La Tribune

La génération Y manque de préparation pour trouver le bon emploi

Erwan Davignon (à gauche) et Anthony Courtin ont créé leur entreprise, Business & DRH, en janvier 2012
Erwan Davignon (à gauche) et Anthony Courtin ont créé leur entreprise, Business & DRH, en janvier 2012 (Crédits : dr)
Isabelle Boucq  |   -  467  mots
Les deux jeunes créateurs de Business & DRH cherchent à dépoussiérer le recrutement des cadres et à préparer les étudiants à leur entrée dans le monde du travail.

Anthony Courtin et Erwan Davignon ne manquent pas de culot. Ni d'idées. Récemment diplômés d'une école de commerce et d'un master en ressources humaines, ces deux jeunes entrepreneurs (âgés de 27 et 25 ans) veulent allier méthodes de recrutement à l'ancienne et connaissance des réseaux sociaux. Avec une spécificité non négligeable en principe : faisant partie eux-mêmes la génération Y, ils s'estiment bien placés pour recruter parmi... la génération Y.
Anthony Courtin et Erwan Davignon ont donc créé le cabinet de conseil Business & DRH. Ils visent plusieurs marchés bien distincts du recrutement et des ressources humaines qu'ils attaquent avec trois marques séparées. Sous le nom de Business Hunter, ils proposent une activité classique de chasseurs de tête en se concentrant sur la logistique, la construction et l'énergie pour tirer partie de contacts établis pendant leurs études chez Geodis, Eiffage ou encore chez SPIE.

Arme secrète

« Nous travaillons de façon artisanale en faisant des recherches dans les organigrammes et en réseautant, explique Anthony Courtin. Notre arme secrète est de ne demander aucun acompte. Nous prenons 50% de la prestation quand le candidat est placé et 50% au bout de la période d'essai. Nos clients ne prennent aucun risque. » Cette activité représente 80% des revenus de la jeune société créée en janvier qui espère, elle-même, recruter en 2013.
En outre, les deux jeunes fondateurs estiment avoir une carte à jouer auprès des écoles et des étudiants. « Nous avons constaté que beaucoup de copains de promo ne savaient pas faire de recherche d'emploi, ni rédiger leur CV ou se préparer pour un entretien », raconte Anthony Courtin qui se désole devant l'envoi massif de CV sans stratégie et sans aucun suivi.

La cible des étudiants

Sous le nom de Business Relation, sa société propose de l'accompagnement aux étudiants. En commençant par ceux de l'IPAG, une école de commerce parisienne. Les deux jeunes entrepreneurs initient les étudiants à l'art de ne pas se compromettre sur Internet et de créer une image professionnelle positive. « D'autres proposent ce genre de service, mais nous, nous sortons juste de l'école... », sourit Anthony Courtin, convaincu de sa crédibilité par rapport à un formateur quadragénaire qui ne comprendra pas forcément les attentes des jeunes de la génération Y. Trois nouvelles écoles, dont deux d'ingénieurs, devraient bientôt lui confier leurs étudiants.
Pour diversifier encore ses activités, Business & DRH se lance sur un nouveau secteur, la gestion des ressources humaines pour de petites structures de 10 à 15 personnes, telles que les autres start-up rencontrées pendant leur séjour en pépinière. Si ce n'est pas du réseautage, ça y ressemble fortement...


 

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Commentaires

Stephanie  a écrit le 30/01/2013 à 21:25 :

Eh bien messieurs que de dénigrements !
Il serait de bon ton, d'encourager ces jeunes diplômés qui démarrent dans leur vie professionnelle, ont la gniac, et travaillent fièrement au lieu d'être au chômage et se laisser à la dérive de toutes sortes !
Je leur souhaite que cela porte ses fruits et dans le pire des cas ils auront eu l'occasion de vivre une belle expérience qui leur servira pour la suite.

botte  a répondu le 30/01/2013 à 21:42:

Ben voyons, c'est quoi ce discours de lèche botte ?

