La Catalogne déclarera immédiatement son indépendance en cas de "oui" au référendum

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Le référendum sur l'indépendance de la Catalogne se tiendra le 1er octobre.
Le référendum sur l'indépendance de la Catalogne se tiendra le 1er octobre. (Crédits : Albert Gea)
Le scrutin, qui se tiendra le 1er octobre, débouchera sur l'entrée en vigueur d'une loi stipulant que "le peuple de Catalogne est un sujet politique souverain".

La coalition au pouvoir dans la région espagnole de Catalogne a assuré mardi que le référendum d'autodétermination qu'elle entend organiser en octobre serait suivi d'un effet immédiat. "Si une majorité des votes émis est en faveur de la création d'un république catalane, il faudra évidemment et immédiatement déclarer l'indépendance", a dit une élue régionale de la CUP (séparatiste), Gabriela Serra, lors de la présentation - par un groupe d'élus indépendantistes de tous bords - de la loi qui servira à organiser le référendum.

Cette loi "établira un régime juridique exceptionnel", avait précisé un peu plus tôt l'élu Jordi Orobitg de la coalition "Ensemble pour le oui" (Junts pel si), composée de séparatistes de droite et de gauche. "Elle prévaudra sur les autres normes", a expliqué un autre élu de cette coalition, Lluis Corominas. Pour les séparatistes, cette loi sera au-dessus de la Constitution espagnole, car, comme l'indiquera son article 2, le "peuple de Catalogne est un sujet politique souverain".

Lire aussi : Europe, 2017 (1) : y aura-t-il un référendum d'autodétermination en Catalogne ?

Le texte, qui sera en principe soumis au vote des députés catalans fin août, prévoit aussi la mise en place d'une autorité électorale indépendante chargée d'organiser et de superviser le scrutin.

Mariano Rajoy opposé au scrutin

Le gouvernement catalan est dirigé depuis début 2016 par une coalition séparatiste qui a promis de mener la région vers l'indépendance. En septembre, le président régional catalan Carles Puigdemont avait annoncé qu'un référendum d'autodétermination, désormais prévu le 1er octobre, serait organisé dans ce but.

Le gouvernement espagnol du conservateur Mariano Rajoy est fermement opposé à ce référendum, estimant qu'une question relative à la souveraineté nationale doit être débattue par l'ensemble des Espagnols. Il a saisi la Cour constitutionnelle, qui l'a déclaré illégal. En février, la Cour avait en outre fait savoir à l'exécutif catalan que toute action en ce sens serait passible de poursuites.

La société catalane est elle-même profondément divisée: 48,5% des Catalans sont contre la sécession, 44,3% pour, selon un récent sondage d'un institut dépendant du gouvernement catalan. Mais une très large majorité, plus de 70%, aimerait trancher la question par un référendum.

| LONG FORMAT Catalogne : vers un nouvel Etat en Europe ?

(Avec AFP)

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a écrit le 04/07/2017 à 19:56 :
Quel est l’intérêt ?

D'un point de vue culturel, cela part d'un bon sentiment, la préservation de la langue et autres traditions.
D'un point de vue politique, cela peut et cela a déjà dérapé avec l’émergence d'un nationalisme catalan et aussi quelques travers xénophobes. Ce n'est pas le cas de tous les partis prônant l’indépendance, mais cela interpelle.
Ces relents d’extrême droite sont d'autant plus étonnants dans une région qui fut victime des persécutions Franquistes pendant la guerre civile, car elle tenta de maintenir un statut républicain.

D'un point de vue économique, c'est un comportement égoïste vis à vis de régions moins favorisées.
On reconnait les symptômes de distorsion entre nord et sud de nombreux autres pays. C'est un problème que l'on peut aussi rencontrer à d'autres échelles, des continents ... jusqu'aux guerres de clochers. Jusqu’à preuve du contraire, l'union fait la force, d'autant plus dans une économie mondialisée.

