Catalogne : les conditions d'une crise majeure avec Madrid sont réunies

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Carles Puidgemont, président du gouvernement catalan, choisira-t-il la voie de l'unilatéralité ?
Carles Puidgemont, président du gouvernement catalan, choisira-t-il la voie de l'unilatéralité ? (Crédits : ALBERT GEA)
Les indépendantistes catalans évoquent désormais le recours à l'unilatéralité du processus de sécession. Mais Madrid pourrait réagir. Pour l'UE, ce serait un nouveau casse-tête.

Pendant que l'Europe a les yeux tournés vers Londres ou Edimbourg, les conditions d'une nouvelle crise politique entre la Catalogne et l'Espagne se mettent en place. Une crise qui, après six ans de conflits plus ou moins ouverts, pourrait être décisive. Cet été, en effet, les deux groupes formant la majorité indépendantiste du Parlement de Catalogne, Junts Pel Sí ("Ensemble pour le oui" qui regroupe notamment le Parti démocrate catalan (PDC, ex-CDC) de centre-droit et la Gauche républicaine (ERC) de centre-gauche) et la gauche radicale de la CUP vont tenter de reconstruire leur alliance. Celle-ci, péniblement née en janvier 2016 après trois de discussions, a volé en éclat le 8 juin lorsque la CUP a refusé de voter le budget du président PDC de la Generalitat, le gouvernement catalan, Carles Puigdemont. Ce dernier a alors annoncé qu'il poserait la question de confiance au Parlement en septembre.

S'ils veulent éviter de nouvelles élections incertaines et poursuivre le processus de « déconnexion » de la Catalogne de l'Etat espagnol, préliminaire à l'indépendance, les deux groupes sont donc condamnés à s'entendre. Or, l'entente pourrait précisément se faire sur la question de la méthode de « déconnexion », autrement dit sur une accélération du processus d'indépendance, seul point finalement sur lequel s'entendent réellement les partis de Junts Pel Sí et la CUP. Et ce point d'entente pourrait se traduire par la reconnaissance de la nécessité d'une démarche unilatérale. Les Indépendantistes pourraient ainsi accepter de rejeter l'ordre légal espagnol et de créer leur propre ordre légal avec l'appui de la majorité des Catalans. Ce transfert de légalité se réalisera par un Référendum unilatéral d'indépendance (RUI) qui, se passant de la sanction de la loi espagnole, permettra la naissance de l'Etat catalan en cas de majorité en faveur de l'indépendance.

Comment l'unilatéralité s'est imposée dans le camp indépendantiste

Cette idée du RUI a longtemps été rejetée par les partis composant Junts Pel Sí qui restaient attachés au respect de la légalité espagnole et à l'idée que l'on pourrait conclure un accord « à l'écossaise » avec Madrid dans lequel l'Espagne accepterait le référendum et s'engagerait à en respecter l'issue. Mais ce scénario semble de moins en moins probable. La position du gouvernement de Mariano Rajoy a toujours été de ne pas discuter « avec ceux qui veulent casser l'Espagne ». Chaque pas vers l'indépendance a ainsi été porté devant le Tribunal Constitutionnel espagnol (TC) qui a régulièrement déclaré illégaux les décisions des indépendantistes. C'est notamment le cas du référendum du 9 novembre 2014 qui était "consultatif" (et pas contraignant comme le RUI). Le succès du Parti populaire (PP) de Mariano Rajoy lors des élections espagnoles du 26 juin et le refus catégorique des Socialistes du PSOE d'accepter l'idée d'un référendum lors des discussions de formation d'un gouvernement après les élections du 20 décembre semblent avoir convaincu une grande partie des Indépendantistes modérés que l'option de la légalité espagnole était une impasse.

Dès lors, puisque la majorité indépendantiste risque d'exploser, une idée fait son chemin : celle de reconstituer un ciment avec ce RUI et de l'intégrer dans la nouvelle « feuille de route » vers l'indépendance que Carles Puigdemont devra présenter lors de la question de confiance posée au Parlement. Si bien que dans le rapport final réalisé par la Commission d'Etudes du Processus Constituant du Parlement catalan présenté le 18 juillet, Junts Pel Sí et la CUP se sont mis d'accord sur un « mécanisme unilatéral d'exercice démocratique ». Certes, certains éléments de la majorité, notamment au sein d'ERC, rechignent encore à accepter cette unilatéralité. Mais elle fait clairement son chemin, y compris au sein du gouvernement catalan lui-même.

Le gouvernement prêt à discuter de l'unilatéralité

Ainsi, mercredi 20 juillet, la porte-parole de la Generalitat, Neus Munté, a déclaré que le « débat sur la question de confiance abordera le RUI et d'autres mécanismes qui amélioreront la feuille de route ». Bref, le gouvernement catalan est prêt à discuter d'unilatéralité. Et, autre signe qui ne trompe pas, jeudi, Carles Puigdemont a annoncé qu'il rencontrera la CUP la semaine prochaine pour préparer la question de confiance, alors que, depuis début juin, il refusait tout contact avec cette formation qui, selon lui, avait détruit la majorité indépendantiste. Certes, rien n'est fait encore : Junts Pel Sí reste divisé, on l'a dit, et la CUP peut toujours se montrer trop gourmande en réclamant un processus précis, avec une date pour le référendum quand Junts Pel Sí voudrait n'en rester qu'au principe.

La question européenne

Tout semble cependant se mettre en place pour une nouvelle stratégie indépendantiste. Le moment est, du reste, assez bien choisi. Junts Pel Sí a toujours soutenu l'idée - et c'est une grande différence avec les Eurosceptiques de la CUP - que l'Union européenne interviendrait dans le débat sur l'indépendance pour soutenir le choix de la majorité des Catalans. Après le Brexit, le soutien affiché par le président de la Commission Jean-Claude Juncker à la première ministre écossaise Nicola Sturgeon a redonné des espoirs sur ce terrain. Espoirs vite éteints puisque Mariano Rajoy, soutenu en cela par Paris, a rapidement prévenu qu'il refuserait tout chemin propre à l'Ecosse dans les négociations du Brexit. Mais il n'empêche, les nationalistes écossais continuent de plaider en faveur d'un nouveau référendum d'indépendance si un statut particulier avec Londres n'est pas trouvé. Un référendum qui pourrait aussi être, cette fois, unilatéral.

Que fera alors l'UE ? Rejettera-t-elle ce RUI écossais « fait pour elle » ? Mais si elle s'engage à en reconnaître le résultat et à entamer ensuite des négociations d'adhésion avec une Ecosse unilatéralement indépendante, cela ouvrira clairement une opportunité pour une démarche catalane dans le même sens. De même, si la Catalogne entre dans une démarche unilatérale avant l'Ecosse, l'UE se trouvera face à un dilemme grave : rejeter l'expérience catalane reviendrait à repousser toute unilatéralité de la part de l'Ecosse. Or, le cas écossais est un levier important pour l'UE dans les négociations de l'après-Brexit. Bref, l'unilatéralité est aussi une façon de contraindre les Européens à s'occuper de la question catalane qu'elle s'évertue à ignorer pour le moment. C'est aussi une des raisons qui pourraient pousser les secteurs « modérés » de l'Indépendantisme à se rallier au RUI.

Le Tribunal constitutionnel espagnol menace

A Madrid, on tentera évidemment tout pour empêcher cette unilatéralité. Déjà, le Tribunal constitutionnel (TC) a réagi le 19 juillet au rapport de la Commission d'étude du processus constituant en exigeant que le bureau du Parlement catalan n'inscrive pas à l'ordre du jour le vote sur ce texte. Certains éléments de ce texte sont en effet, selon le TC, "absolument infaisables" parce qu'ils correspondent au "processus de déconnexion" prévu par la motion du Parlement catalan du 9 novembre 2015 qui avait été annulée par le TC. En clair, le TC juge déjà inconstitutionnel le "mécanisme unilatéral" prévu par le rapport.

