Le Nigéria, miné par le pétrole, entre en récession

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Le Nigéria est très largement dépendant de la vente du pétrole.
Le Nigéria est très largement dépendant de la vente du pétrole. (Crédits : Reuters)
Le pays pâtit de la chute des cours et des conflits dans les zones pétrolières.

Le Bureau national des statistiques du Nigéria a confirmé mercredi que le pays était entré en récession, après deux trimestres consécutifs de repli du PIB. Déjà en recul de 0,36% au premier trimestre, la baisse a atteint 2,36% (sur un an) au deuxième trimestre.

Le coup est rude pour le pays le plus peuplé d'Afrique, avec 170 millions d'habitants. Il y a deux semaines, le président Muhammadu Buhari l'a dit franchement lors d'une conférence organisée à Abuja : "Le Nigéria est devenu un pays pauvre." Puis de se justifier : "Avant notre arrivée au pouvoir, le baril de pétrole valait 100 dollars (...) désormais il oscille entre 40 et 45 dollars." Environ 70% des revenus du pays proviennent de l'or noir.

Attaques répétées

En plus de la chute des cours, le sud du Nigéria est ravagé par les attaques de plusieurs groupes rebelles qui ont fait chuter la production de 21% en six mois, selon les chiffres de l'Opep. En juillet, le ministre du Pétrole nigérian estimait que 1.600 oléoducs avaient été vandalisés depuis le début de l'année.

       | Lire aussi: Le Nigéria, futur géant mondial de l'automobile?

Les Vengeurs du Delta du Niger (NDA), l'un des groupes les plus importants, réclament que 60% des blocs pétroliers soient attribués aux communautés locales. Ils demandent également le maintien du traité d'amnistie signé en 2009, au moment des premières vagues d'attaques : en échange de 200 dollars par mois, 30.000 ex-rebelles avaient accepté de déposer les armes.

Menace d'indépendance

En début d'année, le président Buhari avait dévoilé son intention de mettre progressivement fin à ce programme, qui dans de nombreux cas s'apparentait à de la corruption organisée. Mais face aux résurgences des attaques, il s'est ravisé début août, entraînant les NDA à annoncer un cesser le feu le 21 août.

Le risque politique est néanmoins très élevé pour le gouvernement nigérian : les Vengeurs du Delta du Niger ne cachent pas leur ambition séparatiste pour cette région, le Biafra, déjà théâtre d'une guerre entre 1967 et 1970 qui avait fait 2 millions de morts.

(Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 31/08/2016 à 23:27 :
Le Nigéria est un pays sous-industrialisé, sa croissance devrait repartir.
a écrit le 31/08/2016 à 18:00 :
Et les cours, après que les spéculateurs soient passés par là seulement à cause de la possibilité d'une réunion de l'OPEP, il y en a déjà eu plusieurs qui n'ont pourtant rien donné l'Arabie Saoudite aillant montré mainte fois son envie de réformer son système économique.
Réponse de le 31/08/2016 à 19:33 :
... repartent à la baisse.
a écrit le 31/08/2016 à 16:09 :
"Le Nigéria est devenu un pays pauvre."
Ah parce que c'etait un pays riche???
Ca ne m'a pas vraiment frappe lors de mes differents sejours....
il a de l'humour le nouveau president!
a écrit le 31/08/2016 à 14:13 :
La hausse des prix du pétrole, essentiellement destinée dans un premier temps à compenser la décorrélation de l'or des devises, s'est poursuivie pour compenser l'ouverture de la Chine, à laquelle on offrait d'énormes avantages, au marché. Pour certains pays pauvres, elle a masqué leur phénomène même de pauvreté en les enrichissant -tout du moins pour une partie de la population qui revenait rapidement placer cette manne à Londres ou à New-York. Le tour était joué. Les plus pauvres sans pétrole étant jugés tout au plus comme des fainéants.. puisque d'autres "y arrivaient". Ce qui aura été masqué sur cette longue période qui se poursuit est le scandale des devises et la non-équivalence par la non-reconnaissance de ces dernières par les grands pays développés. Ainsi ils se sont appauvris encore plus jusqu'à la famine. Quelques ONG complices veillant à éviter le pire, sans conviction. Le pétrole dont la hausse a rendu le service demandé, tout en faisant il faut bien le dire le maximum de dégâts, vient à retrouver par étapes son prix "normal" soit 17 dollars en point bas. Dès lors le paravent de la richesse fictive s'écroule... et le problème monétaire, réel sujet, retrouve tout son aspect scandaleux. Car il faut bien l'avouer : Rien ne justifie d'un point de vue économique la discrimination honteuse dont l"évaluation des devises s'entoure. Il convient donc de se diriger vivement vers une réforme rapide de ce vieux système qui constitue un hold-up permanent. La première étape pourrait être celle de la mise en place d'un serpent monétaire à entrée large afin d'éradiquer déjà les excès les plus lourds. Ce résultat acquis qui revient à l'établissement d'un plancher monétaire mondial, il conviendra de se diriger vers une réévaluation progressive des devises étrangères si souvent dédaignées. Un parcours tant économique que humain de bon aloi.

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