Les prix à la consommation ont de nouveau baissé en septembre en Chine. Le pays est englué dans une spirale déflationniste depuis le début de l’année, sur fond de difficultés économiques qui s’accumulent.
Pour le huitième mois consécutif, les prix à la consommation ont reculé en septembre en Chine. L’indice le mesurant – le CPI – s’est affiché à -0,3 % sur un an, selon les chiffres publiés ce mercredi par le Bureau national des statistiques (BNS). Une baisse moins prononcée que celle du mois d’août (-0,4 %), mais plus importante que celle attendue par les économistes interrogés par Bloomberg (-0,2 %).
Cette situation de déflation - l’inverse de l’inflation - témoigne d’une économie chinoise tournant au ralenti. Le pays est retombé dedans depuis le mois de février dernier et n’en est pas ressorti depuis - il y avait déjà plongé pendant quatre mois à partir de la fin 2023 jusqu’en janvier 2024. Si la déflation est appréciée par les consommateurs, car synonyme de prix toujours plus bas, elle est considérée comme un phénomène dangereux pour l'économie puisqu’elle incite les ménages à reporter leurs achats dans l'espoir de prix encore moins élevés.
Petit signe néanmoins encourageant : les prix ont légèrement augmenté (+0,1 %) en glissement mensuel, d'août à septembre. Une « lueur d’espoir », aux yeux de l’analyste Tianzeng Xu, du cabinet Economist Intelligence Unit. L’expert demeure cependant prudent : « Cette stabilisation n'en reste pas moins fragile et erratique », a-t-il précisé à l’AFP. Car de nombreux facteurs de l’économie chinoise sont dans le rouge.
Cocktail de difficultés
La Chine fait face à un secteur immobilier en crise, un marché du travail faible, surtout pour les jeunes qui peinent à trouver un emploi, et une consommation intérieure quasiment atone. Autre signal défavorable : l'indice des prix à la production (PPI), qui mesure le coût des marchandises sorties d'usines, est resté en territoire négatif en septembre, a indiqué le BNS également ce mercredi. Il a été enregistré à -2,3 % sur un an, ce qui signifie des marges réduites pour les entreprises.
Une situation vouée à se prolonger dans le temps. « Nous ne voyons pas d'amélioration significative » à court terme, a commenté dans une note l’économiste Zichun Huang, du cabinet Capital Economics. « Nous nous attendons à ce que les prix à la consommation et à la production restent en territoire négatif cette année et l'année prochaine », a-t-elle prévenu.
Newsletter
L’Alerte La Tribune
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.