Le tandem Poutine-Medvedev, face à la pression de la rue, évoque des réformes

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Le président Dimitri Medvedev a appelé à une refonte du système politique russe, un signe que les récentes manifestations contre la fraude électorale et Vladimir Poutine commencent à avoir un effet sur le pouvoir.

Medvedev comme Poutine ont rejeté les accusations des manifestants, qui estiment que les législatives ont été entachées de fraudes massives et demandent leur annulation.

Toutefois, jeudi, le Premier ministre a fait allusion lors de son émission annuelle de questions et réponses à de possibles réformes.

Il a ainsi jugé possible de modifier la loi afin de permettre l'élection des gouverneurs régionaux, pour l'instant nommés par le président, à la condition toutefois que leur candidature soit préalablement approuvée.

Medvedev a quant à lui déclaré samedi à des membres du parti Russie unie que le système politique, tout comme la formation au pouvoir, avaient besoin de réformes.

"Nous sommes face à une nouvelle étape dans le développement du système politique et nous ne pouvons fermer les yeux. Cela a déjà commencé", a déclaré le chef de l'Etat, selon une retranscription publiée par le Kremlin sur son site internet.

"Cela n'a pas débuté par des manifestations. C'est juste sous la surface, comme de l'écume en quelque sorte. C'est le signe du mécontentement des gens. Cela a commencé car l'ancien modèle qui a servi notre pays fidèlement, honnêtement et justement ces dernières années -et nous l'avons tous défendu- a largement été épuisé", a déclaré Medvedev.

"L'HUMEUR DU PEUPLE"

Ce dernier n'a cependant pas précisé quelles réformes il pensait mettre en oeuvre. Medvedev a laissé à Vladimir Poutine le soin de représenter Russie unie à la présidentielle de mars 2012, garantissant ainsi pratiquement le retour de l'ancien président au poste qui fut le sien.

"La rue, c'est l'humeur du peuple. Les autorités doivent dire de façon responsable et directe que c'est également leur humeur. L'humeur du peuple doit être respectée", a poursuivi Medvedev.

"Il est absolument inacceptable que les autorités soient délégitimisées car pour notre pays cela signifie l'effondrement de l'Etat. Qu'est la Russie sans gouvernement ? Chacun a en mémoire les livres d'Histoire. Ce serait 1917."

Les signes de concession émis par Poutine et Medvedev n'ont cependant pas apaisé les manifestants. Ces derniers ont organisé le 10 décembre les plus grands rassemblements de contestation depuis l'arrivée de Poutine au pouvoir en 1999.

Le fait que la demande d'organiser de nouveau les législatives ait été refusée a fortement mécontenté les opposants.

Ces derniers estiment que seules des fraudes ont pu permettre à Russie unie de remporter les élections et de préserver une faible majorité.

Les observateurs internationaux ont également estimé que le vote avait été faussé au profit du parti présidentiel. Les manifestants ont prévu une nouvelle journée d'action le 24 décembre.

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a écrit le 19/12/2011 à 4:10 :
Medvedev parle beaucoup et agit peu : sa dénonciation du "nihilisme légal" et ses positions contre la corruption n'ont été suivies d'aucun résultat concret. Ce n'est pas lui qui détient le pouvoir ! Sa principale réforme a été l'adoption de l'horaire d'été pour toute l'année. Résultat : en ce moment, à Saint-Pétersbourg, il fait jour à 10:00 - 10:30 !!!
Réponse de le 19/12/2011 à 10:44 :
Il est bien dans son role de "gentil" tandis que Poutine fait le méchant. Ce duo joue parfaitement, faisant meme parfois croire a des querelles entre eux! Par derrière, leur business tourne, allez donc voir les "réformes" dans Moscou, a coup de patés de maison que l'on détruit pour construire de magnifiques complexe bureaux/habitations pour les riches. Au grand bénéfices des comptes en banques des oligarches. Mais au moins il n'étouffent pas le peuple avec des impots en constante progression...
a écrit le 18/12/2011 à 21:48 :
Il n y a que la rue qui fera bouger les choses.Un printemps arabe en somme.
Au fait, à quand les avions de l'OTAN?
Réponse de le 18/12/2011 à 23:19 :
La rue ?? pas forcément, en France la rue n'a pas fait reculer Sarko.
Réponse de le 18/12/2011 à 23:58 :
Ok avec patrick, Il faudrait peut être regarder comment cela se passe chez nous avant de critiquer ce que font les autres pays
Réponse de le 19/12/2011 à 10:36 :
@ Plus rien: Il n'y a nulle critique dans le commentaire de Maurad, ni dans l'article. Qui accusez vous de critique un peu rapide ? Conclure sans objectivité risque de vous rendre influencable par la propagande. mais si c'est simplement un commentaire mal placé, soyez plus vigilant car cela nuit au débat.

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