La Tribune

Comment la Bretagne est devenue une marque

Le logo de la marque Bretagne.
Le logo de la marque Bretagne.
Pascale Paoli-Lebailly. Correspondante à Rennes  |   -  845  mots
Un an après son lancement, la marque Bretagne fait partie du paysage économique de la région : 241 partenaires et un qui réseau s'étoffe régulièrement. Surtout, il s'ouvre à de nouvelles filières innovantes qui modernisent l'image des piliers traditionnels que sont l'agro-alimentaire, la culture et le tourisme. Dans le cadre de l'étape lorientaise de la Volvo Ocean Race (16 juin-1er juillet), organise un « speed dating des partenaires de la marque» .

 Il rappelle sobrement et élégamment le drapeau breton, Gwenn-ha-du. Le logo blanc et noir de la marque territoriale Bretagne s'affiche depuis mars 2011, sur les documents de certaines entreprises, associations ou collectivités bretonnes (Loire-Atlantique comprise !). 241 entités (sur 376 candidatures) ont été retenues comme partenaires par un comité de pilotage supervisé par l'agence économique Bretagne Développement et Innovation (BDI) et le Comité régional du tourisme : 100 entreprises, 79 associations et 62 organismes publics.

Pas d'exploitation commerciale de la marque

Les sociétés puisent dans une sorte de boîte à outils (le code de marque), les éléments graphiques ou lexicaux pour leurs supports de communication. En partageant ce code de marque elles s'engagent à véhiculer des valeurs d'engagement, de sens du collectif, d'ouverture et d'imagination. Elles s'engagent à ne pas les galvauder: un partenariat peut ne pas être renouvelé. Les adhérents s'engagent à ne pas utiliser le code de marque de manière commerciale, ce qui exclut toute exploitation sur un produit par exemple. En ce sens, la marque Bretagne vient compléter un autre dispositif, unique en France et propre à la région : celui de l'association Produit en Bretagne et son logo jaune et bleu sur divers produits de grande consommation, conçus et fabriqués en Bretagne. Son but, la préservation d'un bassin de 100 000 emplois.

« Montrer son ancrage territorial c'est vendeur »

« La Bretagne bénéficie d'une forte notoriété, mais sa dimension économique, technologique et sa capacité d'innovation ne sont pas suffisamment bien perçues » soulignait d'ailleurs en janvier 2011 le président de la Région Bretagne, Jean Yves Le Drian à l'initiative de cette démarche de marketing territorial. Pilotée par la BDI, en charge de la promotion globale du territoire, la marque Bretagne, aux côtés de la promotion économique et du volet Investing Bretagne, dispose d'une enveloppe de 400 000 euros sur un budget total de 1,9 million.
« Dans un premier temps, nous avons réuni autour de la marque les partenaires les plus emblématiques, dans tous les aspects de la vie régionale : entreprises, acteurs publics ou associations connus dans les secteurs traditionnels comme l'agro-alimentaire, le tourisme, la culture explique Anne Miriel, directrice de l'attractivité chez BDI.. Montrer son ancrage territorial c'est plutôt vendeur, c'est se positionner sur une promesse de qualité »

D'Hénaff à Carl Zeiss Vision

Parmi les nouveaux adhérents souhaitant eux aussi tirer partie des atouts du territoire, figurent ainsi des sociétés comme Niji (TIC, convergence numérique), Samsic (services, 70 000 salariés en Europe), ou, plus inattendu, Carl Zeiss Vision, n° 2 mondial dans le domaine des verres ophtalmiques. Le groupe est basé en Allemagne mais il emploie une partie de ses 700 collaborateurs français, sur 12 000 au total, sur son site de Fougères. Hors Allemagne, c'est le seul site du groupe qualifié pour fabriquer des verres de précision. De son côté, la société d'ingénierie dans le domaine des énergies marines renouvelables, Sabella, entend profiter de la dynamique de la région dans le domaine des éoliennes off-shore et des hydroliennes sous-marines.

