La France s'offre une croissance à 0,6%

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La croissance française a fait mieux que prévu au deuxième trimestre, avec une hausse du PIB de 0,6%. 35.000 emplois salariés ont été créés dans le secteur marchand sur la même période, s'est félicité Christine Lagarde, ministre de l'Economie. Côté inflation, les prix ont baissé de 0,3% en juillet tout en restant en hausse de 1,7% sur un an.

Bonne nouvelle pour l'économie française. Le PIB a augmenté de 0,6% au deuxième trimestre par rapport aux trois mois précédents, une performance un peu meilleure que prévu, selon les chiffres de l'Insee publiés ce vendredi. Le ministre de l'Economie, Christine Lagarde, avait dévoilé le chiffre quelques instants plus tôt sur Europe 1.

Elle s'est déclarée convaincue que la France tiendrait ses prévisions de 1,4% de croissance pour l'année 2010. "Je suis convaincue qu'on va les tenir parce qu'on a à ce jour un acquis de croissance qui nous place déjà à 1,2% (...) Si on ne faisait que 0,2% aux troisième et quatrième trimestres, on tiendrait notre prévision de 1,4% pour l'année. Donc cette croissance du deuxième trimestre est vraiment très encourageante", a-t-elle expliqué.

De son côté, François Baroin, ministre du Budget, a estimé que l'objectif de 1,4% de croissance cette année pourrait même être dépassé.

L'Insee, en juin, prévoyait 0,5% de croissance et la Banque de France anticipait 0,4%, tandis que la hausse du PIB au premier trimestre a été révisée à 0,2% au lieu de 0,1%.

L'Allemagne, première puissance de la zone euro, a annoncé peu avant une croissance de 2,2%, bien meilleure que prévu, au deuxième trimestre. Le chiffre pour l'ensemble de la zone euro sera dévoilé par Eurostat à 11 h.

Selon les données préliminaires de l'Insee, les dépenses de consommation des ménages français ont augmenté de 0,4% alors qu'elles avaient stagné sur les trois premiers mois de l'année.

Les ventes au détail ont d'ailleurs progressé nettement en juillet par rapport à juin, grâce aux soldes d'été qui ont notamment profité aux grands magasins, selon l'enquête de conjoncture dans le commerce de détail publiée vendredi aussi par la Banque de France. Les chiffres d'affaires en volume, corrigés des jours ouvrables et des variations saisonnières, ont augmenté de 3,6%, avec des hausses de 5,7% pour les produits industriels et de 1,9% dans l'alimentation. "Cette évolution résulte principalement du dynamisme observé dans le textile-habillement et la chaussure ainsi que dans l'électroménager", précise la Banque de France.

L'investissement en hausse

Autre composante importante du PIB, après huit trimestres consécutifs de baisse, l'investissement est reparti à la hausse avec un gain de 0,8%, et 1,1% pour l'investissement des entreprises non financières. Les dépenses des administrations publiques ont progressé de 0,3% après une hausse de 0,1% en janvier-mars. Au total, la demande intérieure finale (hors stocks) a contribué positivement à la croissance (+0,5 point) après -0,1 point en début d'année.

Les variations de stocks ont également apporté une contribution positive, de 0,6 point, à la croissance du deuxième trimestre, alors que le commerce extérieur a contribué négativement à hauteur de 0,4 point. Les exportations ont augmenté de 2,7% sur le trimestre, à comparer à une hausse de 4,2% pour les importations.

Baisse des prix en juillet

Côté inflation, les prix à la consommation ont diminué de 0,3% en juillet par rapport à juin pour s'afficher en hausse de 1,7% sur un an, selon l'Insee. En juin, l'indice des prix à la consommation (IPC) était resté stable d'un mois sur l'autre pour un taux annuel de 1,5%. L'indice des prix harmonisé IPCH, qui permet une comparaison au niveau européen, a diminué de 0,3% pour un taux d'inflation de 1,9% contre 1,7% en juin.

"Le repli de l'indice des prix à la consommation de juillet provient en grande partie de la baisse des prix de l'habillement - chaussures et des autres produits manufacturés, liée aux soldes d'été et au recul saisonnier des prix des produits frais", explique l'Insee. "Ces baisses sont en partie compensées par la hausse
saisonnière des prix des services liés au tourisme et par certains relèvements tarifaires. Les prix de l'énergie sont stables, la hausse du prix du gaz de ville étant compensée par la baisse des prix des produits pétroliers", ajoute l'Insee.

L'emploi salarié en hausse

Sur le marché du travail, l'emploi salarié des secteurs marchands a augmenté de 0,2% en France au deuxième trimestre par rapport aux trois premiers mois de l'année, avec 35.000 postes créés, selon l'estimation flash de l'Insee. Ce chiffre confirme la stabilisation du marché du travail après les 23.900 postes créés au premier trimestre (+0,2%), qui faisaient suite à deux années de destructions d'emplois, mais l'amélioration ne concerne que le secteur tertiaire et notamment l'intérim.

Au deuxième trimestre, l'emploi dans le tertiaire a augmenté de 0,5%, avec une hausse de 4,9% pour l'intérim, soit des progressions respectives de 53.500 et 25.700 postes. Dans la construction, l'emploi salarié s'est en revanche tassé de 0,1% avec 1.500 postes perdus.

L'hémorragie s'est poursuivie dans l'industrie avec un solde net de 17.000 postes détruits, soit une baisse de 0,5%. L'emploi industriel est en recul depuis 2001 et a perdu 168.200 postes l'année dernière, selon une étude publiée la semaine dernière par Pôle emploi.

De son côté, le salaire mensuel de base a augmenté de 0,4% en France au deuxième trimestre 2010, soit une hausse de 1,9% sur un an, a annoncé Bercy. Ce chiffre concerne les entreprises de dix salariés ou plus de l'ensemble de l'économie hors agriculture et hors emplois publics. Au premier trimestre, l'augmentation avait été de 0,7% par rapport aux trois mois précédents. Sur le même champ, l'indice du salaire horaire de base des ouvriers (SHBO) a progressé également de 0,4% sur le trimestre et de 1,9% sur un an.

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