Ce qui prime, c'est bien sur le vivre ensemble. Pas facile de définir le périmètre d'une société viable.
Réponse de le 04/07/2017 à 21:50 :
Vous semblez avoir des réponses là où il serait préférable d'avoir des questions. Où voyez-vous des relents d'extrême-droite à part dans votre régime d'évidence qui ne se prête pas apparemment à comprendre ce dont vous parlez? N'avez-vous pas trop tendance à aplatir et à normaliser des faits que vous êtes incapables de situer dans une perspective historique? Ne confondez-vous pas trop vite, de manière irréfléchie, le vivre ensemble (les Catalans ne refusent en rien de vivre ensemble avec les autres Ibériques et avec les autres Européens, avec la solidarité que cela implique) avec le vivre-sous-la-dépendance-de qui caractérise la relation historique Castillans-Catalans.
Réponse de le 05/07/2017 à 9:33 :
@ ct
Oui j'admets être allé un peu vite en extrapolation, généralisation et procès d’intention, partant du principe que le séparatisme est en lui même porteur de xénophobie.

Il y a malgré tout des signaux convergents :
- d'un article d'Alexandre Karal et d'un autre de Par Albert Boadella dans le Monde.
- de ce que l'on peut voir ou lire sur le PxC
- du constat de la montée rapide de l’extrême droite dans les Pyrénées Orientales. Comme quoi il ne faut pas compter sur l'histoire passée pour protéger contre les dérives du présent.
Justement, que deviendrait la "catalogne du nord" ? Cela veut dire qu'il va falloir rattacher cette partie du territoire Français à la Catalogne et non à l'Occitanie ? Ce sont là les limites de l'indépendantisme, on ne sait jamais jusqu'à quand il faut remonter le temps : faut il rendre l’Amérique à l'Espagne ou à l’Italie, l'Alsace et la Lorraine à l'Allemagne,...

Ce qui m’inquiétè le plus, ce n'est pas défense d'une langue ou d'une culture (la diversité étant une richesse), mais c'est le fait de voir des gens vouloir "rectifier" l'histoire territoriale.

D'un autre côté, un article de l'Express ("Catalogne: les clés pour comprendre les indépendantistes") met en avant des motivations plus positives.

