Italie : pourquoi Mario Monti a jeté l'éponge

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Le chef du gouvernement italien Mario Monti a affirmé dimanche qu'il ne serait pas candidat aux élections législatives de février, mais s'est déclaré prêt à diriger le pays si le Parlement le réclamait.

En fin stratège, Mario Monti n'ira pas au combat qu'il savait perdu d'avance. Il a préféré jouer sur le désir des élites Italiennes à faire appel à ses compétences. Le chef du gouvernement italien Mario Monti a affirmé dimanche qu'il ne serait pas candidat aux élections législatives de février, mais s'est déclaré prêt à diriger le pays si le Parlement le réclamait. "Aux forces qui manifesteront une adhésion convaincue et crédible au programme Monti, je suis prêt à donner mon opinion, mes encouragements, et si on me le demande, à les diriger. Je suis prêt à assumer un jour, si les circonstances le veulent, les responsabilités qui me seraient confiées par le Parlement", a déclaré Marion Monti lors d'une conférence de presse.

Les raisons de sa non-candidature

Mario Monti a dévoilé quelques points de son programme : une nouvelle loi anti-corruption, un programme de libéralisations, une réforme de la loi électorale... S'agissait-il d'un programme pour un gouvernement Monti-bis? Non, l'ex-commissaire européen n'a pas voulu aller dans cette direction, présentant son programme comme "une contribution au débat". Pourtant Mario Monti fait l'objet de fortes pressions des partenaires européens de Rome, mais aussi en interne des centristes, des milieux d'affaires et de l'Eglise catholique pour se lancer dans la bataille des législatives.

Mais plusieurs raisons l'ont incité à la prudence. Etre candidat l'aurait placé en rival direct avec Pier Luigi Bersani, candidat de la gauche aux législatives et considéré comme favori. Autre danger : l'affrontement avec son redoutable prédécesseur Silvio Berlusconi, qui s'est lancé à corps perdu depuis début décembre dans sa sixième campagne en 18 ans. "Il n'y a rien à sauver du gouvernement Monti", a lancé samedi le Cavaliere, poursuivant ses diatribes anti-impôts et anti-euro. En parallèle, son parti PDL a prié le président Giorgio Napolitano de garantir la "neutralité" de Mario Monti pendant la campagne.

Enfin, les sondages n'étaient guère encourageants pour Mario Monti. Selon l'institut SWG, le président du Conseil ne ferait gagner que 6 points à la mouvance centriste, qui, avec 15,4 %, pourrait même être surclassée par le PDL de Berlusconi et ne pèserait pas très lourd dans la formation du prochain gouvernement. Le même sondage montre que les Italiens sont à 60 % opposés à une candidature politique de Mario Monti. Ce dernier pourrait préférer une position neutre, en "réserve de la République", comme Premier ministre de secours si aucune majorité claire ne se dégageait au parlement, ou succéder au président Napolitano, 87 ans, dont le mandat s'achève à la mi-mai. Autre option : le poste qui sera bientôt libéré par Jean-Claude Juncker à la tête de l'Eurogroupe, du sur-mesure pour l'ex-professeur d'économie.

Un programme pour changer l'Italie

Le chef du gouvernement italien Mario Monti a annoncé ce dimanche "un programme pour changer l'Italie, réformer l'Europe" et critiqué avec ironie son prédécesseur Silvio Berlusconi. Il a qualifié ce programme d'"agenda pour un engagement commun, première contribution à une discussion ouverte". Il a indiqué la publication prochaine sur internet "d'un programme pour changer l'Italie et réformer l'Europe". Pour lui l'essentiel est de "ne pas détruire les durs sacrifices que les Italiens ont dû consentir" au cours de l'année écoulée. Car, selon lui, "la crise financière a été vaincue", et ce "sans aides européennes, et sans aide du FMI" comme beaucoup nous le suggéraient fortement. "Les Italiens peuvent de nouveau garder la tête haute comme citoyens européens", a-t-il souligné après avoir rappelé "la situation périlleuse dans laquelle se trouvait le pays" lorsqu'il en a pris la tête en novembre 2011.

Monti critique Berlusconi

Parallèlement à la défense de son action durant ses 400 jours à la tête du pays, le "professeur" s'en est pris durement à Silvio Berlusconi, dont le parti Peuple de la Liberté (PDL) a causé la chute prématurée de son gouvernement en lui refusant la confiance. Il a exprimé son "désarroi" face aux déclarations contradictoires de ce dernier à son égard. "J'ai beaucoup de mal à suivre la linéarité de sa pensée", a-t-il dit. "Il y a un cadre de compréhension mentale qui m'échappe", a-t-il insisté, rappelant que son prédécesseur avait qualifié son bilan de désastre", alors qu'il lui réclamait quelques jours plus tôt de prendre la tête d'une coalition des modérés. S'en prenant à l'une des promesses phares de Silvio Berlusconi, supprimer l'IMU, taxe foncière très impopulaire rétablie par le gouvernement technique, Mario Monti a prévenu : "si l'on supprime l'IMU, elle reviendra doublée dans un an".

L'Europe mieux préparée

"Aujourd'hui, l'Europe est mieux préparée à affronter la crise par rapport à l'an dernier mais il ne suffit pas de taper du poing sur la table, il faut surtout de la fermeté dans les mesures à prendre. S'il y a juste la tape sur l'épaule, la réponse sera celle des petits sourires et du manque de considération", a-t-il ajouté dans une allusion claire au sourire ironique des dirigeants français et allemands Nicolas Sarkozy et Angela Merkel à l'évocation du nom de Silvio Berlusconi. "Vous allez être inondés de graphiques avec une vision économique lointaine de la réalité pour vous démonter l'échec de ce gouvernement", a-t-il aussi ironisé.

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Commentaires
a écrit le 24/12/2012 à 11:31 :
Monti est un fin stratège. Il se pose en homme du recours. C'est judicieux et cela lui permet de garder les mains libres.
a écrit le 24/12/2012 à 9:35 :
Quand on a été élu sénateur par le peuple italien, on n'a pas "la trouille". Car en Italie les sénateurs ne sont pas cooptés comme ici mais des élus du peuple.
Monti sera le prochain président de la République Italienne qui sera élu par les assemblées en mai prochain.
Réponse de le 24/12/2012 à 11:30 :
En France ils ne sont pas cooptés comme vous semblez le penser. C'est simplement une élection à deux niveaux.
a écrit le 24/12/2012 à 7:08 :
Monti un vrai commissaire européen: la trouille du suffrage universel. Ce qu'il souhaite: un fauteuil de dirigeant bien confortable mais où on n'a pas besoin d'être élu! Et après ils vont nous sortir que l'Europe a un déficit démocratique, qu'il faut rapprocher l'Europe des peuples (mais pas question de leur donner la parole, faut quand même pas exagérer!). Il peut se réfugier derrière les arguments qu'il veut, il ne supporte pas le suffrage universel. Peut-être un nostalgique du Duce? Au moins un Delors versus 1995, trop froussard d'être désavoué par la démocratie! On va encore aimer plus l'Europe en 2013 qu'en 2012!
Réponse de le 24/12/2012 à 8:21 :
ben la démocratie ça marche pas mieux en france:le choix entre flamby ou copé ,bonjour l'avenir radieux!
Réponse de le 24/12/2012 à 9:19 :
que les Transalpins aient élu un Berlusconi, c'est ou le signe de leur ignorance profonde ou de leur perte du sens de la démocratie: qu'ils ne s'en prennent qu'à eux-mêmes et non à l'Europe et qu'ils estiment un peu ceux des leurs qui ont l'intérêt du pays: vive Monti et halte aux populistes de ts poilsl.
Réponse de le 24/12/2012 à 9:22 :
On a le gouvernement quon mérite.
a écrit le 23/12/2012 à 23:54 :
Si l'Italie entre en fortes turbulences, les carottes sont cuites pour l'Europe.
a écrit le 23/12/2012 à 23:28 :
Il est pas con Super Mario, il va acheter une villa à Antoing.
Take the money and run .
a écrit le 23/12/2012 à 20:55 :
La raison principale quoi que l on en dise est essentiellement juredique, étant déjà sénateur à vie il ne peut pas se présenter au législatives à moins de modifier la constitution italienne.
a écrit le 23/12/2012 à 19:50 :
J'ai toujours aimé l'hypocrisie de cette Europe qui veut centralisé les nations en décentralisant les régions ce qui équivaut a diviser pour mieux régner!
Réponse de le 24/12/2012 à 4:20 :
et ce n'est que le début...
a écrit le 23/12/2012 à 18:50 :
qui peut me dire qu'a fait Monti depuis son arrivée au pouvoir, concrètement pas du blabla, au niveau dettes publiques, déficit public, chômage, croissance.
Réponse de le 24/12/2012 à 12:54 :
il a reformé le marché du travail en l'assouplissant
il a réformé (en partie) le mille feuilles des collectivité locales, similaire à la france) pour qu'il y ai plus de de ressources mutualisés.
il a réduit des dépenses publique qui financaient artificiellement de la croissance,
Ceux sont ces trois actions majeures en plus d'avoir redonner à l'italie la crédibilité et vient de faire voté un budget 2013 avec des économie additionnelles.
PS la balance commerciale de l'italie est positive
PS2: je vis a Rome
a écrit le 23/12/2012 à 18:48 :
Un fin stratège que Monti en effet, mais aussi un beau fumiste. Tout d'abord, rappelons que, sans être élu mais nommé, il a porté la dette italienne à 2000 milliards d'euros, soit un montant que l'Italie est totalement dans l'incapacité de rembourser. Il a maintenant beau jeu de faire croire que les chiffres sont truqués, le fait est là, l'Italie est ruinée. Alors certes, il y a de bons fondamentaux mais qui sont très loin de suffire, tout comme la vente de la Fèta et de l'huile d'olive ne sortiront jamais la Grèce du gouffre. Le peuple italien ne s'y trompe d'ailleurs pas puisqu'il ne lui confierait certainement pas le pouvoir ; il n'y a que ses pairs aveugles qui ne voient que le vernis sur la boursouflure. Tout ceci est bien pathétique. Alors on peut railler le cavaliere, c'est évident, mais lui, c'est un capitaine d'industrie. L'autre a un bilan catastrophique à son passif.
Réponse de le 24/12/2012 à 4:23 :
à t'entendre on croirait que les 2000 milliards, il les a fait tout seul ; en 400 jours; il est rapide lui !

