Défaut de paiement : "l'Argentine n'a pas d'autre option que de payer"

Le compte à rebours pour éviter un défaut de paiement a été déclenché lundi sur fond de litige avec des fonds "vautours" datant de la crise économique de 2001.

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Axel Kicillof, le ministre de l'Economie argentin // Reuters. L'Argentine traîne des pieds pour s'acquitter des 1,3 milliard de dollars car elle redoute que ce réglement déclenche une avalanche de revendications de la part des autres fonds ayant refusé les restructurations de la dette argentine.
Axel Kicillof, le ministre de l'Economie argentin // Reuters. L'Argentine traîne des pieds pour s'acquitter des 1,3 milliard de dollars car elle redoute que ce réglement déclenche une avalanche de revendications de la part des autres fonds ayant refusé les restructurations de la dette argentine. (Crédits : reuters.com)

Le compte à rebours a commencé lundi afin d'éviter un défaut de paiement. L'Argentine traîne des pieds pour s'acquitter de sa dette envers NML Capital et Aurelius Management, à qui la Cour suprême a donné gain de cause le 16 juin. Ils réclament le remboursement - à leur valeur initiale - des titres de dette argentine qu'ils ont rachetés à prix cassés lors de la faillite du pays, soit 1,33 milliard de dollars.

En position de force après leur succès judiciaire, les fonds ont fait savoir à Buenos Aires qu'ils accepteraient un paiement en bons du trésor. Mais Buenos Aires redoute que ce réglement ne déclenche une avalanche de revendications de la part des autres fonds ayant refusé les restructurations de la dette argentine.

15 milliards de dollars supplémentaires

Ce serait alors 15 milliards de dollars supplémentaires que devrait payer l'Argentine. Un remboursement aussi important serait impossible à l'heure où la banque centrale d'Argentine ne dispose que de 28,5 milliards de réserves en dollars, sur fond de déficit énergétique et d'amorce de récession économique.

Mais, pour l'économiste argentin Nicolas Dujovne, cité par l'AFP:

"L'Argentine doit cesser de se situer dans l'affrontement avec le juge Griesa et comprendre qu'elle doit discuter et trouver un accord avec les fonds qui ont gagné en justice (...) Elle n'a pas d'autre option que de payer pour éviter un défaut".

Jeudi, Buenos Aires a effectué un versement d'un peu plus d'un milliard de dollars, destiné aux créanciers restructurés (93% des détenteurs de titres) et normalement due au 30 juin. Un juge américain, Thomas Griesa, a toutefois ordonné la restitution aux autorités argentines de la somme déposée, mettant en avant que le pays sud-américain devait préalablement solder le litige qui l'oppose depuis des années aux fonds NML Capital et Aurelius Management.

Une menace pour l'avenir

Ce litige autour de la dette argentine pourrait menacer de futures restructurations de dette publique en incitant les créanciers à refuser tout compromis avec les Etats, redoute le Fonds monétaire international (FMI).

En décembre 2001, l'Argentine s'est déclarée en faillite, asphyxiée par la dette contractée depuis les années 1970 et ses intérêts. Le pays a accusé le FMI et la Banque mondiale d'avoir précipité sa perte et imposé aux créanciers deux restructurations, en 2005 et 2010, et une décote d'environ 70%.

Pour permettre à l'Argentine de se redresser, 93% des détenteurs de dette argentine ont obtempéré. Mais le restant des investisseurs, environ 7% dont NML et Aurelius, ont refusé. Grâce aux revenus des exportations agricoles, notamment de soja, l'Argentine a jusqu'ici réglé en temps et en heure ses échéances.

Reste que "le problème avec ce gouvernement, c'est qu'on ne sait jamais ce qu'il va faire", estime un cadre de Moody's, Gabriel Torres, cité par l'AFP.

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Commentaires 15
à écrit le 02/07/2014 à 4:33
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C est d'interdire à perpétuité l accès aux marchés financiers à cet état en défaut de paiement. On devrait faire de même avec l'équipe de France politique qui emprunte pour payer des promesses auxquelles je ne veux pas être la contrepartie, mon cap...

