Les jeunes et la création d'entreprise : "je t'aime, moi non plus"

 |   |  584  mots
Copyright Reuters
Copyright Reuters (Crédits : Reuters)
Alors que 48% des jeunes diplômés indiquent souhaiter créer un jour une entreprise, ils sont seulement 1% à sauter le pas. Pourquoi ce décalage ? L'environnement économique arrive largement en tête des raisons invoquées par les étudiants, selon un sondage réalisé par le cabinet de conseil Didaxis.

La France aura-t-elle un jour son Mark Zuckerberg ? A priori, il faudra attendre encore un certain temps. Car si près d'un jeune français sur deux indique vouloir créer un jour son entreprise, seulement un sur cent passerait du rêve à la réalité. Le cabinet de conseil et de portage salarial Didaxis a interrogé 984 étudiants âgés entre 18 et 29 ans partout en France afin de connaître les raisons de cette difficulté à concrétiser leurs ambitions.

Les jeunes attendent des jours meilleurs

En temps de crise, difficile de s'imaginer aux commandes. Le manque de visibilité lié à l'instabilité du contexte économique actuel est ainsi cité par près de 80% des sondés comme un facteur décourageant. Il faut dire que les jeunes ne sont pas épargnés par la crise. Au total dans le monde 12,6% des 15-24 ans sont touchés par le chômage, soit 75 millions de personnes, selon un rapport publié en mai dernier par l'Organisation internationale du travail (OIT). Et l'avenir ne s'annonce pas rose. Ce taux ne devrait pas redescendre avant 2016. Pas de quoi donc redonner de l'enthousiasme à une nouvelle génération en manque de repères et de perspectives. Les jeunes ne sont toutefois pas les seules à être découragés. L'an dernier, près de 550.000 entreprises ont été créées, un chiffre en recul de 11,6% par rapport à 2010.

Les risquophiles ne sont pas forcément ceux que l'on croit

Les apparences sont souvent trompeuses. « Les étudiants en école de commerce ne sont pas forcément ceux qui prennent le plus d'initiatives. Ils vont avec leurs diplômes travailler dans les entreprises du CAC 40. Alors qu'aux Etats-Unis, les génies quittent Harvard pour créer des Facebooks » indique Guillaume Cairou, président de Didaxis et membre de Croissance plus. France Active, spécialiste du financement solidaire pour l'emploi, apporte de l'eau à son moulin : dans son « kit de survie pour le premier entretien avec votre banquier », l'association révèle que 74% des moins de 26 ans ayant sollicité son soutien pour créer leur entreprise ont un diplôme inférieur ou égal au baccalauréat.

S'expatrier pour mieux se lancer

« La culture en France n'est pas adaptée à la création d'entreprise auprès des jeunes. L'étranger effraie moins, surtout les pays anglo-saxons où l'on ne se focalise pas que sur l'échec » affirme Guillaume Cairou. Un sentiment qui se traduit dans les résultats de l'étude. Près d'un étudiant interrogé sur quatre (23%) préférerait s'expatrier pour créer son entreprise. Et 88% déclare en être tout simplement dissuadé par leur famille. Et l'environnement politico-juridique ne se pose pas en contrepoids. La moitié des sondés considère que la France n'a pas un environnement fiscal suffisamment incitatif. Un sondage Ipsos publié en Mars révèle également que 84% des 18-30 ans pensent que les aides proposées aux jeunes entrepreneurs sont insuffisantes.

Briser les idées reçues

L'association France Active tente en revanche d'abattre les idées reçues. Selon ses données, les jeunes entrepreneurs ont quasiment autant accès au crédit bancaire que les autres créateurs d'entreprises (23% contre 26%).

