Crise financière : les banques centrales, seules responsables ?

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Les banques centrales sont-elles les seules responsables de la crise boursière ?
Les banques centrales sont-elles les seules responsables de la crise boursière ? (Crédits : Reuters)
L'affaire semble entendue : la baisse des marchés s'expliquerait par la générosité des banques centrales. Cette interprétation oublie cependant pourquoi cette politique monétaire très accommodante est devenue inévitable...

La crise financière est de retour. Près de huit ans et demi après les premiers soubresauts de la crise des subprimes, les Bourses mondiales plongent à nouveau, la santé des banques est préoccupante, l'économie réelle inquiète. Pour la plupart des observateurs, la cause est entendue : ce nouveau coup de grisou a un coupable tout désigné, les banques centrales et leurs politiques accommodantes, le « QE ». Ce sont elles, assure-t-on, qui, en déversant des milliards de dollars, d'euros, de livres et des centaines de milliards de yens ont alimenté une bulle sur les marchés qui, aujourd'hui, éclate. Ce sont elles qui, en imposant des taux négatifs, pèsent sur les résultats bancaires.

Cette explication n'est pas entièrement erronée. Les politiques d'assouplissement quantitatif menées par la Fed, la Banque d'Angleterre, la Banque du Japon, puis la BCE ont certes déversé d'immenses quantités de liquidités sur les marchés. Leur diffusion dans l'économie réelle a été plus lente, voire réduite. Elles ont donc alimenté un puissant courant acheteur que les difficultés chinoises et le ralentissement de la croissance européenne ont brutalement freiné. D'où cette correction qui, en réalité, a débuté en août dernier, lors de la première « dévaluation » du yuan chinois.

Les deux erreurs de 2008 et 2010

Mais cette explication n'est que partielle. Cette nouvelle secousse, rappelons-le, n'est que la poursuite de la grande crise de 2007 - crise de la dérégulation - allant à son terme. Une crise qui a connu deux relances : la faillite de Lehman Brothers le 15 septembre 2008 qui a conduit le système financier au bord de l'abîme et le « sauvetage » tardif et inefficient de la Grèce le 10 mai 2010 qui a plongé la zone euro dans une tourmente économique dont elle n'est qu'à peine sortie. Dans les deux cas, l'erreur est venue principalement de gouvernements inconscients, pressés de gérer le court terme (on se souvient de l'obsession, pendant tout le printemps 2010, d'Angela Merkel pour les élections régionales en Rhénanie du Nord Westphalie) et enfermés dans des certitudes économiques fondées sur l'efficience du marché.

En 2008, les Etats-Unis ont ainsi voulu « faire un exemple » avec Lehman Brothers et montrer que l'Etat ne viendrait pas en aide à ceux qui avaient pris des risques démesurés. Le marché jouait son rôle « purificateur. » En 2010, les dirigeants européens ont appliqué la théorie ricardienne : il fallait rétablir rapidement les comptes publics des Etats touchés par la crise pour rétablir la confiance des marchés et des agents économiques. Il fallait aussi « punir » ceux qui avaient dépensé trop en leur faisant sentir les conséquences des déséquilibres qu'ils étaient censés avoir créés. Dans les deux cas, ces décisions ont été des désastres immenses et les banques centrales sont intervenues alors comme des « filets de protection », sauvant ce qui pouvait l'être. La BCE a été, du reste, la moins déterminée à agir. On se souvient que Jean-Claude Trichet a remonté deux fois les taux en pleine crise, en juillet 2008 et en juillet 2011, et qu'il a fallu attendre Mario Draghi et l'été 2012 pour voir une action déterminée de l'institution contre la crise européenne. Ce n'est pas sans raison que la BCE a été la dernière à se lancer dans le QE. Et ce n'est pas sans raison que la zone euro a été la région la plus frappée par la crise depuis 2007...

L'erreur des autorités européennes

Les banques centrales ont donc été des pompiers et sans doute se sont-elles muées en partie en pyromanes, mais pourquoi cette mutation a-t-elle eu lieu ? Parce qu'elles ont échoué en réalité à relancer les perspectives de croissance, donc d'inflation. Mais cet échec n'est pas que celui des banques centrales, c'est aussi celui des gouvernements qui se sont uniquement reposés sur la politique monétaire pour faire le travail de redressement de ces perspectives, alors qu'eux, au contraire, tiraient dans le sens inverse. L'exemple de la zone euro est, de ce point de vue, très parlant. Entre 2010 et 2014, les gouvernements et les autorités européennes, y compris la BCE, ont mené et incité à une politique centrée sur la consolidation budgétaire et les « réformes structurelles » visant surtout à réduire le coût du travail. Une politique clairement déflationniste qui a ruiné la croissance potentielle européenne et détruit la confiance dans l'avenir qu'elle devait établir. Dès lors, l'inflation faible s'est installée durablement.

Depuis octobre 2013, l'inflation annuelle sous-jacente, hors énergie et alimentation, n'est passé qu'une fois au-dessus de 1 %, c'était 1,1 % en octobre 2015. Dans ces conditions, les anticipations d'inflation ont reculé et lorsque les anticipations d'inflation reculent, l'incitation à investir est nulle. Or, la zone euro ne pourra connaître de reprise réelle sans reprise de l'investissement.

Les effets mondiaux de la politique européenne

Du reste, cette politique déflationniste européenne a eu d'autres répercussions. En réduisant la croissance européenne de façon durable, elle a pesé sur les exportations de plusieurs pays, comme la Chine. La deuxième économie du monde a alors tenté de contenir, pour des raisons politiques, ses niveaux de production tout en accélérant son retournement vers une économie moins dépendante de l'extérieur et plus de la demande interne. Ces deux mouvements ont conduit à une surproduction industrielle chinoise et à une explosion de l'endettement dans l'Empire du milieu à partir de 2012. Mais lorsque l'économie chinoise a engagé son ajustement inévitable, sa croissance a ralenti, entraînant une baisse des prix des matières premières (déjà engagée par la baisse de la croissance européenne) et une baisse de la demande chinoise en importations. D'où deux conséquences pour la zone euro : une nouvelle baisse de l'inflation et un ralentissement des perspectives économiques. Pour l'Allemagne, par exemple, la Chambre de Commerce vient de revoir à 1,3 % (contre 1,7 % pour le gouvernement) sa perspective de croissance pour 2015.

L'avertissement de Mario Draghi

Dans ces conditions, les banques centrales ont à nouveau agi (à l'exception de la Fed qui semble néanmoins revenir sur sa politique de resserrement). Mais cette politique ne peut se substituer à l'absence de perspectives pour les agents économiques. Elle peut aider la demande, pas la créer. Or, il fallait la créer. Lorsque Mario Draghi a projeté de lancer la BCE dans le grand bain du QE, le 22 août 2014, à Jackson Hole, il a indiqué qu'il ne le ferait que s'il était aidé, que si, en complément de la BCE, il y avait une politique de croissance en zone euro, comprenant une vraie relance. L'idée était simple : en relançant la demande, les Etats auraient stimulé la demande et créé des débouchés pour les fonds libérés par le QE. Autant de liquidités qui n'auraient pas servi, alors, à alimenter des bulles spéculatives. Mais il a obtenu une fin de non-recevoir. Wolfgang Schäuble, à l'époque, avait assuré qu'on avait « mal compris Mario Draghi. » Fermez le ban. Pour satisfaire les foules, on avait lancé un « plan Juncker » qui, comme le « pacte de croissance » de François Hollande en 2012, s'est perdu dans les sables de Bruxelles. Et le QE a bel et bien trop alimenté les bulles...

Ce que la politique monétaire accommodante a permis d'éviter

Il faudrait cependant ne pas oublier que les banques centrales ont permis d'éviter la mise en place d'un cercle déflationniste. Le QE aurait apporté un point d'inflation en 2015 en zone euro. Sans lui, l'inflation aurait été de -0,8 %, ce qui aurait enclenché à coup sûr une spirale déflationniste où, non seulement, l'investissement serait à l'arrêt, mais où les salaires et l'emploi aurait dû s'ajuster. Une telle spirale est un des pires dangers économiques dont il est fort délicat de s'extirper, le cas japonais ne cesse de le prouver. Mais il est souvent trop sous-estimé par les partisans de la « destruction créatrice » de Schumpeter. L'action de la BCE en 2014-2015 a donc été essentielle, comme en 2008 et 2012.