Le bureau du Parlement catalan a suivi les recommandations du TC qui a menacé ses membres de poursuites. Le rapport n'est pas inscrit à l'ordre du jour des séances plénières de la semaine prochaine. Mais cet ordre du jour peut être modifié à la demande de deux groupes parlementaires ou d'un cinquième des députés. Chacun s'attend donc à ce qu'il soit finalement débattu et voté. Ce jeudi 21 juillet, la présidente du groupe parlementaire de la CUP, Mireia Boya, a affirmé que les conclusions de la commission seront "votées cette semaine". Ce serait alors graver dans le marbre la réunification des indépendantistes autour de la notion d'unilatéralité.

Escalade possible

Dès lors, l'épreuve de force avec Madrid pourrait s'engager rapidement. Le président du groupe du PP au Parlement catalan, Xavier Albiol, a prévenu que "nous assistons sûrement au dernier avertissement du TC". Et de menacer : si le Parlement catalan passe outre, cela pourrait "présenter un risque pour l'autonomie et signifier la suspension de certaines institutions". La menace est claire : si les députés catalans acceptent la voie de l'unilatéralité, le gouvernement espagnol pourrait enclencher l'article 155 de la Constitution espagnole qui autorise le gouvernement central à "prendre les mesures nécessaires pour faire rentrer une communauté autonome dans l'exécution de ses obligations". Pour Mariano Rajoy, qui a besoin de l'abstention du PSOE pour rester président du gouvernement espagnol, ceci pourrait être un argument. Si le PSOE lui refuse l'investiture, les Socialistes deviendront « traîtres à l'Espagne » en laissant le pays sans gouvernement devant les Indépendantistes catalans. Madrid n'a donc aucune raison de ne pas jouer l'escalade. Dans ce cas, l'épreuve de force sera engagée et le gouvernement catalan n'aura d'autre choix que de se soumettre ou d'entrer dans l'illégalité espagnole, en tentant de fonder, par un geste d'unilatéralité, une nouvelle légalité catalane propre. Toutes les conditions d'une crise majeure à la rentrée en Catalogne sont donc réunies.

Retrouvez notre "Grand Angle" sur la Catalogne

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Commentaires
a écrit le 24/07/2016 à 11:47 :
Lorsqu'on lit certains commentaires délirants ci-après, on en arrive à une simple conclusion. Les Catalans sont plus de TOUT, que le reste des espagnols

Les nationalistes sont représentatifs d'une certaine Catalogne pas très engageante que Stendhal avait déjà décrit en 1830.

Il faut toutefois observer qu'à Barcelone on prêche la vertu
la plus pure, utilité de tous, et qu'en même temps on veut
avoir un privilège : contradiction plaisante.
Les Catalans me semblent absolument dans le cas de mes-
sieurs les maîtres de forges de France. Ces messieurs veulent
des lois justes, à l'exception de la loi de douane, qui doit être
faite à leur guise. Les Catalans demandent que chaque Espagnol
qui fait usage de toile de coton paye quatre francs par aune,
parce qu'il y a au monde une Catalogne.
Il faut que l'Espagnol de Grenade, de Malaga ou de la Coro-
gne n'achète pas les cotounades anglaises, qui sont excellentes
et qui coûtent un franc l'aune, par exemple, et se serve des cotounades de Calalogne, fort inférieures, et qui coûtent trois francs l'aune.-
 cela près, ces gens-ci sont républicains au
fond et grands admirateurs de Jean-Jacques Rousseau et du
Contrat social; ils prétendent aimer ce qui est utile à tous
et détester les injustices profitables au petit nombre, c'est-à-
dire qu'ils détestent les privilèges de la noblesse qu'ils n'ont
pas y et qu'ils veulent continuer à jouir des privilèges du
commerce, que leur turbulence avait extorqués jadis à la mo-
narchie absolue. Les Catalans sont libéraux comme le poète
Àlfieri, qui était comte et détestait les rois , mais regardait
comme sacrés les privilèges des comtes

