Face au Brexit, Theresa May lance une vaste stratégie industrielle

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Theresa May entend relancer une stratégie industrielle ambitieuse.
Theresa May entend relancer une stratégie industrielle ambitieuse. (Crédits : POOL)
Le gouvernement britannique a mis en place un plan d'investissement et de soutien à l'industrie. C'est désormais un pilier de la politique de la première ministre qui abandonne le biais du "laissez-faire" traditionnel des Tories.

La Première ministre britannique Theresa May continue de déployer sa stratégie globale pour faire face au Brexit. Ce lundi 23 janvier, son gouvernement a présenté un « livre vert », un rapport, sur la stratégie industrielle à mener dans les prochaines années. Certes, ce rapport devra faire l'objet de décisions concrètes à sa suite, mais cet aspect est désormais un élément clé de la politique globale de l'exécutif britannique pour faire face aux défis posés par la sortie du marché unique européen, désormais accepté depuis une semaine par la locataire du 10, Downing Street.

Répondre au Brexit

En acceptant le défi lancé par les Européens après le 23 juin - ou le respect des « quatre libertés de circulation », dont celle des personnes, ou la perte d'accès au marché unique européen - Theresa May a choisi néanmoins de promouvoir un « Royaume-Uni ouvert » (« Global Britain »), cherchant par des accords de libre-échange une inclusion dans le marché mondial. Sauf que le pays doit désormais faire face à un certain nombre de handicaps, fruits de sa spécialisation financière et de la politique des anciens gouvernements conservateurs et travaillistes de favoriser un faible coût du travail et l'investissement dans l'immobilier et les services. Cette politique a conduit à un affaiblissement de la productivité et à une désindustrialisation sévère.

Si cette situation pouvait être acceptée au sein du marché unique, le Royaume-Uni, confronté seul au marché mondial, va donc devoir faire face à ces faiblesses. L'idée est de développer un secteur industriel compétitif pour permettre au pays de s'imposer sur les marchés mondiaux. Cette « nouvelle stratégie industrielle », précise ainsi le communiqué du gouvernement, vise à « renforcer les forces de la Grande-Bretagne et à faire face à ses faiblesses sous-jacentes ». Désormais incertaine de pouvoir compter sur des accords favorables de la part des Européens, Theresa May semble donc décidée à renforcer les fondements de l'industrie britannique pour attirer les investisseurs sur d'autres critères que l'accès au marché unique, notamment l'innovation technologique.

La nouvelle stratégie industrielle

Dès lors, la Première ministre a décidé de rompre avec la longue tradition de "laissez-faire"(*) et de réduction du poids de l'Etat dans l'économie des Tories. Elle engage désormais une politique nettement plus interventionniste où l'Etat « sera prêt à offrir une grande diversité de soutiens ». Certes, les « champions nationaux » existants et les secteurs forts comme l'automobile et l'aéronautique, seront soutenus pour renforcer l'existant, mais c'est désormais une stratégie globale qui est proposée, autour de 10 piliers. Londres proposera de passer des « accords sectoriels » (« Sector deals ») sur un certain nombre de secteurs à forte valeur ajoutée : sciences de la vie, transition vers les véhicules propres, numérisation industrielle, industries créatives et industrie nucléaire. Le gouvernement indique qu'il est prêt à s'engager avec des secteurs qui voudraient s'organiser pour bénéficier du même soutien.

Ces secteurs bénéficieront d'un appui du gouvernement, non pas par des baisses de charges, mais par des investissements concrets. L'Etat britannique s'engage également à utiliser ses propres achats pour favoriser ces secteurs, « favoriser l'innovation » et « mettre en place des chaînes de valeur au Royaume-Uni ».

Parallèlement, un « Fonds pour le défi de la stratégie industrielle » (Industrial Strategy Challenge Fund, ISCF), doté de pas moins de 4,7 milliards de livres, soit environ 5,6 milliards d'euros, sera créé pour favoriser quelques secteurs à fort potentiel : l'énergie intelligente, la robotique et l'intelligence artificielle et le réseau mobile 5G.

En complément, le gouvernement entend miser sur l'éducation, clé pour créer au Royaume-Uni des emplois hautement qualifiés comme l'a indiqué la première ministre. L'enseignement des sciences sera développé, la recherche soutenue et l'enseignement technique sera réformé et centré sur la possibilité d'offrir aux jeunes qui quittent le système scolaire sans diplôme universitaire (la moitié du total) la capacité de disposer d'une formation technique dans un institut régional de technologie. Enfin, le gouvernement investira dans les technologies et assurera aux créateurs d'entreprises innovantes un accès au financement.

Stratégie de long-terme

Cette stratégie répond clairement à la question de la productivité, devenue clé pour le Royaume-Uni dans la mesure où elle pose le problème de la croissance future du pays. Londres ne vise donc plus la création d'emplois par « l'ubérisation » et dans des secteurs de services à faible productivité : il s'agit désormais de faire du Royaume-Uni le centre de l'innovation industrielle misant précisément sur des produits et des emplois à forte valeur ajoutée. Dans un monde où l'investissement se réduit et face à une zone euro toujours obsédé par sa dépense publique, Londres mise donc sur une stratégie de soutien actif à l'investissement à fort potentiel pour faire du pays un centre incontournable de l'industrie du futur, et, partant, des investissements internationaux. L'attention donnée aux questions de recherche et d'éducation, montre, du reste, l'ambition à long terme du gouvernement qui confirme donc vouloir utiliser le Brexit pour modifier en profondeur l'économie britannique.

Rééquilibrer le territoire

Cette modification est également géographique. On sait que le vote des régions victimes de la désindustrialisation avait été clé le 23 juin. Le plan du gouvernement insiste donc beaucoup sur le combat contre les inégalités régionales, notamment par les investissements dans les infrastructures et par le soutien aux PME. Un plan spécifique pour le nord de l'Angleterre sera mis en place avec 556 millions de livres (environ 667 millions d'euros) à la clé, avec notamment la création d'une plate-forme intermodale fluviale, maritime, ferroviaire et routière à Goole, dans le Yorkshire, entre Leeds et Hull, mais aussi un fond pour supporter les biotechnologies dans la région de Manchester et du Cheshire ainsi que la création d'une zone industrielle près de Sunderland, dans le Tyne and Wear. Plus généralement, cette stratégie industrielle sera largement décentralisée avec des institutions locales et visera à un rééquilibrage territorial.

Pilier de la stratégie globale

Theresa May confirme donc qu'elle n'entend pas rester immobile dans sa gestion du Brexit. Elle est décidée à utiliser tous les leviers possibles pour redonner des avantages à long terme au Royaume-Uni face à une Union européenne qui pourrait être tentée de « punir » le pays pour sa décision de la quitter. Elle prend aussi acte de l'inévitable affaiblissement du secteur financier et immobilier qui va suivre la sortie du marché unique pour tenter de rééquilibrer l'économie. Le gouvernement britannique entend profiter pleinement de la levée des restrictions propres à la législation européenne concernant les aides d'Etat, même si beaucoup des mesures annoncées ce 23 janvier auraient pu être prises dans le cadre de l'UE. En tout cas, c'est un pilier central de la stratégie de l'après-Brexit : celui de refaire, avec le soutien public, du Royaume-Uni une grande puissance de l'industrie de demain. Certes, face aux aides d'Etat, les partenaires commerciaux du Royaume-Uni seront tentés de se défendre, mais le gouvernement entend donner une telle avance dans ces domaines que ces "rétorsions" ne seront pas possibles...

Le dilemme de Theresa May

Cette stratégie peut-elle réussir ? Le contexte est certes favorable au gouvernement britannique, car l'UE a renoncé à tout vrai plan d'investissement ambitieux et préfère une gestion « quantitative » de sa compétitivité. Cependant, une telle stratégie est forcément longue, on ne peut reconstruire en quelques mois un secteur industriel. C'est un travail de long terme alors que Londres va devoir faire face à des défis de court terme importants. Le risque est celui d'oublier ce travail de fond pour parer au plus pressé, notamment en cherchant par une stratégie fiscale agressive, à maintenir la force de la City. Or, maintenir la finance mondialisée au cœur du modèle économique britannique pose plusieurs problèmes : elle réduit la capacité du secteur privé à investir dans un secteur industriel aux rendements longs et faibles et elle réduit la capacité budgétaire de l'Etat à investir fortement dans ces industries du futur.

Le dilemme de Theresa May sera que la perte de l'accès au marché unique s'accompagnera sûrement d'un ralentissement de la croissance qui réduira la croissance des recettes budgétaires. Si, pour y faire face et maintenir sa stratégie industrielle, le gouvernement réduit ses dépenses publiques, elle s'expose non seulement à un ralentissement conjoncturel plus marqué, lui ôtant encore davantage de moyens pour sa politique industrielle, mais aussi à un échec de cette dernière qui repose sur le réinvestissement dans l'éducation et le développement des régions déshéritées. La stratégie industrielle ne doit donc pas être perçue comme seulement industrielle, mais comme plus globale. Theresa May semble en avoir conscience, mais en aura-t-elle les moyens ?

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(*) En anglais dans le texte.

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Commentaires
a écrit le 24/01/2017 à 14:52 :
Une nouvelle première ministre anglaise va reconstruire ce qu'une autre à détruit 37 ans plus tôt. Etonnant, non ?
Etrange de voir comment l'Histoire des pays et du monde comporte des cycles.
Réponse de le 24/01/2017 à 16:20 :
Cela ne fait pas 37 ans (et Thatcher) que l'UK a perdu la main.UK s'est toujours inscrit dans une logique de mondialisation (j'achète ailleurs ce que je ne sais pas faire, je me spécialise et je vends sur ce que je sais faire) . revenir sur ce modèle choisit depuis le début du XXème, c'es une gageur... Thatcher n'a fait qu'acter que l'industrie britannique était larguée, et May rêve de construire un nouveau modèle avec 6Md€. La blague.
a écrit le 24/01/2017 à 10:33 :
L'Angleterre renaît plus belle que jamais . Elle n'a pas voulu se soumettre au dictat des fonctionnaires Européens ( commission de l'U.E.)L'Allemagne s' offusque
Réponse de le 24/01/2017 à 16:11 :
Le libéralisme échevelé britannique n'est pas un dictat de l'UE, c'est le choix de Thatcher.
a écrit le 24/01/2017 à 8:11 :
Bonne chance à Mme MAY espérons pour les britanniques que la politique sera bonne. Si c'est le cas la France devra se poser la question de sa politique. la France pays marqué par le colbertisme a toujours su réagir et s'inscrire dans l'histoire grace à l'action de l'Etat. le Pb c'est qu'avec l'Europe et son dogme obsesionnel de la concurrence libre et non faussée la France ne peut rien faire et ce au principal bénéfice de l'Allemagne. mais comme nous le rabachent nos politiques responsables (sauf Dupont Aignan mélenchon et malheureusement MLP) la solution est dans plus d'Europe!
a écrit le 24/01/2017 à 7:47 :
Encore faudrait-il que ce "Brexit" soit effectif : la porte est grande ouverte !
a écrit le 23/01/2017 à 23:33 :
Ce n'est pas avec moins dune dizaine de milliards qu'on re-industrialise un pays. Hormis le financement, le problème de la GB est que le secteur financier est une véritable pompe aspirante. La France a au contraire su conserver une forte compétence technique avec environ un million d'ingénieurs, ce qui permet de placer nos sociétés d’ingénierie parmi les leaders mondiaux. Le socle est plus solide.
Réponse de le 24/01/2017 à 10:51 :
Tout à fait d'accord, il leur faudra une décennie pour espérer rattraper le retard. En gardant un pied dans l'Europe ils auraient au moins pu gérer une phase transitoire.
Même si la nouvelle industrie est majoritairement numérique, ou numérisée, à la base il faut des ingénieurs et la culture qui va avec. Le comble c'est que l'industrie du futur va créer beaucoup moins d'emplois et que la solution ne viendra certainement de là.

Ils auraient du réfléchir avant d'agir, mais à force d’exacerber les mécontentements d'une partie de la population, les politiques populistes se sont pris à leur propre piège.
Il est facile de promettre le retour aux trente glorieuses, ou à la croissance éternelle, mais cela reste utopique.

Espérons qu'en France on ne fasse pas la même erreur.
a écrit le 23/01/2017 à 20:59 :
Et en avant la planche à billets ! Mais comment font-ils !
Réponse de le 24/01/2017 à 0:30 :
@balafenn: ils augmentent tes impôts, non ?
a écrit le 23/01/2017 à 18:14 :
Je souhaite qu'elle réussisse pour démontrer que la politique voulue par Marine Lepen est la bonne , alors il faudra bien prendre conscience que l'on va dans le mur avec ces deux anciens partis de droite et gauche chapotés par la commission Européenne .
Réponse de le 24/01/2017 à 16:14 :
Et si elle se plante, vous arrêtez de voter Marine Le Pen ?
Profitez de voter pour MArine en 2017, car en 2022 vous serez revenu à la raison.
a écrit le 23/01/2017 à 16:43 :
Excellente analyse.

Oui c'est de la politique à long terme et oui il est évident qu'avec une économie mondiale néolibérale obsédée par le court et le très court terme à un moment il va y avoir une incompatibilité majeure mais difficile à prévoir à l'avance.

Si le peuple comprend qu'elle gouverne effectivement et a besoin de long terme pour réindustrialiser le pays il y a de fortes chances que ce peuple, même bousculé par la tempête lui laisse le temps dont elle a besoin.

Déjà rien que de voir, d'entendre, de lire des politiciens qui se mettent enfin à gouverner pour le bien des gens, et non de la seule oligarchie, c'est jubilatoire, ça vaut donc le coup de tenir plusieurs années pour voir sur quoi ça va aboutir.

De toutes façons pendant ce temps l'Europe elle restera campée sur ses politiques d’austérité dictées par les créanciers allemands, elle ne pourra donc pas perdre de terrain face à une UE condamnée à mort par quelques banquiers et leurs copains politiciens.

Par ailleurs les anglais pourront toujours compter, au moins pendant 4 ans, sur des états unis compréhensifs ce qui pourrait faire office d'un bon matelas en cas de gros chocs.

