Le Portugal s'engage sur la réduction des déficits publics

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Le gouvernement portugais, soucieux d'apaiser les marchés financiers, s'est engagé mardi à ramener son déficit public à 8,3% du PIB en 2010. En 2009, il a atteint 9,3% du PIB, soit le niveau le plus important depuis l'avènement de la démocratie au Portugal en 1974.

Le gouvernement socialiste portugais, qui ne souhaite pas suivre l'exemple grec et islandais, s'est engagé mardi à ramener son déficit public à 8,3% du PIB (produit intérieur brut) en 2010 après qu'il eut atteint l'an dernier le niveau record de 9,3%, dans le projet de budget remis en fin de soirée au parlement. Le déficit enregistré en 2009 est le plus important depuis l'avènement de la démocratie au Portugal en 1974, et est nettement supérieur aux dernières prévisions de la Commission européenne et du Fonds monétaire mondial (FMI) qui l'estimaient à 8%.

Ces dernières semaines, les appels s'étaient multipliés pour que le Portugal entame dès 2010 un redressement "crédible" de ses finances publiques, dans la crainte d'une débâcle budgétaire comparable à celle de la Grèce. En jeu : ne pas voir s'envoler les taux des emprunts d'Etat, et réussir à conserver sa crédibilité auprès des agences de notation.

Le gouvernement portugais, à l'instar de l'ensemble de ses partenaires européens, est confronté au dilemme d'à la fois continuer à soutenir la croissance encore très faible, et de réduire les déficits pour garder la confiance des marchés financiers.

"C'est un budget de confiance, de rigueur et d'exigence qui répond à la nécessité de soutenir la croissance, de reprendre la consolidation budgétaire et d'aider les Portugais à affronter les difficultés suscitées et aggravées par la crise mondiale", a affirmé lors d'une conférence de presse le ministre des Finances, Fernando Teixeira dos Santos. "C'est aussi un budget adapté au moment et qui doit rétablir la confiance des agences économiques et investisseurs dans notre économie", a-t-il ajouté, alors que le Portugal est sous la menace d'une dégradation de la notation de sa dette en raison de l'ampleur de ses déficits.

La dette publique, qui s'élevait en 2009 à 126,22 milliards d'euros (76,6% du PIB), devrait continuer de s'alourdir en 2010 à 142,91 milliards d'euros (85,4% du PIB), selon les données officielles. "Nous avons pris un ensemble de mesures qui donnent un signal clair de notre engagement de rigueur budgétaire", a assuré le ministre, qui a réaffirmé l'engagement de Lisbonne à "réduire le déficit public sous les 3% d'ici 2013".

Au programme de la réduction des dépenses de fonctionnement, le ministre des Finances a confirmé le gel des salaires de la fonction publique, dont les effectifs seront réduits selon la règle d'une embauche pour deux départs, appliquée depuis 2005 mais qui sera désormais "inscrite dans la loi", a-t-insisté. Du côté des recettes, dont la baisse a été "plus accentuée que prévu", a reconnu le ministre, le programme de privatisations, suspendu en 2007 en raison de la crise économique, sera relancé en 2010, et le gouvernement "envisage d'en privatiser d'autres". A l'image d'autres pays européens, le Portugal va également mettre en place une taxe exceptionnelle de 50% sur les bonus versés aux gestionnaires et administrateurs du secteur bancaire.

Pour soutenir une croissance toujours atone, estimée pour 2010 à 0,7% du PIB (après un recul de 2,6% en 2009), et lutter contre un chômage prévu à 9,8%, le gouvernement de José Socrates entend poursuivre sa politique d'investissements publics, en mettant l'accent sur les secteurs de l'énergie, l'éducation, la santé et les communications.

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