Enfin, une fois créée, comment ces entreprises performent ? L'APCE (Agence Pour la Création d'Entreprise) s'est posée la question. Réponse : la pérennité des entreprises est moins importante pour les jeunes générations mais reste honorable avec un taux de survie après trois ans d'existence de 59% contre 68% lorsque l'entrepreneur a dépassé les 30 bougies.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 11/08/2012 à 21:55 :
Cavalière vos 2 commentaires judicieux juste il faut que le petit peuple se prenne une bonne fois en main, mais si un jour il y à une révolution on s'en prendra d'abord au nantis.
a écrit le 10/08/2012 à 17:56 :
Nous (2 entrepreneurs) avons trouvé que cet article contenait un grand nombre de clichés et généralités, ce qui est plutôt dommage.. :/
Par ailleurs, nous nous sommes posé des questions sur l'enquête réalisée par Didaxis : comment le panel a été constitué ? Qu'est-ce qui a été demandé aux 984 étudiants interrogés ? etc.
Aussi, Julien Bonnet et Caroline Pilczer, serait-ce possible d'avoir d'avantage de précisions svp ? Merci d'avance ! :)
a écrit le 10/08/2012 à 14:53 :
Faut être fou pour créer une entreprise en france!! Je rappelle que le régime de l'auto-entreneur n'est plus intéressant... Il faut savoir qu'il y a des impots locaux et foncier à payer ...!! Plus tout le reste ...Vous gagnez 100 et en donner 90 ...
J'ai crée ma sté à Londres et je ne paye que les impots société, j'ai mon contrat maladie privé, et ne doit rien d'autre, un vrai bonheur.
a écrit le 10/08/2012 à 13:39 :
Pourquoi les jeunes créeraient des boîtes ? Pour bosser pour Papy Ponzi et ses potes les anciens de la SNCF ?
a écrit le 10/08/2012 à 11:32 :
Ca serais bien que les moderateurs de la tribune se mettent a publier les commentaires... Au bout de 2h30 toujours pas affiché... Merci les gars ;)
a écrit le 10/08/2012 à 8:41 :
Entreprendre dans un pays de rentiers, de fonctionnaires, d'assistés et de professions fermées, où le prix délirant des locaux permettent d'assurer un monopole au prix fort ??? avec une croissance de 0.5% et des taxes pendant les 20 prochaines années ?
a écrit le 10/08/2012 à 8:38 :
Le dilemme Soit accepter d'être salarié précaire qui plafonnera au smic sans retraite avant 70 ans ou s'endetter auprès de son entourage pour tenter de créer une activité dans un marché mature qui flirte avec la récession. De toute façon en France, il faut naître riche pour créer ou reprendre une entreprise, pleurer à la banque lol !! Pour 20 000 euros, allez plutôt acheter un commerce, ouvrir un hôtel dans un pays émergeant, là vous êtes sur d'être gagnant !!!
a écrit le 10/08/2012 à 7:10 :
Perso je suis dirigeant de PME dans l'industrie. Quand je lis cet article je retrouve tout ce qui fait la mentalité d'un pays qui n'aime pas ses chefs d'entreprise. A rapprocher d'un sondage paru hier mentionant qu'une forte majorité de jeunes Français désiraient travailler dans la focntion publique!!! et que plus de 80% ne croyaient pas aux chefs d'entreprise pour créer des emplois. A part çà, la France crée des grosses têtes avec ses écoles élitistes qui finissent dans la haute administration ou bien au sein des boites du CAC 40. Pour ma part et par expérience je décourage mes enfants à suivre mes pas dans ce pays. Ils iront à l'étranger créer une entreprise (ils en ont l'âme et l'envie c'est déjà çà). Quand je vois comment nous autres petits patrons de PME sommes traités en France entre l'administration, la fiscalité et si par malheur je réussi mes employés et clients jaloousent ma voiture ou tout autre signe de "richesse".... Sans compter la fiscalité rédibithoire pendant l'exercice de la fonction, au moment de la vente de l'entreprise, la succession et j'en passe. Non, oubliez l'ISF c'est en général pas pour nous petits patrons mais pour ceux du CAC40. Alors, oui créez une etreprise si vous êtes jeunes et que vous avez çà dans les tripes, mais allez la créer là ou le terreau est fertile pour un entrepreneur. Pas en France, on vous crachera dessus si vous réussissez.
a écrit le 10/08/2012 à 0:02 :
Avant de créer son entreprise pensez que sur 100 de résultat brut il ne vous reste que 60. Si vous les distribuez il ne vous reste que 30. Ça calme!
Réponse de le 10/08/2012 à 23:20 :
Avant de rester salarié pensez que sur 100 gagné par l'entreprise moins charges (loyer, fournitures...)
- une partie sera dédié à votre salaire : 55% d'impôt (charge patronale et charge sociale) et 45% votre salaire net
- une partie pourra être redistribué : entre 15% et 33% d?impôt (impôts sur les sociétés) puis sur la part restante encore 15,5%(charge social) soit au minimum 57% de "salaire" net

Bien entendu dans les 2 cas il faudra encore appliqué l'impôt sur le revenu mais dans le cas de dividende (il y a un abattement de 40%)

Si je résume sur 100
- un salarié touche 45%
- un patron touche 57%

Donc c'est sur que toutes ses taxes, impôts, charges calme, mais il faut admettre que logiquement vous gagnez toujours plus en tant que patron qu'en tant que salarié et heureusement car c'est lui qui créer ou vous trouve du travail !