à écrit le 01/07/2014 à 18:33
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Les Etats Unis ont dit que l'argentine doit payer, oui. Il s n'ont qu'à déclarer la guerre aux argentins et se payer sur la bête. Le reste l'Argentine est un état souverain qui fait défaut point. il y a faillite les créanciers savent qu'ils...

à écrit le 01/07/2014 à 16:33
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Même sur la tribune, on commence à se poser des questions quant au remboursement des dettes... C'est décidément un joli reflet des inquiétudes du moment.

à écrit le 01/07/2014 à 15:49
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Bin sur que le taux d'intérêt est la rétribution de l'argent prêté. Le taux d'intérêt varie selon la solvabilité des emprunteurs et la masse de monnaie en circulation (ce qui est rare est cher) en période d'inflation les taux réels (C'est à dire tena...

à écrit le 01/07/2014 à 9:04
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Même si ce n'est pas tout à fait comparable, le modèle à suivre le plus efficace de tout les défauts de paiement est celui de l'Islande. Le jour où tous les peuples décideront à la place de leurs dirigeant et leurs banquiers, bref de leurs escrocs, l...

le 01/07/2014 à 12:24
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je comprends mal : quand vous voulez distribuez de l'argent pour votre clientélisme et que vous imposez aux banques de payer ce clientélisme, c'est bien, en revanche quand la même banque vous réclame le remboursement, ce sont des escrocs ????

le 01/07/2014 à 15:40
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Le plus beau c'est qu'ils ont mis les banksters en prison ! ET le pays a tout de même obtenu un prêt ( important pour ce pays !) Vive l'Islande !

le 01/07/2014 à 15:48
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Je précise qu'il s'agit à mon avis d'escroquerie quand la banque n'a aucune légitimité à réclamer des intérêts usuriers ou bien qu'elle spécule sur la dette.

à écrit le 01/07/2014 à 8:53
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"Le pays a accusé le FMI et la Banque mondiale d'avoir précipité sa perte et imposé aux créanciers deux restructurations"...Comme partout où ces 2 organismes sont passés. Organismes noyautés d'ailleurs par les Anglo-saxons. Systématiquement des fond...

le 01/07/2014 à 20:22
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Je partage entièrement votre avis sur nos "amis" américains. Cela étant, l' Argentine n'avait qu'à pas emprunter cet argent. Et après l'avoir emprunté, elle n'avait qu'à rembourser. Or les argentins ont voulu truffer leurs créanciers, c'est bien f...

à écrit le 01/07/2014 à 8:23
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Le principe et la légitimité des taux d’intérêts résident dans le risque de défaut de paiement du débiteur. C'est pour cela que qu’un emprunteur paie des taux d’intérêts: pour couvrir le risque ! Mais alors, a partir du moment ou l'on supprime ce ...

le 01/07/2014 à 9:07
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tout a fait, l'argentine ne doit pas payer, c'est le jeu.

le 01/07/2014 à 9:22
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Non, l'intérêt représente le loyer de l'argent. Il permet au prêteur de toucher un revenu convenu d'un emprunteur qui est censé en faire un bon usage de son côté (pour un pays, équipement public utile, par exemple), au lieu de percevoir un revenu d'u...

le 01/07/2014 à 12:50
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@didier, qui dit: "Non, l'intérêt représente le loyer de l'argent" Non, le taux d’intérêt est bien une compensation pour la prise de risque. Vous pouvez faire un crédit a taux zéro, et verser chaque mois le "loyer", qui déduit la somme que vous...

le 01/07/2014 à 22:02
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L'emprunteur est solvable mais illiquide. L'intérêt comporte une première partie qui est le coût de la liquidité que le prêteur "vend" à l'emprunteur, et dont il se prive lui-même. Cette partie de l’intérêt a un taux normalement fixe quelle que soit ...

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