Les instances européennes ont acté, le 4 décembre, un accord provisoire sur le « paquet vin », qui comprend une série de mesures de soutien à la viticulture européenne, en pleine crise. Ainsi, l’arrachage de la vigne pourra être financé jusqu’à 70 % par des fonds européens, avec un complément possible jusqu’à 30 % des fonds nationaux. La mesure avait été réclamée par la filière viticole française, c’était une des revendications des 6 000 viticulteurs qui s’étaient mobilisés le 15 novembre dernier à Béziers.
Pourtant aujourd’hui, cet arrachage primé suscite quelques réserves, notamment en Occitanie. Jean-Louis Cazaubon, vice-président de la région Occitanie, en charge de la souveraineté alimentaire, de la viticulture et de la montagne, s’inquiète de l’impact d’une telle mesure sur l’économie de la région : « Nous sommes bien conscients de la situation très difficile dans laquelle se trouvent certains viticulteurs, et il est bien compréhensible que ceux qui approchent de l’âge de la retraite et sont sans successeur veuillent arracher. Mais quand on diminue notre potentiel de production, c’est notre économie qu’on affaiblit car dans notre région, car il n’y a guère de culture alternative à la vigne. Il ne faudrait pas que l’Occitanie, parce qu’elle est particulièrement touchée par le changement climatique, arrache plus que d’autres régions viticoles qui sont tout autant en crise, mais qui ont la possibilité de se diversifier. La région a déjà payé un lourd tribut à la réduction du vignoble français ».