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Etre ou ne pas être élu, voilà la question

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Par Philippe Mabille, directeur adjoint de la rédaction de La Tribune.

François Hollande était très attendu pour ce premier grand discours de campagne. Par les militants socialistes, qui commençaient à douter de la pertinence de leur choix, après le long faux plat depuis les primaires de l'automne. Par les électeurs, inquiets du flou savamment entretenu par ce candidat sans programme. Hollande est-il vraiment capable de gouverner la France ? La question était jusqu'à hier légitime. Elle l'est moins ce matin. François Hollande était attendu enfin par Nicolas Sarkozy, qui, tout en entretenant un faux suspense sur sa propre candidature, manquait de prise sur un adversaire insaisissable.

La réponse du Bourget est claire et nette : Hollande sera pour le président sortant un adversaire redoutable, compétent et ferme sur ses positions. Ceux qui tablaient sur un Parti socialiste divisé en seront pour leurs frais. Tous unis derrière leur candidat, les ténors et autres éléphants du PS ont soutenu hier sans ambiguïtés celui qui défendra les couleurs de la gauche. Cela fait une grosse différence avec l'élection de 2007, où Ségolène Royal avait fait campagne à l'écart de son parti. Mais François Hollande est loin d'avoir levé hier toutes les ambiguïtés. En faisant de la finance son "principal adversaire", il satisfait le populisme ambiant qui fait des marchés le bouc émissaire de nos propres erreurs.

Mais en dénonçant, comme Nicolas Sarkozy avant lui, un ennemi imaginaire, sans visage comme il le reconnaît lui-même, il détourne l'attention du peuple d'autres problèmes aussi importants que celui de la dette, du chômage, de la désindustrialisation ou de la compétitivité. Et là, il faut bien le constater, François Hollande n'a pas développé hier de réponses plus convaincantes que celles envisagées par le camp d'en face. Alors, puisque François Hollande aime bien Shakespeare, peut-être devrait-il méditer ces deux citations du même auteur : "les paroles sonnent bien, quand celui qui les dit plaît à qui les écoute" et "c'est un malheur du temps que les fous guident les aveugles". Commencer par le rêve, c'est bien. A condition de ne pas le finir sur un cauchemar...

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Commentaires

neness  a écrit le 25/01/2012 à 6:51 :

De tout façon Hllande ne pourra pas faire pire que Sarko !CQFD!

toto  a écrit le 25/01/2012 à 6:09 :

Hollande est ! Sarkosy n'est plus !.. Le président souhaité !...Ce gouvernement sarkosyste peut vomir sur qui il veut et même dimanche préciser tout ce qu'il veut comme mesures , celà ne changera absoluement rien à son bilan catastrophique et au fait aux 3 concurents qui sont des rouleau compresseurs ont fait le plein et ont déjà la faveur de Français qui ne veulent définitivement ne plus avoir à faire à mr Sarkosy et désirent à 77% un autre prèsident car il n'ont plus confiance en lui depuis belle lurette ! Les jeux sont fait pour lui !...Bonne retraite !...

tarnus-81  a écrit le 24/01/2012 à 22:45 :

bizzare tout cela il me semble avoir entendu une information ou ALAIN JUPPE serait un recours de la republique dout l on voie la place de de plus en plus grande et sa capacite de traite avec les etats unis cela laisse a pensee qu il presenterea en accord FILLION SARKOSY sa candidature

kleber  a écrit le 24/01/2012 à 17:26 :

une seule solution: que Sarkozy dise très vite qu'il ne se représentera pas pour qu'une alternative à droite puisse s'organiser, passant peut-être par un rapprochement marqué avec Bayrou.Mais c'est sans compter sur l'essentiel:l'EGO des hommes politiques

GABUZO  a écrit le 24/01/2012 à 10:52 :

on arrête pas de nous dire que la Démocratie est le moins mauvais des systèmes mais elle atteint ses limites. un avec l'Europe qui est une caricature de fausse démocratie.Deux avec notre système d'éléections présidentielles.2/3 des français ne veulent plus de NS et 3/4 des mêmes français ne veulent pas de MLP et pourtant on est dans un système qui pourrait offrir ce choix scandaleux aux électeurs. Bayrou ne sera pas au second tour par contre si il y était il gagnerait face à MLP, NS et FH drôle de système électoral!

poutine7  a écrit le 23/01/2012 à 18:08 :

réduction des dépenses, c'est dans son vocabulaire ?

sympatic  a écrit le 23/01/2012 à 11:42 :

Le discours de François Hollande a surpris par une étonnante qualité et un ton qu(on ne lui connaissait pas. Malheureusement, le contenu était loin d'être à la hauteur. Comment être dupe au point de croire que ce pantin de la gauche pourrait imposer ses rêves de gosse au monde de la finance, qu'il dénonce, mais aussi à la Chine, à l'Allemagne et aux 26 tiers de la communauté ?

Kleber  a répondu le 24/01/2012 à 17:27:

Mille et une fois raison

libertad46  a écrit le 23/01/2012 à 11:26 :

Dommage que la fin de larticl soit partial et avili à l UMP