Les syndicats agricoles donnent rendez-vous en janvier au Premier ministre
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Un convoi de tracteurs à Toulouse en 2018.
Rémi Benoit
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Un convoi de tracteurs à Toulouse en 2018.
Rémi Benoit
« Le compte n'y est pas », pour les syndicats agricoles, au lendemain du courrier envoyé par le Premier ministre Sébastien Lecornu pour tenter d'apaiser la colère suscitée par la gestion de la dermatose nodulaire. Ils lui donnent rendez-vous en janvier et menacent de mobilisations plus importantes après les fêtes.
« Les annonces, globalement, sont assez faibles. Ce ne sont que des promesses (...) Il est indispensable que l'État se mette à réfléchir » sur le protocole d'abattage, a réagi samedi le secrétaire général de la Coordination rurale, François Walraet, sur France Inter. Toutefois, les syndicats semblaient globalement avoir entendu l'appel du Premier ministre à une trêve de Noël. La Coordination rurale a déclaré que les sections départementales étaient libres de continuer leur blocage mais a appelé les siennes à « faire une pause » pendant Noël. « Nous verrons ce que le ministre propose et si effectivement il n'y a pas d'avancée, on se remobilisera à partir de début janvier. »
« Les réponses attendues, notamment sur les indemnisations des animaux bloqués, la sécurisation économique des exploitations ou encore le soutien aux céréaliers, ne sont pas au rendez-vous. Le compte n'y est pas dans le courrier du Premier ministre », a réagi la puissante FNSEA, qui soutient la stratégie sanitaire actuelle mais demandait au gouvernement des garanties sur la taxe carbone européenne appliquée aux engrais.
Un courrier « pas suffisant » non plus pour leurs alliés des Jeunes agriculteurs, a expliqué sur France 2 leur président Pierrick Horel. « On fera des actions coup de poing ça et là d'ici à Noël, mais pas de blocages routiers pour nous », a-t-il ajouté.
Dans sa lettre de près de cinq pages, Sébastien Lecornu réexpliquait la stratégie sanitaire mise en place pour lutter contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), consistant notamment à abattre la totalité d'un foyer touché par la maladie. Après avoir sévi en Savoie cet été et essaimé dans le Jura, la DNC est arrivée dans le Sud-Ouest mi-octobre, ravivant la colère d'une région agricole pauvre et déjà éprouvée par des crises successives.
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« N'éliminer que les bovins présentant des symptômes fait courir un risque majeur de propagation du virus », y affirme M. Lecornu, alors que la Coordination rurale et la Confédération paysanne, les deux syndicats opposés à l'abattage total des foyers quand un cas est détecté, avaient signalé des ouvertures vendredi après leur rencontre avec le Premier ministre. Il fait passer aussi le montant d'un fonds d'urgence, annoncé en début de semaine, de 10 à 11 millions d'euros, destinés aux petites exploitations les plus en difficulté. Plus de sept millions d'euros d'acomptes ont été versés aux éleveurs dont les vaches ont été abattues depuis juin.
La lettre donne, par ailleurs, un calendrier précis pour la vaccination de 750.000 bovins dans dix département du Sud-Ouest, conduite sous un mois. Le Premier ministre ajoute avoir demandé aux préfets de suspendre les contrôles de l'État dans les exploitations à vacciner, quand la Coordination rurale demandait un moratoire sur tous les contrôles par l'Etat des agriculteurs. Il annonce enfin un déplacement des ministres de l'Agriculture et du Commerce extérieur en Italie, principal acheteur des veaux français, la semaine prochaine.
La Confédération paysanne avait prévenu vendredi qu'elle n'appellerait pas à lever les blocages mais les nouvelles actions et manifestations prévues ce week-end sont moins nombreuses que durant la semaine. Par ailleurs, des barrages d'agriculteurs persistaient encore ce samedi sur des axes routiers et autoroutiers du Sud-Ouest, au premier jour des vacances scolaires.
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