"L'euro devrait continuer de baisser"

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(Crédits : reuters.com)
Depuis début mai 2014, l'euro se déprécie par rapport au dollar. Cette tendance devrait durer selon Rémi Lelu de Brach, gérant taux chez Quilvest Gestion.

L'euro peut-il continuer de se déprécier ? Le taux de change de la monnaie unique par rapport au dollar a en tout cas atteint son niveau le plus bas depuis novembre 2013 en passant sous la barre de 1,34 dollar pour un euro. La baisse de l'euro a été particulièrement marquée ces deux derniers mois, faisant croire à certains à une tendance forte.

Selon, Rémi Lelu de Brach, gérant taux chez Quilvest Gestion, il est possible que l'euro continue sa dépréciation. En effet, la dépréciation de l'euro s'explique directement par la politique conjoncturelle des banques centrales mais aussi par des indicateurs de plus longs termes qui montrent que cette baisse va se prolonger dans les prochains mois. Explications.

A votre avis, quels sont les causes de la dépréciation de l'euro ?

Depuis la fin de l'année dernière, la Réserve Fédérale américaine (Fed) prépare les marchés à l'arrêt d'une politique monétaire accommodante durant laquelle 85 milliards de dollars étaient injectés chaque mois dans l'économie. Mécaniquement, le dollar se dépréciait à mesure que la masse monétaire continuait son augmentation. Aujourd'hui, le rythme de création monétaire n'est plus "que" de 35 milliards par mois.

Pendant que les américains menaient des politiques non conventionnelles, la Banque centrale européenne n'a pas fait grand chose. A cause de la faible inflation, elle a été obligée de baisser ses taux en juin dernier. De plus, elle a accepté de ne plus stériliser toutes ses interventions. Par exemple quand la BCE rachetait des obligations d'États sur le marché secondaire, les rachats étaient stérilisés. Il n'y avait pas de création de monnaie dans l'économie. Au final, depuis juin et l'arrêt de la stérilisation, ce sont près de 170 milliards d'euros qui ont été injecté. Sur cette période, la BCE a même créée plus de monnaie que la Fed. Cela explique la dépréciation de l'euro par rapport au dollar depuis 2 mois.

La seconde cause est liée aux marchés. Les capitaux vont se déplacer là où les rendements sont les plus intéressants. Aujourd'hui, le rendement de la dette américaine à 10 ans est de 2,47%. Celui de la dette allemande de 1,14%. Les investisseurs vont donc déplacer leurs capitaux vers les Etats-Unis et l'euro va continuer sa dépréciation par rapport au dollar.

En plus de cet effet lié aux rendements obligataires, les Etats-Unis connaissent une croissance plus importante. Les perspectives sur le marché des actions sont meilleures. De ce fait, des capitaux basés en zone euro risquent de se déplacer là où le rendement est le plus important, c'est-à-dire, une fois de plus, aux Etats-Unis. La tendance baissière de l'euro va s'accroître.

La dépréciation de l'euro peut-elle être une tendance de long terme ?

Sur le moyen terme on devrait assister à une dépréciation de l'euro. Néanmoins, c'est difficile de dire jusqu'à quand exactement.

La croissance des Etats-Unis dépend en grande partie de la faiblesse du dollar. Si l'euro se déprécie, les Etats-Unis vont perdre cet avantage et pourront être tentés de ralentir le rythme de l'augmentation de leurs taux. Ces derniers devraient augmenter dès octobre mais l'augmentation pourrait se faire plus progressivement que par le passé. Historiquement, la Fed remontait ses taux à hauteur de 0,25 points de pourcentage tous les mois et demi. Dans la situation actuelle, on peut considérer que les taux augmenteront tous les trois mois. Cela évitera, entre autres, des tensions haussières sur la valeur du dollar.

>>Lire : La Fed pourrait remonter ses taux plus vite que prévu

Les excédents courants européens ont atteint des sommets en 2013 et restent élevés en 2014. Pensez-vous que cela puisse empêcher une dépréciation de l'euro dans le futur ?

L'excédent commercial joue traditionnellement un rôle de stabilisateur. Si une zone monétaire réalise un excédent c'est-à-dire si ses exportations sont supérieures aux importations alors sa monnaie va être plus demandée et elle va s'apprécier.

Dans le cas de l'Europe, les excédents ne vont pas empêcher la monnaie de se déprécier mais vont jouer comme un frein à la baisse de l'euro. L'euro ne va peut être pas baisser autant que dans une situations sans excédents commerciaux

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a écrit le 16/10/2014 à 11:30 :
l'argent continu de baisser ac-ose de la misère
a écrit le 02/08/2014 à 23:47 :
Est ce le moment d'acheter des dollars si un voyage aux USA est programme dans les prochains mois ? Le taux de change est t il favorable pour acheter en dollar quand on échange des euros ?
a écrit le 01/08/2014 à 15:23 :
Mais le prix des sources d'énergie, base de toute production, lui, sera plus cher.......Toujours la solution de facilité cumulée avec des subsides, au service des assistés !!!!
a écrit le 01/08/2014 à 9:38 :
Très bien les produits chinois et autres seront plus cher, les produits européens plus compétitifs !
Réponse de le 02/08/2014 à 12:53 :
Pas tout a fait; les produit européens presque toujours au même prix et ceux de l’étranger avec une forte augmentation. Je dis presque car les frais de transport vont augmenter et seront aussi répercuté sur les produits Français... En résumer les industriels et le gouvernement prépare les citoyens a être encore plus en situation précaire...
a écrit le 01/08/2014 à 9:35 :
Excellent pour les exportations et éviter la déflation ! Les produits européens seront moins cher a vendre a l'extérieur de l'union et les importation plus cher !
Réponse de le 04/08/2014 à 11:21 :
C EST LE BUT? VENDRE PLUS??? DONC PRODUIRE PLUS? DONC ENBAUCHE PLUS???
a écrit le 01/08/2014 à 9:14 :
La facture énergétique va grimper (merci quand même à l'électricité nucléaire pour la France) ainsi que les prix des importations hors zone euro.
Rien n'est tout noir ou tout blanc.
Le consommateur Français sera perdant.
Les entreprises exportatrices hors zone Euro seront les bénéficiaires.
Elles ont gagné la bataille de la communication en arrivant à faire croire que tout le monde serait gagnant.
a écrit le 31/07/2014 à 19:56 :
Pour une fois on fait l'éloge de l'appauvrissement comme si la monnaie était une "but" et non un "moyens" d'échange!
a écrit le 31/07/2014 à 15:32 :
Etonnant, La Tribune, que vous relayiez ce genre d'information. Car vous devriez, mieux que moi, être au courant des swifts Euro-dol qui furent mis en place depuis 2008 et qui se remettront obligatoirement en place si l'Euro baissait trop d'après le jugement de nos amis américains...
a écrit le 31/07/2014 à 14:13 :
Surtout ne JAMAIS croire les "spécialistes" de la question; ils n'ont JAMAIS de comptes à rendre si leurs dires ne se réalisent pas !
Réponse de le 31/07/2014 à 17:01 :
+ 1
a écrit le 31/07/2014 à 13:13 :
Très bien, les américains ont profité d'un dollar faible, c'est a notre tour !
Réponse de le 31/07/2014 à 19:58 :
Réveillez vous! Ne rêvez pas!

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