Chypre : le conservateur Anastasiades élu président à une large majorité

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Le candidat conservateur Nicos Anastasiades a été élu dimanche à la tête de l'Etat en faillite avec plus de 57% des voix. Sa mission: finaliser un plan de sauvetage international crucial pour l'île.

Comme pouvait le laisser présager le premier tour de dimanche dernier, c'est le candidat conservateur Nicos Anastasiades - qui avait la faveur des marchés financiers - que les Chypriotes ont élu président dimanche, avec 57,5% des suffrages exprimés au second tour, selon les résultats officiels après dépouillement de tous les bulletins.

Avocat pro-européen de 66 ans et partisan de négociations rapides avec l'Union européenne et le FMI sur la dette de son pays, Nicos Anastasiades devance de près de 15 points son rival Stavros Malas, soutenu par les communistes. Il s?agirait du plus important écart entre deux candidats depuis les 30 dernières années. Stavros Malas a pris la parole à son QG de campagne pour reconnaître sa défaite, peu avant que les résultats définitifs ne soient publiés sur le site internet du gouvernement. "Je félicite publiquement Monsieur Anastasiades. Maintenant nous avons besoin d'unité, mais nous critiquerons sévèrement tout ce qui pourrait diverger de l'intérêt du peuple ou du pays", a-t-il déclaré.

Une aide de 17 milliards d'euros

Or un enjeu de taille attend le nouveau président, à savoir, la finalisation d'un plan de sauvetage international crucial pour l'île, en proie à la plus grave crise économique de ces quarante dernières années, avec un chômage à 15% de la population active et un PIB qui devrait se contracter d'au moins 3,5% cette année. Les dernières prévisions de la Commission européenne sont en effet pessimistes. Et la reprise n'est pas attendue avant 2016.

Le gouvernement chypriote a évalué à 17 milliards d'euros l'aide financière nécessaire, soit l'équivalent de son Produit intérieur brut annuel, destinée en premier lieu à renflouer les banques, très exposées à la dette grecque. Mais les discussions traînent en longueur depuis huit mois. "Nous devons mettre un terme à l'incertitude et redonner à Chypre sa crédibilité perdue et son prestige en Europe", a déclaré Nicos Anastasiades en fin de campagne. De son côté, le politologue Christopheros Christophorou estime que la victoire de Nicos Anastasiades pourrait créer "un bon climat de compréhension entre Nicosie et Bruxelles".

La question de la division de l'île

Mais si les réductions de salaires et les hausses d'impôts et de taxes d'ores et déjà décidées en préparation du plan de soutien à venir ont fait passer au second plan la question de la division de l'île - entre le sud hellénophone et le nord turcophone - qui domine traditionnellement les affrontements politiques depuis 1974, la communauté internationale attendra du nouveau président qu'il fasse progresser les négociations menées sous l'égide de l'ONU. En 2004, Nicos Anastasiades avait soutenu un plan de réunification proposé par l'ONU et accepté par les Chypriotes-turcs mais rejeté par une grande majorité de Chypriotes-grecs. Ce pragmatisme lui avait valu de vives critiques. C'est pourquoi il prône désormais un consensus politique sur ce dossier, sans pour autant présenter de stratégie claire.

 


 

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