Mais, comme tout remède, il a des effets secondaires. Une action déterminée d'accompagnement des Etats ou de l'UE aurait pu réduire ces effets en permettant une meilleure transmission à l'économie réelle. On a préféré ne rien faire pour sauver la façade d'une politique de réduction budgétaire soit disant efficace, mais qui se révélera absolument inutile en cas de nouvelle récession. Pire même, pendant longtemps, les Etats - singulièrement la France - ont compté sur la seule action des banques centrales pour faire revenir la croissance, ne prenant pas au sérieux les avertissements de Mario Draghi sur l'incapacité de la politique monétaire à créer de la croissance.

Lampistes ?

La responsabilité des banques centrales est donc celle d'un lampiste. Les vrais responsables, ce sont les Etats et les autorités européennes qui ont mené une politique déflationniste et ont refusé toute vraie politique active de relance. Les banques centrales, la BCE en particulier, ont contenu avec les moyens dont elles disposaient l'incendie qu'elles n'ont pas allumé, ni entretenu. Cette action, produit de la passivité et de l'aveuglement idéologique des Etats, avait un revers. On en subit aujourd'hui les conséquences. Mais, en réalité, les banques centrales ont été les seules à montrer réellement du courage, de l'initiative et de l'innovation pour faire face à une crise d'une ampleur unique.

Accuser les banques centrales, c'est donc se tromper de responsable en réalité. C'est aussi prétendre que le marché aurait, sans leur action, réalisé un ajustement moins douloureux, alors que les expériences de 2008 et 2010 prouvent le contraire. C'est donc se payer de mots. Et l'économie européenne - et mondiale - s'est trop longtemps payée de mots. Elle a soif de vraie inflation que seule une politique de relance de l'investissement et des salaires apportera.

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Commentaires
a écrit le 12/02/2016 à 14:22 :
M. GODIN, je me permets de vous signaler que vous avez complètement tort. Un brillant économiste nommé Jean DANIEL, qui plus est à tendance socialiste vient de sortir un merveilleux bouquin prouvant que les problèmes de l'économie mondiale provenait du droit du travail français...

Evidemment, il ne se pose pas la question de savoir comment vendre et embaucher si il n'y a plus d'acheteur et comment fabriquer et vendre des produits à haute valeur ajoutée, comme les Allemands, les Suisses, les Israéliens etc..
Ce genre de détail ne l'intéresse guère....
a écrit le 11/02/2016 à 11:35 :
Vous oubliez que dans la catastrophe annonçait les banques ne feront pas faillite puisqu'elles se serviront sur leurs clients.
Donc vous n'aurez plus rien (au dessus de 100 000 euros) , mais les système sera sauvé. Il ne faut pas s'étonner que les billets de 500 euros soient de plus en plus entassés dans les coffres, notamment en : Allemagne.
a écrit le 11/02/2016 à 9:16 :
Le problème c'est que la finance n'a pas été régulée ce qui aurait du être fait en 2008.
a écrit le 11/02/2016 à 8:32 :
Ouf....R Godin....a reussi à mettre en cause l allemagne...qui a empeché Super Mario (au service de Goldman Sachs) de faire le job... celui qui permet à quelques financiers de faire des fortunes.... J avoue que j ai du mal à suivre l auteur. J attends qu il propose une sortie de la France de l europe ou... l expulsion de l allemagne (ce qui les arrangerait)
a écrit le 11/02/2016 à 7:31 :
Dans votre article, vous semblez mettre sur un piedestal Super Mario.
Mais qui nous bassinent depuis des annees sur la necessite vitale de la rigueur (TINA): les economistes "orthodoxes" dans la Tribune et partout ailleurs!

Les economistes "heterodoxes" sont boycottes, ignores ou meprises mais on commence à se dire qu'ils n'ont peut etre pas tort, helas ils ne sont toujours pas audibles sauf par certains journalistes qui sentent le vent tourner.
a écrit le 10/02/2016 à 23:15 :
Bonne analyse à laquelle il manque malheureusement un étage.
En organisant le transfert de la valeur ajoutée vers les couches les plus riches de la population qui se sont accaparée le controle de l'appareil politique il s'est crée à partir des années 80 les conditions d'un ralentissement durable de la croissance en occident.
Les budgets publics et l'endettement des particuliers ont éteés mis à contribution pour compenser.
Jusqu'en 2007, ca a marché pouis le systéme s'est éfondré sous le poids de trop de dettes.
Toujours pour éviter de corriger la politique de transfert vers les couches supérieures on a alors mis les banques centrales à contribution. (D'ou la fin de non recevoir à toute politique de relance qui serait impossible en l'état des déficits publics.)
Le Crach actuel est soi un prés signal de la rupture soit la rupture elle meme.
La question est peut-on politiquement corriger l'erreur initiale ou allons nous continuer à assister au suicide de l'occident?
Réponse de le 11/02/2016 à 5:44 :
On pourrait ajouter aussi que la principale mission de la BCE est uniquement de lutter contre l'inflation.

Purement et uniquement ! C'est dis de façon plus sexy mais c'est dis quand même donc logique qu'elle n'a fait qu'entretenir et contenir le feu dans lequel les riches baignent :/

On a assisté en 2008 la crise de la bulle des subpimes et la maintenant c'est l'éclatement de ma crise obligataire.

Espérons que le mort est bien mort et pas encore sous respirateur... Les 99% de la promulgation qui ne font pas partie de la caste des loisirs (cfr au livre) en ont marre de suffoquer !
a écrit le 10/02/2016 à 23:10 :
Il faut maintenant en finir avec la bourse et les banques. Il faut ubériser les banques, et supprimer là bce, chacun revenant à sa monnaie, doublée d'une monnaie d'échange électronique. Il faut alimenter les entreprises directement par les particuliers, et relancer la consommation locale.
a écrit le 10/02/2016 à 23:06 :
Arrêtons de sous estimer la responsabilité de la Bce! Les QE avec ses centaines de milliards n'auront servi ....,qu'à obtenir 1% d'inflation! On croit rêver, mais si l'on veut créer de l'inflation, il faut déverser ces centaines de milliard auprès des particuliers pour favoriser la demande, c'est aussi simple que cela. Les QE n'ont servi qu'à alimenter la spéculation sur les marchés donc à fragiliser l'économie réelle. Nul, nul,nullissime!
Réponse de le 13/02/2016 à 9:57 :
TOUT A FAIT EXACT ..DANS LE SYSTEME ACTUEL , IL Y A 2 MONNAIES : LA MONNAIE CENTRALE ( BILLETS + C CTE COURANT DES BANQUES COMMERCIALES ) ET LA MONNAIE SCRIPTURALE CREE PAR LES BANQUES COMMERCIALES...QUI NE SE MELANGENT PAS PAR PRINCIPE
DONC AUGMENTER LES LIQUIDITES DES BANQUES COMMERCIALES PERMET AUX BANQUES DE NE PLUS RECOURIR AU MARCHE INTERBANCAIRE ( PLUS DE CRISES SYSTEMIQUE ) ET DE FACILITER LES CREDITS ..OR LA CONFIANCE A DISPARU ..DONC PAS DE DEMANDE DE CREDIT ...QUE FONT LES BANQUES : ELLES SPECULENT ...TOUT CELA NE CONCERNE PAS L'ECONOMIE REELLE MAIS LES AMATEURS DE CASINO ...RESTE QUE LES ASSURANCES VIE PEUVENT ETRE IMPACTEES
a écrit le 10/02/2016 à 19:32 :
Ça me fait bien rire maintenant qu'on est au fond du trou il faut augmenter les salaires et inciter les banques a diffuser les liquidités de la BCE dans l'économie. J'aimerais bien savoir quels gouvernement va oser le faire alors que ça fait 20 ans que tous nous soutiennent l'inverse. La droite ? J'entends déjà les cris du medef. La gauche? Ils ne l'ont jamais osé. Quel drame
a écrit le 10/02/2016 à 19:27 :
Romaric Godin est un drôle d'oiseau, il défend à la fois les marchés financiers avide des liquidités des banques centrales, donc il défend les QE de DRAGUI et les banques centrales en général, et en même temps c'était le premier à pester contre le plan grec de bail out , le premier à défendre Varoufakis qui a mis la grèce dans la panade.

