Les nouveaux appétits de l'économie solidaire

 |  | 565 mots
Lecture 3 min.
Copyright Reuters
Son premier financier, France Active, qui permet notamment à des porteurs de projets en panne de crédits bancaires de se lancer dans l'entrepreneuriat, veut doubler son activité dans les cinq ans à venir.

En ces temps de crise, l?économie sociale et solidaire (ESS) émerge dans la société française, en quête de solutions alternatives de financement. Elle a même été l?objet d?engagements de la part de candidats à l?élection présidentielle, comme François Hollande et Eva Joly. Il est donc logique de voir les principaux acteurs de l?économie solidaire avoir des velléités de développement ambitieuses.
Premier financeur de l?économie solidaire en France, France Active a ainsi pour objectif de doubler son activité en faveur de l'emploi dans les cinq ans à venir. Cette association, présidée par l?ancien ministre de l?Economie, Christian Sautter, prévoit notamment d?accroître l?innovation pour le financement solidaire des territoires. France Active a pour mission de favoriser l'insertion économique en apportant au porteur de projet « un accès au crédit, une expertise et un soutien financier ». En 2011, l?association a permis de financer « près de 6200 projets d?entrepreneurs, et de créer ou de consolider 25 000 emplois ».

Des ressources majoritairement publiques

Elle a pour cela mobilisé un montant total de 204,2 millions d?euros en 2011, principalement apporté par les collectivités territoriales, l?Etat, la Caisse des dépôts (CDC), le Fonds social européen (FSE), et plus marginalement par des partenaires privés.
La principale activité de France Active consiste à apporter aux porteurs de projets des garanties d?emprunts lorsqu?ils n?ont pas accès aux crédits bancaires. Elle a dans ce cadre mobilisé 158,3 millions d?euros en 2011. « Nous nous assurons que les conditions d?emprunts des porteurs de projets soient appropriées. C'est-à-dire que les taux des prêts soient inférieurs à 5% et que les porteurs n?apportent qu?un minimum de caution », indique Anne Florette, directive générale de France Active. La garantie peu représenter jusqu?à 80% du montant emprunté, ce qui est conforme à la réglementation européenne.

Les banques ne rechignent plus à prêter

Du coup, les banques françaises rechignent moins à regarder les dossiers des porteurs de projets qui n?ont que très peu de ressources. « Nous avons fait bouger les lignes au niveau des banques. Elles accordent aujourd?hui des crédits qu?elles n?accordaient pas avant », se félicite David Sues, le directeur du fonds du Nord-Pas-de-Calais « Nord Actif », un des 40 fonds territoriaux de France Active. Nord Actif a même réussi l?exploit de convaincre trois banques mutualistes locales (Caisse d?Epargne, Banque Populaire et Crédit Agricole) de ne pas demander de caution personnelle au porteur lorsque l?association garantit 80% du prêt.
Une initiative salvatrice dans la région, alors que 83% des demandeurs de projets qui sollicitent Nord Actif sont à la fois demandeurs d?emplois et bénéficiaires des minima sociaux, et que 65% sont seulement bénéficiaires des minima sociaux.

Financer les entreprises solidaires

L?autre activité de France Active consiste à financer directement les entreprises solidaires. L?association a d?ailleurs conforté sa position de premier financeur des entreprises solidaires en France en 2011 en mobilisant 45,9 millions d?euros, soit une hausse de 10% par rapport à 2010. Elle a permis l?année passée la création ou le développement de 896 entreprises solidaires. Pour permettre ces investissements, Finance Active utilise principalement l?épargne solidaire, qu?elle soit salariale ou familiale, mais aussi le mécénat privé.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :