La Chine contrainte de réviser à la baisse ses objectifs de croissance pour 2015

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La Chine est confrontée à d'intenses pressions déflationnistes, nourries par une demande intérieure en berne et un affaiblissement des exportations.
La Chine est confrontée à d'intenses pressions déflationnistes, nourries par une demande intérieure en berne et un affaiblissement des exportations. (Crédits : © Kim Kyung Hoon / Reuters)
La deuxième puissance économique mondiale a abaissé à 7% ses prévisions de croissance pour 2015, blâmant "un environnement économique mondial difficile", selon les autorités chinoises.

C'était prévu! Alors que le géant asiatique connaît depuis deux ans un ralentissement brutal de son activité, la diminution de l'objectif officiel de croissance économique à "environ 7%" était largement anticipé par les experts. "Au cours de l'année passée, l'environnement économique intérieur et la conjoncture internationale ont été difficiles et compliqués", souligne le texte du discours du Premier ministre Li Keqiang, consulté par l'AFP avant l'ouverture jeudi de la session annuelle de l'Assemblée nationale populaire (ANP, parlement).

"Le chemin de la reprise économique mondiale a été semé d'embûches et irrégulier, les principales économies (du monde) ont enregistré des performances très diverses", relève encore le Premier ministre chinois.

Révision des objectifs d'inflation et de commerce intérieur

Le gouvernement a également abaissé à "environ 3%", contre 3,5% l'an dernier, son niveau-cible d'inflation pour 2015, selon le texte du discours.

La Chine a indiqué jeudi qu'elle visait pour 2015 une progression d'"environ 6%" de son commerce extérieur, après avoir raté de loin l'an dernier son objectif de 7,5% sur fond de stagnation des importations et de net ralentissement des exportations. Les autorités chinoises blâment volontiers un environnement économique mondial "difficile" et la stagnation des investissements étrangers en Chine. Elles invoquent en particulier la concurrence des pays d'Asie du Sud-est, devenus plus attractifs en termes de coûts de main-d'oeuvre.

Demande intérieure en berne

De fait, la Chine est confrontée à d'intenses pressions déflationnistes, nourries par une demande intérieure en berne et un affaiblissement des exportations: la hausse des prix à la consommation s'est établie à 0,8% sur un an en janvier, plongeant sous 1% pour la première fois depuis cinq ans.

Les défis domestiques pèsent également largement. En particulier, deux moteurs traditionnels du PIB chinois ne cessent de s'essouffler: le marché immobilier et le secteur de la construction sont à la peine, retombant après des années de surchauffe, et les exportations restent plombées par la morosité du contexte international.

Dans le même temps, Pékin vante ses ambitieux efforts pour rééquilibrer son modèle économique. Objectif: rogner les monopoles des groupes publics et les sévères surcapacités industrielles, endiguer les dettes des gouvernements locaux et les onéreux projets d'infrastructures, tout en dopant la consommation intérieure, quitte à voir la croissance se modérer... tant que l'emploi résiste.

Un rythme de croissance déjà ralenti en 2014

Le produit intérieur brut (PIB) de la deuxième économie mondiale avait progressé l'an dernier de 7,4%, son plus bas taux de croissance depuis près d'un quart de siècle et sensiblement en-deçà de l'objectif d'"environ 7,5%" fixé par le gouvernement pour 2014.

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Commentaires
a écrit le 05/03/2015 à 22:23 :
J'adore le c'était prévu. D'ailleurs les marchés ne s'y trompent pas tous au plus haut. les taux à zéro où peut-on placer l'argent que déverse les banques centrales?
a écrit le 05/03/2015 à 14:02 :
cette info est pour faire plaisir les français
a écrit le 05/03/2015 à 8:31 :
Hé le service photo de The Tribune, pourquoi vous avez mis une photo de Paris et pas de Pékin ?!! cocasse la coquille ….. mdr
a écrit le 05/03/2015 à 8:29 :
Et puisqu'on parle de la première économie du monde (désolé pour les journalistes franco-américains il faut voir la vérité en face), on apprend qu'une nouvelle agence de notation financière vient d'être créée conjointement par des Russes, des Américains et des Chinois et devrait commencer ses activités à partir de l'été 2015. C'est Universal Credit Rating Group (UCRG), notez bien ce nom.
Il s'agit d'une initiative de l'agence chinoise Dagong Global Credit Rating, de l'américaine Egan-Jones Ratings et de la russe RusRatings qui ne veulent plus se soumettre aux critères des "trois grandes" agences américaines, Moody's, Standard & Poor et Fitch, des agences très politisées et qui ne sont plus capables d'exprimer des avis impartiaux et indépendants.
Le monde change et prend ses distances de l'oligarchie "exceptionnaliste" de Washington…. il faut que la vieille Europe s'en conscientise et se débarasse de cette mauvaise compagnie pour refaire peau neuve. Y compris de ses presses et médias.

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