L'actionnariat individuel : un contre-pouvoir efficace !

 |   |  609  mots
L'actionnariat individuel : un contre-pouvoir efficace !
L'actionnariat individuel : un contre-pouvoir efficace ! (Crédits : Reuters)
La dynamique de l'épargne française est depuis trop longtemps tournée vers les produits de dette. Pour Caroline de la Marnierre, Présidente et fondatrice de Capitalcom, société spécialisée dans la communication financière, le PEA-PME proposé par le gouvernement est une bonne mesure pour encourager les Français à orienter leur épargne vers l'économie réelle. Et renforcer la démocratie...

L'épargne des Français est, de longue date, massivement tournée vers les produits de dettes, notamment les emprunts obligataires de l'Etat à travers les assurances vie. Selon la dernière enquête de l'INSEE, l'investissement en actions et fonds boursiers représente moins de 10% du patrimoine des Français. On sait, de plus, que les Français sont des champions de l'épargne. Il est dès lors essentiel d'encourager ces flux à venir pour s'impliquer un peu plus dans la croissance dont l'INSEE nous dit qu'elle avoisine les 0% depuis plusieurs mois. Notre économie, dans un contexte de compétition exacerbée, a plus que jamais besoin de capitaux pour innover, se développer, et surtout créer des emplois.

Relancer la dynamique de l'épargne au service de l'économie

Saluons l'initiative du gouvernement d'instaurer un « PEA PME », qui incitera - avantage fiscal à l'appui - à investir en actions de petites et moyennes entreprises, cotées en bourse ou non, cela à hauteur de 75 000 euros. Dans cette optique également, plusieurs grands groupes cotés en bourse ont pris l'initiative de mener une action de communication mobilisatrice destinée à mieux faire connaître l'importance d'un actionnariat populaire et à relancer la dynamique d'une épargne mise au service de l'économie. Le « Village des Actionnaires » est le nouvel évènement phare qui entend renforcer, le temps d'une journée, une relation de confiance et de proximité entre les actionnaires et les entreprises, cela en investissant sur la pédagogie et sur l'échange.

Diversifier les sources de financement des entreprises

L'objectif est clair, il s'agit d'encourager une part des 1500 milliards de l'assurance vie et des quelque 1500 milliards d'épargne en livrets divers de donner des moyens renforcés à nos entreprises de se développer. Est-ce besoin de le redire, c'est la création de richesses générée par l'essor des entreprises qui permet la création d'emplois, qui assure l'avenir des retraites, qui rend l'impôt supportable et capable de financer des services publics de qualité.

Il est essentiel, en outre, de relancer un actionnariat individuel. Cela parce que nos entreprises ont besoin de diversifier leurs sources de financement et besoin de consolider leur base actionnariale afin de pouvoir mener une stratégie de long terme. Près d'une société sur deux au sein du CAC 40 est majoritairement aux mains d'investisseurs étrangers, notamment de fonds dont les visées ne sont pas toujours compatibles avec des stratégies de développement à moyen/long terme et d'équilibre des intérêts entre l'ensemble des parties prenantes(clients, fournisseurs, salariés, actionnaires).

L'actionnariat populaire, un contre-pouvoir efficace

L'actionnariat individuel peut être un contre-pouvoir extrêmement efficace contre certains agitateurs patentés qui ne recherchent que la spéculation à court terme et non la prospérité sociale et économique durable. On le constate aussi, des sociétés peuvent subir des pressions pour délocaliser leurs activités et même leur siège social. D'où l'intérêt d'encourager un vrai actionnariat populaire.

Le rapport récent des députés Karine Berger et Dominique Lefebvre allait de ce point de vue dans le bon sens en recommandant au gouvernement d'inciter les épargnants à mettre une part de leurs économies au service de leurs entreprises petites, moyennes et grandes. Il y va de l'intérêt de tous. Il faut aller plus loin dans cette incitation afin d'insuffler une autre culture dans l'esprit des Français, à savoir le goût d'entreprendre, l'envie de créer et d'innover. Après cette charte de la laïcité affichée dans les écoles n'est-il pas temps de mettre en avant une charte de l'esprit d'entreprise ?
 

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :