À deux jours du vote à l’Assemblée nationale, le président des Républicains, Bruno Retailleau, a violemment attaqué dimanche le projet de budget de la Sécurité sociale, qu’il qualifie de « hold-up fiscal, social et démocratique », appelant ses députés à voter contre ou à s’abstenir.
Le patron des Républicains ouvre un front politique direct contre le gouvernement. Bruno Retailleau a dénoncé dimanche sur BFMTV un budget de la Sécurité sociale qu’il juge « pas vocable », appelant les députés LR à ne pas soutenir le texte lors de son examen mardi à l’Assemblée nationale. « C’est un hold-up fiscal avec l’augmentation de la CSG, un hold-up social puisqu’on ne fait pas la réforme des retraites, et un hold-up démocratique », a-t-il affirmé. « Jamais le pays n’a été autant à droite, jamais un gouvernement, une politique n’a été autant à gauche », a-t-il ajouté.
À l’issue de cette charge, le chef de la droite a été explicite sur la position attendue de son groupe. « Ce texte n’est pas votable. Nos députés auront le choix de l’abstention ou de voter contre », a-t-il déclaré. Ce nouveau rejet s’ajoute aux critiques déjà formulées par une partie de l’opposition sur les équilibres financiers du budget de la Sécurité sociale, dans un contexte de déficit persistant des comptes sociaux et de tensions politiques accrues autour des hausses de prélèvements.
Farandou met en garde contre une « crise »
De son côté, le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a mis en garde dimanche sur France 3 contre une possible « crise politique, économique et sociale » si le budget de la Sécurité sociale n’était pas adopté mardi. « Dans le budget de la Sécurité sociale, il y a la suspension de la réforme des retraites. Si on fait tomber le budget, on fait tomber la suspension », a-t-il rappelé. « On ouvre alors une crise politique, donc une crise économique, et donc une crise sociale », a-t-il insisté.
Le ministre a appelé les députés à « faire attention en responsabilité et être prêts à assumer les conséquences de leur vote ». « Ceux qui provoqueraient cette hypothèse devront assumer leurs responsabilités. Ce seraient les partis du désordre, d’un triple désordre économique, politique et social », a-t-il prévenu.
Et, en cas de rejet du budget de la Sécurité sociale, Sébastien Lecornu doit « bien sûr démissionner », a affirmé dimanche le député du Rassemblement national Jean-Philippe Tanguy dans le grand Jury RTL-Public Sénat-Le Figaro-M6.
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Le député de la Somme considère que le rejet du budget de la Sécurité sociale serait « un désaveu majeu »r pour le Premier ministre. La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a estimé à l'inverse dans La Tribune Dimanche que sa démission, si le budget de la Sécurité sociale n'était pas adopté mardi, « n'aurait pas de sens, sinon il aurait engagé la responsabilité du gouvernement », en ne renonçant pas à l'utilisation de l'article 49.3 de la Constitution.