Stendhal -voyages d'un touristes pages- 356-357
Réponse de le 24/07/2016 à 19:05 :
Quand on n'a rien compris à rien de ce qui se passe on s'en sort avec un tissu d'âneries dont rougirait n'importe quel catalan digne de ce nom. Comparer le désir de liberté à des maîtres de forge, ça ne convient à qu'à celui qui n'a en tête que de se moquer du monde, à rabaisser l'indépendantisme à un simple sentiment de cupidité. Mais dénigrer, rabaisser, insulter l'autre n'a jamais constitué un commencement de semblant d'argument.
Se référer à Stendhal pour comprendre l'indépendantisme catalan, n'est pas très intelligent. Je ne crois pas que Stendhal ait connu l'attaque frontale de Madrid au statut d'autonomie en 2010, qui est le vrai départ de l'indépendantisme de masse. On attend autre chose des unionistes pour essayer de renverser la tendance.
Je pense qu'on n'a pas fini d'attendre.
Et en attendant, nosaltres a lo nostre. !!*!!
Réponse de le 25/07/2016 à 17:06 :
Très utile et convaincant d'insulter. Nous traiter de délirants c'est définitif. Repêcher un texte de Stendhal qui profitait du tourisme pour faire de la litérature... Mais vous n'êtes pas seul. Le nationalisme espagnol s'est fait une spécialité, dans le domaine de la propagande, d'aller dénicher des vieux trucs, les sortir de contexte, les déformer au besoin, et les présenter dans un emballage qui tourne en dérision toute revendication catalane. Voici un exemple (votre source originale peut-être): http://www.elmundo.es/blogs/elmundo/1714-diario-del-ano-de-la-peste/2013/12/27/stendhal-y-el-catalan-liberal.html

Au fait, je ne vous pas ce qu'aurait de contradictoire de prêcher la justice et la liberté au XIXe en même temps que défendre le protectionnisme commercial/industriel à l'ordre du jour. La Catalogne était bien une partie de l'Espagne, non? Elle était bien le berceau de la révolution industrielle en Espagne, non? Qu'il fallait protéger, non? Si d'autres pays protégeaient leur industrie, ou leurs produits, l'Espagne n'aurait-elle pas du le faire parce qu'ils étaient catalans? Tiens, tiens... Les Catalans seraient moins espagnols que le reste. On connait ça: égalité des obligations et non des droits, c'est exactement ce dont souffre la Catalogne depuis 1978 et qui alimente l'indépendantisme plus que toute nostalgie historique de souveraineté.
a écrit le 23/07/2016 à 2:22 :
Artur Sixto: merci pour vos messages brillants. Votre explication est le meilleur possible de la situation politique réelle en Catalogne, l'arrière-plan et le raisonnement derrière les décisions prises. Je suis fier d'avoir un compatriote comme vous.
a écrit le 22/07/2016 à 20:35 :
Bravo de nouveau pour l'analyse.

Je vous signale seulement quelques petites erreurs:

1) la vieille coalition CiU de CDC et UDC était de centre droit, UDC étant démocrate chrétienne. Mais CDC et encore plus le nouveau parti CDC est centre à 100% (sinon centre gauche: pas mal de membres se considèrent sociaux démocrates).

2) ERC est de gauche (et environementaliste) plutôt que centre gauche.

3) "en Janvier après [TROIS] mois".

4) "la CUP a refusé de voter le budget du président PDC de la Generalitat": le président appartient au PDC mais préside un gouvernment Junts Pel Sí, où se réunissent tous les partis indépendantistes catalans (et donc PDC, ERC, etc) sauf la CUP.

5) l'unilatéralité est à l'ordre du jour depuis le mandat des élections plebiscitaires du 27 Septembre, remportées clairement par l'indépendantisme. Et depuis la déclaration de souveraineté du 9 Novembre par le parlement Catalan. Ceci n'excluait pas, au contraire, le souhait de négotiations avec l'Espagne.

6) L'ordre légal espagnol est déjà rejetté politiquement. Il faut dire aussi que, du point de vue catalan, il s'agit d'un ordre politico-légal espagnol qui a poussé l'identité nationale catalane au dehors de tout cadre commun envisageable et négotié. Cela c'est fait au fur et à mesure et sans arrêt depuis le référendum constitutionnel de 1978, malgré le fait que la Constitution (négotiée sous le regard et la censure de l'armée de Franco) reconnaissait l'existence de diverses nationalités au sein de l'Etat. Ainsi, à force en particulier de jurisprudence d'un Tribunal Constitutionnel qui ne mérite pas son nom vu qu'il est en dehors du pouvoir judiciaire, entièrement politisé
et controlé par le nationnalisme espagnol (PP et PSOE), la Catalogne a été mise délibérément dans la contrainte d'accepter une sujetion antidémocratique, coloniale, impérialiste et humiliante, ou bien de se risquer à défier l'Etat espagnol en s'engageant dans la voie unilatérale (seule issue à ce qui est devenu un conflit, vécu en Catalogne comme une question de survie, ni plus ni moins).

