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La Tribune.fr - 28/04/2009 Ã 10:05 - 383 mots

La France des mandarins gronde. À l'hôpital et à l'université, les mouvements de contestation contre les réformes initiées par le gouvernement convergent dans un même refus : nous ne voulons pas de patron, disent les médecins et les enseignants, alors que le gouvernement voudrait au contraire professionnaliser la gestion des facultés et des hôpitaux, pour en faire, sinon des entreprises, du moins des unités vigilantes sur leurs comptes et leurs performances.
On comprend les mandarins. Voilà des décennies qu'on leur a concédé la conduite des affaires, au terme d'un pacte mortifère : liberté dans la gestion et l'évaluation, limitée par l'amenuisement progressif des ressources financières jusqu'à l'absurde. Un pacte fondé sur un double aveuglement. Celui de la tutelle, s'accommodant du lent déclin de l'université, et celui des notables, préférant rester maîtres d'un royaume assailli par les comptables, plutôt que subir la remise en cause de leur pouvoir.
C'est l'évaluation du travail et des carrières qui fait trembler les blouses, robes et autres toques. Les dépositaires du savoir ne veulent pas s'en remettre aux gestionnaires parce que, disent-ils en substance, les hommes de chiffres sont ignorants. Et pourraient bien prendre leurs décisions de recrutement ou de promotion sur des critères ineptes témoignant bien de leur côté bas du front. L'efficacité, par exemple. Vieux réflexe des "sachants", qui leur fait toujours préférer la confortable évaluation par les pairs à celle de l'usager, du patient ou du contribuable, moins sensible aux effets de manches.
Là encore, on les comprend. Le jugement des pairs a maintes fois fait ses preuves. Chez les juges, où le Conseil supérieur de la magistrature sanctionne d'une simple réprimande un terrible fiasco judiciaire, celui d'Outreau. Ou encore chez les patrons salariés, dont la rémunération délirante est établie par des comités où siègent d'autres dirigeants.
Le jugement des pairs, c'est le conflit d'intérêts institutionnalisé et revendiqué. Reste un argument ressassé, qui est à la controverse ce que le gaz paralysant est aux armes conventionnelles : la santé et l'éducation ne sont pas des biens comme les autres, et ne sauraient subir la dictature du marché. C'est vrai. Tout comme les livres et les disques, le cinéma français, les journaux, l'alimentation, l'eau, l'électricité, le logement, la poste, le téléphone, le train. Il ne manque guère que les écrans plats.
flenglet@latribune.fr
Didier a écrit le 05/05/2009 à 15:44 :
Je ne vois pas ce que la pensée gagne à mêler les problèmes de l'hôpital, de la magistrature et de l'Université, sinon de la confusion.
clem12 a écrit le 01/05/2009 à 11:16 :
cet article est un ramassis de lieux communs
OURANIA-CELESTE a écrit le 29/04/2009 à 17:27 :
OURANIA-CELESTE Paris, le mercredi 29 avril 2009 ? 01:15 Monsieur Lenglet, bonjour ! Dans votre article, on décèle quelques petites pilules d?ironie de votre part. Ces blouses blanches, comme par exemple Bernard Debré imbu de son savoir, disent : «La réforme veut nous imposer des personnes qui ne connaissent rien à la médecine, nous n?en voulons pas?» Et, pourtant, il en existe qui sont de parfaits ignorants dès qu?il ne s?agit plus de médecine, mais aussi ignorants ? à l?hôpital, véritable usine ? de leur art. Et contrairement à ce qu?ils pensent, certains gestionnaires ont une culture générale très appréciable. Quant aux moyens, ils ont raison, mais ce sont les malades qui trinquent : 8 heures pour passer deux examens mal programmés. L?un programmé à 10:30 qui a été effectué à 11 :45 ; l?autre programmé à 14:30 effectué à 16H55. Le malade est arrivé à 08H45 comme l?hôpital le lui avait demandé, et l?a quitté à 17H40. Le malade a écrit pour se plaindre de ces 8 heures perdues, le médecin l?a envoyé consulter en psychiatrie. La lettre était pourtant très courtoise, mais disait la VÉRITÉ. La vérité n?est pas admise par ces médecins des hôpitaux. J?ai eu l?occasion de voir le Pr. Debré, en 1985. J?étais arrivée bien avant un écrivain très connu, d?extrême droite (mort depuis), mais il l?a fait passer avant moi. Donc favoritisme et copinage sont la règle. Bonne journée
PhilippeC a écrit le 29/04/2009 à 17:27 :
Les Français ont chacun leur "fromage" et c'est pourquoi ils acceptent bien des corporatismes. Mais où est donc l'esprit de 1789, quand les révolutionnaires d'alors supprimaient les corporations?
carpatrick a écrit le 29/04/2009 à 17:24 :
Encore une fois, les "mandarins", si bien nommés, ne font que défendrent leur beefsteak, au détriment bien entendu des intérêts de la collectivité. Mais ça, ils n'en ont cure, eux savent, pas nous! Bref, ils nous prennent pour des imbéciles! Pour info, j'ai été confronté dans ma carrière d'acheteur à cette réaction primitive. Mais j'avais affaire à des gens intelligents, qui ont vite compris l'intérêt de mes interventions, pour la collectivité... et donc aussi pour eux au final. Je doute fort que les mandarins en soit capables. Ils ont certes un grand savoir, sans doute une grande culture, mais cela ne les rend en aucun cas intelligents, donc capables de se remttrent en cause. Leur ego et leur orgueil sont bien trop surdimensionnés!
Apres moi le déluge a écrit le 29/04/2009 à 15:31 :
Le privilège de dépenser l'argent public sans se soucier de parvenir à gagner de quoi y pourvoir, réunit beaucoup de monde, voir le déficit budgétaire pesant sur les génération à venir, comme le financement des retraites par répartition, qui s'apparente à la pyramide de Ponzi, dans la mesure où elle dépend de l'accroissement de la population laborieuse, et l'inflation, alors que la durée de vie s'accroit plus vite que la taille de la population cotisant, et que l'inflation est "maîtrisée".... cherchez l'erreur
psychologie a écrit le 29/04/2009 à 15:29 :
Il faut noter que ces "savant" sont misérablement payés, eu égard à leurs années d'études, leurs compétences, et que s'ils acceptent par idéalisme, altruisme, satisfactions narcissique, névrose, de sacrifier leurs moyens personnels par rapport aux industriels, footballeurs, artistes, ils ont en contrepartie beaucoup de mal à accepter de ne pas disposer des moyens publics d'exercer leur action. Tout le contraire de la situation d'un trader qui fait des profits personnel en faisant assumer le risque par les autres. l'histoire d'un trader ou d'un parachute doré plantés dans le paysage médiatique, sont de nouvelles tour Eiffel servant à se repérer.
banco pas illcio a écrit le 29/04/2009 à 15:28 :
très juste!!
snoopy a écrit le 28/04/2009 à 21:22 :
oh, combien vous avez raison! Tout comme les élus qui ne veulent pas se limiter à un mandat. Ils ont tous une bonne raison de garder leur fromage au nom du service dit public.
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