusselle, j'ai des doutes quand à l'écoute de nos cheres commissaires pour une telle idés. Avec des gens comme mario draghi, ancient de goldman et christine lagarde je ne me fais pas trop de soucis, l'orthodoxie du temple est bien gardée.
Pour ce qui est du reglement de la "dette", il y a des solution beaucoup plus pragmatiques et beaucoup plus simples. Dans ces enuyeux, gris et ternes pays du "nord", on a tendance à ne dépenser que ce qu'on a.
De plus pour règler le probléme de la "dette" il faudrait déja qu'il y ait une inversion du rapport de force politique-finance, mais cela est une autre histoire...
Réponse de le 25/10/2015 à 19:32 :
+1
a écrit le 25/04/2015 à 11:24 :
C'est une très bonne chose, car depuis 1973, seules les banques commerciales peuvent prêter de l'argent à l'Etat, avec fort taux d'intérêt, recherche de profit oblige, d'où l'explosion des dettes nationales. Tandis que la banque centrale le prêterait à taux faible voire 0.
Voilà de loin la meilleure réponse contre la dette, bravo!
Réponse de le 21/10/2015 à 21:13 :
N'importe quoi.
Réponse de le 25/10/2015 à 9:52 :
Non ! Ce n'est pas n'importe quoi !
Lorsqu’avant 1973 (accord Jamaïque) la banque de France créait de la monnaie cela ne coûtait que les frais d'impression.
Depuis, quand le pays à besoin d'argent il demande aux banquiers qui prêtent volontiers, mais avec intérêts. La France rembourse 50Md€ par an en intérêts, alors vous voyez bien que ce n'est pas n'importe quoi.
a écrit le 25/04/2015 à 10:11 :
Les Suisses essayent de faire passer une votation "monnaie pleine" ( rechercher VOLLGELD INITIATIVE) : exactement la même idée.
Réponse de le 18/05/2015 à 14:20 :
En effet, l'Association Modernisation Monétaire est une initiative suisse : l'initiative Monnaie pleine (Vollgeld initiative) : http://www.initiative-monnaie-pleine.ch/. Clairement, c'est une excellente initiative et un beau projet !

Malheureusement, l'initiative populaire comme elle existe en Suisse (possibilité de soumettre par référendum après 100.000 signatures une proposition de loi), n'est pas encore possible en France. En effet, il faut d'abord recueillir 1/5 des signatures des parlementaires (soit au moins 185 députés et/ou sénateurs), puis recueillir en 9 mois un soutien de 4,5 millions de Français... Ce qui est par conséquent irréalisable aujourd'hui ! (En voici une autre belle proposition de loi à faire : une possibilité de référendum via une initiative populaire, accessible sans passer par le Parlement et dès 450.000 signatures par exemple au lieu des 4,5 millions). L'Initiative Citoyenne Européenne (ICE) est aussi contraignant (cf Stop TTIP and CETA).

Les Britanniques débattent également sur ce sujet (ou instrumentalisent un débat parlementaire mais ils ont le méritent d'en parler sur la place publique). Au Canada, un collectif a gagné en janvier 2015 une bataille devant la Cour d'appel fédéral contre le système monétaire en vigueur dans le pays. L'Islande a pour projet de légiférer là dessus ! Et nous ?
a écrit le 24/04/2015 à 14:15 :
Bonjour,
Petite remarque au rédacteur : argent est un mot du genre masculin.
Cordialement
a écrit le 23/04/2015 à 23:28 :
Apparemment l’article de Romaric Godin ne fait pas ressortir un point important de la proposition islandaise. Page 76, point 8.4 du PDF de la proposition :
Extrait traduit : « Après la prise de décision d'augmenter la masse monétaire, le MCC autorise la banque centrale islandaise à créer de la monnaie en augmentant le solde du compte de transactions du gouvernement. Cet argent nouvellement créé est accordé, plutôt que prêté, au gouvernement et comptabilisé comme revenus supplémentaires pour l'Etat) ». Ce qui est formellement interdit dans la zone euro (et pas seulement dans celle-ci) où la banque centrale ne peut pas financer l’État, surtout en lui remettant de l’argent qu’il n’a même pas à rembourser.

On lit ensuite que cet argent obtenu par l’Etat pourra être utilisé pour augmenter les dépenses publiques, réduire les impôts, réduire la dette publique, pour des «bonus» citoyens ", pour augmenter les prêts aux entreprises. C’est normalement un cadre très inflationniste. C’est pourquoi il y a aussi la nécessité que la banque centrale prenne en parallèle le contrôle totale de la création monétaire. Les deux mesures sont liées pour que le système soit viable. La proposition a deux objectifs principaux: Le premier est d’éliminer la possibilité de «dommages collatéraux» de l'économie qui pourraient résulter des risques que les banques prennent habituellement; le deuxième de permettre à l'offre de monnaie de l'Islande d’être augmentée sans dette être engagée dans le processus pour L’État. Pour cela je suppose que la banque centrale irlandaise va devoir gérer cette création monétaire de façon fine. C'est un petit pays, ce qui devrait faciliter les choses.

Si j’étais grec je m’intéresserais de près aux 110 pages du PDF « A better monetary system for Iceland ».
Réponse de le 24/04/2015 à 10:01 :
C'est vrai qu'il suffit d'autoriser la banque centrale de créer autant d'argent qu'elle veut et de le distribuer. Après nous serons tous riches. Dommage que personne n'y avait pensé avant.
Réponse de le 24/04/2015 à 11:22 :
Non la banque centrale ne créera pas de l'argent à tout va. Il vaudrait mieux le PDF de 110 pages avant de le commenter. Page 67 extrait traduit : « Dans le système monétaire souverain, seule la CBI (Banque Centrale d'Islande) serait responsable de la création et la gestion de la masse monétaire. Ses décisions sur la création monétaire tiendraient compte de paramètres incluant le taux de croissance économique, les objectifs d'inflation et les prix des actifs financiers. Une CBI indépendante n’aurait pas de motif pour créer un excès ou une insuffisance de masse monétaire. Même si la CBI créait trop ou trop peu d’argent de temps à autre, en raison d'erreurs de jugement ou de l'évolution rapide de la situation économique, l'ampleur de ces erreurs n’approcherait pas l'échelle d'erreur expérimentée dans le système actuel. »

La Banque Centrale d'Islande ne va pas s’amuser à faire une création monétaire excessive qui provoquerait une crise d’hyper-inflation. La création monétaire excessive existe dans le système monétaire actuel des réserves fractionnaires avec les banques au centre du jeu pour la création monétaire exagérée, et avec pour corollaire l’endettement exagéré, sources de problèmes.
Réponse de le 18/05/2015 à 14:29 :
Bravo P52, totalement d'accord !

A noter que les dettes publiques des états-nations ont explosé depuis que les banques commerciales aient seuls le droit de prêter... avec taux d'intérêt !

En France, chaque seconde, les intérêts de la dette publique coûtent près de 1500 €, soit pour la seule année 2014 plus de 45 milliards d'euros payés en 2014. Depuis 1973, nous arrivons à un total remarquable de 1500 milliards d'euros d'intérêts payés par l'Etat français. Pourquoi remarquable ? Parce qu'au 3ème trimestre 2014, la France arrive a une dette publique totale de plus de 2000 milliards d'euros !!!

Si vous voulez résorber la dette, le premier pré-requis indispensable est d'interdire aux banques commerciales de créer de l'argent elles mêmes en accordant des crédits. Seule la banque centrale, qui doit devenir publique, doit être autorisée à créer de la monnaie. A l'avenir, les banques commerciales, lorsqu'elles accordent les crédits, devraient utiliser soit l'argent de l'épargne dont elle dispose, soit l'argent provenant de la Banque Centrale (100% monnaie). Cela rendrait le système transparent et contrôlable.

Mais comment faire à l'échelle France (et Union Européenne : entité supranationale qui verrouille cette question via l'article 123 du traité de Lisbonne) ?
a écrit le 23/04/2015 à 22:19 :
C'est un peu comme si ont interdisait aux journaux de publier des articles.
Réponse de le 25/04/2015 à 12:56 :
Et le système, c'est un peu laisser l'imprimeur décider quel journal le lecteur pourra lire demain...
Réponse de le 25/04/2015 à 12:57 :
Le système actuel....
a écrit le 23/04/2015 à 22:03 :
Article bourre de fautes d'orthographe!! Personne ne relit avant de publier???
a écrit le 23/04/2015 à 21:37 :
Tiens, un poisson d'avril à retardement... Ou un effet précurseur de la suppression du latin et du grec à l'école : en nivelant par le bas, on obtient des pseudo-raisonnements de ce genre...
a écrit le 23/04/2015 à 20:29 :
Les banques commerciales créent ben de la monnaie par le mécanisme du crédit. Cependant rien n'empêche la Banque Centrale de réguler cette création monétaire par les taux de refinancement (qui peuvent êtres différents selon l'objet du crédit - fonctionnement ou investissement -). Si cela ne suffit pas il existe l'encadrement du crédit qui peut être très pénalisant puisqu'il peut aller jusqu'à la diminution de la mase monétaire. Cela a fonctionné en France dans les années 80/90. Tout système bancaire mature ne peut fonctionner qu'ainsi. La Banque Centrale ne peut connaître suffisamment tous les clients d'un pays pour se substituer aux banques commerciales sauf à avoir une banque unique.
Réponse de le 25/04/2015 à 10:09 :
Ce n'est pas la Banque Centrale qui détermine qui doit obtenir des prêts, mais les banques commerciales qui continuent à jouer ce rôle en utilisant soit les épargnes soit des financements de la Banque Centrale.
a écrit le 23/04/2015 à 19:34 :
Merci pour l'article. Juste une remarque : vous dites "les prêts seront sans doute moins importants" ; au contraire, ils seront plus importants. Car actuellement, les banques sont réticentes à prêter (pour protéger leurs réserves), et les agents réticents à emprunter (car surendettés). En déconnectant la monnaie du crédit, ce problème disparaît. L'épargne sera plus importante et toujours disponible à un certain prix.
Réponse de le 25/04/2015 à 17:53 :
Je suis d'accord sur un point avec ta remarque : les banques sont réticentes à prêter. Par contre ce n'est pas pour "protéger leurs réserves" car ils n'ont quasiment aucune réserve (conséquences des réserves fractionnaires). D'ailleurs on ne devrait pas dire prêter mais plutôt créer car les banques créent l'argent qu'ensuite on leur doit...
Quand elles ont 1 (sachant que cet argent est le notre), elle peuvent prêter (donc créer) jusqu'à 100, et parfois même plus...
Par contre elles utilisent leur argent (donc le notre) pour jouer à leur casino géant mondial i.e la bourse, les dérivés, la spéculation sur les matière première etc... C'est bien plus rentable !
a écrit le 23/04/2015 à 17:54 :
J'attends de voir les réactions du secteur bancaire mondial... Sinon, c'était une bonne idée.
a écrit le 23/04/2015 à 17:46 :
Je crois qu'il serait moins revolutionnaire et tout autant efficace que les banques centrales retrouvent leur rôle en utilisant mieux l'arme des taux. Il est consternant de voir que les banques centrales du monde entier se lancent dans un course a la baisse des taux, voir même a des taux negatifs en Suede ou au Danemark.
C'est donc plutôt la politique des banques centrales que des banques elles-même qui sont la cause de ces desequilibres monetaires auxquels on assiste depuis de nombreuses annees.
a écrit le 23/04/2015 à 16:47 :
Il était donc écrit que ce fût au pays des geysers que l'on réinventât l'eau chaude.
A moins d'être banquier, il n'y a aucune légitimité à leur confier la création monétaire. Leur rôle devrait se limiter à prêter au secteur privé ce que la Banque Centrale leur octroie et redonner le pouvoir à cette même Banque Centrale de financer le secteur public.
a écrit le 23/04/2015 à 15:53 :
Retirer aux banques la capacité de créer de la monnaie, encore une idée de la complosphère !
Réponse de le 23/04/2015 à 17:58 :
Sauf que les banques privées ne créent pas de la monnaie, seules les banques centrales créent de la monnaie. Donc le projet islandais est à côté de la plaque. Le problème n'est pas celui de la création de monnaie par les banques privées qui ne peuvent pas en créer, le problème c'est que les banques centrales créent de la monnaie qui ne sert qu'à faire des bulles, les entreprises n'investissent pas donc la monnaie injectée ne sert pas à grand chose :

L’erreur de la théorie classique de la création monétaire réside dans le fait qu’on additionne les avoirs ou les crédits se reconstituant l’un et l’autre au fil du temps, ou les postes de crédit, aux montants reçus au départ et qu’on déduit de cette addition qu’il y a une création monétaire ou une création de crédit. En d’autres termes : cette théorie assimile l’utilisation multiple de l’argent à un accroissement, elle confond moyen de transport et opération de transport.

La transformation de numéraire en monnaie scripturale augmente la masse monétaire totale, étant donné que l’argent est alors là deux fois, en tant que monnaie scripturale et en tant que numéraire.

Là, on oublie que le numéraire versé à une banque et se trouvant dans les caisses de celle-ci ne compte plus comme masse monétaire en circulation ou ayant une influence sur la demande. Ce n’est que par le prélèvement de celui-ci par un autre client de la banque dont le dépôt à vue diminue d’autant, que ce numéraire redevient un moyen d’échange actif. Donc, peu importe que l’on prenne du numéraire ou de la monnaie scripturale pour les modèles de surmultiplication de création monétaire ou que l’on change entre-temps de forme de moyen de paiement. En effet, le versement de numéraire sur un compte courant « ne change rien à la masse monétaire totale, étant donné que l’on ne procède en l’occurrence qu’à la transformation d’une sorte de monnaie en une autre sorte ». *

*. Otmar Issing, chef des Études économiques à la BCE, dans son ouvrage d’enseignement Einführung in die Geldtheoric (Introduction à la théorie de la monnaie).

http://leuwen.perso.neuf.fr/Syndrome-monnaie-Helmut-Creutz.htm
Réponse de le 24/04/2015 à 12:21 :
Vous faites allusion dans votre commentaire au cas du versement de numéraire sur un compte courant. Dans ce cas, en effet, il y a transformation et non création monétaire.
Mais il en va différemment lorsqu'une banque accorde un crédit : dans ce cas, elle crée directement de la monnaie scripturale, en échange d'une simple reconnaissance de dette signée par l'emprunteur.
C'est expliqué clairement par la Banque de France : http://www.citedeleconomie.fr/IMG/pdf/Livret_La_monnaie_nous.pdf
a écrit le 23/04/2015 à 14:55 :
il faudra donc décider de qui a le pouvoir financier, donc économique, donc politique : la Banque Centrale ou le Gouvernement ?
Si c'est la Banque Centrale, il faudra peut-être décider de désigner son comité exécutif et son président comme celui d'un gouvernement, à l'aide d'élections. Donc modifier la constitution et le fonctionnement du pays.
Vaste programme.
Réponse de le 23/04/2015 à 16:18 :
il est évident qu'il faudra une indépendance de la banque centrale avec des limites parfaitement définies dans la constitution.
je n'ose même pas imaginer de laisser la planche à billets entre les mains des branquignoles qui nous gouvernent.
a écrit le 23/04/2015 à 14:43 :
Appliqué en France, il s'agit de revenir sur le loi Rothschild, celle loi inique qui a lancé notre déclin. Encore un petit effort et nous serons à nouveau souverain en nos frontières !
Réponse de le 23/04/2015 à 15:59 :
C'est bien plus profond que cela, et en l’occurrence, c'est le traité de Maastricht qui met hors de portée le financement de l'Etat par la BC, pas la loi de 73, qui le limite mais ne l'interdit pas.
a écrit le 23/04/2015 à 14:36 :
Le concept n'est pas nouveau (voir http://www.dailymotion.com/video/x75e0k_l-argent-dette-de-paul-grignon-fr-i_news), mais les banques défendent bec et ongles leur pré carré et la lutte sera dure...surtout avec les politiques mous et corrompus que nous avons :-)
a écrit le 23/04/2015 à 14:32 :
Bien sur que cela ne regle pas tous les pb, mais une proposition a le merite de pointer du doigt la derive du systeme actuel, don't la principale cause est d'etre persuade qu'il est impossible de faire autrement que de laisser aux banques les clefs du systeme. A titre subsidiaire, savez-vous si le systeme pprone par ce rapport islandais auarit des incidences sur le salaire des banquiers? Est-il imaginable par exemple que le banquier chef de la banque creant de la monnaie soit juge plus intelligent que ses confreres et donc paye plus?
a écrit le 23/04/2015 à 14:32 :
Ce schéma n'était il pas chez nous le schéma en vigueur pendant la politique d'encadrement du crédit ?

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