Attention tout de même un salarié cotise plus mais reçoit également plus (retraite, chômage, congé payé, formation, couverture maladie...)
a écrit le 09/08/2012 à 22:41 :
Tout à fait d'accord, les riches ont mis des barrières à l'entrée et l'administration aussi. Ils méprisent les compétences et pensent que c'est malin. Imaginez un peu: un ingénieur de grande école qui se retrouve à faire de la vente de médicaments. Jamais se pays se développera, les compétences sont perdues pour des emplois sous qualifiés. On est entrain de le tuer. J'en connais des ribambelles qui n'ont jamais trouvé quoi que ce soit. Il faut un an pour trouver une misère. C'est un système qu'il faut remettre à l'endroit. ça c'est n'importe quoi! La croissance à crédit qu'ils ont inventé, ils appellent cela le développement.
Réponse de le 10/08/2012 à 9:41 :
"Les riches ont mis des barrieres"... C'est aussi a cause de ce genre de commentaire qu'on ne se lance pas... A quoi bon reussir si c'est pour se faire lapider apres...
Serieusement, qu'est-ce que les riches viennent faire dans votre remarque?
Réponse de le 10/08/2012 à 9:56 :
Logique ... Résultat immédiat, aucune vision moyen-long terme, besoin de consommer immédiat ... Aucune stratégie, gestion au jour le jour ... Tout ce qu'il faut pour une faillite généralisée ...
a écrit le 09/08/2012 à 21:40 :
Même les gens comme moi de la trentaine souhaite créer leur entreprise. Mais sans argent c'est presque impossible. Les banques ne vous soutiennent pas, ne vous conseil pas, regarde juste si elle va pouvoir bouffer sur votre dos. J'ai essayé de faire une reconversion professionnelle à cause du chômage et d'en finir avec la précarité en créant mon entreprise, résultat : je repointe au chômage-RSA sans avoir réussi a créer mon emploi, trop de barrière, d'accompagnement imaginaire, inefficace, trop de murs à franchir. Pourtant c'est cela qu'il faut soutenir en France aujourd'hui. On préfère nous faire crever dans l'indifférence !
Réponse de le 09/08/2012 à 23:07 :
Oui j'ai aussi fait des études et au rsa. Espérons que le système va tomber! Comme l'Italie avec la fuite des capitaux, il va pas faire le malin très longtemps. citation: quand ton grand corps de culbuto va tomber, ça fera du bruit! Pour les politiques, les salariés c'est une manne bénite d'esclave, ils se payent la sécurité d'emploi et des salaires de 4 fois celui des patrons de PME et ils crachent sur tout le monde. Salaire moyen bac+5... 1800 euros, je te raconte pas la démotivation! C'est ubuesque!
Réponse de le 10/08/2012 à 9:26 :
Tant que les politiques s'engraisseront sur le dos des entreprises, il n'y aura pas vraiment de création ou de croissance des PME!
rémunération annuelle moyenne d'un patron de PME 30 K?, rémunération moyenne d'un élu
100K?....et d'un ministre 170 k? on comprend mieux pourquoi les politiques cherchent à garantir leurs acquis!!!!
Réponse de le 10/08/2012 à 9:59 :
Il faut faire un séjour à l'étranger car en France beaucoup trop de choses sont verrouillées, et si vous n'êtes pas bien nés ou en bonnes relations alors diplomes/compétences ne vous aident pas ... Dans les pays/sociétés anglo-saxonnes, si vous êtes bons alors vous prenez l'ascenseur, et plus vous bossez et plus vous montez vite ... En France, vous restez bloqué à la cave car la culture n'est plus la méritocratie mais la ploutocratie ...
a écrit le 09/08/2012 à 21:22 :
Cet article est tres alarmant car la france doit savoir creer de nouvelles entreprises. Aux USA les capital riskers approchent les diplomés et les start ups.... En France ce n'est pas la meme chose. Montez une start up de maniere agressive demande des financements entre 5 et 10 millions d'euros. Ce n'est pas le meme type de creation d'entreprise que monter une société de service en chauffage central ou on va chercher des financements aupres des banques biem moins élevés....

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :