Schengen : la France opportuniste

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La France insiste désormais sur la préservation de l'espace de libre circulation Schengen. Elle met en garde contre les actions unilatérales des Etats aux frontières.

Faites taire les mauvaises langues, il n?y a pas de friture sur la ligne entre la Commission européenne et la France. C?est, en substance, le message délivré, le plus sérieusement du monde, par le ministre de l'Intérieur Claude Guéant, à l'issue du conseil des ministres à Bruxelles, jeudi 11 mai.

Les appels à la révision de l'espace Schengen émis par Paris et Rome auraient été mal interprétés. "Certains ont cru que la France et d?autres Etats membres voulaient remettre en cause Schengen et la liberté de circulation", s?est étonné Claude Guéant. "C?est exactement le contraire."

Anormal

A la fin du mois dernier, l?Elysée s?interrogeait sur une éventuelle "suspension" des accords de Schengen, avant de modérer sa position. Aujourd?hui, l'heure est aux propos consensuels. La "France veut défendre [cet] acquis essentiel", a insisté le ministre. "Nous ne voulons pas moins d?Europe, nous voulons plus d?Europe."

Changement de braquet ? Non, simple "malentendu", selon Claude Guéant. "La France est tout à fait en phase avec les propositions de Mme Malmström", a-t-il assuré. Les mesures de la commissaire européenne aux Affaires intérieures ont été approuvées à la "quasi-unanimité" des Etats.

Réagissant au rétablissement des contrôles douaniers par les autorités danoises, le ministre a qualifié "d?anormal" qu?un espace commun soit géré par "des décisions individuelles d?Etats qui font le droit".

Le nouvelle rhétorique française se veut très proche de celle de la Commission, mais rien ne garantit que les intérêts convergent. Sur la réforme de Schengen, Claude Guéant imagine un scénario où la Commission européenne n?a que peu de place.

"Il suffirait que le Conseil JAI (justice et affaires intérieures, ndlr) se réunisse pour donner des instructions à Frontex (l'agence de surveillance des frontières extérieures de l'UE), qui reçoit rarement des impulsions de caractère politique", a ajouté le ministre.

Même chose pour la création de garde-fous autorisant les Etats, dans des conditions exceptionnelles, à rétablir temporairement les contrôles aux frontières intérieures.

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a écrit le 13/05/2011 à 16:10 :
Nos états sont liés dans une union dont le volant politique fait cruellement défaut, hélas! si nous étions une UE politique, l'idée même de rétablir des frontières intérieures serait totalement saugrenue et irréalisable, hélas, nous ne sommes que une UE d'états libres et indépendants, n'est ce pas? Il faudrait une vraie volonté politique affirmée par les 2 priincipaux poids lourds européens mais aussi les autres pour faire respecter le droit. Mettre le DK devant le pied du mur et exiger, soit l'arrêt des contrôles, soit la sortie de schengen. de toute manière, le DK se distingue depuis 1973, date de son adhésion, par des refus systématiques... avons nous déjà oublié que le DK vote en général 2 fois sur les mêmes traités? le traité créant l'UE avait d'ailleurs dû être modifié pour les danois... alors cessons de vouloir faire l'EU contre les peuples, et faisons la avec ceux qui la veulent vraiment. L'Allemagne devrait prendre les devants et rétablir sa frontière nord, rien que pour #"@o ( censuré) les danois.

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