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ÉconomieFrance

Budget 2026 : les grandes entreprises veulent peser de tout leur poids

Photo de Jean-Victor Semeraro

Jean-Victor Semeraro

Publié le 24 septembre 2025 à 12:51

Les grandes entreprises, notamment présentes dans le quartier de la Défense, veulent éviter une nouvelle hausse de la fiscalité en 2026.

Les grandes entreprises, notamment présentes dans le quartier de la Défense, veulent éviter une nouvelle hausse de la fiscalité en 2026.

REUTERS - STEPHANIE LECOCQ - Stephanie Lecocq

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27 juin 2026

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Face aux risques d’une hausse de la fiscalité, l’Association française des entreprises privées (Afep) rappelle dans son enquête annuelle, dévoilée ce mercredi, que ses 117 membres ont acquitté à eux seuls 85,1 milliards d’euros de prélèvements obligatoires en 2024. De quoi mettre la pression sur Matignon avant la présentation du budget.

Depuis juillet, le climat s’est tendu chez les entreprises. La publication d’un rapport au Sénat chiffrant les aides de l’État à 211 milliards d’euros par an n’y est pas étrangère. La diffusion d’un Complément d’enquête sur France 2 la semaine dernière, intitulé « Multinationales : les (vraies) assistées de la République ? » a remis une pièce dans la machine. Sans compter la publication d’un livre, Le grand détournement, dans lequel deux journalistes avancent un montant encore plus élevé : 270 milliards d’euros.

Alors que la bataille des chiffres s’intensifie à l’approche de la présentation du budget 2026, l’Association française des entreprises privées (Afep) publie, ce mercredi, la 10e édition de son enquête annuelle sur la contribution économique et sociale de ses 117 membres. Une étude à laquelle les entreprises ont répondu en renseignant plus de 100 données : chiffre d’affaires, impôt sur les sociétés (IS), crédit d’impôt, effectifs, salaires, etc.

Avec un objectif avoué : « Il s’agit de rappeler les ordres de grandeurs et de les remettre en perspective », détaille Bruno Clément-Ziza, directeur de l’Afep. Autrement dit : mettre en garde la sphère politique sur ses choix au parlement, en amont du projet de loi de finances 2026.

Car il est vrai que les membres de l’association – parmi lesquels Accor, Airbus, LVMH, Michelin, etc. – ont un poids très conséquent dans l’économie tricolore. D’après les données collectées (chiffres de 2024), ils pèsent « 13 % du PIB marchand, emploient 2,1 millions de salariés en France et représentent près d’un cinquième des prélèvements obligatoires acquittés par les entreprises, soit 85 milliards d’euros », rappelle l’Afep.

C’est bien ce dernier chiffre – 85,1 milliards d’euros de prélèvements obligatoires précisément – qui gêne le plus le lobby des grands groupes. L’association a d’ailleurs pris soin, volontairement, de le détailler dans sa publication : 53,6 milliards d’euros payés sur le travail, 12,4 milliards d’euros sur les bénéfices, 6,5 milliards d’euros sur la production, 12,6 milliards d’euros de taxes sectorielles. En tout, les 117 membres versent « 19 % des impôts et taxes sur les entreprises » dans l’Hexagone.

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Et la facture devrait s’alourdir encore cette année. En cause, la surtaxe sur les grandes entreprises adoptée dans le budget 2025. L’Afep estime que le poids des prélèvements obligatoires devrait augmenter de 10 %. « Le choc fiscal a été très concentré sur les grandes entreprises, déplore Bruno Clément-Ziza, le directeur de l’Afep. Et il ne faut pas oublier qu’elles sont très intégrées à l’économie française. » Sous-entendu : que la hausse de la fiscalité n’est pas sans conséquence sur les petites TPE-PME qui travaillent avec ces mastodontes.

Pour l’Afep, ce « choc fiscal » explique, en grande partie, le repli de l’investissement des entreprises. L’année dernière, il s’était rétracté de -1,6 %, selon la Banque de France.

Inquiétudes sur le CIR

Bien sûr, l’instabilité politique et les débats sur la fiscalité cet automne inquiètent grandement l’Afep. Et ce, alors que la surtaxe sur les entreprises pourrait être reconduite dans le budget et que certaines aides, à l’instar du crédit d’impôt recherche (CIR), pourraient être remaniées par les parlementaires. Le Conseil des prélèvements obligatoires (CPO), organisme rattaché à la Cour des comptes, plaidant dans un récent rapport pour revoir le dispositif. D’autant que le CIR représente un coût non négligeable : 7,3 milliards d’euros en 2023.

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Sur ce dernier point, Bruno Clément-Ziza met en garde : « Évidemment qu’il y a un effet crédit impôt recherche pour les entreprises. Sans CIR, la recherche menée par les groupes mondiaux ne serait pas en France. ». Selon l’étude de l’Afep, parmi les 231 000 chercheurs que les 117 entreprises membres emploient dans le monde, 110 000 exercent en France. Preuve que le CIR serait particulièrement efficace. « Car un chercheur, c’est extrêmement mobile », prévient le directeur de l’association.

L’Afep sera donc particulièrement attentive aux options prises par le Premier ministre Sébastien Lecornu dans le projet de budget.

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Jean-Victor Semeraro

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