très étonnant surtout quand on sait qu'il est critiqué en premier lieu pour la cure d'austérité qu"il inflige à l'italie...
a écrit le 23/12/2012 à 16:50 :
La disparité des compétitivités à l'intérieur de l'Union Monétaire est surtout due à des facteurs naturels et immuables (taille du marché intérieur, position géographique, topographie du pays, climat, ressources et richesse naturelles (matières premières), taille du pays, natalité, etc, etc.
Je donne seulement un exemple concernant le transport: Construire 500 Km d'autoroute ne Allemagne côute 4 fois moins cher que de construire 500 Km d'autoroute en Italie (ponts et tunnels nécessaires) et les voies fluviales naturelles inexistantes en Italie sont la règle en Allemagne.
Des pays aussi désavantagés et aussi peu industrialisés que le Portugal, la Grèce et autres ont donc peu de chance d'arriver à la même compétitivité que l'Allemagne (à moins de devenir des paradis fiscaux).
Leur demander d'augmenter leur compétitivité par le dumping social et par le dumping des salaires et illusoire. Des pays comme la Chine, l'Inde et autres pays asiatiques ne peuvent être égalés en ce qui concerne le dumping social.
Seule solution, les accords doivent être modifiés de façon à permettre aux pays ainsi désavantagés de développer et de protéger leur économie contre des économies plus fortes afin d'arriver au sein de l'Union Monétaire à une plus grande convergence des économies.
Il est aussi important d'arriver à un partage équitable du travail pour éviter l'exil de jeunes souvent hautement qualifiés dans les pays périphériques (Portugal, Espagne, Grèce 50% de chômage des jeunes).
Il faut tenir compte de la réalité, l'Allemagne étant le pays économiquement le plus fort de la Zone Euro a pu profiter de l'endettement des autres pays pour développer son industrie aux dépens des autres économies de la Zone Euro.
L'exemple allemand restera espérons le une exception, il nous faut maintenant trouver un remède au mal et aux préjudices causés aux autres économies de l'Union Monétaire Européenne par des traités imposés par l'axe franco-allemand et qui se révèlent être avantageux surtout pour l'économie allemande, parce-que la plus forte!
Ceci si nous voulons vraiment reussir l'Europe!
Réponse de le 23/12/2012 à 18:15 :
Il faut arrêter de chercher à copier l'Allemagne et de mettre le mot "compétitivité" à toutes les sauces. Et si l'Allemagne a réussi, c'est grâce à leur intelligence et travail. Y a pas de secret et ni de jalousie à avoir.
Réponse de le 24/12/2012 à 4:19 :
Alors que faut-il faire, parce-que ce sont bien les Allemands qui veulent que les pays déficitaires augmentent leur compétitivité.
Vôtre defaitisme n'est d'aucune aide (nicht hilfreich)
Réponse de le 24/12/2012 à 9:24 :
Ce qu'il faut faire, c'est que les pays du sud comme l'Italie ou la Grèce arrêtent de vivre sur le dos des pays riches comme la France ou l'Allemagne et se développent avec une vraie industrie.
a écrit le 23/12/2012 à 15:29 :
"Je veux bien diriger mais le suffrage universel n'est pas assez noble pour moi". Quel respect de la démocratie que la crainte du peuple. C'est plus facile de lui faire endurer l'austérité sans légitimité aucune et pour des résultats nuls.
Réponse de le 23/12/2012 à 16:52 :
La plupart des humains sont médiocres.
Réponse de le 23/12/2012 à 19:30 :
Vous en êtes ?
Réponse de le 23/12/2012 à 21:14 :
@clyde: vous êtes
a écrit le 23/12/2012 à 13:40 :
Permettez moi de prendre du recul, beaucoup de recul pour qualifier "Monsieur Berlusconi"...on a juste les Gouvernants que l'on mérite
a écrit le 23/12/2012 à 13:12 :
On connait la chanson : comme le Maréchal en 1940, il va faire don de sa personne au pays. Pauvre Italie et pauvre Europe qui se désintègre un peu plus chaque jour.
Réponse de le 23/12/2012 à 14:14 :
gilles 1...... c'est tellement vrai.... il veut faire don de sa personne... et svp... sans être élu... pauvre Europe.... de toute façon ... Personne ne sera jamais d'accord sur Rien... et tous les traités connus ont tous été rompus... question de temps...Bonnes Fêtes à tous et à la Tribune (qui censure peu)

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