Chatel veut réformer l'évaluation des enseignants en 2011

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Les négociations s'ouvriront dans les prochains jours. Les syndicats craignent une individualisation des carrières.

Luc Chatel, pressé par le calendrier politique, a décidé de passer à la vitesse supérieure sur l'évaluation des enseignants. Après avoir soumis aux syndicats lundi les résultats d'une consultation menée auprès de 4.600 enseignants par le cabinet de conseil privé Alixio (qui appartient à l'ancien conseiller social de Nicolas Sarkozy, Raymond Soubie), il compte ouvrir les négociations sur le sujet dans les prochains jours. L'évaluation des enseignants est l'un des volets du "pacte de carrière" promis par le ministre de l'Education nationale.
Le ministère "espère caler une fin de négociations à la fin de l'année",  précise Josette Théophile, la DRH de l'Education nationale. Ce calendrier est jugé trop serré par les syndicats d'enseignants dont les élections professionnelles auront lieu les 13 et 20 octobre. "Nous ne pourrons rien faire avant. Le système datant de 1950, pourquoi ne pas attendre un an de plus et prendre son temps pour négocier ?", interroge Thierry Cadart, secrétaire général du Sgen-CFDT.

Entretiens professionnels

Cela fait en effet des années que le sujet de l'évaluation des enseignants est sur la table. On ne compte plus les rapports sur ce sujet. La nécessité de réformer l'évaluation des enseignants fait d'ailleurs consensus, tant le système est jugé obsolète et inadapté aux réalités actuelles du métier (les enseignants sont notés pour 60 % par l'inspection et pour 40 % par l'administration, sachant qu'ils sont inspectés grosso modo tous les 5 ans). Mais les pistes qui émergent depuis plus années, à commencer par une plus grande implication du chef d'établissement dans le processus ou le remplacement de la notation par des entretiens professionnels, rencontrent l'opposition des syndicats. Ceux-ci craignent que cela ne conduise à une rémunération au mérite. Pour le Snes-FSU, principal syndicat du second degré, le ministère veut ainsi "dissimuler la dévalorisation des métiers de l'Education en développant les mesures individuelles". Bref, faute de réelle revalorisation collective des rémunérations (seuls les débuts de carrières en ont bénéficié), les promotions individuelles risquent de monter en puissance. Conséquences, "une concurrence faussée, des clivages sociaux et une vision managériale », anticipe Christian Chevalier, secrétaire général du SE-Unsa.
"Tant qu'il y a un lien entre évaluation et avancement, on est obligé de maintenir des procédures mécaniques. Or l'évaluation doit plus être un outil d'accompagnement et d'évolution de carrière que de sanction", estime Thierry Cadart, qui suggère de déconnecter les deux.

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Commentaires
a écrit le 11/06/2011 à 9:08 :
Il faut refuser cette évaluation à la "privée". Elle ne servira à rien vu que l'Etat n'a pas les moyens de rémunérer correctement les enseignant, même au mérite. Cela va créer de très mauvaises ambiances dans les équipes et les enfants en pâtiront L'Education n'est pas un commerce mais une mission publique. Quand on n'a pas fait l'ENA et que l'on n'y connaît rien au service public, on ne devient pas Président de la République.
a écrit le 10/06/2011 à 17:08 :
A quand une note liée aux résultats des élèves ou à leur appréciation des professeurs car ceux sont eux qui sont concernés avant tout. D'autre part, en tant qu'élève, j'avais l'impression que les inspections d'une heure tous les 2 ans ne permettaient pas de juger de la qualité d'un enseignant.
a écrit le 09/06/2011 à 20:33 :
J'aimerais vraiment pouvoir inviter certains internautes à partager mon quotidien : professeur de Lettres dans un lycée, je travaille comme une damnée pour concevoir des cours adaptés aux besoins de mes élèves et passe la plupart de mes week-ends à corriger des copies. A raison (dans le meilleur des cas) de 20 minutes par copie, pour un effectif de 3 ou 4 classes de 35 élèves, faites le calcul ! Quand on veut concilier vie de famille et engagement professionnel, ce n?est pas une sinécure : afin que mes enfants ne pâtissent pas de ce manque de disponibilité, j?ai donc pris l?habitude de dormir 6 heures par nuit en moyenne. Alors, par pitié, cessez de mettre tout le monde dans le même panier ! Oui, je vous l?accorde, il y a, parmi mes collègues, des "brebis galeuses", mais ni plus ni moins que dans d?autres milieux professionnels.

Quant à l?évaluation « au mérite individuel », je pense que ne serait pas une mauvaise chose en soi, mais je me méfie des critères de notation des chefs d?établissement. Sur ce point, je rejoins les propos de Luxrationis? Il est toujours dangereux de ne dépendre que de l?avis (inévitablement subjectif) d?une seule personne qui ne nous connaît pas forcément bien (nous sommes plus d?une centaine d?enseignants dans mon établissement).

Qu?ajouter ? Il y aurait tant à dire au vu de certains commentaires? Les grandes vacances (non payées comme l?a souligné Dragibus) qui se réduisent comme peau de chagrin, les charges de plus en plus écrasantes (le tutorat : on demande maintenant au professeur principal de suivre la progression individuelle de chaque élève ; l?orientation, qui jusqu?alors était réservée au CO-Psy, etc. Et pour ce qui est de ma discipline : lecture de l?image fixe et mobile (autrement dit, étude de tableau/gravure/cinéma), et, nouveauté 2011, histoire de l?art ! Que faire quand on n?a pas été formé pour dispenser un tel enseignement ? On se forme soi-même ! Un nombre d?heures incalculable à ajouter à tout le reste? Mais, c?est bien connu, les « profs ne foutent rien ! »
Réponse de le 09/06/2011 à 22:37 :
Apparemment les apostrophes ont été remplacées par des points d'interrogation, ce qui nuit à la clarté de mes propos. J'en suis désolée !
Réponse de le 10/06/2011 à 17:11 :
Et si les professeurs faisaient moins de contrôles et moins de cours magistraux, mais des cours plus interactifs et une validation des connaissances basée sur des projets en groupe ou des présentations orales. Cela ferait moins de travail à la maison pour les enseignants et un cours plus intéressant pour les élèves!
a écrit le 09/06/2011 à 16:15 :
Apparemment personne ne le sait mais les enseignants sont DEJA payés au mérite. Il y a 3 classes d'avancement : grand choix pour les meilleurs, choix pour la grande majorité, ancienneté pour les moins bien notés. En gros, un prof passe les échelons de rémunération plus vite s'il est bien noté.
Ces classes sont basées sur les notes, mises chaque année par le chef d'établissement (note administrative) et en moyenne tous les 5 ans par l'inspecteur (note pédagogique). Vous voulez renforcer le contrôle sur les enseignants ? Nommez plus d'inspecteurs et faites leur subir une inspection par an.
Un chef d'établissement peut très bien juger de l'implication d'un professeur dans son établissement mais n'est pas forcément compétent pour estimer ses compétences pédagogiques. C'est le rôle de l'inspecteur.
Ce que veut Châtel, c'est supprimer les inspecteurs et transformer les chefs d'établissement en DRH.
Au fait, il y aura de plus en plus de branquignoles en classes devant vos gosses. 16 000 suppressions de postes de vrais enseignants, mais recrutement de 17 000 personnes pour les remplacer sans compétences avérées. Et ça, ça ne fait pas remuer grand monde apparemment. Ceci dit, comme il n'y a pas besoin d'être compétent pour être président ou ministre dans ce pays... n'importe quel couillon pourra être prof !
Réponse de le 30/08/2011 à 9:17 :
Oui tu as bien raisons , et pourquoi pas des notes pour nos chères ministres ou meme notre président , ah oui cela s'appelle les bulletins dans les urnes !!!!!
a écrit le 09/06/2011 à 10:59 :
Si je peux me permettre, le problème n'est pas tant la prime au mérite que les critères de notation. C'est déjà en partie le cas, le chef d'établissement note les professeurs en fonction aussi des activités que les profs proposent. Moralité : des profs qui proposent aux élèves des cours creux mais organisent des voyages à l'étranger, se retrouvent avec de bonnes notes parce que les voyages attirent les parents. Par contre, le prof qui va se démener au quotidien, peu absent, qui prépare avec passion ses cours tous les jours et croule sous les paquets de copies pour pouvoir corriger ses élèves régulièrement et les faire progresser, va obtenir une note médiocre...Avec un système "au mérite", j'ai bien peur que le mérite ne se place pas vraiment dans la qualité des cours dispensés mais plutôt dans les actions d'éclat qui permettent de se faire bien voir de l'administration.
Réponse de le 09/06/2011 à 15:20 :
absolument juste et bien exprimé
