Le sursis accordé à la signature du traité de libre-échange entre l'Union européenne et les pays du Mercosur risque de toucher bientôt à sa fin. Rome semble en effet prête à lever son véto avant la nouvelle échéance fixée par Bruxelles au 12 janvier. Pour la convaincre, la Commission européenne mise notamment sur des concessions sur la Politique agricole commune (PAC).Le report de la signature du traité de libre-échange entre l'Union européenne et les pays du Mercosur, obtenu in extremis le 18 décembre par la France grâce au soutien de Rome, aura-t-il seulement retardé cette échéance de quelque semaines? Cela pourrait bien être le cas si, comme rapporté par la presse transalpine, l'Italie était prête à changer d'avis avant la nouvelle date fixée par la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen au 12 janvier.
La Commission européenne espère la convaincre définitivement dans le cadre de deux rendez-vous décisifs organisés à Bruxelles mercredi et vendredi. En échange de son aval au traité, elle semble disposée à faire des concessions - en offrant ainsi en même temps à la France des compensations lui permettant de sauver sa face si le traité était signé malgré son opposition.
Une réunion ministérielle informelle à Bruxelles
Le premier de ces RDV capitaux est une réunion informelle, prévue mercredi après-midi, entre les ministères de l'Agriculture des États membres et trois commissaires de l'UE : Christophe Hansen (agriculture), Maroš Šefčovič (commerce) et Olivér Várhelyi (santé et bien-être animal). L'objectif explicité par la Commission européenne dans un communiqué est de « discuter de l'avenir de l'agriculture et de la sécurité alimentaire en Europe et de définir les principales attentes pour l'action de l'UE en 2026 », notamment « un an après le lancement de la vision pour l'agriculture et l'alimentation ».
Une réflexion conjointe sur les « principales préoccupations soulevées récemment par les agriculteurs » est toutefois aussi évoquée : en particulier sur la réforme de la prochaine Politique agricole commune (PAC) proposée par l'exécutif européen en juillet. Cette dernière est en effet déjà rejetée par les syndicats agricoles européens et par plusieurs pays à cause d'une baisse du budget de 387 à 300 milliards d'euros et d'un risque de « renationalisation ».