Pierre  a écrit le 30/01/2013 à 21:01 :

C'est de la survie en milieu hostile, 3 ans après l'implosion de la bulle immobilière américaine, La production française est toujours plantée, voyez ce que dit Baverez. C?est dans l?enfer que l?on plonge les nouvelles générations et ce avec la bénédiction de l?administration. On peut écrire vie de précaire voire vie de diplômé exclu ! On croit rêver ! Il faut se révolter, comme le dit si bien Camus, puisque la misère est un scandale !

DOMI00710  a écrit le 30/01/2013 à 20:59 :

Ils ont au moins le courage de se lancer dans une entreprise contrairement à certains donneurs de leçons, adeptes du chômage bien rémunéré pour un pantouflage assuré!...Car cette génération vous énerve et énerve ceux qui se donnent de grands airs alors qu'ils sont au sommet de leur incompétence tout en verrouillant les portes pour éviter que ces jeunes ne leur "piquent" leur place!!...

Jean  a écrit le 30/01/2013 à 20:51 :

Tout le monde voit où on a mis l?Europe, comme exemple, cette Espagne à 50% de chômage chez les jeunes et 8% de déficit. Il faut prendre conscience que c?est un système qui élimine les jeunes générations. C?est une solution finale inventée par les boomers ! La vérité c'est que nous vons affaire à des naufrageurs!

Pierre  a écrit le 30/01/2013 à 20:37 :

Quand on voit cette Europe qui va dans le fossé et la France qui perd son industrie et dont le chômage chez les jeunes explose, diplômés ou pas, on ne peut qu?appeler à la révolte contre les bourreaux d?enfants ! Et même le niveau de vie entre le générations empire? jusqu?au néant d?aujourd?hui ! ça un monde de progrès ? Mais qui en veut ?

toccata  a écrit le 30/01/2013 à 20:36 :

L'exemple de ces deux jeunes montre que la génération Y ne manque finalement pas trop de préparation... De plus, leur business plan est très astucieux. En effet, si on excepte les chasseurs de tête, combien de recruteurs ou spécialistes RH connaissent les métiers pour lesquels ils recrutent? Bref, ces deux jeunes ne sont pas plus mauvais ou moins expérimentés que leurs concurrents, et il ne font payer leurs services que lorsque leur candidat est placé.

Gen X  a répondu le 31/01/2013 à 5:40:

+1

robin the hood  a répondu le 31/01/2013 à 11:38:

Avec mon expérience de senior et mon Master en RH, - de 10 % des cabinets de recrutement connaissent les métiers qu'ils recrutent, affligeant !!

stephanie  a écrit le 30/01/2013 à 20:05 :

Eh bien bravo messieurs !!! Que d'encouragements pour des jeunes diplômés qui démarrent dans la vie professionnelle,qui en veulent , qui ont gniac, qui ne sont pas au chômage à la dérive de toutes sortes .... aussi je leur souhaite de réussir et même si cela ne fonctionne pas. ils auront eu une belle expérience pour la suite .message pour les grincheux !!!

KiFF  a écrit le 30/01/2013 à 19:32 :

L'ordinateur personnel, Google, voilà la génération Y. Les seniors peuvent toujours essayer de rattraper le wagon, mais grandir avec, c'est de nouvelles compétences et une autre mentalité à la clé.
A défaut, brillants devant l?écran, perdus devant la RH. La génération Y, c'est le copier/coller, le manque de réflexion personnelle, l'effort minimum, la réponse à n'importe quelle question en 7 secondes, c'est la culture générale Zéro. A l'embauche, difficile de se vendre.
Sans compter la surpopulation de Master 2, voir de Bac+12, d'hypothétiques cadres qui finissent vendeur à Go Sport.
La solution proposée par Business DRH est pertinente, d'autant plus lorsqu'elle est distribuée par cette infime proportion de jeunes courageux et clairs dans leur démarche.
Bon courage pour la suite.

Ben  a répondu le 30/01/2013 à 20:42:

On forme autant de bac+5 que nos voisins, on fait aussi de la récession? Le jour où l?on voudra faire du développement, on vous donnera les coordonnées de tous ceux qu?on n?a jamais voulu employer. Ne parlons pas du travail sous qualifié !

Patrickb  a écrit le 30/01/2013 à 15:48 :

Je crois qu'on devrait plutôt parler de la génération Z (comme zéro).

Thargor  a répondu le 30/01/2013 à 16:40:

Et les générations X et Y sont respectivement -2 et -1 ? La génération Z, comme vous dites, sait -encore- lire. Or que lit on partout sur Internet : que le travail difficile vraiment vital (artisans, agriculteurs, ouvriers, ...) est sous payé, et que les métiers parasites (politiques, avocats, "experts", "joueurs de loto en bourse", ...) sont surpayés. Voila l'exemple donné par la génération X qui s'étonne ensuite que leurs enfants et petits enfants (pardon, pas les leurs, mais ceux des autres) ne veuillent pas exécuter les "basses besognes".

@ patrickb  a répondu le 30/01/2013 à 19:29:

si vous changiez un peu...soit défaitiste, soit cynique! ça nous ferait du bien...et a vous aussi!

@patrickb  a répondu le 30/01/2013 à 19:35:

la "carotte"" n'existe plus ! les travaux les plus difficiles, sont effectivement les moins payés! si on les payaient mieux, ce ne serait que justice, les "jeunes, "génération zéro", iraient bosser, mais comme tout un chacun, ils en ont marre de se faire entuber allègrement ! vous pouvez assimiler cela? @ Thargor + UN

Blackonblack  a écrit le 30/01/2013 à 13:52 :

Mouais, rien de bien neuf en fait: IPAG: école de troisième zone, se faire payer en deux fois pas neuf non plus, réseautage: tout le monde y est depuis longtemps...Ces deux jeunes pousses ont réussi à intéresser un journaliste de La Tribune à leur bizness. C'est peut-être là qu'est leur talent : vendre du vent...Pourquoi pas ?

X  a répondu le 30/01/2013 à 15:14:

+1

Speed  a répondu le 30/01/2013 à 16:59:

+1
Aucune innovation majeure depuis longtemps, les réseaux sociaux comme précédemment les jobs boards sont un simple outil de sourcing supplémentaire.

Paul  a répondu le 30/01/2013 à 17:50:

+1

Nico  a répondu le 30/01/2013 à 18:34:

Ce que vous dites est une avanie qui passe la mesure. Aux Etats-Unis sont considérées comme top school les 20 premières universités dans leur catégorie.

ahahah  a répondu le 30/01/2013 à 18:41:

+1

Thrw  a répondu le 30/01/2013 à 23:47:

+1 C'est du vent qui souffle fortement en direction de la médiocrité.

Ils "initient les étudiants à l'art de créer une image professionnelle positive."? désolé les gars, j'ai une image négative de vous suite à ce que j'ai vu de votre activité sur internet. Vous avez échoué. :X

Shadok59  a écrit le 30/01/2013 à 13:46 :

Ils ont le culot et la fibre entrepreneuriale. Il faut au moins leur laisser le bénéfice du doute et prouver, ou non, ce qu'ils savent faire.

Bonne chance à eux ;)

Rien de neuf  a écrit le 30/01/2013 à 12:51 :

je félicite le courage et l'esprit d'entrepreneur de ces deux jeunes diplomés. Cependant j'aimerai faire und petite critique au rédacteur: cette stratégie n'est pas nouvelle (en France peut-être plus qu'autre part). Des "head hunters" qui ratissent les réseaux sociaux il y en a à la pelle. Le systéme de prendre 50% de la prestation quand le candidat est placé et 50% au bout de la période d'essai est en fait classique pour un head hunter qui travaille sans mandat.
Un seul bémol pour nos deux entrepreneurs: placer des nouveaux diplomés en entreprise est plus difficile et moins rémunérateur que d'y placer des cadres. Mais si ces deux jeunes survivent et continuent a bien gérer leurs contacts, alors cela peut devenir intéressant à partir de 2025, lorsque leurs camarades de promo seront pour une grande part cadres d'entreprise. Cependant il faudra viser l'international, car en France, il y aura que des retraités et peu d'emplois, à moins que la mentalité et la politique y évolue.

