"Laurence Parisot doit laisser vivre le Medef"

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Dans un entretien accordé à La Tribune, Pierre Gattaz, chef d'entreprise, président du Groupement des fédérations industrielles (GFI) et candidat officiellement déclaré à la présidence du Medef, revient sur le blocage actuel du processus électoral au sein de l'organisation patronale.

Le processus électoral est actuellement bloqué au Medef. Quelles recommandations faites-vous pour sortir de l'impasse ?

 

Il faut que le comité statutaire donne enfin son avis sur les modifications de statut que souhaite Laurence Parisot, l'actuelle présidente du Mouvement. Ce n'est qu'une fois cet avis récolté que le conseil exécutif puis l'assemblée générale se prononceront.

 

On vous sent particulièrement remonté contre ce que certains appellent une man?uvre de Laurence Parisot pour conserver la présidence du Medef.

 

On ne change pas les règles d'un scrutin quelques mois avant les élections. Une élection est une respiration. Même si le bilan de Laurence Parisot à la tête du Medef est plutôt bon, elle doit laisser le Medef vivre sans elle. Les présidents de la République, les gouvernements passent, les syndicats changent de tête et pas le Medef, le Mouvement des entreprises de France ? Ce n'est pas sain. C'est inconcevable.

 

La campagne électorale est bloquée ?

Pour l'instant, les quatre candidats qui se sont d'ores et déjà officiellement déclarés ont déjà commencé leur campagne mais les choses ne sont pas très claires. Il faut absolument que la campagne débute officiellement à la fin avril, début mai, deux mois avant le vote. Le comité statutaire doit se prononcer avant que, le 18 mars, le conseil exécutif donne enfin le coup d'envoi des élections.

 

Qu'est ce qui vous différencie de l'action du Medef actuel ?

Il se décline en trois points. Le Medef que je souhaite incarner doit faire ?uvre de pédagogie économique auprès des gouvernants, des entreprises et des citoyens. Au quotidien, dans les fonctions de chef d'entreprise et de responsable patronal, j'ai pris conscience du manque de culture économique de la société française, ce qui explique les incompréhensions, les mauvaises décisions. Je souhaite également que le Medef soit une véritable institution de terrain, qu'il se réapproprie les territoires. Tout ne se décide pas à Paris. Il faut davantage donner la parole aux chefs d'entreprises qui font la force de nos régions. Je désire enfin que toutes les forces patronales, fédérations et territoires, soient réunies. Ensemble, nous serons plus forts, nous gommerons nos faiblesses respectives.

Les relations entre le Medef et la CGPME se sont très dégradées ces derniers mois. Pensez-vous pouvoir restaurer le dialogue ?

Evidemment. Jean-François Roubaud, le président de la CGPME, partage avec moi le même diagnostic sur l'économie française et sur les changements nécessaires pour restaurer sa compétitivité. Si nous n'avons pas tout à fait les mêmes objectifs, en raison de la nature même des intérêts que nous défendons, nous avons tout à gagner à unir nos forces, à articuler nos talents tout en respectant nos identités. C'est une évidence.

 

 

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Commentaires
a écrit le 26/02/2013 à 14:19 :
Parisot a surtout transformé le Medef en parti politique. De ce fait, le Medef est déconnecté des réalités, n'est plus force de proposition et d'action. Le Medef est devenu une organisation vieillotte.

Et puis, s'approprier le Medef, en faire sa chose pour mieux se valoriser n'est jamais bon, ni constructif.

Bref, il est temps que le Medef aille de l'avant, trouve une nouvelle impulsion et remplisse sa mission. Par conséquent, il est nécessaire d'avoir du sang neuf avec une personne qui n'est pas déconnecté des besoins et des réalités entrepreneurial et qui est source de liens, force de propositions et d'actions constructives.

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