Emmanuel Hoog choisi pour diriger l'Agence France Presse

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Le conseil d'administration de l'AFP vient d'élire Emmanuel Hoog comme nouveau président. Ayant recueilli douze voix sur quinze parmi les administrateurs de l'agence, il succède à Pierre Louette parti rejoindre France Télécom.

Les 15 administrateurs de l'Agence France Presse (AFP) ont élu leur nouveau président. Il s'agit d'Emmanuel Hoog, l'actuel patron de l'Institut national de l'audiovisuel (INA) qui a remporté 12 voix sur 15. C'était le minimum requis. Ce haut fonctionnaire de 47 ans aux manettes de l'INA depuis 2001 était opposé à deux autres candidats: Philippe Micouleau, 58 ans, ancien DG de La Tribune et ex-P-DG de L'Agefi et Louis Dreyfus, 39 ans, administrateur des Inrockuptibles, ancien directeur général du Nouvel Observateur et précédemment de Libération.

Candidat de l'Elysée, Emmanuel Hoog a pu compter sur le soutien des trois représentants du gouvernement mais aussi par les deux de l'audiovisuel public, y compris celui de Patrick de Carolis, Pdg de France Télévisions avec qui les relations sont un peu tendues avec l'Elysée...  Sachant que les deux représentants du personnel s'abstiennent par tradition, le nouvel heureux a obtenu le soutien de 7 patrons de presse sur les huit qui composent le conseil dont, vraisemblablement celui de Nicolas Beytout et Francis Morel, respectivement à la tête des Echos et du Figaro et proches de l'Elysée. En revanche, David Guiraud, directeur général du Groupe le Monde ou Jean-Pierre Caillard, président du groupe Centre France La Montagne penchait, disait-on plutôt pour Philippe Micouleau. L'un des deux aura finalement opté pour Emmanuel Hoog.

Selon les déclarations d'Emmanuel Hoog devant le Conseil et dont La Tribune a eu connaissance, il aurait admis ne "pas avoir de stratégie préétablie" pour l'Agence. "Mais la stratégie doit se définir rapidement, de l'intérieur de l'Agence et non de l'extérieur", s'est-il justifié. "Je ne suis pas dans une logique de réformateur mais dans une logique de constructeur. Je ne suis pas là pour réformer un modèle ancien mais pour construire un modèle nouveau". Il a mis en avant "sa réussite dans la transformation technologique et dans la mutation professionnelle des personnels" de l'INA. Fils de conservateur de musées, énarque, Emmanuel Hoog est entré au ministère de la Culture dans l'orbite de Jack Lang. A l'INA, il a accéléré la numérisation des archives, leur mise en ligne, non seulement pour les professionnels mais pour le grand public nostalgique de la télévision. Mais ces derniers mois, il devait s'ennuyer, cumulant sa présidence et des missions sur le livre numérique, la musique en ligne...

Répondant depuis un mois aux abonnés absents, Emmanuel Hoog est sorti du bois il y a deux jours, après le processus de sélection. Selon un observateur, il a tout simplement attendu le feu vert de Nicolas Sarkozy car il n'était pas question pour lui de se présenter sans l'assurance d'être élu. Et il n'aurait accepté de postuler à l'AFP qu'après avoir compris qu'il n'était pas dans la liste des favoris du Château pour la présidence de France Télévisions.

Le nouveau président de l'AFP va désormais prendre connaissance d'un rapport sur l'avenir de l'AFP demandé par le ministre de la Culture et de la Communication Frédéric Mitterrand à cinq experts dont Henri Pigeat, ancien président de l'agence. Comme nous le laissions entendre, les sages ne toucheraient pas au statut de l'agence de 1957 (voir "La Tribune du 25 février") et auraient d'ores et déjà trouvé des "solutions" sans toucher aux intérêts multiples des diverses catégories de personnel. Un schéma qui a l'avantage de rassurer les syndicats, fermement opposés à la modification du statut prôné par leur président démissionnaire, Pierre Louette".

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