Rachat de Warner Bros Discovery : ce qu'il faut savoir après la nouvelle offre de Paramount

La saga a commencé officiellement fin octobre, quand Warner s'est dit ouvert aux offres de rachat.
MB/ - REUTERS - Mike Blake

La saga a commencé officiellement fin octobre, quand Warner s'est dit ouvert aux offres de rachat.
MB/ - REUTERS - Mike Blake
Les faits. Paramount avait jusqu'à ce lundi 23 février pour améliorer son offre auprès Warner Bros Discovery (WBD). C'est désormais chose faite, a-t-on appris ce mardi matin. « Les efforts pour faire dérailler l’accord entre le propriétaire de HBO Max et Netflix se multiplient », a déclaré à Reuters une source proche du dossier lundi.
La nouvelle offre de Paramount, qui améliore son offre initiale de 108,4 milliards de dollars, soit 30 dollars par action, pour l'ensemble de la société, vise à répondre aux inquiétudes de Warner Bros quant à la certitude de son financement, a indiqué la source.
Reuters n'a pas immédiatement précisé comment l'offre avait été révisée. Warner Bros et Paramount ont refusé de commenter, et Netflix, qui conserve le droit de s'aligner sur cette nouvelle offre, n'a pas pu être joint dans l'immédiat.
Une offre finale. Le groupe de cinéma et de télévision américain WBD avait débuté mardi dernier sept jours de discussions avec son concurrent et courtisan Paramount. Durant cette période, Warner comptait aborder avec Paramount des « problèmes qui restent irrésolus et clarifier certains termes » de la dernière offre reçue, le 10 février.
Tout cela après que « Netflix a accordé à WBD une dispense limitée (…) permettant à WBD d'engager des discussions avec Paramount Skydance », afin de donner à Paramount « la possibilité de présenter sa meilleure offre » qui sera « finale », avait précisé Warner.
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La plateforme de streaming avait expliqué dans un communiqué distinct avoir accordé cette dispense pour en finir avec les « pitreries » de Paramount Skydance, en autorisant Warner « à échanger complètement avec PSKY et à enfin mettre un terme à cette affaire ».
Pourquoi cette guerre des enchères. La saga a commencé officiellement fin octobre, quand Warner s'est dit ouvert aux offres de rachat. Début décembre, il a annoncé un accord avec Netflix. Paramount avait été le premier à manifester son intérêt, mais le conseil d'administration de Warner a rejeté ses tentatives de rapprochement de manière répétée.
Quelques jours après le rejet début janvier d'une offre rehaussée, Paramount a déposé plainte aux États-Unis contre WBD pour l'obliger à fournir plus d'informations à ses actionnaires, dans l'espoir de favoriser son offre. Il estime que le conseil d'administration de Warner a une communication biaisée favorable à Netflix. Mais Warner a réitéré mardi dernier sa préférence, à ce stade, pour un mariage avec Netflix et a annoncé la tenue le 20 mars de l'assemblée générale extraordinaire de ses actionnaires consacrée à cette opération.
Ce que propose Paramount. Pour rappel, Paramount propose de prendre le contrôle de la totalité du groupe, avec toutes ses chaînes de télévision, y compris CNN. Sa dernière proposition prévoyait de verser 0,25 dollar par action aux actionnaires de Warner pour chaque trimestre au-delà du 31 décembre 2026 durant lequel la transaction n'est pas finalisée. Ce qui représente environ 650 millions de dollars par trimestre. Elle prévoyait aussi de payer à Netflix les 2,8 milliards de dollars de pénalités en cas de résiliation de l'accord conclu en décembre.
Ce que propose Netflix. La dernière offre de Netflix atteint, elle, 82,7 milliards de dollars. Netflix n'est intéressé que par le studio de cinéma Warner Bros et l'ensemble HBO (chaînes et plateforme de streaming HBO Max). S'il finit par emporter la mise, les activités non rachetées seront réunies dans une société indépendante et cotée, baptisée Discovery Global.
Les hics soulevés par Netflix. Netflix a réaffirmé mardi dernier que son offre était « supérieure » à celle de Paramount, qu'il accuse de « manoeuvres » de distraction. Selon lui, Paramount induit en erreur les actionnaires de Warner en laissant « entendre que sa proposition passera sans encombres » en termes réglementaires.
En combinant « deux des cinq grands studios hollywoodiens, deux grands circuits de distribution en salles, deux des principaux studios de télévision, deux grandes chaînes d'information, et deux grands distributeurs sportifs », Paramount risque en effet « de préoccuper les autorités chargées de la concurrence » à travers le monde, avance Netflix.
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Par ailleurs, le financement étranger de l'offre de Paramount « suscite déjà de graves inquiétudes en matière de sécurité nationale », affirme la plateforme. « Nous nous attendons à ce que les autorités gouvernementales du monde entier (…) examinent de près les investisseurs moyen-orientaux », poursuit-elle. Paramount compte en effet parmi ses partenaires financiers les fonds souverains d'Arabie saoudite, des Emirats Arabes unies et du Qatar.
(Avec agences)