La main d'oeuvre chinoise plus chère que les robots

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Une usine Foxconn à Wuhan, dans la province de Hubei, en Chine continentale, en août 2012. La société taïwanaise, connue pour être le plus gros fournisseur d'Apple, mais aussi pour des suicides en série dans ses usines, a annoncé il y a deux ans la mise en place progressive d'un million de robots. Soit de quoi éventuellement, à terme, remplacer la quasi-totalité des employés de cette entreprise géante, qui en compte environ 1 300 000.
Une usine Foxconn à Wuhan, dans la province de Hubei, en Chine continentale, en août 2012. La société taïwanaise, connue pour être le plus gros fournisseur d'Apple, mais aussi pour des suicides en série dans ses usines, a annoncé il y a deux ans la mise en place progressive d'un million de robots. Soit de quoi éventuellement, à terme, remplacer la quasi-totalité des employés de cette entreprise géante, qui en compte environ 1 300 000. (Crédits : Reuters)
Difficultés économiques et démographiques obligent, le robot remplace peu à peu l'homme, pour le meilleur et pour le pire... Selon la Fédération internationale des robots, le marché chinois va croître en moyenne de 25% par an. En 2017, on y comptera plus de 400.000 robots, soit 1 pour 3.000 habitants.

Dans l'atelier de moulure de l'usine d'Yingli, chef de file mondial du panneau solaire, l'ouvrier se fait discret. Très discret. Sur ce parterre de quelques centaines de mètres carrés, 170 machines cylindriques préparent la matière première, le silicium monocristallin, d'autres contrôlent la qualité. Le tout en silence. De temps en temps un ouvrier apparaît, juste le temps de voir si tout fonctionne bien.

« L'automatisation nous a permis de réduire la main-d'oeuvre par deux », commente Gu Kaixin, en charge de la sécurité du moulage, la première étape dans la fabrication de panneaux solaires.

Ailleurs dans l'usine, ce sont d'immenses bras qui soudent 24h/24, ou encore qui coupent, nettoient et polissent les carreaux qui forment un panneau solaire.

À Yingli, dont le site de production principal s'étend sur 66 hectares, l'ouvrier sert surtout à faire le lien entre deux lignes de production et pour le contrôle des réglages. Seules quelques tâches de vérification de la qualité, qu'un robot ne peut pas faire, sont encore manuelles.

« Yingli a pris la décision d'automatiser sa production dès 2007. On a vu ce qui se passait à l'étranger et on a compris que pour rester compétitif on n'avait pas le choix », explique Yan Wei, responsable technique au département énergie de l'usine de Baoding.

Cinq ans plus tard, en 2011, Yingli quitte son ancien site industriel et emménage à Baoding, à quelque 150 kilomètres de Pékin. L'occasion de se réorganiser et d'automatiser entièrement la production : de la préparation de la matière première à la soudure, du collage des panneaux à l'emballage.

L'entreprise est devenue entre-temps le premier fabricant mondial de panneaux solaires photovoltaïques, avec une production principalement destinée à l'exportation. La productivité a triplé et la casse des panneaux, très fragiles, été réduite à 1%.

« On avait besoin de trop d'hommes. Le coût de la main-d'oeuvre était trop élevé, son efficacité trop basse », continue Yan Wei.

« Les machines permettent de fabriquer un produit plus aux normes, la qualité est plus stable, explique quant à lui Gu Kaixin. En plus elles ne sont pas fatiguées et ne sont pas de mauvaise humeur. »

L'expérience de Yingli n'est pas unique. La problématique touche l'ensemble de l'industrie dont une partie se tourne aujourd'hui vers l'automatisation pour répondre à un climat économique et démographique de plus en plus tendu.

En fait, depuis l'année dernière, le nombre d'ouvriers - la « matière première » qui a fait le succès de la Chine des trente dernières années - se raréfie. En 2013 le pays a perdu plus de 2,5 millions d'ouvriers. Soit une chute de la population active - es 15 à 59 ans, selon les normes chinoises - de 1,6 %. Une baisse qui devrait durer au moins une génération, phénomène consécutif à la politique de l'enfant unique.

