La colère gronde à nouveau dans le Midi viticole. Quelque 7 000 manifestants selon les organisateurs, 4 000 selon la préfecture de l’Hérault, se sont retrouvés ce samedi 15 novembre sur les allées Paul Riquet à Béziers, lieu symbolique qui a déjà accueilli les émeutiers de la révolte vigneronne de 1907.
Dans un sursaut collectif, les viticulteurs de la région, sont venus manifester leur découragement et leur détresse, accompagnés par de nombreux maires de communes viticoles.
Depuis 2019, les nuages s’accumulent au-dessus de cette filière viticole qui pèse encore lourd en Occitanie : 1,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires, 250 000 hectares de vigne produisant près d’un tiers de la production française de vin. Mais aujourd’hui le cœur n’y est plus, le découragement gagne tant les difficultés s’amoncellent : le changement climatique qui écorne les rendements et rabote la rentabilité des exploitations tout comme l’envolée des prix des fournitures, la déconsommation de vin qui fait chuter les prix, contribuant elle aussi à la perte de rentabilité des exploitations, l’inflation des normes et charges administratives de plus en plus chronophages. Sans compter le contexte géopolitique très incertain et les taxes arbitraires qui freinent les exportations. Trop c’est trop, aujourd’hui la coupe est pleine pour les viticulteurs.