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Propose recueillis par Emmanuelle Durand-Rodriguez. Correspondante à Toulouse. Objectif News | 13/07/2012, 16:59 - 564 mots
Emmanuelle Durand-Rodriguez. Deux mois après avoir annoncé la suspension du financement du Plan Campus (527 millions pour les universités de Toulouse), le dossier est-il en panne ?
Bertrand Monthubert. Pas du tout. Je peux d'ailleurs vous annoncer que le ministère de l'Enseignement supérieur et de la recherche a décidé de mener une mission d'audit dans les universités concernées par des partenariats public-privé (PPP) pour ce qui concerne le patrimoine immobilier universitaire. L'audit aura lieu le 17 juillet à Toulouse. Je partage avec le gouvernement le souci de savoir comment financer des projets de grande ampleur. Ma position concernant les PPP est très pragmatique et pas du tout idéologique. Pour moi, ce sont des montages financiers qui coûtent extrêmement chers. S'il avait été maintenu, il aurait obligé l'UPS à payer entre 600 000 euros et 1 million de frais de maintenance à l'opérateur privé. L'audit devra donc déterminer quelle sera la solution financière la plus intéressante : une loi Mop (maîtrise d'ouvrage publique), un consortium appuyé par la Caisse des Dépôts ou pourquoi pas un PPP, mais pour cette dernière hypothèse, il faudra que l'on me prouve son efficacité.
EDR. En refusant de signer la convention de financement de l'Idex, certains vous ont accusé de casser le jouet. Comment réagissez-vous à ces accusations ?
BM.Je pense qu'ils n'ont pas compris... Comment casser un jouet qui est programmé pour dérailler ? A l'université, on n'est pas à l'armée ! Ici, les individus ont un regard critique et ils l'exercent. Pour arriver à mettre en place ce bel outil qu'est l'Idex, il faut arriver à entraîner l'adhésion. J'ai refusé de signer la convention de financement de l'Idex car les critiques sur la place toulousaine étaient extrêmement fortes au sein des laboratoires des universités. Elles portaient sur la gouvernance et sur l'utilisation des fonds (les diplômes étoilés, l'utilisation des chaires notamment). Je n'ai pas dit que je ne voulais pas d'Idex, j'ai dit qu'il fallait le réorienter.
EDR. Concernant l'Idex, vous étiez opposé à l'idée d'attirer des chercheurs de renom, notamment avec des salaires élevés, pourquoi ?
BM. L'attractivité oui, mais pas avec des sur-salaires... Dans une période où l'on doit être particulièrement vigilants sur l'utilisation des deniers publics, qui comprendrait que l'on donne des salaires extravagants à quelques personnes ? Je ne suis pas sûr que ce soit très apprécié de la communauté universitaire qui a surtout besoin d'emplois scientifiques et d'équipements. Il y a deux ans, Paris XVII a recruté un prix Nobel de physique. Et bien, il n'a pas eu de sur-salaire, il a été recruté comme prof de première classe, sans rien d'exceptionnel. En revanche, on lui a promis un environnement scientifique de très haut niveau, avec des labos qui tournent bien et des personnels très bien formés. Voilà ce qui compte !
EDR. Avez-vous rencontré Louis Gallois depuis qu'il est commissaire général aux investissements ?
BM. Non, mais nous avons rendez-vous (tous les présidents d'universités et la nouvelle présidente du Pres Marie-France Barthet, NDLR) avec le conseiller spécial en charge des Investissements d'avenir, Bernard Carrière, à Paris le 19 juillet. C'est une réunion très importante puisque la ministre a parlé de remise à plat des Idex, à la fois sur la gouvernance et sur les programmes.
EDR. L'Université Paul Sabatier fait-elle partie des 23 universités en déficit en 2010 et 2011 et évoquées par Geneviève Fiorasso ?
BM. Non. La situation budgétaire est fragile mais nous ne sommes pas en déficit.
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Sceptique Sévère a écrit le 14/08/2012 à 09:24 :
"L'audit devra donc déterminer quelle sera la solution financière la plus intéressante : une loi Mop (maîtrise d'ouvrage publique), un consortium appuyé par la Caisse des Dépôts ou pourquoi pas un PPP, mais pour cette dernière hypothèse, il faudra que l'on me prouve son efficacité." Que Bertrand Monthubert aille jusqu'au de sa logique : Quitte à prouver l'efficacité d'un montage contractuel (le PPP), que cela soit fait en comparaison, à périmètre technique et financier identique, avec les deux autres solutions (maîtrise d'ouvrage publique - MOP - et intervention de la CDC). Il faut en effet intégrer dans le périmètre de comparaison toutes les prestations de financement, conception, construction, entretien, maintenance et grosses réparations de l'ouvrage immobilier sur une longue période (25 à 30 ans) pour la comparaison des trois solutions soit pertinente. A cette condition, il n'est pas certain que la solution MOP, ou celle de la CDC, se révèle la plus efficace pour la personne publique, car, avec ces deux solutions "classiques" (MOP et CDC), seul le coût de conception et de construction de l'ouvrage peut être maîtrisé (et encore) mais personne ne peut garantir sur le long terme un coût d'entretien constant comme le prestataire s'engage à le faire dans le cadre du PPP. A défaut de cette comparaison à périmètre équivalent, il ne s'agira que de procès d'intention à l'encontre d'un montage contractuel qui présente certes des défauts (montant conséquent du loyer mensuel rémunérant l'ensemble des prestations du prestataire sur une longue durée) mais présente deux atouts majeurs, delui de la maîtrise des coûts et de la restitution à la personne publique en fin de contrat (25 à 30 ans après) d'un ouvrage en bon état de fonctionnement et de maintenance.