MOINS D'OUVRIERS, PLUS CHERS ET PEU COMPÉTITIFS !

Concrètement, cela donne des entreprises qui régulièrement ne peuvent remplir leur carnet de commandes faute d'ouvriers qui désormais préfèrent rester travailler chez eux, dans leur province natale, plutôt que de migrer dans le Sud ou autour de Pékin pour affronter des conditions de travail souvent difficiles. Par conséquent, les salaires sont à la hausse partout en Chine : +14% en 2012 et +10% ces deux dernières années.

S'ajoute à cela une productivité extrêmement faible : elle serait même négative depuis 2007 selon le Conference Board. Les usines chinoises se trouvent désormais devant le choix de déménager, vers l'intérieur des terres ou en Asie du Sud-Est où les salaires restent plus bas, d'automatiser la production ou tout simplement de mettre la clé sous la porte.

« Nous pensons que l'automatisation est la seule manière pour la Chine de rester une base manufacturière. Cela lui permettrait de demeurer compétitive et d'augmenter la qualité de ses produits », écrivent des économistes de Crédit Suisse, dans une longue étude sur le sujet.

La compétitivité est au coeur du débat. La Chine a été l'usine du monde pendant trente ans, mais désormais le coût de production est bien moins élevé chez ses voisins. Si une partie de la production bas de gamme a déjà migré, la Chine espère garder tout ce qui est de meilleure qualité et à plus forte valeur ajoutée.

« Beaucoup de raisons poussent une usine à automatiser. Entre autres la robotisation permet un meilleur contrôle de la qualité. Il y a aussi une plus grande conscience autour de la sécurité. Les entreprises améliorent l'environnement de travail », commente Pilar Dieter, associée chez Solidance, un cabinet de conseil qui a publié une étude sur l'automatisation de l'industrie chinoise.

L'époque d'une Chine avec une masse ouvrière malléable à merci est donc finie. Les ouvriers ont désormais des droits et les font respecter. Cette évolution est réclamée par le consommateur lui-même. La classe moyenne, qui compte désormais quelque 250 millions de personnes, est prête à payer plus pour des produits de meilleure qualité. Tout cela oblige l'industrie chinoise à s'adapter à de nouvelles normes économiques et sociales. D'autant plus que la refondation totale du système manufacturier chinois - peu efficace et de mauvaise qualité - figure au programme du gouvernement chinois depuis cinq ans. Une véritable politique de soutien à l'innovation et de hausse des salaires est inscrite à l'ordre du jour avec comme but premier de développer un marché intérieur - lequel doit être tiré en grande partie par la masse des travailleurs migrants. L'automatisation touche ainsi toute la chaîne manufacturière chinoise. Certains cherchent à améliorer leur qualité et la sécurité, d'autres à réduire leurs coûts ou encore à construire une marque pour l'exportation.

UNE INDUSTRIE ROBOTIQUE CHINOISE ENCORE FAIBLE

Pour l'instant la robotisation s'est surtout installée dans l'automobile : 50 % des usines du secteur sont automatisées en Chine, selon l'étude de Solidance. Rappelons que la Chine est le premier producteur de véhicules du monde, avec une production en 2013 supérieure à 18 millions d'unités. Ainsi Great Wall, fabricant local d'automobiles, a-t-il récemment investi 130 millions d'euros pour automatiser sa production dans le but d'exporter : 1.200 robots ont été installés. Un investissement qui a permis de réduire de deux tiers le nombre de soudeurs.

Progressivement, l'automatisation commence à se répandre à l'ensemble de l'industrie : l'électronique - un autre secteur clé en Chine, où sont assemblés smartphones et tablettes du monde entier -, mais aussi industries plus légères, tels l'agroalimentaire et le conditionnement. Foxconn, connu pour être le plus gros fournisseur d'Apple, mais aussi pour des suicides en série dans ses usines, a annoncé il y a deux ans la mise en place progressive d'un million de robots. Soit de quoi éventuellement, à terme, remplacer la quasi-totalité des employés de cette entreprise géante, qui en compte environ 1.300.000.

Pour l'instant, l'emploi ne semble pas menacé pour autant : le plus gros employeur chinois qui a mis en place cet été 10.000 robots pour tenir la cadence de production des iPhone 6... a en même temps embauché 100.000 intérimaires pour répondre aux exigences d'Apple. Mais le climat change : Terry Gou, le PDG du groupe Foxconn, vantait en début d'année la performance de ses « Foxbots » capables de construire 30.000 appareils par robot et par an. Ces machines autonomes, animées par un système d'exploitation intelligent développé par Google, coûtent 20.000 dollars pièce.

« Les fabricants de robots cherchent d'autres points d'entrée pour leurs machines. Ils ne veulent pas tout miser sur l'automobile », raconte Pilar Dieter, qui estime que dans les années à venir, le poids de l'automobile va baisser au profit d'industries moins traditionnelles.

« La Chine est notre plus gros marché et celui qui croît le plus vite, raconte quant à lui James Taylor, qui dirige les opérations de Universal Robots en Chine. Je pense que durant les années à venir, nous allons doubler notre chiffre d'affaires tous les ans. »

L'entreprise suédoise fabrique des robots de troisième génération, surtout pour des industries légères. Selon la Fédération internationale des robots, le marché chinois va croître en moyenne de 25% par an. La fédération estime qu'en 2017, plus de 400.000 robots seront installés en Chine. Un nombre qui ne sera égalé par aucun autre pays.

À l'instar de Universal Robots, cela fait déjà longtemps que les gros fabricants de robots ont mis leur pied en Chine. C'est ici que ABB a installé sa deuxième ligne de production au monde. L'entreprise a aussi ouvert un laboratoire de R & D pour mieux répondre aux besoins des industriels chinois. C'est ABB qui a notamment fourni une grande partie des robots de Yingli. Mitsubishi Electric Corp, quant à elle, estime que son chiffre d'affaires en Chine passera de 60 milliards de yens (40,5 millions d'euros) en 2011 à 100 milliards en 2015 (67,5 millions d'euros). Et Kuka, autre grand fabricant japonais, affirme que la Chine représentera bientôt 25 % de son chiffre d'affaires. L'entreprise va doubler sa production sur place.

Face à ces champions étrangers, l'offre chinoise fait pâle figure. Aucun fabricant ne se trouve dans la liste des dix premiers acteurs en Chine. Pourtant une offre locale existe. Moins chère, elle a l'avantage de connaître les besoins de l'industrie chinoise. Ainsi une partie des robots installés chez Yingli sont désormais chinois. Ce sont eux qui vérifient la qualité des cylindres de silicium monocristallin. « Avant on devait les importer. Ça nous coûtait très cher », explique Gu Kaixin.

Selon l'association des fabricants de robots chinois (CRIA, Chinese Robot Industry Alliance), le pays compte 787 entreprises de robots, qui représentent à peine 30 % du marché. Une part destinée à augmenter. Car dans l'industrie de la robotique comme ailleurs, une des premières conséquences de la montée en gamme de l'industrie chinoise est sa compétitivité sur le marché mondial.

MARCHÉ INTERNATIONAL, COMPÉTITION MONDIALE

Outre Yingli, d'autres entreprises chinoises pointent leur nez à l'international. Great Wall exporte ses voitures en Asie et en Afrique. Son modèle SUV (véhicule utilitaire sport) est déjà en vente en Australie. Il coûte moitié moins cher que l'équivalent japonais. Et quatre de ses modèles ont réussi les tests de sécurité européens, même s'ils ne sont pas encore arrivés sur le marché.