7) Que l'ordre légal espagnol soit devenu politiquement ilégitime et donc rejetté en Catalogne n'empèche pas qu'il soit toujours applicable et appliqué par les propres autorités catalanes, tant que nous n'aurons pas institué un mécanisne de substitution au parlement de la Catalogne. C'est ce qu'on prévoit de faire depuis plus d'un an (il y a un Livre Blanc de la Generalitat là dessus).

Ce mécanisme ce dont les lois dites de déconnextion, trois lois assez avancées déjà au niveau d'étude, dont l'une spécialement dite de transition juridique. Cette loi de transition juridique (LTJ), lorsqu'elle sera votée, rompra avec le cadre espagnol et instituera le nouveau cadre catalan. C'est cette loi le mécanisme unilatéral de rupture avec l'Espagne, et tout le monde est d'acord la dessus. Mais tous sont également d'acord qu'il faudra, pour bénir la nouvelle situation, issue d'un mandat démocratique, la ratifier à travers les urnes. C'est là que la question se pose s'il faut le faire à travers un référendum d'indépendance ou bien à travers une assemblée constituante suivie d'un référendum constitutionnel.

8) Personne ne rechigne au sein d'ERC pour ce qui est de l'unilatéralité. Ce n'est qu'au sein du PDC que certains membres (très peu) de l'ancienne CDC, ont du mal à assumer cette voie.


Pour finir, mon opnion sur la Catalogne, l'Espagne, l'Union Européenne, et même l'ensemble de la société occidentale, c'est que nous faisons face à une profonde crise démocratique. En Espagne il n'y a pas d'Etat de Droit, c'est le royaume de la corruption non seulement économique mais de tous les principes, et la démocratie n'existe que pour une nation et un establishment, les mêmes qui cherchent depuis 3-4 siècles à transformer par la force l'Espagne en une Castille élargie à tous les bords de mer.

Le cas espagnol de corruption et de déficit démocratique est extrême dans l'UE, mais l'ensemble de celle-ci est sclérosé. Pour la montée des populismes en Occident il ne faut pas se replier dans le fatalisme, attaquer les populistes en rivalisant de populisme avec eux. Il faut remercier les politiciens mainstream pour leur médiocrité, LEUR populisme, leur insignifiance tout au long des dernières décennies. C'est leur lâcheté, leur manque d'honnêteté, leur manque d'idéaux et de cohérence qui nous ont amenés jusqu'ici. Ils n'ont même pas fait ce qu'ils étaient obligés de faire légalement. En particulier ils n'ont pas géré comme ils étaient sensés de faire, l'espace audiovisuel. Les chaînes de TV en particulier (publiques ou non) représentent un service publique, qu'elles peuvent fournir sous conditions de qualité et de pluralisme à travers les concours publiques qu'elles remportent ou non. Malheureusement, surtout en Espagne, ce n'est pas les critères constitutionnels qui sont appliqués et le panorama audiovisuel est lamentable au point d'avoir largement crétinisé le public. Les intérêts politiques et économiques qui se cachent derrière les chaînes de TV (et de radio) en Espagne ou ailleurs sont les mêmes qui transparaissent de plus en plus derrières les "leaders" populistes.

Tout est très logique.

