Quand Claude Bartolone se réjouit d'une ouverture sur la règle des 3%

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Le président de l'Assemblée nationale s'est félicité vendredi des propos d'Olli Rehn, commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, qui a suggéré la possibilité d'un "ajustement plus doux" des comptes publics.

L'occasion était trop belle. Vendredi, Olli Rehn, le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires a laissé entendre que l'objectif d'un déficit public de 3% reste "une référence" dans un entretien au Monde. Toutefois, il affirme qu'il fallait prendre en compte "l'effort structurel d'ajustement budgétaire que la France entreprend avec une intensité remarquable". Et d'ouvrir la porte à un "ajustement plus doux" des comptes publics.

Des propos qui ne sont passés inaperçus chez les socialistes. Dans la foulée Claude Bartolone, le président de l'Assemblée nationale s'est félicité de ce "signe" adressé par la Commission européenne. "L'objectif sourd et aveugle des 3% ne peut être regardé de la même manière en temps de croissance qu'en temps de crise", a-t-il embrayé, tout en rappelant que, bien sûr, que la dette demeurait l'"ennemie de la gauche".

"La France ne demande rien"

En la matière, Claude Bartolone n'est pas un novice. C'est l'un des premiers responsables politiques à avoir remis en cause cet objectif des 3% depuis le mois de septembre, le jugeant tour à tour "intenable", puis "absurde". Sur ce dossier, il compte parmi ces personnalités du PS, qui font leur possible pour qu'un débat émerge à Bruxelles. Parmi eux, on peut citer Harlem Désir. Début octobre, ce dernier a déjà jugé "pas essentielle" l'année à laquelle la France respectera le taux des 3% de déficits publics, qui constitue pourtant une des promesses de campagne de François Hollande. Ces soutiers agissent ainsi dans l'ombre du gouvernement, qui préfère ne pas remettre en cause cette règle de manière frontale, de peur d'être accusé de laxisme, avec toutes les conséquences que cela pourrait avoir vis-à-vis des marchés.

Ainsi, malgré une croissance qui s'annonce très faible (l'Insee tablant sur +0,1% sur les deux premiers trimestre de 2013), François Hollande a expliqué aujourd'hui qu'il comptait toujours ramener le déficit public de la France à 3% de son produit intérieur brut (PIB), tout en réduisant le taux de chômage d'ici à la fin de l'année prochaine. De la même manière, Jérôme Cahuzac n'a de cesse de rappeler qu'un débat sur cette règle serait "certainement souhaitable" au niveau européen. Mais en parallèle, il souligne depuis plusieurs mois que "la France ne demande rien".