« La menace est là. C'est évident. C'est un cycle naturel. L'automatisation permet aux entreprises chinoises de pénétrer le marché mondial. Ça permet aussi aux entreprises d'augmenter leur qualité et de respecter les normes internationales », explique Pilar Dieter.

Ainsi certaines marques telles que Haier (réfrigérateurs et autres biens de consommation) ou Lenovo (ordinateurs, tablettes) sont déjà bien placées et connues d'un certain public en Europe et aux États-Unis. Une réalité à laquelle devront s'adapter les marques étrangères. D'autant plus que la pénétration de l'automatisation reste extrêmement faible et devrait continuer à croître rapidement ces prochaines années. Dans l'industrie automobile par exemple, la pénétration est de 281 robots pour 10.000 travailleurs contre 1.140 en Allemagne. La Fédération internationale de robots estime que le taux de pénétration par 10.000 employés s'élève à moins de la moitié de la moyenne mondiale.

Alors, à quand un pays automatisé dominé par un secteur des services comme en Europe ? Pas tout de suite et sans doute jamais, selon les experts. L'industrie compte encore pour 44% du PIB. La Chine est le premier producteur mondial de la plupart des produits miniers, pétroliers et chimiques. Elle domine aussi la production de machines, d'automobiles, d'équipements industriels et spatiaux. Et en dépit de l'arrivée de robots dans le processus industriel, la machine n'est pas pour autant prête à remplacer l'homme.

« Il faut situer cela dans le contexte de la Chine. C'est un pays de main-d'oeuvre. Et elle le restera longtemps. La robotisation est encore marginale », estime Pilar Dieter.

Notons qu'il y a toujours 920 millions de travailleurs en Chine. Si une partie croissante de la population est éduquée et aspire à des emplois à forte valeur ajoutée, cela n'est pas la norme. D'autant plus que le taux de chômage reste l'indicateur le plus surveillé par le gouvernement... Pas question pour Pékin d'avoir des bassins désindustrialisés remplis de millions de chômeurs, synonymes, pour le pouvoir, d'autant de délinquants potentiels.

D'autres facteurs expliquent aussi la faible pénétration de l'automatisation : entre autres le coût élevé de l'investissement de départ. Beaucoup de secteurs, comme l'acier, la construction, le textile ou les jouets, ont des marges très faibles qui n'ont fait que se réduire ces dernières années. Le contexte est d'autant plus difficile que les banques, sous la pression de Pékin, ont coupé le robinet à crédit. Si les grosses entreprises d'État continuent à avoir accès à des fonds pour investir et se développer, ce n'est souvent pas le cas pour les PME, qui forment le gros du tissu industriel chinois.

« Le prix d'investissement de départ était le seul inconvénient pour nous », raconte Yan Wei, chez Yingli.

L'automatisation, nous explique-t-il, a été financée par l'introduction en Bourse en 2007. Il a fallu à l'entreprise deux à trois ans pour amortir l'investissement initial.

« Dans un pays où l'on peut encore trouver de la main-d'oeuvre à 6 yuans de l'heure, le retour sur investissement doit être vraiment très clair et bien articulé pour l'entreprise », explique Pilar Dieter.

De plus, toutes les industries ne se prêtent pas à la robotisation. L'électronique par exemple est très compliquée à automatiser. Beaucoup des soustraitants sont de petite taille, les robots sont complexes à manier - contrairement à l'automobile - et, demande oblige, il faut continuellement les reprogrammer pour s'adapter aux nouveaux produits - tablettes, smartphones, montres connectées... - qui apparaissent tous les six mois.

« Chaque fois, ça fait des ravages dans les lignes de production », explique Pilar Dieter.

Si la problématique n'est pas unique à la Chine, elle est d'autant plus accentuée ici que les ingénieurs formés manquent à l'appel.

