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ÉconomieFrance

Candidats à la présidence de l'UMP : d'accord sur rien... sauf sur l'économie

Photo de Jean-Christophe Chanut

Jean-Christophe Chanut

Publié le 15 novembre 2014 à 08:44 - Mis à jour le 15 novembre 2014 à 08:45

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Le 29 novembre, les militants UMP sont appelés à élire le président de leur mouvement. Nicolas Sarkozy, Bruno Le Maire et Hervé Mariton sont candidats... Sur les questions économiques et sociales, les trois hommes affichent... leur convergence.

Ce sera a priori la seule et unique fois. Ce samedi 15 novembre, les trois candidats officiels à la présidence de l'UMP vont participer à un meeting commun. Après, ils entameront la dernière ligne droite avant le scrutin du 29 novembre où les quelque 260.000 adhérents de l'UMP à jour de leur cotisation voteront électroniquement pour élire leur prochain président.... A moins qu'un second tour soit nécessaire le 7 décembre.

Parmi les trois candidats, l'un est archi connu puisqu'il s'agit de Nicolas Sarkozy, l'ancien président de la République, qui souhaite « repasser par la case UMP » pour mieux se positionner en vue de l'élection présidentielle de 2017. Les deux autres sont Bruno Le Maire, député de l'Eure et ancien ministre de... Nicolas Sarkozy et Hervé Mariton, député de la Drôme et ancien ministre de Jacques Chirac.
Certes, les trois hommes n'ont ni le même style ni la même personnalité. Certes ils divergent également sur les questions sociétales. Hervé Mariton, par exemple, proche du mouvement « La manif pour tous » affiche des opinions davantage « conservatrices » que ses deux concurrents.

En revanche, on va le voir, les trois hommes sont quasiment sur la même longueur d'onde pour les questions économiques. A noter, d'ailleurs, que Bruno Le Maire était le responsable du projet de l'UMP pour 2012 et que Hervé Mariton, lui, fût en 2014 le préposé au « nouveau » programme économique de l'UMP.

Haro sur les 35 heures

Nicolas Sarkozy l'a dit lors de ses différents meetings. Il veut "un nouveau code du travail" dans les six mois suivant l'alternance, augmenter le nombre d'heures travaillées dans la fonction publique, laisser aux entreprises la possibilité de « sortir des 35 heures par la négociation », revenir au non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant en retraite et qualifie "d'évidence" un relèvement rapide de 62 à 63 ans de l'âge légal du départ à la retraite. Il plaide également pour la création "d'un nouveau contrat de cinq ans dans la fonction publique parce que la France ne peut plus recruter systématiquement sous le statut des fonctionnaires à vie". Ce contrat ne s'appliquerait pas à tous les postes, notamment les policiers et les enseignants. Il souhaite également revenir sur le jour de carence, une des plus "démagogiques" décisions de François Hollande.

Or que dit Hervé Mariton pour sa part ?... la même chose ou presque. Il préconise l'abrogation des 35 heures ; la remise en cause du statut à vie des fonctionnaires car « il ne serait pas choquant que les personnels publics soient plus nombreux sous contrat ». Le député de la Drôme milité aussi pour « une suppression radicale de l'ISF »...

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Sur ce dernier point, Nicolas Sarkozy semble penser la même chose mais avance plus prudemment : «  La France est l'un des très rares pays européens à avoir un impôt sur la fortune. Cela crée-t-il chez nous les conditions d'un déséquilibre qui nuit à la croissance et à l'emploi ? Tout observateur de bon sens ne peut répondre que par l'affirmative. »

Et quand Hervé Mariton veut faire réaliser à l'Etat plus de 100 milliards d'euros d'économies dans la dépense publique, Nicolas Sarkozy, lui, prône que «d'ici à cinq ans, il ne soit plus possible de consacrer plus de 50 % du PIB à la dépense publique. Tout gouvernement qui atteindrait ce seuil se heurterait à l'interdiction d'augmenter la dette ou les impôts ».

Sarkozy et Le Maire regrettent  certaines de leurs actions passées

Bruno Le Maire est quasi en phase avec toutes ces propositions. Ainsi, il demande également une sortie définitive « et par la négociation du carcan des 35 heures" . Il milite aussi « pour une réforme du droit du travail trop protecteur, trop verrouillé, trop coûteux pour les PME et les TPE » et des seuils sociaux « qui imposent aux PME de plus de 20 ou de plus de 50 salariés des obligations supplémentaires ».

De même, le député de l'Eure plaide ouvertement pour « un système d'allocation chômage plus dégressif ». Sur les retraites, Bruno Le Maire avance un peu moins masqué que ses adversaires en préconisant un « alignement des régimes de retraites du public sur le privé et la suppression de tous les régimes spéciaux ».

A noter que lors d'un meeting, Bruno Le Maire a fait une sorte de mea culpa sur ce qui n'a pas été fait sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, dont il était le ministre de l'Agriculture :« nous n'avons pas été assez courageux pour faire les réformes nécessaires sur la simplification du code du travail, la suppression du cumul des mandats et leur limitation dans le temps pour favoriser l'émergence des jeunes, la réduction du nombre de parlementaires ».

Et comme en écho, Nicolas Sarkozy aussi a fait part de quelques regrets : "Avec le recul, je me dis que j'aurais été mieux inspiré de créer un bouclier de la dépense publique plutôt qu'un bouclier fiscal", ou encore "j'aurais dû avoir l'idée d'un Schengen II plut tôt ». De même, "j'avais voulu réformer le RMI pour en faire un véritable outil d'insertion. Martin Hirsch a voulu en faire un instrument de lutte contre la pauvreté. L'objectif était louable mais du coup, nous sommes passés à côté de l'insertion."

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Bref, on le voit avec ce rapide tour d'horizon, ce n'est pas les questions économiques et sociales qui divisent réellement les trois hommes... Mais ce n'est pas réellement une surprise. Et ce n'est pas ce qui passionne le plus les militants UMP.

Jean-Christophe Chanut

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