La dissolution de l'EFDD, europhobe, ouvre une nouvelle fenêtre à Marine Le Pen

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Il n'y aura pas de groupe eurosceptique au parlement européen.
Il n'y aura pas de groupe eurosceptique au parlement européen. (Crédits : reuters.com)
Marine Le Pen à nouveau en piste? La défection d'une députée lettone a provoqué la dissolution de fait du groupe EFDD au parlement européen. C'est d'abord une mauvaise nouvelle pour Nigel Farage (UKIP) et Beppe Grillo (Mouvement 5 étoiles).

Il n'aura pas tenu beaucoup plus de trois mois ! Ce jeudi 16 novembre, le groupe eurosceptique Europe Liberté et Démocratie directe (EFDD) au parlement européen a été déclaré dissout. La députée Iveta Grigule, élue du parti letton de l'Alliance des Verts et Paysans, a annoncé qu'elle quittait le groupe. Dès lors, EFDD ne disposait plus des représentants de sept Etats membres au moins nécessaire à la constitution d'un groupe politique.

Politique intérieure lettonne ?

Pour l'instant, on ignore pourquoi Iveta Grigule a quitté ce groupe. La raison pourrait en être les négociations en Lettonie pour la formation d'une coalition et d'un nouveau gouvernement après les élections du 5 octobre dernier. EFDD est considéré comme un groupe plutôt favorable à Vladimir Poutine, ce qui, en Lettonie, rend impossible la participation à une coalition gouvernementale. Iveta Grigule aura donc préféré se retirer pour ne pas gêner les discussions en Lettonie et donner des gages à ses futurs partenaires.

Lourd échec pour Nigel Farage et Beppe Grillo ?

Mais cette décision qui pourrait donc relever de la politique intérieure lettonne a de lourdes conséquences pour le Parlement européen. C'est un rude revers pour Nigel Farage, le leader du parti pour l'Indépendance du Royaume-Uni (UKIP) et son allié européen, Beppe Grillo, leader du Mouvement 5 Etoiles italien. Ces deux partis formaient la colonne vertébrale d'EFDD qui leur fournissait du temps de parole, des places dans les commissions et des financements.

Course avec le FN ?

EFDD disposait de 48 sièges. Ce jeudi, ces 48 députés rejoignent donc les 52 non-inscrits du parlement européen, y compris les 24 élus du Front National français. Du reste, cette dissolution de fait d'EFDD relance la course à la constitution des groupes, et notamment ouvre une nouvelle fenêtre pour le parti de Marine Le Pen. Nigel Farage et le lieutenant européen de Beppe Grillo, David Borrelli, vont sans doute essayer de trouver le « chaînon manquant », un élu d'un septième pays. Mais ce sera difficile, car les réserves chez les non-inscrits sont faibles, voire inexistantes. En revanche, le FN, va sans doute tenter de rallier les députés isolés d'EFDD, notamment les Démocrates suédois, un temps tentés par une alliance avec le FN. Pour le parti français, le problème est le même que pour l'UKIP et le Mouvement 5 Etoiles : il s'agit de trouver un élu d'un septième Etat membre.

Difficile de trouver assez d'alliés pour le FN

Le Front National avait échoué à trouver des élus de sept pays lors de la constitution des groupes. Son alliance avec le PVV néerlandais, la Ligue du Nord italienne, le FPÖ autrichien n'avait pas été suffisant. La fuite des démocrates suédois vers EFDD, le refus du parti polonais « Congrès de la Nouvelle droite » et le refus du FN de pactiser avec les néo-nazis du Jobbik hongrois de l'Aube Dorée grecque et de la NPD allemande avait bloqué toute possibilité. Un simple ralliement des suédois ne sera pas suffisant. Le FN devra aussi compter avec celui des tchèques de l'alliance citoyenne et des Lituaniens d'ordre et Justice. Mais le caractère pro-Poutine des positions de Marine Le Pen rend une telle alliance difficile. La seule solution serait donc une alliance FN-UKIP, mais ce dernier s'y est toujours refusé.

Fuite vers les Tories à Bruxelles, mais pas à Londres !

Enfin, l'échec d'EFDD est lié aussi au départ de plusieurs de ses anciens alliés eurosceptiques tentés par le groupe plus « respectable » des conservateurs britanniques. C'est le cas des Vrais Finlandais, des protestants néerlandais ou des Danois du Parti populaire. Certains nouveaux groupes eurosceptiques comme les Grecs indépendants ont aussi rejoint le groupe des Tories. Comme Marine Le Pen, Nigel Farage multiplie les échecs au parlement européens. Des échecs qui contrastent avec la percée des deux partis sur l'échiquier politique national. UKIP est donné dans les sondages à près de 25 % d'intentions de voix et pourrait gagner 128 sièges !

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Commentaires
a écrit le 17/10/2014 à 12:23 :
Si les patriotes sont des "europhobes", alors les européistes sont des "patriophobes" : la terminologie "patriophobe" est donc à utiliser aussi, dans un souci d'éthique et d'objectivité
Réponse de le 17/10/2014 à 18:11 :
tout à fait de votre avis
Réponse de le 17/10/2014 à 19:30 :
et moi je dirais même plus : c'est aussi mon avis et je le partage.
a écrit le 17/10/2014 à 10:17 :
Marine a un boulevard !
Réponse de le 17/10/2014 à 18:16 :
C'est exactement ce que je disais en juin lorsque Farage fit son groupe à la va-vite, elle a préféré attendre plutôt que de prendre n'importe qui et tous ces contradicteurs se sont dépêchés de la dénigrer. Aujourd'hui, on s'aperçoit qu'elle avait UNE FOIS DE PLUS raison. En fait, elle et ses pairs ont raison dans pas mal de domaines et cela commence sérieusement à se distinguer ; c'est pour cela qu'ils ne cessent de monter !
Réponse de le 17/10/2014 à 19:33 :
Il suffirait à Marine rien que dire "j'aime l'OTAN" et alors tout le establishment allait travailler pour elle. Mais elle en allait perdre tous ses électeurs par contre.
a écrit le 16/10/2014 à 19:13 :
Pour aujourd'hui: MLP 1- Nigel 0 .
a écrit le 16/10/2014 à 19:09 :
aaaaaaaaaaaaaa

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