Le speed dating lorientais

Après une phase de démarrage liée au recrutement des premiers partenaires, la région vient en effet d'enclencher l'étape 2 de sa démarche : la structuration du réseau. Cela passe par la mise à disposition de nouveaux outils et services destinés à intensifier les contacts et les relations entre adhérents. Un extranet, comprenant un blog, un annuaire, des ressources documentaires et une photothèque, est d'ores et déjà accessible depuis le site de la marque (www.marque-bretagne.fr). En parallèle, BDI favorise les rencontres entre les membres. Dans le cadre de l'étape lorientaise de la Volvo Ocean Race (16 juin-1er juillet), un « speed dating des partenaires de la marque » va ainsi être organisé. Ces réunions d'échange ont déjà donné lieu à des partenariats. La société Niji a ainsi décidé de promouvoir le projet de voiture électrique « made in Bretagne » développé par l'association Eco Solar Breizh. Celle-ci a pour but de participer à des courses internationales de véhicules électriques solaires, notamment au World Solar Challenge Australien en 2013. Au-delà d'un soutien financier, Niji entend élargir son expertise aux secteurs de l'énergie et de l'automobile.

Be Breizh !

« La Bretagne est un territoire très marqué par son caractère et souvent associé à sa culture, ses festivals, ses traditions culinaires. Mais c'est aussi un territoire d'innovation, riche en industries et en nouveaux projets, assure Loïg Chesnais-Girard, conseiller régional, délégué à l'économie et Président de la commission économie du CRB». Cette capacité à se différencier est un trait récurrent de la politique globale de communication de la Bretagne. Première région en France à avoir mis en place un dispositif aussi abouti que celui du code de marque, la région a souvent donné le la comme, en septembre 2007, avec la Breizh Touch. Cette opération culturelle et économique d'une semaine organisée à Paris avait associé tourisme, gastronomie, hautes technologies à une parade de 3 000 sonneurs et danseurs sur les Champs-Elysées.
 

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Commentaires

Martin  a écrit le 27/12/2012 à 9:43 :

Merci les fautes... " 241 partenaires et un qui réseau s'étoffe régulièrement."

Pino  a écrit le 01/12/2012 à 19:44 :

1,9 M? ??????????????????????
c'est simplement scandaleux, ça ne sert à rien et personne ne connait ce pauvre "logo" ... agence de promotion du territoire ... comme si les investisseurs avaient besoin de zuzus pour leur dire où s'implanter ... on gache de l'argent public !

Bertlondon  a écrit le 06/07/2012 à 17:29 :

Cela n'amène rien, ne sert à rien, à part payer des agences de com... En ce qui me concerne je ressens cela comme un indice supplémentaire du repli sur soi qu'on est en train de vivre depuis plusieurs années avec cette région. La Bretagne fière d'elle-même, certains Bretons qui ne peuvent s'empêcher d'arborer partout où ils vont le gwann-a-hu... Désolé mais cela frise le ridicule. Pourtant c'est une région traditionnellement ouverte vers l'extérieur, vers l'étranger. Mais ce qui se passe depuis plusieurs années va à l'encontre de tout cela. Cela a commencé lorsque la Bretagne s'est d'elle-même exclue de l'association Ouest-Atlantique. Pourquoi, au juste ? Pour favoriser sa propre promotion ? Moi j'appelle cela un repli sur soi, et je ne suis pas seul à le penser ! Autant je suis pour le label "produit en Bretagne" car cette initiative privée au départ poursuit un objectif louable : promouvoir les produits fabriqués sur ce territoire. Autant je suis contre un fanion supplémentaire pour cette belle région, qui n'en a pas besoin.

BreizhFed  a écrit le 25/06/2012 à 12:38 :

Simon Anholt, inventeur du NBI, est formel : "Nation branding is a wicked waste of taxpayers money, and shouldn't be tolerated"

En plus du gâchis de deniers publics, on prend les gens pour de grands naïfs...

kbarrallon  a écrit le 15/06/2012 à 17:03 :

Comment la Bretagne s'est inspiré d'Heidelberg pour créer son logo !

http://www.heidelberg.com/www/binaries/bin/images/dotcom/all/prinect/heidelberg_logo.gif

mopuai  a répondu le 19/06/2012 à 12:01:

c'est pas flagrant !