J'ai vraiment du mal à vous suivre, m. Godin. Au moins les éconoclastes à qui vous ressemblez beaucoup comme Philippe Béchade, Olivier Delamarche, Olivier Berrurier ou Jacques Sapir (ou attérés c'est du même acabit, en général anti euro, patriote, anti finance etc sur le mode FN) sont beaucoup plus cohérents, en nous expliquant en long en large et en travers la limite à ces QE, car les marchés sans morphine sont comme un drogué sans sa dose de came, ils meurent ou font une embollie pullmonaire désormais, la preuve. CQFD.
a écrit le 10/02/2016 à 19:26 :
Relance des salaires... Mr Godin, désolé de devoir vous dire que vous avez encore du boulot pour comprendre le système capitaliste. Mais... laissons-le aller jusqu'au bout de sa "logique". Les peuples de certains pays sont en train de craquer. Et ils ne peuvent pas aggraver leur bilan ou faire du méga-déficit, eux.
Réponse de le 11/02/2016 à 11:25 :
"les peuples de certains pays sont en train de craquer"...

De qui et de quoi parlez-vous ?
a écrit le 10/02/2016 à 19:20 :
Analyse impeccable, merci.
a écrit le 10/02/2016 à 19:18 :
L'Europe me surprend énormément. Ça fait un moment déjà que je me dit que ce n'est pas possible que tout va péter et que ça va se cracher en beauté. Force est de constater que c'est de pire en pire, ça devient du gros n’importe quoi, mais que ça tien toujours...

J'en arrive à me dire que quelque soit les solutions possible, il est déjà trop tard. Mais peut être que je me trompe encore.


Il est toujours bon de rappeler que les QE font perdre de la valeur à l'unité de monnaie (1 euro) si vous avez 1 milliard d'euro sur votre compte et que l'euro baisse de 1% par rapport au Dollar, faite le calcul. Oui ce n'est pas tout à fait aussi simple et tout le monde n'a pas 1 milliard, mais cela permet de comprendre pourquoi des mouvement de pensée sont injectés dans la société étant donné la situation médiatique et politique...

L'Europe est dirigée majoritairement par des Conservateurs. Ce nom leur va très bien, et ils y font honneur. Si la situation ne change pas, c'est avant tout grâce à eux. Pourquoi changer l'Europe alors que tout va si bien?

Les Conservateurs ne doivent leurs réussites que par leur capacité à gérer la peur du déclassement, engendrée par la crise et le caractère intrinsèquement ingouvernable de "l’État Européen", des différentes classes et à rassurer par leurs acte, la conservation des titres économique que confères ceux qui les financent.

Si nous faisons plus d'Europe, la peur du déclassement pourrait prendre le dessus ou les socialistes pourraient redistribuer notre argent (bien souvent durement gagné cher le notaire). Les conservateurs seraient dépassés. Et les hordes de bourgeois ordinaires pourraient laisser libre court à leur créativité de cadres ou d'autre détruire la société par des dogmes surannés. Ils pourraient tous réussir étant donné que la situation continue, malgré tout, à se dégrader à petit feu.

Si l'Europe éclate, Ce serai un cauchemars pour ceux qui parlent économie international tout les jours, pour ceux qui achètent à l’international tout les jours (tout le monde en faite).


Ce que je tente d'expliquer, toute solution a ses avantages et ses inconvénient, mais le pire, pour nous la populace, c"est le statu quo actuel. Pas de baisse de chômage sans sacrifier toute la classe des employés (de l'intérimaire journalier au haut cadre), ex: Italie, Espagne, Grèce. Avec la quantité de monnaie en circulation actuellement, si vous gagnez plus, vous le prenez à quelqu’un d'autre.
a écrit le 10/02/2016 à 18:57 :
Le fait que l'on demande a l'économie de s'adapter a une monnaie au lieu de l'inverse signifie que l'on veut la doper par des moyens artificiels et que le moindre loupé engendre la méfiance!
a écrit le 10/02/2016 à 18:46 :
Nous sommes arrivés au stade qu'avec ou sans QE, l'économie s'effondre de toute façon à cause de plusieurs facteurs cumulés, dont les trois plus mortifères : dérégulation financière, libre-échange et euro.

Tant qu'on ne remettra pas en cause ces trois maux pour l'économie, il n'y aura pas d'échappatoire possible. Les élus sont trop lâches et aiment trop leurs petits privilèges pour que l'idée d'une véritable politique d'assainissement naisse un jour dans leur esprit. Nous allons donc inévitablement au devant d'une catastrophe.
Réponse de le 10/02/2016 à 22:26 :
c'est clair et l'homme casqué va souffrir....
a écrit le 10/02/2016 à 18:18 :
En résumé on l'a dans dans le Q de nouveau !
a écrit le 10/02/2016 à 18:06 :
Très bon article qui illustre bien la situation actuelle , et la vitesse a laquelle on cherche les responsables les plus apparents... A méditer pour les critiques faciles
a écrit le 10/02/2016 à 17:59 :
Les responsables sont connus, ils sont à l'origine de toutes les crises depuis 1973 : disparition du Glass-Steagall Act et de l'étalon or qui n'a pas été remplacé (les DTS sont réputés être une piste possible).
Ces deux éléments ont laissé libre cours, en plus des divers dérégulations financières, à une mega bulle financier qui représenterait 3 à 10 fois les actifs "réels" qui servent en garanties pour les produits dérivés.
Mais les banques sont vent debout contre toute régulation alors que ça ne peut conduire à terme, qu'à un mega crash qui les mettra sur la paille avec tout le monde (sauf ceux qui auront... de l'or et de l'argent (métaux)).
Réponse de le 10/02/2016 à 18:50 :
Et dire que c'est les Français (Sapin, Mosco, etc...) qui ont le plus combattu ces régulations ! Pour "protéger" les 4 grandes banques françaises qui gèrent 20% des produits dérivés mondiaux. Des socialistes pousse au crime !
Réponse de le 10/02/2016 à 19:35 :
@un passant:bien d'accord.Monsieur Godin se trompe:les européens sont les victimes de l'industrie financière américaine.Le responsable est le gouvernement américain qui a laissé sa dette exploser ce qui a mené a la baisse des taux et aux QE.Effectivement ,les banques centrales sont la pour réparer les dégats des politiques économiques des gouvernements .Mais n'oublions pas que La Fed possède des actionnaires qui sont les grandes banques privées mondiales.La Fed a trop souvent travaillé pour leur intéret plutot que pour celui des USA
a écrit le 10/02/2016 à 17:59 :
sinon laisser les marches purger leurs exces quand l'occasion s'est presente en 2003 et 2008 c'etait pas mal non plus ,violent certainement,humiliant peut etre,mais o combien salutaire!
Réponse de le 11/02/2016 à 11:27 :
pas salutaire pour les millions de chômeurs supplémentaires...
a écrit le 10/02/2016 à 17:48 :
Le diagnostic de R.Godin ne plaira pas aux "orthodoxes" (pour qui le qualificatif "keynésien" est la pire des injures) mais il est proche du sentiment dominant : "la camisole Schaüble étouffe l'économie réelle en Europe". Avec un consommation atone la région la plus riche du monde est devenue le boulet de la planète. Le vertueux Portugal, qu'on donnait en exemple culpablisant aux mauvais Grecs, est maintenant dans le colimateur de la Commission. Les dettes publiques de tous les états s'aggravent, faute de recettes fiscales. L'argent qui n'est pas infusé dans la consommation forme des bulles spécualtives qui fatalement exploseront. Tout le monde le sait mais l'ordo-libéralisme est une vision religieuse, pas une vision rationnelle...
a écrit le 10/02/2016 à 17:38 :
Les banques centrales ont ouvert en grand les vannes de l'argent avec leurs assouplissements quantitatifs, mais les banques ont utilize cet argent pour se refaire une santé, pour augmenter leurs reserves et pour spéculer sur les marches boursiers. Les entreprises n'ont pas vu la couleur de cet argent et par conséquent, les dettes n'ont fait qu'augmenter sans que l'économie réelle en profite !!!

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