Soit l'Occident (l'UE en l'ocurrence) se réveille et entreprend une révolution démocratique, soit nous nous engouffrons dans une dynamique irrationnelle, de moins en moins démocratique, autodestructive, qui mène tout droit et assez vite maintenant, à un désastre sans précédents en Occident et au niveau global.
Réponse de le 22/07/2016 à 22:45 :
c'est un vrai charabia, illisible, qu'est ce qu'il a fumé ce pourfendeur de la corruption partout, sauf en catalogne apparemment ou pourtant les scandales ne manquent pas plus qu'ailleurs.
Toutes ces histoires d'indépendances servent avant tout les appétits de pouvoir de petits politiciens régionaux.
l'Europe est en train de partir en charpie au moment même où elle ne pèse plus sur les affaires du monde. Mais ce n'est pas grave on continue à se regarder le nombril.
Réponse de le 23/07/2016 à 1:04 :
Cher Jack, vous n'y regardez-pas d'assez près, laissez-moi vous dire.

D'abord, la Catalogne, le fait de ne pas constituer encore un état souverain (qu'elle fut jusqu'en 1714) ne signifie pas qu'on puisse la décrire comme une simple région. Administrativement c'est une région européenne (comme l'Écosse par exemple), mais c'est surtout une vieille nation (à la trajectoire historique et au sentiment national plus marqués qu'en Écosse).

Ensuite, la Catalogne est un pays à tous les égards comparable à, mettons, les Pays Bas, l'Autriche, le Danemark, la Suède et d'autres: économiquement, démographiquement et culturellement.

Il est vrai que les cas de corruption n'y manquent pas "comme ailleurs" (comme vous faites bien de le dire), mais il se trouve que la Catalogne est de loin le territoire le moins touché par la corruption en Espagne (stats officielles à l'appui).

Il y a encore un élément singulier à considérer et c'est la tradition politique de la Catalogne, profondément libérale et démocratique, qui remonte à huit, neuf, et même dix siècles d'institutions pionières. De même, la tradition est très européiste depuis le XIXe. Par conséquent, si on se regarde le nombril en Catalogne, c'est un nombril profondément européen et humaniste. J'invite tous les Européens à jetter un bon coup d'oeuil dans le nombril catalan, car ce qu'ils y découvriront c'est ce qu'il y a de mieux dans l'ADN européen, partagé de nous tous mais en crise là où connaissent des jours de gloire les Marines Le Pen, les Farrage, etc.

La Catalogne est un laboratoire vivant de la démocratie occidentale. Le principal peut-être au niveau global. Venez en Catalogne vous ressourcer!

Il s'agit d'une société très améliorable sans doute, et c'est justement ce "très" qui encourage autant une majorité de Catalans à chambouler l'immuable statu quo espagnol.

Il s'agit d'une société énormément ouverte et acceuillante, énormément solidaire et dynamique au niveau de la société civile, qui se prend en main et qui donne la main à tout le monde: aux Espagnols, aux Européens et à tous.

Ne cherchez donc pas la petitesse chez les politiciens catalans du fait que vous les considériez "régionaux". La petitesse abonde à tous les niveaux: international, national, régional, local, et domestique. En ce moment, les leaders indépendantistes catalans comme Mas, Puigdemont ou Junqueras brillent d'une flamme politique, éthique, intellectuelle, etc qui luit autrement bien que la plupart des chefs d'état et de gouvernment "nationaux".

La Catalogne est très attentive à ce qui se passe ailleurs et développe son propre chemin et ses propres propositions au reste du monde. Je pense que le chemin et les propositions de la Catalogne ne sont pas du tout sans intérêt pour la société globale.
Réponse de le 24/07/2016 à 12:26 :
Si vous souhaitez continuer en français, dans l'agit-prop nationaliste, je vous conseille quelques efforts en orthographe.
C'est principalement ce qu'on retiens de votre logorrhé.
a écrit le 21/07/2016 à 21:34 :
Les européistes ont joué avec le feu. Ils vont mettre l'Europe à feu et à sang parce qu'ils se sont trompés et ne veulent pas le reconnaître. Et pourtant, même là, ils vont échouer. La vie et la liberté sont plus fortes que les simagrées des Loges.
a écrit le 21/07/2016 à 19:28 :
M. Gaudin semble prendre ses désirs pour la réalité. La commission et l'ensemble des institutions européennes ont été parfaitement clair avec l'Écosse. Il est et il sera dans un avenir prévisible hors de question de donner le moindre espoir de négociations séparées à l'Écosse sans l'accord préalable de Londres.
La carte écossaise ne sera pas utilisée dans les négociations sur le brexit et il y a unanimité sur ce sujet. Ce n'est pas seulement la position de l'Espagne et de la France comme l'écrit M. Gaudin mais aussi celle de tous les autres pays à commencer par l'Allemagne.
Réponse de le 22/07/2016 à 18:31 :
Nous verrons bien ce que devient cette apparente unanimité lorsque l'Ecosse avertira d'abord, puis s'organisera pour tenir un référendum d'indépendance unilatéral.