On aimerait tous (sauf les trolls bien entendu) en tout cas prendre le bateau des anglais qui partent vers le large tandis que le notre continue de faire des ronds dans l'eau ne quittant jamais le port, pas difficile d'affirmer que de toutes façons en quelques années leur patience les portera bien plus loin que les créanciers européens.
a écrit le 23/01/2017 à 16:36 :
Manque pas d'air la Theresa. Si on quitte l'UE il faut se mettre au travail !! ... fini les subventions de l UE
Réponse de le 23/01/2017 à 19:43 :
bonjour
il faut ce mettre au travail, du travail ? demander a ces milliers de chômeurs depuis la signature de l europe . elle a bien raison , nous, nous donnons plus que nous en recevons sans compter les amendes a tout va et sur n importe quoi avec l’aval de nos cher politiciens qui disent de toutes façons ce n est plus nous qui dirigeons
mais Bruxelles
a écrit le 23/01/2017 à 16:18 :
Les montants indiqués sont très faibles (à peine 6 Mlds). Les autres plans ne sont pas chiffrés. Mais pour réindustrialiser une économie de cette taille, d'autant plus dans des secteurs de pointe, il faut des montants colossaux. Je ne me prononce pas sur le bienfondé d'un tel interventionnisme, mais pour avoir un effet réel sur l'industrialisation du pays d'ici 10-15 ans, il faudra trouver de l'argent. J'ai du mal à imaginer le Royaume-Uni basculer dans un système que la plupart de ses élites critique depuis des générations.
a écrit le 23/01/2017 à 15:49 :
Ce que propose May est plus ou moins ce qu'a essayé la France avec les pôles de compétitivité, sans résultat évident... et franchement le niveau de dépenses annoncées devrait avoir à peu près l'effet d'un cautère sur une jambe de bois. C'est bien moins que ce qu'a engagé la France sur à peu près les mêmes secteurs... et c'est bien loin de compenser le manque à gagner pour les entreprises de la sortie du marché unique. Le rétablissement de droits de douane même à un taux modique leur coûtera bien plus cher...
a écrit le 23/01/2017 à 15:45 :
Jamais l'UE n'a empêché un quelconque pays de stimuler son industrie (ex : l'Allemagne), et les moyens de le faire sans entorse au principe de concurrence ne manquent pas. S'il suffisait d'une volonté politique et de quelques milliards pour le faire, ça se saurait... la vérité c'est que c'est une affaire de long terme en renforçant à la fois la compétitivité hors-coût (en stimulant la R&D pour avoir des produits innovants et de qualité, ce qui suppose aussi d'améliorer le niveau d'éducation notamment en maths et sciences au delà d'un simple socle de connaissances bien insuffisantes pour être compétitifs ; il faut donc un véritable élitisme pour ces disciplines) et la compétitivité-coût (par la modération salariale et en stimulant la robotisation pour gagner en qualité)
Réponse de le 23/01/2017 à 16:20 :
Vous avez sans doute raison. Mais parfois il faut un événement catalyseur : le Brexit en est un ....
a écrit le 23/01/2017 à 15:37 :
Si on considère que Monde est vraiment en train de changer, poussé le bouleversement climatique, les nouvelles technologies, le choix (mais y en a t-il un autre) de Theresa May est cohérent...Mais le RU en aura-t-il les moyens? Le temps? Il n'a plus la puissance du début du siècle passé où ses "colonies" assuraient pour l'essentiel la richesse du pays.
a écrit le 23/01/2017 à 15:30 :
Il faut noter que si un État comme le Royaume-Uni veut mener comme il l’entend une politique d’aménagement et de développement du territoire il doit s’affranchir des règles de l’union européenne pour une avoir une totale liberté de manœuvre sur ce qu’il veut faire, autrement les soutiens de l’État britannique risqueraient bien souvent d’être en infraction avec les règles européennes sur la concurrence. Naturellement ce n'est que sur du très long terme que la stratégie de Theresa May peut porter ses fruits. Quant aux moyens pour la réindustrialisation, comment s'est débrouillé la France d'après-guerre? l’État français utilisait les services de la Banque de France (ce serait aujourd’hui interdit par les règles de l'union européenne). L’État britannique peut en faire autant en faisant attention aux paramètres du taux de change de la monnaie et de l'inflation qui va avec.
Réponse de le 23/01/2017 à 16:24 :
Vous avez en partie raison. Mais on peut citer des exemples récents , en Allemagne , ou des Lander ont "racheté" des aciéries , pour y réinjecter de l'argent ( ce que n'avait pas fait Mittal , évidemment). Je ne suis pas spécialiste, mais l'UE n'y a rien trouvé à redire .
a écrit le 23/01/2017 à 15:15 :
La solution nécessite de basculer la fiscalité du travail sur la fiscalité énergétique. C'est à dire, mettre une taxe sur l'énergie pour financer les charges sociales. Nous sommes loin de le comprendre. May s'en rapproche, mais oublie l'énergie. Macron aussi.
Réponse de le 23/01/2017 à 16:22 :
@gépété: crois-tu que les Français sont loin de comprendre qu'ils paient djà assez de taxes et impôts ?
Réponse de le 23/01/2017 à 21:11 :
Le problème n'est pas le volume des impots, mais leur point d'application, sur la production, donc inclus dans les prix et influençant la compétitivité des entreprises, ou sur la consommation, donc inclus dans les revenus. Nous sommes encore un des rares pays à ne pas le comprendre. C'est ce qui fait la suprématie de l'Allemagne et de la Suède. Coe-Rexecode a mis cet aspect en évidence dans son projet de réforme fiscale. Merci.
Réponse de le 23/01/2017 à 21:12 :
La solution nécessite de basculer la fiscalité... > Mais vous allez arrêter avec ça ????!!! Bon sang, faut-il être indécrottablement Français pour tout solutionner par la fiscalité ? Quel réflexe révélateur ! Des décennies que la France s'enfonce dans des records de taxation finale (all included - lisez Taxation trends in the European union, data for the EU member states) sans effet salvateur. Sortez ce réflexe pavlovien de votre corps et cherchez d'autres idées comme : comment stimuler les créateurs de richesse ? En leur laissant gagner leurs premiers euros, le reste est de la mauvaise littérature de fiscaliste !
Réponse de le 23/01/2017 à 21:25 :
J'insiste vraiment, regardez sur les moteurs de recherche ces stats :
Taxation trends in the European union, data for the EU member states, source : commission européenne. La fiche page 47 en format PDF sur la France est éloquente. Visez TOUS les types de taxe sur la période 2004-2013. Et encore, cela n'inclut pas le tour de vis des 3-4 premières années de Hollande. C'est massacre à la tronçonneuse. Visez maintenant le graphe dessous : compulsory employers actual social contributions. Regardez bien. Contributions des entreprises... On est dans le délire.
a écrit le 23/01/2017 à 14:56 :
Parce qu'il a pas eu de désindustrialisation en France.
a écrit le 23/01/2017 à 14:22 :
n'empêche elle va faire ce que l'UE aurait du ou devrait faire depuis longtemps
a écrit le 23/01/2017 à 14:07 :
Je suis pas sur que l auteur soit au courant qu il ne existe plus vraiment d industrie auto anglaise. Il reste certes des usines qui montent des voitures (en particuliers les japonaises) mais pour relancer une industrie, il faut plus que des usines tournevis. Comme bureau d etude il reste encore Ford (FOE mais c est pas un constructeur a part entiere) et Jaguar/Land rover (qui appartient a tata motor).
Pour le reste, l auteur a raison, reconstruire uen base industrielle est une oeuvre de longue haleine et qui ne colle pas avec politique oriente finance & immobilier (investissement dans le parpaing au lieu de l industrie et cout eleve car vos employes doivent bien se loger et consommeront peu car tous leurs revenus iront dans leur logement)
Réponse de le 23/01/2017 à 15:37 :
Aston Martin, Ariel, Morgan, et Mini, qui bien que puisant dans la banque d'organes BMW, n'en a pas moins ses propres bureaux d'étude.
a écrit le 23/01/2017 à 14:02 :
La globalisation amène la spécialisation au dépend de l'autosuffisance souveraine. Celle ci est a reconquérir par saturation de son marché intérieur et l'exportation des excédents!
a écrit le 23/01/2017 à 13:58 :
Bon, ils commencent à parler. Strategie interessante mais qui demande de la main d'oeuvre qualifiée venant d'où et payée combien?
Cela va pas être facile May Dear, attachons les ceintures...
a écrit le 23/01/2017 à 13:54 :
Ah beh! Ca faisait des ( dizaines) années qu'on n'avait pas des choses aussi enthousiasmantes. Respects, et bonne chance , madame!

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