La perspective d'une action de la BCE permet à l'Italie d'émettre plus de 7 milliards d'euros de dette

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Les investisseurs anticipent que la BCE interviendra en achetant des titres de dette à court terme des pays les plus en difficulté, ce qui aurait un effet stabilisateur.

Des coûts d'emprunt en baisse, une demande en hausse et un montant de dette placé proche du maximum envisagé avant l'adjudication : le test semble réussi pour l'Italie. Le Trésor italien prévoyait d'émettre entre 5,2 et 7,5 milliards d'euros de dette. Il en a placé un total de 7,293 milliards sur trois adjudications : 4 milliards à 10 ans (à un rendement de 5,82 % contre 5,96 % fin juillet), 2,5 milliards d'euros de titres à taux fixes à cinq ans (à 4,73 % contre 5,29 % le mois dernier) et 793 millions d'euros de titres à taux variable d'échéance 2017 (émis à un rendement de 5,33 %).

La BCE a promis d'agir pour soulager les pays soumis à la pression des marchés

L'Italie a profité de l'anticipation par les marchés de nouvelles mesures de soutien de la part de la Banque centrale européenne (BCE). Il s'agissait de sa première incursion sur le marché de la dette à long terme depuis la réunion de la BCE du 2 août dernier. Mario Draghi avait alors annoncé son intention d'adopter des mesures destinées à faire refluer les coûts de financement des pays en difficulté de la zone euro. Il faudra toutefois attendre la prochaine réunion, le 6 septembre, pour connaître le contenu précis de ces mesures.

Le Trésor italien a encore des montants de dette conséquents à refinancer d'ici à la fin de l'année

L'Italie, dont la dette publique approche les 2.000 milliards d'euros, a réalisé plus de 70 % de son programme de financement annuel, mais doit encore faire face à des échéances importantes. En septembre, quelque 29 milliards d'euros de dette devront être renouvelés et, en décembre, 57 milliards d'euros de dette arriveront à maturité.

Un succès à relativiser

Pour de nombreux opérateurs de marché, il s'agit toutefois d'un succès à relativiser. Dans une note évoquée par Bloomberg, l'analyste taux de Newedge, Annalisa Piazza, écrit : "Nous attendions des ratios de couverture légèrement plus élevés. Cependant, si l'on considère que le montant offert se situe dans le haut de la fourchette envisagée, le résultat n'est pas trop mauvais". Cité par Reuters, Nick Stamenkovic, stratégiste obligataire de RIA Capital Markets indique que si " les investisseurs nationaux sont plus que satisfaits d'acheter de la dette à court terme [...] les investisseurs étrangers demandent encore une prime importante pour le long terme".

Mario Draghi ne peut pas résoudre à lui seul tous les problèmes de la zone euro

Pour René Defossez, stratégiste taux chez Natixis, "le marché anticipe que la BCE agira en achetant de la dette à court terme sur le marché secondaire, ce qui aurait un effet stabilisateur certain, mais fondamentalement il ne faut pas perdre de vue que Mario Draghi achète simplement du temps : il ne peut pas à lui seul résoudre tous les problèmes de la zone euro".

De fait, si les interventions (verbales) du patron de la BCE fin juillet et début août ont apaisé les marchés, sur les rendements obligataires, la détente est surtout visible pour les titres de dette aux échéances les plus rapprochées. " La BCE a laissé entendre qu'elle pourrait notamment concentrer ses achats de papiers souverains sur la partie courte des courbes : le marché réagit au quart de tour en pentifiant de manière vertigineuse les courbes des BTP [titres de dette italiens, ndlr] et des bonos [titres de dette espagnols, ndlr]", écrit, dans une note, le stratégiste de Natixis.

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a écrit le 01/09/2012 à 6:56 :
En tant qu'allemand je me console en me disant qu'après tout l'Allemagne a la possibilité et le droit de quitter l'UE et L'union Monétaire si cela lui semble opportun.
Pour le moment tout va bien, avec nôtre excédent de la balance commerciale de 15 Milliards PAR MOIS et ceci depuis plus de quinze ans, je ne me plains pas. Les quelques petits milliards que l'Allemagne doit verser à Bruxelles tous les ans ne sont rien par rapport à l'excèdent que nous réalisons grâce à cette cotisation, excèdent qui nous permet d'exporter également nôtre chômage vers les pays économiquement plus faibles et qui, a cause (grâce) des traités imposés par l'axe franco-allemand, ne peuvent empêcher l'avalanche de produits Made in Germany qui paralyse et étouffe leur propres économies.
Alors pas de souci et que m'importe comment vont les autres et si en Espagne le chômage des jeunes dépasse déjà les 50%. Uns geht es gut und das ist das einzige was zählt (pour nous tout va bien et le reste on s'en fout)
a écrit le 30/08/2012 à 18:13 :
L'argent de la BCE, c'est le vôtre, c'est le mien, c'est celui de vos enfants, même ceux qui ne sont pas encore nés. Une action de cavalerie dont personne n'ignore la fin mais tout le monde la date.

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