Airbus : le programme A400M à nouveau en sursis

A400M
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Bis repetita un an plus tard... Sans nouvelle commande, Airbus sera contraint de fermer la chaine d'assemblage de l'A400M, basée à Séville, fin 2028. « Nous avons besoin de tenir une cadence de production à Séville de huit appareils par an pour que le système industriel de l'A400M tienne la route», avait expliqué en mai dernier le patron de la division Avions militaires d'Airbus Defence and Space, Jean-Brice Dumont, dans une interview accordée à La Tribune. Sur les 178 A400M commandés de façon ferme, 137 ont été livrés à fin 2025.
Airbus avait déjà réussi à repousser d'une année l'échéance d'une fermeture de la chaine grâce à un accord conclu dans le cadre de OCCAR (Organisme conjointe de coopération en matière d'armement) avec la France et l'Espagne. Sans cet accord, le groupe aurait dû prendre la décision drastique de fermer Séville. Ainsi, deux des pays de lancement du programme (France et Espagne) avaient joué le jeu. Le constructeur de l'A400M a signé en juin 2025 un accord avec ces deux pays pour sécuriser la production du programme en avançant les livraisons de sept appareils (quatre pour la France, trois pour l'Espagne).
Dans ses tableaux de commandes et de livraisons sur son site, Airbus indique qu'il doit en principe livrer encore 41 A400M. Toutefois, la livraison de certains de ces appareils semble être très hypothétique. La France, notamment, a réduit la cible de sa flotte A400M à 41 appareils dans le cadre de la loi de programmation militaire 2024-2030 (au lieu de 50, chiffre pourtant encore inscrit dans les tableaux d'Airbus). Dans les documents budgétaires de 2026 (mission 146), le ministère des Armées prévoit dans le cadre d'un avenant signé en juin dernier à l'accord « Global Deal A400M » (signé fin 2024) d'anticiper les livraisons « de quatre A400M supplémentaires en 2028 et 2029, passant la cible du programme de 37 à 41 A400M ». Fin 2025, Airbus avait livré 25 appareils à l'armée de l'air française, qui doit en réceptionner deux nouveaux cette année. En 2026, le ministère devrait faire un chèque à Airbus pour l'A400M de près de 720 millions d'euros pour notamment anticiper la livraison des quatre appareils en 2028-2029.
De son côté, l'Espagne, qui a sur son sol la chaine d'assemblage - une fierté nationale -, a commandé 27 A400M, dont 14 exemplaires lui ont été déjà livrés par Airbus à fin 2025.
Airbus mène actuellement plusieurs campagnes commerciales en Europe (en Pologne notamment mais aussi au Danemark, en Grèce, en Italie et au Portugal), au Moyen-Orient (Arabie Saoudite et Émirats Arabes Unis) et dans d'autres pays comme l'Inde, l'Indonésie voire le Mexique. « Raisonnablement, nous pourrions vendre 30 appareils supplémentaires. C'est une moyenne pondérée avec des pourcentages de réussite sur un marché beaucoup plus important. Avec 30 avions supplémentaires, la durée de vie de la chaîne d'assemblage s'allonge de quatre ans », avait expliqué Jean-Brice Dumont.
En Europe, la Pologne est le pays le plus chaud, Airbus ayant déposé une offre en janvier. Il négocie avec Varsovie d'une commande portant autour de 10 appareils (entre 8/14 appareils) avec potentiellement un financement européen (SAFE). La décision devrait intervenir avant la fin du mois de mars. En revanche, Airbus a des discussions préliminaires avec l'Italie qui n'a pas d'A400M, la Grèce et le Portugal. Le Danemark serait également intéressé par cet appareil (entre deux et quatre exemplaires). Par ailleurs, la Grande-Bretagne, pays de lancement, pourrait être intéressé par de nouveaux appareils dans le cadre de sa revue stratégique de défense (Strategic Defence Review) publiée en juin dernier. Elle souhaite renforcer la flotte existante avec davantage d'A400M, des affrètements civils et/ou des options de services.
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Au Moyen-Orient, l’Arabie Saoudite et les Émirats pourrait en acquérir respectivement entre 15 et 20 et entre 8 et 10 exemplaires. Après avoir reçu son premier appareil en novembre dernier, l'Indonésie, qui en a déjà commandé deux, pourrait acheter jusqu'à quatre A400M supplémentaires. Mais c'est en Inde où le prospect est géant. L’armée de l’air Indienne a lancé un appel d’offres pour son programme Medium Transport Aircraft (MTA) destiné à remplacer des avions vieillissants et à renforcer sa capacité de transport aérien stratégique et tactique. Il pourrait concerner entre 40 et 80 appareils. Outre Airbus, qui a répondu à une demande d’information (RFI) avec l'A400M, semble très favorable à des transferts de technologies dans le cadre du « Make in India ». Pour autant, Lockheed Martin (C-130J) et Embraer (C-390) sont également sur les rangs avec des appareils qui collent mieux à certaines spécifications définies par les Indiens (18-30 tonnes contre 37 tonnes à l'A400M).
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