Avec Trump, la croissance des Etats-Unis va accélérer, prédit le FMI

 |   |  529  mots
L'économiste en chef du FMI, Maurice Obstfeld, redoute certains effets de la politique de relance aux Etats-Unis, notamment l'inflation et à sa suite, une croissance réelle plus faible, l'augmentation de la pression budgétaire et le creusement du déficit courant. Un tel scénario ne ferait qu'accroître le risque d'une politique protectionniste et de mesures de rétorsion, avec à la clé des tensions dans certains pays émergents, a-t-il exliqué.
L'économiste en chef du FMI, Maurice Obstfeld, redoute certains effets de la politique de relance aux Etats-Unis, notamment l'inflation et à sa suite, une croissance réelle plus faible, l'augmentation de la pression budgétaire et le creusement du déficit courant. Un tel scénario ne ferait qu'accroître le risque d'une politique protectionniste et de mesures de rétorsion, avec à la clé des tensions dans certains pays émergents, a-t-il exliqué. (Crédits : Reuters)
Si le FMI a laissé inchangées lundi ses prévisions de croissance économique au niveau mondial, il les relève pour les Etats-Unis, pariant sur une vaste "relance budgétaire" de la future administration Trump. Chine et Royaume-Uni progressent, pas la France.

Après une année 2016 qui, avec 3,1% attendus, devrait représenter la plus faible croissance mondiale depuis la crise financière de 2008-2009, le Fonds monétaire international (FMI) persévère dans ses prévisions, voyant toujours le produit intérieur brut mondial accélérer à +3,4% cette année et +3,6% en 2018.

Aux Etats-Unis, relance budgétaire et... risques de dérapage

S'agissant des Etats-Unis, le FMI délivre même un net message d'encouragement à la prochaine administration américaine, à 5 jours de l'entrée en fonctions de Donald Trump. La première économie mondiale voit ainsi ses prévisions de croissance relevées de 0,1 point cette année, à 2,3%, et, surtout de 0,4 point en 2018, à 2,5%, par rapport aux précédentes prévisions publiées il y a trois mois. Ce regain d'optimisme tient principalement à "la relance budgétaire" promise par le président élu américain qui s'est engagé à investir massivement dans les infrastructures, note le FMI tout en soulignant l'"incertitude" entourant encore son programme économique. Lors d'une conférence de presse, l'économiste en chef du FMI, Maurice Obstfeld, a ainsi formulé son avertissement:

 "Si une augmentation de la demande alimentée par la politique budgétaire se heurte à des contraintes de capacités plus rigides, une trajectoire plus pentue d'évolution des taux d'intérêt sera nécessaire pour contenir l'inflation, le dollar s'appréciera fortement, la croissance réelle sera plus faible, la pression budgétaire augmentera et le déficit courant des Etats-Unis se creusera."

Un tel scénario ne ferait qu'accroître le risque d'une politique protectionniste et de mesures de rétorsion, avec à la clé des tensions dans certains pays émergents, a-t-il poursuivi.

Le Royaume-Uni résiste au Brexit en 2017, pas en 2018

Les autres pays riches devraient suivre, notamment en Europe où le Royaume-Uni voit lui aussi ses prévisions relevées cette année (+0,4 point, à 1,5%) en dépit du Brexit. "La demande intérieure a mieux résisté que prévu", concède le FMI qui avait prédit de sombres lendemains en cas de vote en faveur de la sortie de l'UE.

   >Lire Le FMI revoit à la baisse la croissance mondiale après le Brexit (juillet 2016)

En revanche, en 2018, la prévision britannique est sabrée (1,4%). Pour la France, pas de changement : le FMI prévoit toujours +1,3% cette année.

La Chine progresse mais l'endettement des entreprises inquiète

Le Fonds revoit également à la hausse ses prévisions pour la Chine cette année (+0,3 point, à 6,5%) en tablant là aussi sur un soutien accru des pouvoirs publics, tout en s'inquiétant des déséquilibres persistants qui frappent la deuxième puissance économique mondiale, notamment l'endettement des entreprises.

Le Mexique semble déjà pâtir des attaques de Trump

Plus généralement, l'institution souligne toutefois que ses prévisions sont menacées par les appels croissants à limiter l'immigration et les menaces, notamment exprimées par M. Trump, de représailles commerciales contre certains pays. Cible privilégiée du futur président américain, le Mexique semble déjà en pâtir, avec une prévision de croissance amputée de 0,6 point en 2017 comme en 2018.

(avec AFP et Reuters)

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 17/01/2017 à 16:01 :
Pour savoir tout ce qui va changer pour les particuliers avec l'arrivée de Trump au pouvoir, consultez le dossier Trump, président des États-Unis : quels impacts sur vos placements ? (https://www.cafedelabourse.com/archive/article/trump-president-etats-unis-impact-placements)
a écrit le 16/01/2017 à 23:30 :
C'est moche, ne nous avait on pas prédit un cataclysme imminent en cas de Brexit ou d'élection de Trump ??
Maintenant ceux là ont perdu toute crédibilité, durablement.
a écrit le 16/01/2017 à 21:24 :
Donc, le FMI a l'air de trouver cela bien que les USA qu affichent officiellement 105 % de déficit publique, mais aux alentours de 120 % du PIB avec les critères de MAESTRICHT (en tenant compte de toutes les garanties apportées par l'Etat et des déficits des collectivités locales), ont raison de faire une relance budgétaire : donc MELENCHON avait raison et l'ALLEMAGNE tort....

Remarquez FILLON a bien prévu de faire ce qu'il sait le mieux faire, c'est-à-dire faire des déficits, avec 4.7 % de déficit en 2018...
a écrit le 16/01/2017 à 20:26 :
Phase de reprise en 2017 comme un soufflet au fromage mais après forte rechute suite à la politique de repli et réactions des différents pays. Bilan négatif au final et président Trump = pipeau comme le Pen etc
a écrit le 16/01/2017 à 19:32 :
Certainement ! Mais n'est-ce pas que pour du court terme?
Dans un premier temps les US vont créer plus des emplois sur le territoire.
Mais ensuite, tous les marchés perdus ou moindres, parce qu'ils n'auront pas été s'implanté à l'étranger, au plus près des destinations de leurs exportations.
Autant certains produits sont maintenant ré-industriables sur le plan national étant donné la montée des couts chez BRICS et autres émergeants. Petit produits, petites séries, produits à fortes marges, produits très techniques, fabrications entièrement robotisées sans mains d'œuvre, etc. Ce mouvement est en marche en Europe comme au US.
Par contre, pour vendre un train ou une voiture à l'autre bout du monde, c'est débile écologiquement, financièrement (transport) et stratégiquement parce que socialement l'acheteur choisira souvent l'usine qui emploie un de ses proches ou aide une école (ou) autre dans sa région. C'est logique, et c'est bien dans l'esprit des COP21/22. Chaque nation exige maintenant une part du gâteau.
a écrit le 16/01/2017 à 19:28 :
Allons bon, les populistes auraient investi aussi le FMI ? Ou on nous mentirait ?
Réponse de le 16/01/2017 à 22:27 :
Non, le FMI a raison, plus de dépense publique produit dans un premier temps plus de croissance... avant de produire de l'inflation et de l'endettement.
a écrit le 16/01/2017 à 19:22 :
Le FMI, l'institution qui affirme que les politiques d'austérités sont inefficaces et contre productives mais qui soutient à fond l'europe dans ses politiques d'austérité.

C'est bien mais c'est mieux d'être cohérent.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :