Après le vote grec, du soulagement mais pas d'euphorie

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Antonis Samaras, leader du parti grec Nouvelle Démocratie fête la victoire de son parti - Copyright AFP
Antonis Samaras, leader du parti grec Nouvelle Démocratie fête la victoire de son parti - Copyright AFP (Crédits : AFP)
D'Athènes à Berlin en passant par Madrid, les journaux ont fait leur Une de la victoire du camp pro-austérité en Grèce avec un constat: le spectre du "Grexit" s'éloigne, mais les difficultés persistent.

Presque à l'unisson, les médias européens et anglo-saxons voient en la victoire des partis opposés à l'austérité en Grèce un signe favorable pour l'euro, un encouragement pour l'Europe. Mais la plupart préviennent que des difficultés demeurent, notamment parce que la coalition appelée à gouverner demandera sans doute des délais dans l'application du plan de rigueur exigé par les créancier du pays (Union européenne et Fonds monétaire international).

Soulagement dans la presse grecque

"Un verdict en forme de soupir de soulagement", titrait le quotidien de centre droit Kathimerini au lendemain de la victoire du parti conservateur Nouvelle Démocratie (ND) aux élections législatives. "Il y a un terrain stable pour un gouvernement de coalition", note le journal.En mesure de former une coalition avec les socialistes du Pasok, le parti de droite peut obtenir une majorité pour continuer la politique pro-austérité exigés par les créanciers d'Athènes. Un gouvernement, tout de suite"!, exigeait en Une le quotidien de centre-gauche Ta Nea, qui se félicitait que la Grèce soit enfin sortie de "l'impasse politique". "Message des urnes: rester dans l'euro", commentait de son côté le quotidien des affaires Naftemporiki Pour Eleftheros Typos, qui également le camp pro-austérité, il s'agit d'un "vote d'espoir". Le quotidien Avghi, organe du parti de la gauche radicale Syriza, arrivé en seconde position avec 71 députés, demandait quant à lui en Une "un gouvernement de tous les Grecs". Or, Alexis Tsipras, chef de fil de Syriza, a exclu de participer à un gouvernement d'union nationale.

La presse allemand salue "le choix de l'Europe"

L'édition allemande du Financial Times avait fait polémique en Grèce en publiant un édito appelant à voter contre le parti Syriza. Ce lundi matin, il titre : "les europhiles peuvent former une coalition", sous-entendant que la gauche radicale hostile à l'austérité ne l'était pas, même s'il s'était prononcé pour le maintien de la Grèce dans la zone euro. Même constat pour le Suddeutsche Zeitung qui considère que la "Grèce à choisi l'Europe et l'euro". Dans un éditorial, le quotidien financier Handelsbatt, prévient de son côté: la "Grèce n'a pas le temps". Le nouveau gouvernement doit désormais se "retrousser les manches" estime-t-il. Et les partenaires d'Athènes "s'attendent maintenant à des déclarations claires."

Bouffée d'air en Espagne

Ailleurs en Europe, les journaux partagent une analyse similaire. C'est le cas notamment en Espagne, où le secteur bancaire fragilisé a obtenu une aide européenne de 100 milliards d'euros. Après une "pression insupportable des pays européens et plus particulièrement de l'Allemagne ces derniers jours", le vote grec "a offert une bouffée d'air à ses partenaires européens, qui avaient retenu leur souffle", écrit par exemple El Pais ce lundi.

Le quotidien économique Expansion, pour sa part, se focalise sur l'ouverture de l'Allemagne à un aménagement du plan d'austérité grec. Dimanche, le ministre des Affaires étrangères d'outre-Rhin, Guido Westerwelle a en effet laissé entendre que son pays était prêt à des assouplissements envers Athènes. 

En Italie, la Repubblica évoque les conséquences les plus directes de ce vote avec la réunion du G20 qui commence ce lundi au Mexique. le quotidien rapporte les propos du Premier ministre Mario Monti selon lequel ce vote "permet (au gouvernement) d'avoir une vision sereine sur l'avenir de l'Europe et de l'euro". Il évoque en outre le sommet informel, entre les dirigeants américain, allemand, français, espagnol et européens Barack Obama, Angela Merkel, François Hollande, Mariano Rajoy, José Manuel Barroso et Hermann Van Rompuy prévu dans la soir en marge du G20.

Le "drachmageddon" s'éloigne

En Grande-Bretagne, The Guardian évoque quant à lui l'éloignement du spectre du "drachmageddon", néologisme rapprochant le retour à la drachme de l'apocalypse financier.  Pour le quotidien, ce vote donne du répit à la monnaie unique.

L'édition anglophone du Financial Times met l'accent sur le fait que la coalition qui se formera "tentera probablement d'obtenir un aménagement des mesures d'austérité".

Aux Etats-Unis, le Wall Street Journal, souligne la courte victoire des partisans du "plan de sauvetage européen" en Grèce. Il estime que la victoire des conservateurs de la Nouvelle-Démocratie permet "une coalition au pouvoir fragile" et compliquée à mettre en oeuvre.

Pour le Washington Post, ces résultats en Grèce sont de nature à "rassurer les dirigeants internationaux et les investisseurs". Le journal américain rappelle que le leader de la Nouvelle Démocratie, Antonis Samaras, sorti de Harvard, est "considéré par le Fonds monétaire international et d'autres nations européennes comme un partenaire constructif pour les discussions à venir".

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Commentaires
a écrit le 19/06/2012 à 1:39 :
Soignez la rédaction bon sang, relisez au moins!
Tête d'article : "victoire du camp pro-austérité en Grèce"
Premières lignes : "les médias européens et anglo-saxons voient en la victoire des partis opposés à l'austérité en Grèce un signe favorable pour l'euro"
a écrit le 18/06/2012 à 13:50 :
Quelle victoire !.C'est de l'acharnement thérapeutique. On va encore devoir faire de l'assistance artificielle à un malade en stade terminal alors que l'argent serait indispensable pour des malades qui peuvent être encore sauvés
a écrit le 18/06/2012 à 13:25 :
reculer pour mieux sombrer ?

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