La politique monétaire américaine fait débat au sein de la Fed

Dennis Lockhart, l'un des dirigeants de la Fed, s'est inquiété mardi de l'utilisation par la banque centrale américaine de la politique monétaire pour faire face aux problèmes structurels que rencontrent les États-Unis. Pour lui, les problèmes auxquels fait face la première économie mondiale appelle "des réformes budgétaires impliquant des choix difficiles dans l'affectation des ressources publiques".
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La politique monétaire de la Federal reserve (Fed), la banque centrale américaine, continue de faire débat en son sein. Dennis Lockhart, représentant de la Fed à Atlanta a en effet rappelé que si la politique monétaire pouvait avoir des "effets positifs forts sur une économie", elle ne pouvait être vue comme "la panacée". Pour lui, la faiblesse de l'économie américaine, trois ans après le début de la reprise, est à mettre sur le compte de "déséquilibres fondamentaux qui n'ont pas encore été corrigés".

La politique monétaire américaine égratignée

Le président de l'antenne de la Fed à Atlanta jette ainsi une pique à la politique monétaire américaine mise en place par l'institution et qu'il critique depuis des mois. Depuis 2008, la Fed maintient ses taux proche de zéro et a déjà mis en place deux programmes "d'assouplissement monétaire" (QE1 et QE2, pour "Quantitative easing"). Actions non-conventionnelles qui l'avaient conduite à racheter directement pour 2.300 milliards de dollars d'obligations, notamment du Trésor, pour injecter des liquidités sur le marché.

La peur de l'inflation

Dennis Lockhart craint que ces manoeuvres n'entraînent à terme une inflation difficilement contrôlable. Du côté de la Fed, on avait justifié le maintient de taux proches de zéro jusqu'à fin 2014, le 1er août dernier, en expliquant que la croissance resterait "modeste" aux Etats-Unis pendant les prochains trimestres et que les tensions dans l'économie mondiale constituaient un risque "important". Mais on s'était abstenu d'annoncer une troisième phase d'assouplissement monétaire.

Dennis Lockhart souhaite des réformes budgétaires

Depuis le début de la crise, le chômage aux États-Unis peine à se résorber malgré la reprise, et la dette continue d'augmenter à un rythme effréné pour avoisiner les 100% du produit intérieur brut. Une situation qui, aux yeux de Dennis Lockhart, "pose des défis redoutables aux responsables de la politique monétaire". Il craint notamment qu'elle ne soit employée de façon "trop agressive" et "inutilement" alors que la résolution des problèmes auxquels fait face la première économie mondiale appelle "des réformes budgétaires impliquant des choix difficiles dans l'affectation des ressources publiques".

 

 

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Commentaires 7
à écrit le 22/08/2012 à 11:46
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Achetez de l'or physique, vite !!!!!!

à écrit le 22/08/2012 à 10:19
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Oui des "démocraties" qui fabriquent l'opinion par le mensonge le bourrage de crânes, l'intimidation et par l'imposition de dictats par dessus le marché quand tout a échoué à faire avaler les couleuvres : "Lisbonne" par exemple ! les mandataires du c...

le 22/08/2012 à 12:31
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"A moins d'une bonne guerre..." ;) On n'y viendras... Toute grave crise economique qui dure dans le temps se termine par une guerre... Chers dirigeant du monde entier, bougez vous le c*l... A moins que ca soit ce qu'ils veulent...

à écrit le 22/08/2012 à 9:56
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Et oui c'est partout pareil, il faut passer par des économies budgétaires, ce qu'aucun homme politique élu n'accepte de faire de bon gré, et on comprend pourquoi ( ma réélection avant tout ) Il y a un véritable problème aujourd'hui dans les démocrati...

à écrit le 22/08/2012 à 9:40
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"la reprise"... A partir de là, tout peut être imaginable. Va déjà falloir faire preuve d'un sacré pragmatisme pour ré-inventer le dream...

à écrit le 21/08/2012 à 23:48
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Après les tripatouillages et arrangements bienveillants en tout genre, les USA eux aussi devront appliquer de rudes plans de rigueur d'ici quelques mois. Que les économistes les pronent ou non, la situation l'exigera. Pas avant les élections bien en...

à écrit le 21/08/2012 à 22:06
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Dommage que la seul personne à la FED qui semble avoir des notions d'économie n'en soit pas le président ....

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