Après sa hausse des taux, la BCE annonce une pause

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Après l'annonce du relèvement de 25 points de base du principal taux directeur de la BCE à 1,5%, Jean-Claude Trichet a signalé une pause dans les relèvements des taux directeurs de la zone euro. Le niveau d'inflation continuera néanmoins d'être "étroitement" surveillé. Par ailleurs, le président de la BCE a annoncé l'assouplissement des conditions de prêts au Portugal et il maintient sa position vis-à-vis de la Grèce.

La hausse des taux directeurs de la BCE devrait marquer une pause jusqu'à l'automne. C'est ce qu'a signalé Jean-Claude Trichet lors de la conférence de presse qui a suivi l'annonce du relèvement du taux de refinancement à 1,5%, soit une hausse de 25 points de base.

La banque centrale a par ailleurs annoncé le relèvement du taux de rémunération des dépôts des banques de 25 points de base, à 0,75%, tout comme celui du le taux de prêt marginal au jour le jour, taux auquel les banques peuvent emprunter en cas d'urgence,  porté de 2% à 2,25%

Depuis le mois décembre 2010, l'inflation dépasse la limite que l'institution s'est fixée. En mai dernier, l'indice des prix à la consommation a progressé de 2,7%, en rythme annuel, après 2,8% en avril.

Si la hausse des taux devrait être suspendue à court terme, rien n'indique qu'elle ne reprenne pas plus tard. "Les taux d'inflation devraient rester clairement au-dessus" de l'objectif a prévu Jean-Claude Trichet. "La pression à la hausse en matière d'inflation, due principalement aux prix de l'énergie et des matières premières, est également perceptible dans les premiers stades du processus de production" a-t-il ajouté. Le président de la BCE a prévenu : "la poursuite de l'ajustement de la politique monétaire actuellement accommodante se justifie à la lumière des risques accrus en ce qui concerne la stabilité des prix. Le rythme sous-jacent de l'expansion monéraire continue à se reprendre peu à peu tandis que la liquidité monétaire reste abondante".

 De fait, sans surprise, cette décision n'a pas permis d'inverser la tendance sur l'euro, tombé sous le seuil de 1,43 dollar à 1,4250 sur fond d'inquiétudes sur les dettes souveraines.

Assouplissements pour le Portugal, fermeté sur la Grèce

La réaction officuelle de la BCE sur la situation du Portugal et de la Grèce était très attendue. Les conditions de prêt seront assouplies pour les banques portuguaise avec la suspension des conditions de "rating". Cette décision interivient au surlendemain de la dégradation de quatre crans de la notation du pays par Moody's, alors que le pays a engagé une politique de rigueur drastique.

Sur la Grèce, Jean-Claude Trichet a campé sur ses positions. "Nous disons non au défaut sélectif ", a répété plusieurs fois le président de la Banque centrale européenne. Autrement dit, la BCE réitère son refus d'un éventuel défaut de paiement partiel ou total de la Grèce.

Le rôle controversé des agences de notation dans cette décision, alors que la BCE avait précisé qu'elle constaterait un défaut de paiement en cas de consensus sur ce point de la part des agences de notation, a aussi fait l'objet d'un commentaire de la part de son président. Leur "structure oligopolistique n'est pas souhaitable" a-t-il indiqué, ajoutant qu'il fallait "réfléchir" à leur importance.

Concernant l'implication des créanciers privés dans un nouveau plan de soutien à la Grèce, plan proposé par la France, Jean-Claude Trichet n'a pas changé de position. "C'est de la responsabilité des banques" a-t-il à nouveau déclaré. Il a aussi pointé la responsabilité des ministres des Finances des dix-sept pays de la zone euro.

Statut quo pour la Banque d'Angleterre

De son côté, la Banque d'Angleterre a une nouvelle fois opté pour le statu quo, laissé ainsi son taux directeur à 0,5%. Et les stratégistes ne semblent pas s'attendre à un resserrement de sa politique monétaire de si tôt, pas avant le mois de mai 2012. Pourtant, l'inflation a atteint les 4,5% en rythme annuel au mois de mai. Reste les perspectives de croissance. Au premier trimestre, le PIB n'a progressé que de 0,5% après s'être contratcé de 0,5% sur le trimestre précédent. Et les minutes (le compte rendu) de la précédente réunion du comité de politique monétaire de la Banque d'Angleterre ont montré que ses membres craignaient que l'actuelle faiblesse de la croissance de la demande ne persiste plus longtemps que prévu. Certains des membres du comité envisagent même de procéder à de nouveaux achats de titres de dette si nécessaire.

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a écrit le 08/07/2011 à 13:00 :
On mesure encore une fois l'inflation exogène(pétrole et autres matières premières) pour quantifier les taux d'intérêt . L'inflation endogène étant quant à elle proche de zéro.
Or comme nous sommes dans des pays"finis", et à force de se focaliser sur une supposée inflation, on risque tout bonnement une bonne stagflation.
a écrit le 07/07/2011 à 17:50 :
Depuis 50 ans, la hausse réelle des prix est le double de celle "officielle", laquelle est le double du taux directeur de la BCE. La BCE, qui ne respecte pas ses statuts (maîtrise de l'inflation), est gérée par des démagogues qui privilégient la décomposition sociale plutôt que l'indispensable rigueur.
Réponse de le 08/07/2011 à 6:00 :
J'ai du mal à suivre lorsqu'on me parle de stabilité des prix alors que me loger coûte actuellement deux fois plus cher qu'il y a dix ans.
Cette forte hausse des prix du logement n'est elle pas due au crédit facile ?
Réponse de le 08/07/2011 à 8:31 :
non; c'est du foutage de gueule... pure ...
a écrit le 07/07/2011 à 15:36 :
Les conditions de prêt seront assouplies pour les banques portuguaise avec la suspension des conditions de "rating"...
Tout est dit: ils sont insolvables.
Amusez-vous d'aller demander à votre banque de vous prêter de l'argent en amenant comme collatéral (garanties, hypothèques, bien eux-mêmes...) des titres d'une société en faillite ou sur le point de déposer le bilan...
Mais là, c'est encore mieux: la BCE va prêter 100% de la valeur faciale d'un bien immobilier dont les expertisent disent qu'il vaut 40, alors que l'emprunteur prétend qu'il en vaut 100.

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