L'avenir nous dira si les Catalans ont oublié l'histoire récente, ou pas.
Réponse de le 08/07/2017 à 15:17 :
" le séparatisme est en lui même porteur de xénophobie. " ??? Ecoutez, je suis nationaliste basque et ce genre d'affirmation assénée sans recul sont exaspérantes. Le séparatisme n'est pas un but en soi. Nous séparer des autres. C'est une conséquence de notre désir de nation émancipée. être à égalité des autres et non dans un lien de subordination. Le nationalisme catalan a plus d'un siècle d'une trajectoire limpide, en matière d'accueil et d'ouverture culturelle. Il semblerait que s'affirmer Basque ou Catalan est désormais en soi suspect, alors qu'être Français ou Espagnol ne soulève pas de problème a priori.
C'est assez pénible, d'autant que les rôles sont inversés. C'est bien Madrid qui rabote le statut catalan, en 2006. C'est bien le Tribunal Constitutionnel qui rejette l'essentiel de ce Statut, en 2010. Le lendemain de cette décision : 1 million de personnes défilent à Barcelone. Les principaux éléments déclencheurs sont là. En 6 ans, l'indépendantisme catalan dans le Principat de Catalunya, grimpe de 10-15% à 45-55%. Et quand les dirigeants du PP, à Madrid, accusent M. Puigdemont, le président catalan de "fasciste ", de " bolivarien ", de " délire autoritaire ". Dans quoi sont-ils ? Dans la recherche de solutions ou dans le rejet ?
Réponse de le 08/07/2017 à 15:49 :
Des signaux convergents ??
-La référence à des articles d'auteurs qui se transmettent les mêmes idées avec un a priori pro stabilité étatique, donc pro-Madrid ?
-l'extrême droite dans les P.O ou Catalogne nord ?? Comme si c'était une spécificité de ce territoire dans le Sud-Sud-Est de la France; un territoire qui plus est globalement pauvre. Plus gênant, laisser sous-entendre que la Catalogne aurait en soi un attrait pour l'extrême-droite
-sur l'aspect historique, laissez parler les urnes. L'indépendantisme concerne l'actuel Principat de Catalunya. Est-ce qu'à l'avenir, la Catalogne nord rejoindra ce mouvement ? Les urnes parleront. Par contre, un fait peu évoqué : le catalanisme est à un sommet historique à 20% dans la Communauté valencienne et près de 25% dans les Iles Baléares. Une évidence : l'histoire catalane est celle d'un territoire méditerranéen, ayant eu sous sa possession : la Sardaigne ou le Royaume de Naples (actuelle Italie du Sud). J'ignore ce qu'est " rectifier l'histoire territoriale ". Mais l'histoire enseigne qu'elle n'est pas statique mais en mouvement.
a écrit le 04/07/2017 à 19:45 :
C'est la paradoxe de l'Europe devant rapprocher les peuples, selon le traité de Rome. Avec le temps, apparaissent des revendications nationalistes, en particulier de la part des régions s'étant enrichies grâce au marché unique. Un bon (et récent) article à lire à ce sujet intitulé "L’Union européenne éloigne-t-elle les “peuples” ?" que je conseille de lire : https://www.europa-blog.eu/europe-eloigne-t-elle-les-peuples/
Réponse de le 05/07/2017 à 17:17 :
les nationalismes basque, catalan, écossais ou flamand existent avant le Traité de Rome. Pour l'enrichissement, il serait intéressant de ressortir les liens culture-économie. La Flandre, région traditionnellement rurale s'est industrialisée et est devenue une région riche, en grande partie, grâce à la mobilisation collective et l'envie de réussir face à la Wallonie. Idem avec le Pays Basque sud, la " Lorraine espagnole ", sinistrée par la crise sidérurgique, devenue la région la plus prospère d'Espagne, grâce à une reconversion mobilisatrice et audacieuse. Ex. lancement de la politique des clusters, directement avec M. Porter, de Harvard. Leur richesse fait de ces territoires, des Etats à venir viables. C'est tout. Arrêtez de voir le mal partout, là où des populations ou en tout cas leur majorité, se considèrent être des nations.
a écrit le 04/07/2017 à 17:43 :
D'ici au 1er octobre, les dirigeants catalans peuvent encore surtout s'apercevoir de la "gêne" qu'ils vont susciter dans l'Union Européenne...
a écrit le 04/07/2017 à 15:35 :
Madrid aurait du organiser ce référendum. Les Anglo-saxons sont plus pragmatiques. Québec, Ecosse....ils ont laisser le référendum s'organiser dans un cadre démocratique. Les peuples ont dit non à l’indépendance et on ne parlera plus du sujet pendant au moins 50 ans. Sauf les indépendantistes qui bien sûr voudront revoter le plus tôt possible (alors qu'ils n'auraient jamais accepté un deuxième vote si le "oui" à l'indépendance avait gagné).
Réponse de le 04/07/2017 à 17:23 :
Je connais un pays qui lors d'un référendum a dit non ...
Il y a eu un second vote mais a l'assemblée qui elle a dit oui ...

Si un vote donne une réponse , l'état doit l'accepter , le contraire prouve que l'on n'est plus en démocratie alors revoter pour obtenir : oui puis oui ou non puis non n'a aucun sens !
a écrit le 04/07/2017 à 15:31 :
Hum l'europe et les référendums heu bof... Consulter l'avis des citoyens c'est pas vraiment son truc à elle, son truc c'est plutôt d'imposer à marche forcée son dogme.

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