« C'est vrai que nous sous-traitons cette partie à une entreprise tierce, indique James Taylor chez Universal Robots. La maturité et l'expérience sont bien différentes par rapport aux États-Unis ou l'Europe. C'est parfois un peu plus compliqué en Chine. »

« Il nous a bien fallu six mois pour comprendre comment fonctionnaient les premiers robots, explique Yan Wei, chez Yingli. On a dû former des cadres. Au début c'était un peu difficile. »

C'est peut-être là une spécificité de la Chine. Vu l'ampleur du marché et la rapidité à laquelle il se développe, le réseau de distribution et le suivi de l'installation des robots sont autant de défis que le pays doit affronter.

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a écrit le 31/01/2015 à 12:04 :
La montée en puissance des robots est inexorable et c'est tant mieux pour nombre de tâches répétitives, usantes. La contrepartie est la mise à l'écart de populations ouvrières qui ne sont pas suffisamment formées pour occuper d'autres postes. Nos sociétés ( au moins occidentales) ne tolèreront pas de laisser dans l'indigence de plus en plus d'êtres humains. Le Revenu de Base Inconditionnel est la seule solution pour éviter le retour de la barbarie. Mais c'est pas gagné, les 10 ans à venir vont être tendus.
a écrit le 22/01/2015 à 6:19 :
Parce que "même si la vie n'a pas de prix (les robots ne sont pas vivants) et que l'existence possède un coût (les robots ne possèdent pas d'existence propre) les robots -et leur utilisation- reviennent moins cher et deviendront de moins en moins cher que les êtres humains; ainsi pour répondre à la situation et -pour éviter la "barbarie économique et libérale"- il devient nécessaire (en tout cas intelligent et rationnel) d'instaurer une "hygiène sociale, humaine, ontologique et individuelle" ...ce que le Revenu de Base Inconditionnel représente bien évidemment !Heu : c'est même la meilleure solution et la plus économique qui évidement en plus compense l'accumulation indécente de 50% du capital mondial dans les mains des 1 % des plus riches et même les citoyens -qui sont actuellement contre- avec son établissement prendront conscience de sa nécessité !
a écrit le 20/01/2015 à 19:11 :
Et c'est là que le Revenu de Base Inconditionnel devient un outil nécessaire pour pouvoir faire vivre des gens quand le pleine emploi à disparu.....
a écrit le 19/01/2015 à 15:25 :
Et oui le robot n'a pas d'état d'âme, ne boit pas, pas de pause café et 7j/7 24h/24 il travaille. Rentabilité immédiate sans partage de la valeur dégagée par le travail. Tout ira au capital. C'est déjà bien avancé mais chut nous acceptons le chômage, les baisses de salaires jusqu'au jour où…
a écrit le 19/01/2015 à 14:29 :
Nos entreprises quand elles sont parfaitement robotisées sont concurrentielles avec les Chinoises, la pierre d'achoppement étant le prix de l'énergie que les chinois assurent encore pour quelque temps gràce au charbon tandis que le gouvernement français pour cause d'Europe et autres balivernes ne fait aucun effort.
a écrit le 19/01/2015 à 13:52 :
En fait le principe meme de croissance est en déni total de l'état structurel de la planète. On est trop nombreux et trop consommateurs de ressource. Bref quand on nous dis que dans les 10 ans le risque de conflit international est très important, je ne peux que confirmer....
Qui remportera la bataille?
La décroissance est nécessaire mais aucun économiste ne voit dans cette stratégie une nécessité, une survie de l'espèce humaine.
Il y a trop de monde sur la terre ce n'est pas qu'une question d'économie mais bien de ressources...Et l'épuisement de ces ressources entrainera de facto la décroissance voir la guerre mondiale.
a écrit le 19/01/2015 à 12:19 :
LES CHINOIS EVOLUENT TRES VITE? LEURS PROGRES RISQUE DE LES CONFRONTEZ AUX MEME PROBLEMES QUE LES OCCIDENTAUX? MUTIPLICATIONS DES CHOMEURS? ET RETOUR EN ARRIERE DE LEURS EVOLUTIONS?ARRIVERON T IL A SURMONTEZ CE GROS PROBLEME DE SURPROCTION? DONC DE CRISSE DE SOCIETE ???
a écrit le 19/01/2015 à 11:13 :
Bonjour,
C'est ce que l'on appelle la destruction/créatrice. Révisez vos fondamentaux: Schumpeter.
Pour construire ces robots, les maintenir, les piloter et les programmer il faut des humains qualifiés. Donc normalement dans une société correctement organisée la robotisation arrive au moment ou une frange non négligeable de la population a obtenu un niveau d'éducation suffisant pour que cette évolution technologique soit mise en place. Cela permet une hausse des salaires, une meilleure compétitivité apportant des marges stables et régulières et ainsi des impôts plus important et régulier pour former et réinsérer les personnes peu qualifiés ayant perdus leurs emplois suite à cette évolution technologique.
Cependant en dehors de quelques pays sur la planète (entre 20 et 30 dont nous faisons partie) la plupart des nations n'imposent pas le reclassement des salariés ainsi licenciés (afin de maximiser les dividendes des actionnaires et les revenus de l’État qui agit ainsi contre sa population et à son propre profit) et donc le cercle n'est pas vertueux et cela peut mener à des grèves et troubles civils. La véritable question est la suivante : Est ce que le gouvernement chinois maintient le cercle vertueux en imposant un dédommagement ainsi qu'une reclassement des personnels licenciés ? Second panel de cette problématique est ce que l'appareil productif est taxé afin de maintenir une stabilité des revenus de l’État et maintenir un équilibre dans la concurrence du secteur industriel qui, forcément, possède des acteurs très différents avec des moyens très différents et une avance technologique disparate. Vaste débat.
Réponse de le 19/01/2015 à 14:50 :
Le problème avec la destruction créatrice réside dans le fait que l'on aboutit à une situation où une minorité d'ingénieurs, voire de super-cadres comme dirait Thomas Picketty, peut très vite se reclasser et se réinsérer en cas de perte d'emploi, suivie par un nouveau poste autant si non encore plus gratifiant, alors que de l'autre côté, une masse importante de travailleurs peu ou pas qualifiés boira le calice jusqu'à la lie. Donc il faut pour sortir de cette inégalité explosive au sein du salariat une forte volonté politique pour former et reclasser toujours plus de gens, ce qui suppose aussi que le pouvoir s'en donne les moyens… Le voudra-t-il, le pourra-t-il, surtout compte tenu à la fois de la démographie et de la masse de main d'œuvre concernée ?
Réponse de le 19/01/2015 à 15:37 :
Dans votre commentaire vous oubliez de dire qu'avec la robotique des emplois en masse disparaitront et qu'on ne pourra pas recaser tous ces chômeurs faute de travail suffisant pour tout le monde. Bien entendu et là vous avez raison, la robotique créera de nouveaux emplois (haut de gamme) mais bien insuffisants comparé à la destruction massive d'emplois générée par le développement de la robotique (remplacement de l'homme par la machine).
a écrit le 18/01/2015 à 20:56 :
Monsieur Ford payait bien ses ouvriers, qui, en retour, lui achetaient ses voitures.
Il regardait plus son chiffre d'affaires que ses coûts.
C'était facile pour lui, de faire de la bonne économie élémentaire : il n'était ni comptable, ni énarque, ni français.
Réponse de le 19/01/2015 à 5:34 :
Il avait aussi des méthodes très peu recommandables, comme ses écrits et ses amis. Ses voitures ont façonné beaucoup de villes américaines qui dépérissent aujourd'hui. Le fordisme est un peu dépassé.
a écrit le 18/01/2015 à 20:51 :
On peut toujours dire que les machines détruisent les emplois. C'est logique.
Mais c'est bien français et peut-être complètement faux : il faut bien constater que les deux pays en Europe qui ont le plus fort secteur industriel, et la plus forte proportion d'emplois industriels dans leurs économies, la Suisse et la Suède, ont aussi le plus fort taux de robotisation.
Et ce ne sont pas des pays pauvres, que je sache.
Zut ! alors...
Réponse de le 20/01/2015 à 6:56 :
Il faut comparer ce qui est comparable.
La France compte 66 millions et 300000 habitants (dont beaucoup d'origine étrangère)
les dégâts sur l'emploi (non ou peu qualifié) causés par la robotisation seront très importants et cela créera inévitablement à terme une grave crise sociale en France.
Tous ces nouveaux et innombrables chômeurs ne pourront pas tous se reconvertir comme ingénieurs ou informaticiens.
Il faut pas rêver...
a écrit le 18/01/2015 à 20:11 :
KuKa, autre grand fabricant "Japonais" !. Ils vont bien rire chez ce client à Augsburg/Bavière quand je vais leur dire ! Je pense que vous vouliez mentionner Fanuc ?
a écrit le 18/01/2015 à 18:36 :
Si un problème social de grande envergure apparaît en Chine, ça risque d'exploser rapidement et avec la délicatesse des autorités chinoises, le carnage ne sera pas loin.
Et quand on ne sait plus gérer la situation interne, on s'en va chercher des noises à ses voisins (Japon, Inde, Vietnam, etc...)
Réponse de le 19/01/2015 à 10:50 :
il doit vous manquer bien des neurones à vous..
Réponse de le 19/01/2015 à 12:36 :
Vous avez une culture des faits historique qui c' est arréter au niveau bep carrelage ?
a écrit le 18/01/2015 à 17:29 :
ça y est toujours et toujours les mêmes erreurs. Après un clash social ou politique on nous diras que trop de robotisation laisse des humains sans travail et que les profits ne sont pas partagés blabla.....entre temps bienvenu chez les désespérés
a écrit le 18/01/2015 à 13:31 :
Les robots représentent du capital qui consomme de l'énergie. On a le travail, le capital et l'énergie. L'énergie doit participer au financement des retraites comme le travail et le capital.
Réponse de le 19/01/2015 à 12:12 :
bonne a analyse, des retraite et des chomeurs,???
a écrit le 18/01/2015 à 11:55 :
Quand faisons nous la même chose en France?
L'automatisation apporte des gains , massifs de sécurité, de productivité et de qualité.
Si la France s'automatisait le nombre de chômeurs se réduirait certainement si nous étions capable de former les gens qui vont se servir des robots.
Réponse de le 18/01/2015 à 15:06 :
Les pays développés n'ont plus besoin de productivité car ils disposent d'un train de vie confortable. Il est bien loin le temps des famines et des épidémies...
Réponse de le 18/01/2015 à 16:40 :
+ il y a de robots ,- il y a de personnel .cependant l'automatisation est indispensable , ,puisqu'il y a des robots ,pour rester compétitifs par rapport à des concurrents qui s'en équiperont . le pb de la France sur ce sujet ,c'est que les chefs d'entreprises ,depuis des décennies ,ont privilégié une main d'oeuvre immigrée ,qui ,parait-il coutait moins cher que des robots . il suffit de regarder les chiffres del'équipement en robots du pays .
Réponse de le 18/01/2015 à 17:05 :
La France n'a pas attendu la Chine pour se robotiser. Cadre d'une société internationale dans l'industrie mécanique, nous fabriquions en Europe, au Japon, aux USA, au Brésil, en Australie. Je puis vous assurer qu'il y a 25 ans nos usines françaises étaient toutes équipées d'automates et bien plus modernes avec des performances de productivité bien au-dessus de nos autres sites. Cependant aujourd'hui, nous ne produisons plus en France.
Cherchez l'erreur?
Monsieur Remi je vous invite à visitez des sites de production français si ils en restent, puis d'autres en Chine et ailleurs avant émettre un avis non documenté.
Réponse de le 18/01/2015 à 20:15 :
Il y a eu un début d'industrie de la robotique industrielle en France il a une vingtaine d'années,
avec ACMA, Num, MFD, etc....toutes des faillites, car pas assez d'investissements et peu de
motivations. Les robotistes aujourd'hui sont Suèdois, Allemands, Suisses et Japonais.
Je travaille à 80% comme consultant dans la robotique.
Réponse de le 19/01/2015 à 11:17 :
Cependant il va falloir réinvestir ce secteur car il est primordial pour la balance commercial notamment dans les industrie moyenne et lourde. Mais aussi dans la recherche, dans les laboratoires médicaux/chimique/physique ou la minutie à une échelle nano ne peut être menée que par des machines.
Enfin c'est un savoir faire que nous pourrons exporter à terme dans les pays du tiers monde et qui sera également indispensable dans la révolution spatiale afin de baisser les coûts de production et de construction. Confirmez vous ?
Réponse de le 19/01/2015 à 14:24 :
Je fais partie du plus gros cabinet européen d'étude dans la robotique:la France mettra environ deux ans a rattrapper son retard sur ses rivaux mais les investissements depuis deux ans sont tels que l'on va vers une vraie révolution dans notre pays!
a écrit le 18/01/2015 à 11:47 :
Moi je pense qu'il faudrait des robots PDG et Dirigeants... car vous diviseriez par 100 les salaires excessifs et les primes de départ ! Plus besoin de parachute doré, juste un changement de programme....
Vous en pensez quoi ?
Réponse de le 18/01/2015 à 13:34 :
@Pascal: bonne idée, mais je pense qu'ils continueront à préférer te mettre une balle dans la tête que de s'en mettre une dans le pied :-)
Réponse de le 19/01/2015 à 11:09 :
J'adhère à vôtre proposition en allant même un peu plus loin, la robotisation devrait démarrer par le sommet de la hiérarchie puis éventuellement se répandre vers la base.
La technologie est de nos jours suffisamment sophistiquée pour permettre à des "machines" d'intégrer la multiplicités des informations et données chiffrées permettant de prendre des décisions stratégiques en connaissance de cause et en toute "objectivité", sans intérêts personnels à défendre (retraite chapeau, délit d'initié, copinage à tous les étages, sans même parler d'actes répréhensibles par la loi ..).
Le premier avantage que j'y vois c'est que cela n'aura qu'un effet marginal sur le chômage vu le nombre limité de personnes concernées.
Plus sérieusement, exposer très directement les "élites" économiques et politiques (tant que l'on y est) à une vraie concurrence me parait désormais le seul moyen de mettre un terme à la dérive de la destruction massive des emplois dont la prochaine vague va toucher aussi les professions dites (très) qualifiées.
Réponse de le 19/01/2015 à 13:56 :
Ben... Pascal président.
a écrit le 18/01/2015 à 10:49 :
Il ne s'agit pas de robots mais d'automates. Par contre ils effectuent des tâches que l'être humain ne peut pas, dailleurs pourquoi devrions nous toujours travailler et surtout effectuer des tâches répétitives alors qu'il est plus sympa de profiter de la vie !
Réponse de le 18/01/2015 à 14:04 :
D'accord, c'est ce qu'on appelle le progrès; il faut en tenir compte en "changeant de modèle"
a écrit le 18/01/2015 à 10:45 :
Il ne nous reste plus qu'a créer des robots consommateurs!
a écrit le 18/01/2015 à 10:38 :
Allez, un peu d'humour. Qu'est-ce que ça va être quand ils vont travailler à deux mains !!!
Réponse de le 18/01/2015 à 11:45 :
Ils vont commencer à tricher
a écrit le 18/01/2015 à 10:25 :
Très bon article, qui décrit différents aspects de la robotisation en Chine.

La robotisation à outrance contre l'activité humaine... Dépréciation de la main-d'oeuvre, perte d'emplois, concentration de la richesse sur une frange de la population. Le phénomène devient mondial; les autres dragons asiatiques n'y échapperont pas.

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