Je vois mal les Écossais se soumettre à la torture d'une sortie de l'UE en attendant un ultérieur référendum négotié avec Downing St, où Londres chercherait à imposer sans doute l'introduction d'alternatives confédérales... qui laisseraient toujours l'Écosse hors de l'UE.
a écrit le 21/07/2016 à 16:27 :
On peut "remercier" Bruxelles de mettre de l'huile sur le feu avec sa régionalisation dans le but d'affaiblir les États qui composent l'union!
Réponse de le 22/07/2016 à 12:22 :
affaiblir les États qui composent l'union peut etre le meme que renforcer les institutions européennes .....et la démocratie elle-même
a écrit le 21/07/2016 à 14:27 :
Pourquoi le bras de fer
Chaque peuple a le droit à l'autodétermination !
Le centralisme jacobin est une erreur,le fédéralisme la solution
Soyons pragmatique
Réponse de le 21/07/2016 à 16:31 :
Ce n'est pas du "pragmatisme", ce n'est que du "dogmatisme". Le pragmatisme c'est une adaptation, le dogmatisme une utopie!
Réponse de le 22/07/2016 à 12:25 :
Bah Il croit que l'utopie est ce qui définit lui meme

"Nous avons obtenu le départ parce que nous ne savions pas qu'il était impossible"
Mandela
a écrit le 21/07/2016 à 14:01 :
Ces politiciens sans envergure détournent le peuple des vrais questions en mettant en avant un sujet subalterne. A quoi bon être "indépendant" si on réclame aussi de rester dans l'UE qui impose des renoncements croissants de souveraineté ?
Réponse de le 23/07/2016 à 17:48 :
+1
Il est lamentable de lire des argumentations aussi dépassées que fausses. En appeler à l'histoire, c'est regarder dans le rétroviseur pendant que les autres continents sont tournés vers l'avenir.
Se comparer comme le fait un des intervenants au Danemark, à la Suéde, etc, c'est accepter d'avance que, d'ici une à deux générations, le catalan ne sera qu'une langue patoisante, remplacée rapidement par l'anglais ; bonjour le progrès et la défense de l'identité culturelle.
Enfin, parler d'une région ouverte, j'hallucine : j'habite depuis 1978 aux frontières de la Catalogne et je n'y ai mis les pieds que 4 fois en 38 ans. On se fait arnaquer aux péages d'autoroute dès lors qu'on paie en espèces (il a fallu une fois que je bloque la circulation en plein été pour avoir gain de cause !) ; dans certains bars il m'est arrivé de commander en castillan et je me suis vu répondre qu'on ne servait que les gens catalanophones, etc ...
Ce pays et ses habitants ont une trèèèèèès haute opinion d'eux-même et sont animés d'une arrogance atavique qui a transparu jusque dans la consultation récente de la nouvelle région Languedoc Roussillon-Midi Pyrénées où l'on a vu les catalans des Pyrénées Orientales ameuter leurs congénères du Sud pour polluer le scrutin ! Ensuite ils ont exigé, piétiné, activé tout ce qui peut compter de lobyistes pour accoler la mention Pays Catalan à la dénomination officielle Occitanie, alors qu'ils ne représentent grosso modo que 1 département sur les 13 de la nouvelle région. Pourquoi alors, ne pas mentionner la Bigorre (1 département aussi), l'ex comté de Foix (1 département aussi), la Gascogne (1 département aussi), etc ... Leur culture est aussi respectable que celle des catalans, mais eux dont je suis, ont compris que ce combat d'arrière-garde folklorique, ne mènera à rien sinon à une forme d'isolement relatif. On sait depuis les temps bibliques que l'union fait la force. Manifestement, ils ont oublié que la division mène tôt ou tard à la ruine (cf les premiers effets concrets sur l'économie britannique de ce référendum aussi stupide qu'inutile.
Réponse de le 25/07/2016 à 18:07 :
Cher Uranus,

Pas besoin de faire appel à l'histoire pour dire que là où un demos se constitue comme tel et endend prendre ses décisions, il s'agit pure et simplement de démocratie. Vous n'êtes pas contre, j'espère. Vous n'êtes pas non plus, j'espère, de ceux qui vont fouiner dans une histoire qu'ils méconnaissent pour nous lâcher "Non mais! Pour qui vous vous prenez?" Parce que là, c'est l'invitation à vous faire la leçon d'histoire en plein rétroviseur.

Si les Catalans se comparent à certains pays européens, ce n'est pas que pour de bonnes raisons d'envergure économique, territoriale et culturelle. C'est aussi parce qu'il y a un trait, autre que l'indépendance, que nous ne partageons pas encore avec eux alors qu'on pourrait et veut le faire: la qualité de leur démocratie et certains aspects de leur qualité de vie (ils ont la paix!).

Au fait, la population de ces pays est souvent bilingue au minimum, comme les Catalans sont souvent trilingues. Aux dernières nouvelles ces langues ne montraient aucun signe de perte de vitalité face à l'Anglais. Aucun risque de voir le Suédois, le Néerlandais ou l'Allemand devenir des patois. Mais votre souci me réchauffe le coeur car des gens comme vous tenaient encore, il n'y a pas longtemps, que le Catalan et l'Occitan ne sont que d'horribles patois. On ne veut pas ça!

Quant à la Catalogne comme société ouverte ou pas, nier ça en disant que vous habitez à côté depuis 1978 mais n'y avez mis les pieds que 4 fois... Et qu'en plus vous avez fait un point d'honneur de bloquer une autoroute au péage et d'exiger qu'on vous parle en Espagnol... Non seulement c'est ridicule mais c'est démenti par l'expérience des millions de touristes qui choisissent chaque année de retourner en Catalogne au lieu d'ailleurs en Espagne (c'est la région touristique n°1).

Pour finir, deux petits détails.

D'abord: la Bigorre, l'ancien compté de Foix, la Gascogne etc font tous partie de l'Occitanie. La Catalogne française non. Ce qui n'aurait pas le moindre sens c'est que du fait d'être en minorité dans la nouvelle région, une majorité d'Occitans (qui ont déjà du mal à se reconnaitre Occitans) puisse exclure les Catalans du nom d'une nouvelle région comnune aux uns et aux autres. Est-ce que vous concevez une votation au Royaume Uni où les Anglais exclueraient le Pays de Galles par exemple, du nom du Royaume Uni d'Angleterre, d'Écosse, du Pays de Galles et d'Irlande du Nord?

Ensuite, deuxième détail. L'union fait la force, en effet, et non pas l'unité. L'union de gré c'est l'opposé de l'unité par la force (comme en Espagne). Il faut être libre pour s'unir et les Catalans veulent les deux: être libres et s'unir au reste au sein de l'UE.

En plus, les pays de cette dimension sont les plus performants au monde et ceux qui jouissent d'une meilleure qualité démocratique: Danemark, Suïsse, Pays Bas, Autriche, Finlande, etc. La Catalogne est de façon naturelle un membre, manqué pour l'instant, du même club. On en a MARRE et on veut le rejoindre. Cela fera d'ailleurs un grand bien à l'Europe de compter avec un pays pareil, facteur d'équilibre et bon exemple pour le reste, en Méditerranée.
a écrit le 21/07/2016 à 13:48 :
"Si le PSOE lui refuse l'investiture, les Socialistes deviendront « traîtres à l'Espagne » en laissant le pays sans gouvernement devant les Indépendantistes catalans."

Bah les socialistes étant déjà des traites à l'idéologie de gauche je ne pense pas que cet argument leur fasse peur, déplaire à la droite et au milieu financier par contre doit bien plus les effrayer.

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