dubitatif  a écrit le 30/01/2013 à 11:23 :

l'externalisation des RH, un nouveau secteur ? on aura tout entendu ! la journaliste s'est laissée enfumer, et je crains que les deux compères ne se bercent d'illusions...
Quant à l'idée de faire payer des étudiants pour leur apprendre à utiliser les réseaux sociaux de façon à peu près responsable, j'ai de sérieux doutes... Bon, l'IPAG étant, disons, peu sélective, elle doit abriter quelques fils à papa, mais ils préfèreront sans doute (continuer à) claquer leur fric en boite de nuit, plutot que de le donner à nos deux bricoleurs!

encouragements  a écrit le 30/01/2013 à 10:02 :

ils n'ont pas réussi à se faire embaucher alors ils montent leur propre societé et ressortent le bon vieux truc des jeunes de maintenant qui seraient différents des jeunes d'autrefois? Si cela marche c'est bien, et en tout cas ils ont au moins déja pu faire parler d'eux dans la tribune. bonne chance mais attention les choses vont vites et une generation nouvelle apparait tous les 10 ans!

johnmckagan  a écrit le 30/01/2013 à 9:43 :

Visiblement leur entreprise va marcher, sur le plan du marketing ces jeunes savent ce qu'ils font. Pour contre, effectivement il faut être culotté pour donner des conseils sur l'image professionnelle et la recherche d'emploi quand on vient juste de mettre son pied dans le monde du travail. Le problème après c'est que des établissement public vont se faire embobiner et financer ces formations avec l'argent du contribuable.
Ce n'est pas avec ça qu'on va redresser la France.

Profiler  a répondu le 30/01/2013 à 10:00:

Relisez bien l'article, les écoles et les entreprises avec qui ils travaillent sont des établissements privés... Aucun rapport avec l'argent du contribuable.

jeuneseniorjeune  a écrit le 30/01/2013 à 9:26 :

Ah ok, pour embaucher des jeunes faut être jeune ? Depuis quand ?? Et pour embaucher des seniors faut être senior ? Ah on me souffle dans l'oreillete que les patrons ne veulent embaucher des gens de plus de 50 ans avec 25 ans d'expérience ? Ah on me souffle dans l'oreilllette que les jeunes ne sont pas chers et on s'en fout de l'expérience ?

Bill  a écrit le 30/01/2013 à 7:51 :

Travailler gratuitement, c'est une arme secrète maintenant ?

mouaich  a répondu le 30/01/2013 à 11:18:

Eh oui, travailler gratuitement c'est l'arme secrète à l'ère du low-cost triomphant :)
Plus sérieusement, lancer 3 activités, à 2, avec une expérience combinée qui tient sur une demie-page de CV, franchement je leur souhaite bonne chance, une fois qu'ils auront fait le tour de leur petit réseau...

Ange Gardien  a répondu le 30/01/2013 à 11:35:

L'expérience n'est pas gage de compétences, et depuis le temps qu'ils sont lancés leur réseau est déjà bien épuisé depuis longtemps.
Il ne faut pas laisser l'aigreur et la peur de réussir vous paralyser :)

marcel  a répondu le 30/01/2013 à 19:38:

à présent, le mot d'ordre c'est : travailler pour des clopinettes! dans quel monde on vit??!!!

Génération Y  a répondu le 31/01/2013 à 6:14:

Bah on vit dans le monde que Marcel, Jean-Jacques, Micheline, Robert et consorts ont crées... Ça fait mal de voir une jeunesse qui n'a pas froid aux yeux ?
Vos réactions sont d'une tristesse.... On dirait ma grand mÚre qui me parle des méchants Allemands.... Vous êtes branchés sur la mauvaise fréquence ;)

Magali  a répondu le 04/02/2013 à 12:47:

Je trouve que les commentaires sont parfois pitoyables. Les gens ne savent même pas ce qu'ils disent avec leur argent du contribuable. C'est du grand n'importe quoi. C'est tous des jaloux ça parce que eux ils rament dans leur métier à la con. Ils se lèvent sans motivation tous les matins rien que de penser qu'ils vont aller au travail et après ça vient critiquer ?! Regardez vous en face punaise ! Au moins ils ont le culot de monter leur propre boîte EUX ! Enfin bon, moi j'encourage mon super cousin et son pote (les escrocs bon a rien qui mitonnent sur leurs diplomes...) LOL a bon entendeur....