Dans l'attente de la décision de l’autorité de la concurrence, la coopérative béarnaise a de nouveau motivé le projet de rapprochement avec le groupe landais lors de la présentation de ses résultats annuels.Les masques sont tombés, pourrait-on dire. D’une part, « la Russie, les États-Unis et la Chine ne cachent plus leurs intentions d’accaparer les matières premières », y compris agricoles, souligne Christophe Congues, président de la coopérative Euralis, lors de la présentation des résultats annuels du groupe qui rassemble quelque 8000 agriculteurs du Sud-Ouest. D’autre part, « même si la campagne vaccinale pour les canards a été un grand succès, on manque toujours de trajectoire politique pour l’agriculture en France. Nous devons tracer notre route, car personne ne le fera pour nous », appuie le dirigeant depuis le siège de Lescar, près de Pau (Pyrénées-Atlantiques).
En commentant les résultats annuels de l’exercice 2024-2025, qui s’est clos par un chiffre d’affaires en légère hausse de 1,6 milliard d’euros (+1,3%), ce producteur de kiwis et de tabac n’a pas manqué de souligner qu’il n’imagine pas cette « route » sans la coopérative landaise Maïsadour avec lequel un projet de fusion a été annoncé en mars dernier.
Un mariage et un arbitre
« L’exercice a été marqué par de fortes incertitudes qui perdurent. Ainsi, la collecte d’automne 2025 a été historiquement basse, avec 90 000 tonnes de moins que l’an dernier, en raison des aléas climatiques. A deux, nous serons plus forts pour accompagner les exploitants agricoles de notre région - dont le nombre va baisser - dans leur diversification en développant des filières compétitives, durables et créatrices de valeur », estime Christophe Congues. Et de citer en exemple la production d’électricité verte à travers des panneaux photovoltaïques ou encore la biomasse, du bambou en l’occurrence, pour la future usine de bioéthanol Nacre à Lacq.
Un plaidoyer qui fait écho aux propos de Daniel Peyraube, président de Maïsadour, également tenus lors de la présentation des résultats annuels (1,4 milliard d’euros de chiffre d’affaires, en hausse de 1,7%) début décembre. Ce dernier avait rappelé que l’autorité de la concurrence est « le seul maître du calendrier ».