a écrit le 08/06/2011 à 21:18 :
Quand on ne sait même pas faire une règle de trois,comment peut-on prétendre vouloir évaluer les enseignants?
Réponse de le 09/06/2011 à 15:17 :
@STONE1,le Monsieur en question il est ministre! Même si ont pensent que le chef n'est pas compétent, et bien il est chef! dur dur réalité!
a écrit le 08/06/2011 à 13:31 :
le chef d'etablisement devrait être au coeur de l'evaluation, il connait bien ses collaborateurs. On devrait calquer leur prerogatives sur celles d'un chef d'entreprise, avec des objectifs à atteindre et recompense en fonction. Beaucoup de prof attende l'heure qui passe et n'en ont rien à faire des eleves en difficultés qui pourtant souhaite s'accrocher. sans parlé de ceux qui font un cours de bien tous les 5 ans quand ils ont un controle de l'inspecteur. la vocation est perdue, normal face à la machine qui empeche toute initiative personelle. c'est la machine fonctionnaire, trop centralisé, trop deconnecté des réalités du terrain qui ont des specifictés locales.
Réponse de le 09/06/2011 à 4:44 :
demandez à qq chef d'entreprise de vous corriger les fautes d'orthographe; quant au contenu du propos il n'est pas fameux et son évaluation est facile à faire!
a écrit le 08/06/2011 à 9:49 :
Bonne nouvelle à la veille des 2 mois de congés d'été !! Mais ne soyons pas dupe mes amis, les inspecteurs seront plus que cléments avec la profession. Toutefois, nous allons très vite distinguer ceux qui ont la vocation et ceux qui ont choisi le job pour les congés répétitifs, n'est-ce pas ?.... Au pire il reste toujours le privé qui peut vous accueillir à bras ouverts. Allez bonnes vacances !!
Réponse de le 08/06/2011 à 15:01 :
Les corps d'inspection devraient être supprimés. Ce sont eux qui sont une des sources des échecs de l'Education Nationale. Ils sont improductifs, dangereux par leur consignes inutiles et trop subjectifs dans leurs inspections ou l'on fait semblant d'évaluer l'enseignant.
Il faut faire sauter le collège unique et évaluer les enseignants par leurs résultats avec les élèves et par leurs chefs d'établissement.
Réponse de le 08/06/2011 à 17:07 :
Toujours les mêmes idées fausses: les enseignants n'ont pas deux mois de congés PAYÉS en été, juste deux mois chômés car le salaire est calculé sur dix mois et réparti sur douze (donc payé avec retard - vous connaissez une autre profession où ce serait accepté?). A propos de salaires et indemnités, savez-vous qu'un profs qui fait passer le bac hors de sa commune en est de sa poche ? Frais de déplacement remboursés tarifs SNCF 2e classe (même s'il n'y a pas de gare dans la commune de départ et d'arrivée) et vu le prix du super...
Réponse de le 09/06/2011 à 15:39 :
@tous, nos politiques ils n'ont cas tout supprimer! la police trop d'effectifs! les hôpitaux trop de soignants, les services fiscaux trop de fonctionnaires et j'en passe! merci à nos politiques! nous avons compris ils veulent notre mort!
a écrit le 08/06/2011 à 7:27 :
Un grand OUI!
Ceux qui sont contre, c'est qu'ils ont effectivement quelque chose à se reprocher! Sinon pourquoi refuseraient-ils des primes au mérite!!
Réponse de le 08/06/2011 à 9:14 :
NON, ceux qui sont contre sont ceux qui ne font pas confiance aux inspecteurs qui croient tout connaître d'une personne en 10 mn. Quel stupidité et quelle arrogance !!!!
Réponse de le 08/06/2011 à 13:41 :
A eux de prouver leur talent...! Comme dans le privé!!! Il n'est pas normal qu'un prof qui se démène soit traité à l'égal de celui qui est absent de façon récurrente!
ps: j'espère que vous n'êtes pas prof... sinon, il faudrait revoir votre orthographe et faire une mise à jour...!
Réponse de le 08/06/2011 à 16:45 :
Une personne qui vient vous voir 1h tous les 5 ans, vous avez un équivalent dans le privé ??? Quand à la rémunération au mérite dans l'éducation nationale ça veut dire que les enfants auront un traitement inégal, mais reconnu officiellement. Je précise, imaginons un parent qui dit pourquoi vous avez mis mon fils dans la classe de M. X qui n'a pas la prime de performance c'est bien qu'il est incompétent. Je veux qu'il ait Mme Y. Du coup le chef d'établissement est comptable devant les parents puisque c'est lui qui a noté, et plus l'inspecteur il ne pourra plus se défausser...
Réponse de le 09/06/2011 à 15:26 :
et si les parents participaient à l'évolution en donant une appréciation sur les profs :
critère : le prof a su intéresser l'enfant ou pas ?
a écrit le 08/06/2011 à 7:20 :
Bonjour,
Et si on évaluait les ministres ?
C'est vrai, ne pas savoir faire un simple exercice d'évaluation de CM2 pour un ministre de l'EN, ça montre bien leur compétence...
Bon, zéro, je vais réviser..
Bonne journée
Réponse de le 08/06/2011 à 14:23 :
jpseg31, non ! et non ! il ne faut pas mettre un zéro mais " absent " car les psychologues qui comme on le sait fourrent leurs nezs de partout "ce zéro poursuivra l'enfant toute se vie ". c'est arrivé dans un bahut côté le prof a tenu bon et fut mal noté ...
a écrit le 08/06/2011 à 7:19 :
Qu'est-ce que c'est que cette profession qui ne souhaite pas être récompensé des efforts fournis???? Et les syndicats, eux mêmes ne souhaitent pas d'individualisation des carrières...Comment voulez vous motiver les gens dans ces conditions à être innovant et rechercher les meilleurs résultats???
Le nivellement par le bas est une fausse bonne idée! on le voit aujourd'hui dans nos écoles et collèges, au sein desquels, aucun efforts n'est fait par les enseignants pour que les élèves fassent moins de fautes d'orthographe. Je ne parle même pas de l'absentéisme...certains professeurs sont carément absents 1 semaine sur 2, et apparemment sans sanction...sur leur avancement.
Réponse de le 08/06/2011 à 14:29 :
laciure, non, pas de récompense car les enseignants sont majeurs et font bien leur travail sans carotte.
Réponse de le 08/06/2011 à 16:40 :
Absence devant les élèves ne veut pas dire que le prof reste chez lui à se reposer. Souvant les absences sont la conséquences de stage pour remettre à niveau les pratiques pédagogiques et encore plus souvent elles sont la cause de réunion d'harmonisation, de concertation que la hiérarchie, les chefs d'établissements imposent...
Réponse de le 09/06/2011 à 4:46 :
dans beaucoup d'autres pays ce genre d'événement est organisé pendant que les élèves sont en vacances
Réponse de le 09/06/2011 à 15:39 :
oui justement ca se passe comment en europe!
a écrit le 08/06/2011 à 7:16 :
Une évaluation des enseignants en leur demandant de résoudre un problème de CM2 comme une règle de trois?
Réponse de le 08/06/2011 à 9:17 :
comme les ministres de l'EN incompétents !!!!
a écrit le 08/06/2011 à 7:13 :
Nos chers enseignants qui sont responsables de la dégringolade de notre système éducatif par rapport aux autres pays d'Europe auraient-ils la trouille des se faire évaluer au risque de voir ressurgir leur médiocrité et leur manque d'engagement au service des élèves? il va y avoir juillet et août ... ça va les calmer.
Réponse de le 08/06/2011 à 9:16 :
encore la haine des UMPistes contre les fonctionnaires mais eux sont parfaits n'est ce pas ? quelle arrogance !!!!
Réponse de le 08/06/2011 à 12:38 :
Cette méthode permettra de nouvelles magouilles...
(cf liste d'aptitude au corps de Professeurs Agrégés du 25 mai dernier)
Un enseignant du CDDP de Chaumont est passé hors promotion! Il était recommandé par le maire de la ville (dont Mr chatel est le maire)
Réponse de le 08/06/2011 à 14:55 :
Que c'est beau de voir le 'moutonisme' de certains.
"Si ça va mal à l'école, c'est la faute des prof. qui font rien qu'à glander !"

Rapport de l'OCDE de 1996 sur "La politique de l'ajustement"
>http://www.oecd.org/dataoecd/24/23/1919068.pdf

« [...] Si l?on diminue les dépenses de fonctionnement, il faut veiller à ne pas diminuer la quantité de service, quitte à ce que la qualité baisse. On peut réduire, par exemple, les crédits de fonctionnement aux écoles ou aux universités, mais il serait dangereux de restreindre le nombre d?élèves ou d?étudiants. Les familles réagiront violemment à un refus d?inscription de leurs enfants, mais non à une baisse graduelle de la qualité de l?enseignement et l?école peut progressivement et ponctuellement obtenir une contribution des familles, ou supprimer telle activité. Cela se fait au coup par coup, dans une école mais non dans l?établissement voisin, de telle sorte que l?on évite un mécontentement général de la population. »



Alors ? Toujours aussi paresseux les profs ?

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