Les producteurs de maïs gagnent une bataille douanière contre la Chine
latribune.fr
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

La Nouvelle-Aquitaine concentre 94 % de la production française de maïs doux.
AGPM
latribune.fr
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

La Nouvelle-Aquitaine concentre 94 % de la production française de maïs doux.
AGPM
D’abord à bas bruit puis plus massivement, les conserves chinoises ont envahi ces dernières années les linéaires des grandes surfaces en France et en Europe à des prix défiant toute concurrence. La Chine subventionne à grands frais toute sa filière maïs, des semences aux engrais en passant par l’acier des boîtes de conserve, pour inonder le marché européen. « On a commencé à s’inquiéter à partir de 2021, se souvient Adrien Mary, secrétaire général de l’AETMD, l’Association européenne des transformateurs de maïs doux. Avec cette stratégie de dumping, la Chine vend son maïs deux fois moins cher que nos propres coûts de production ! »
Résultat : en trois ans, ses parts de marché ont bondi de 3 % à 14 % en Europe. « Le maïs chinois est d’autant moins repérable dans les rayons que rien n’oblige les conserveurs à en indiquer la provenance », s’agace Pierre Harambat, agriculteur dans les Landes, premier département français pour la production de maïs, et représentant de la filière maïs doux à l’AGPM, l’Association des producteurs de maïs en France.
Tous les acteurs de la filière à travers l’Europe, en particulier les Français, ont donc fini par déposer plainte auprès de l’Union européenne.
Après six mois d’enquête, Bruxelles a décidé en août dernier d’imposer provisoirement sur les importations de maïs chinois des droits de douane allant jusqu’à 55,2 %, constatant que « les pratiques de dumping sur le marché de l’Union européenne causaient un préjudice important aux producteurs européens. »
À lire également
Le maïs doux est le plus souvent une production d’appoint qui apporte aux agriculteurs un complément de revenu. « C’est une culture contractuelle, détaille Pierre Harambat. Chaque année, en début de saison, le paysan sait quelle surface il va semer et combien il sera payé par les industriels. » Le maïs doux est vendu 15 à 20 % plus cher que celui produit pour l’alimentation animale. En France, le marché du maïs en conserve représente 150 millions d’euros en valeur et pèse environ 52 700 tonnes.
latribune.fr