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Commentaires
a écrit le 22/12/2012 à 12:22 :
Encore un planqué du système qui nous donne son avis, dont tout le monde se fout.
a écrit le 22/12/2012 à 10:27 :
Le but c'est 0% est 3% pour ne pas laisser de dettes aux générations futures.
Vivre à crédit avec l'argent des autres c'est inadmissible.
Comme au Canada: soit tu sais gérer ou si non tu es viré.
Réponse de le 22/12/2012 à 11:09 :
Si un pays est en pleine croissance, il peut se permettre de s'endetter en valeur absolue. Ce qui importe c'est de maintenir le ratio dette/pib à un niveau raisonnable. Si on s'obstine à vouloir un déficit à 0%, on peut tuer la croissance.
a écrit le 22/12/2012 à 9:27 :
"l'effort structurel d'ajustement budgétaire que la France entreprend avec une intensité remarquable", "ajustement plus doux" des comptes publics...Je trouve depuis quelque temps (à part quelques piques, ça et là, qui font hurler les médias et politiques français), que tout le monde est très gentil avec la France (emprunts à taux très bas, triple ou double A, articles relativement élogieux...), alors que la France n'a pas mis en oeuvre grand chose, continue à dépenser à tout va et devra remettre bientôt sur le tapis le problème du trou des retraites.Je trouve assez bizzare que ces mêmes personnes qui n'avaient pas de mots assez durs pour les pays du Sud en viennent à considérer la France comme l'exemple à suivre. Tant mieux et pourvu que ça dure !
Réponse de le 22/12/2012 à 15:28 :
comme vous le voyez le poids politique est précisément ce qui compte en 1er, car n'oubliez pas que l'économie ne peut avoir un rôle directeur :la philosophie politique n'appartient ni aux marchands ni aux financiers qui d'ailleurs ont privilégié "cynisme et arrogance":place au politique!
a écrit le 22/12/2012 à 9:17 :
on a compris que des que ca parlait de rigueur, les socialistes etaient prets a denoncer et a trouver ca absurde!
a écrit le 22/12/2012 à 7:56 :
Venant de l'homme qui a avoué avoir signé sans comprendre les prêts proposés par Dexia ayant conduit son departement a la ruine le commentaire serait cocasse si il ne demontrait l'imcompetence de ces gens là
Réponse de le 22/12/2012 à 9:19 :
si j'etais au pouvoir, je l'enverrai au goulag pour avoir specule comme un vilain 'speculateur des marches ultra financiers mondialises du medef chinois' ( la difference c'est que le speculateur perd sa chemise, les elus speculateurs perdent la chemise des contribuaables - locaux, ou nationaux s'ils beneficient d'un remboursement de l'etat)
a écrit le 22/12/2012 à 6:37 :
L'Europe, surtout du sud, se vide de son sang et agonise.
Dû à l'énorme excédent commercial de l'Allemagne (16 Milliards par mois, je répète : PAR MOIS, en moyenne et ceci depuis 17 ans) l'Euro est surévalué pour la plus part des autres pays de l'Union monétaire. Cela favorise les importations et pénalise les exportations, de la le déficit de la balance commerciale de la plus part des pays de la Zone Euro dont la France, de la le chômage en général mais surtout des jeunes et les déficits budgétaires qui en découlent par manque à gagner.
Pire encore, les bénéfices réalisé par les entreprises allemandes dans les pays déficitaires de la Zone Euro sont en grande partie réinvestis en dehors de celle-ci, souvent dans les pays de l'ancien bloc soviétique, ce qui en faîte n'est autre qu'une fuite de capitaux légale. Conséquence, le centre politique et économique de l'UE se déplace vers l'est, plaçant ainsi l'Allemagne au centre de celle-ci.
Le chômage des jeunes qui en découle oblige beaucoup de jeunes hautement qualifiées à chercher fortune sur d'autres continents, ce qui est non seulement une tragédie humaines mais équivaut à un drainage de cerveaux qui à long terme s'avérera tragique économiquement pour toute l'UE.
Il faut revoir les traités pour pouvoir arriver à une plus grande convergence des économies de la zone Euro et à une répartition équitable du travail à l'intérieur de celle-ci si nous voulons réussir l'Europe.
Réponse de le 22/12/2012 à 7:46 :
Que est-ce qu?empêche la France de faire pareil que l'Allemagne? Et puis pour quelle raison investir uniquement en Europe de l'ouest comme vous le souhaitez? Votre solution est l?inflation.... Mais peut-être que faire dégonfler la valeur des choses sera un peu mieux... Au nom de quoi les revenus ainsi que la valeur du patrimoine doivent toujours être orientés a la hausse? En effet on peut tout ajuster par la baisse de ces valeurs..... Qui perdra? Ceux qui ont des crédits en cours.... car engagés sur les valeurs surestimées de nos jours, sinon complètement virtuelles. Vous-même, investirez vous votre argent de manière "solidaire" pour créer de l'emploi? Ou pour en gagner un peu?
Réponse de le 23/12/2012 à 6:42 :
@ ami
Je ne fais qu'un diagnostic, aux politiciens de trouver un remède.
Si je dis que c'est la faute à Mitterrand c'est parce-que il aurait du prévoir ce qui se passe actuellement, il aurait du agir dans l?intérêt de l'Europe et non pas dans l?intérêt de l'axe franco-allemand.
Je lui reproche donc de ne pas avoir été assez Européen et surtout de ne pas s'être rendu compte que les accords favorisaient surtout l'Allemagne à long terme.
Il n'était pas donc le grand stratège que l'on croit et que l'on dit.
Le principe du chacun pour soi ou « loi du plus fort » ne peut fonctionner que si tous les participants sont égaux et ont les mêmes chances.
Ce qui n'est absolument pas le cas pour les pays de l'Union Monétaire.
a écrit le 21/12/2012 à 22:57 :
Pourtant FH a dit ce jour que les 3% serait tenu ! Qui dit mieux ?
a écrit le 21/12/2012 à 19:24 :
Il faut croire que Monsieur Olli Rehn n'a pas assez payé pour la Grèce.
a écrit le 21/12/2012 à 17:59 :
Sachant qu'on devrait être à 0,5% avec la règle d'or, se réjouir de pouvoir être à 3,5% est un mauvais signe pour ne pas faire de réformes ou des réformes a minima. On peut accuser Bruxelles de prôner l'austérité mais quand on a accumulé tant de dettes, il faut bien changer nos habitudes un jour ou l'autre qu'on soit de droite ou de gauche.
Réponse de le 22/12/2012 à 11:03 :
La règle d'or c'est sur le déficit structurel et pas sur le "vrai" déficit. Sinon vous avez raison sur le fond.

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